Chroniques Livres

Quand la nuit devient jour de Sophie Jomain

Chez Pygmalion, avril 2016.
224 pages, 16€00.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
On m’a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m’enfonce une épine dans le pied, décrire l’échauffement d’une brûlure, parler des nœuds dans mon estomac quand j’ai trop mangé, de l’élancement lancinant d’une carie, mais je suis incapable d’expliquer ce qui me ronge de l’intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà. La dépression. Ma faiblesse.
Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n’est en mesure de m’aider. Dieu, la science, la médecine, même l’amour des miens a échoué. Ils m’ont perdue. Sans doute depuis le début. J’ai vingt-neuf ans, je m’appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois. Le 6 avril 2016. Par euthanasie volontaire assistée.

Mon avis :
Quand la nuit devient jour est un roman/témoignage, il commence par présenter le fait divers dont s’est inspirée Sophie Jomain pour raconter son histoire et construire ses personnages, l’histoire d’une jeune femme qui a demandé l’euthanasie pour dépression. Sa vie nous est racontée depuis son enfance, les difficultés qu’elle a eu à accepter son corps depuis petite, puis à s’accepter elle-même en tant que femme, en tant qu’humain… Dès les premières pages, on sait que le sujet abordé est fort, délicat, puissant et difficile et que la suite ne va pas être rose et pleine de paillettes.

La partie roman nous présente la vie de Camille après que sa demande d’euthanasie ait été acceptée, elle va s’installer dans un centre pour vivre ses derniers mois en étant encadrée d’une équipe de médecins (et pour s’assurer qu’elle ne mettra pas fin à ses jours avant la date qui a été choisie, le 6 avril). Il m’est difficile de discuter objectivement de ce livre tant j’ai été touchée par l’histoire de Camille, et d’autant plus qu’elle est inspirée d’un fait réel. Les personnages sont tellement forts et si bien soutenus par l’écriture si délicate et fluide de Sophie Jomain, j’ai été transportée pendant les 220 pages sans m’en rendre compte. Ce livre, au delà de la construction des personnages et leurs relations, nous permet de nous questionner sur la question de l’euthanasie volontaire assistée, sur la dépression, sur l’acceptation de son image et de soi, sur les problèmes alimentaires, sur les rapports à autrui… : des questions de société qui nous concernent tous. Les réactions des parents de Camille lorsqu’elle leur annonce qu’elle a une date, qu’elle va mourir mais que c’est son choix sont tellement humaines et tellement réalistes qu’on ne peut pas leur en vouloir. Ce livre est si triste mais si fort, difficile de ne pas ressentir quelque chose en le lisant.

La fin est absolument cauchemardesque, tellement frustrante mais tellement satisfaisante à la fois, c’est une fin à la Sophie Jomain et c’est aussi pour ça que j’ai tant apprécié ce livre. Elle a réussi laissé sa trace sur cette histoire. Un véritable coup de cœur qui nous force à réfléchir sur des tas de sujets de notre société.

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