Chroniques Livres

La Couleur du Lait de Nell Leyshon

Chez 10/18, septembre 2015.
186 pages, 6€60.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
1831. Mary une jeune fille de 15 ans mène une vie de misère dans la campagne anglaise du Dorset. Simple et franche, mais lucide et entêtée, elle raconte comment, un été, sa vie a basculé lorsqu’on l’a envoyée chez le pasteur Graham, pour servir et tenir compagnie à son épouse, une femme fragile et pleine de douceur. Avec elle, elle apprend la bienveillance. Avec lui, elle découvre les richesses de la lecture et de l’écriture… mais aussi obéissance, avilissement et humiliation. Un apprentissage qui lui servira à coucher noir sur blanc le récit tragique de sa destinée. Et son implacable confession.
Nell Leyshon réalise un travail d’orfèvre avec ce portrait inoubliable, où vibre la voix lucide et magnifique de son héroïne.

Mon avis :
La Couleur du Lait, c’est l’histoire de Mary qui écrit elle-même son récit après avoir appris à écrire grâce à son maître une fois qu’elle a commencé à travailler au presbytère. Avant cela, elle travaillait à la ferme avec ses trois sœurs, ses parents et son grand-père malade. Les journées commençaient à l’aube et terminaient à la nuit tombée. C’est son père qui lui trouve une place chez le pasteur Graham pour prendre soin de son épouse malade et faible. Mary part donc s’installer chez eux pour tenir compagnie à cette femme qui la prend sous son aile. Mais une fois que la femme est décédée et que le fils est parti à l’université, la vie auprès du pasteur prend une toute autre tournure…

C’est un récit court mais poignant, Mary n’a pas une vie facile et ce, dès le début du roman quand elle travaille tous les jours jusqu’à pas d’heures à la ferme avec ses sœurs pour subvenir aux besoins de sa famille. Sa place au presbytère est d’abord plus facile, il n’y a pas autant de travail, mais Mary n’est pas habituée et doit s’adapter à ce nouveau monde.

L’écriture très simpliste et enfantine, aux tournures grammaticales pas toujours correctes nous permet de nous plonger entièrement dans la tête de Mary, jeune adolescente en pleine découverte de la vie. C’est elle qui écrit l’histoire et elle nous le rappelle à de nombreuses reprises, en coupant son récit par de petits paragraphes dans lesquels elle nous explique qu’elle a besoin de faire une pause, qu’elle écrit depuis longtemps, qu’elle a mal au dos… J’ai mis du temps à comprendre où voulait en venir l’auteur, je trouve que le retournement de situation qui nous amène à Mary en train d’écrire son histoire met un peu trop de temps à écrire. Je ne me suis pas attachée aux personnages, puisqu’en 186 pages il est difficile de vraiment s’immerger et découvrir des personnages pleinement développés. J’ai eu beaucoup de compassion pour Mary, bien sûr. Elle n’est pas libre de ses choix, son père ne la laisse pas décider de rentrer à la ferme puisque lui a décidé qu’elle irait travailler au presbytère. J’ai également beaucoup aimé la femme du pasteur et j’aurais aimé plus de scènes entre elle et Mary, tout comme le grand-père qui pour le coup est un personnage touchant et décalé, rempli d’humour. Les autres personnages comme les sœurs de Mary, qui ont pourtant un certain rôle dans l’histoire et réapparaissent régulièrement, passent complètement au second plan et n’ont pas l’importance qu’elles auraient pu avoir dans le récit.

Malgré tout, ce roman a été une jolie découverte et une véritable plongée en 1831 qui nous révèle la condition féminine de l’époque et comment Mary passe de l’autorité de son père à celle du pasteur, j’ai passé un bon moment mais je suis très loin du coup de cœur et de ce à quoi je m’attendais quand j’avais lu la quatrième de couverture. Je n’aurais pas été contre quelques dizaines de pages en plus si cela permettait un développement plus approfondi.

2 commentaires sur “La Couleur du Lait de Nell Leyshon

  1. Un récit court et poignant, je suis bien d’accord avec toi. J’ai été très surprise par la forme du récit : des tournures grammaticales effectivement très simples, pas vraiment de ponctuation mais cela donne beaucoup d’authenticité au récit. J’ai été séduite. Une belle lecture !

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