Chroniques Livres

La voix secrète de Michaël Mention

Chez les éditions 10-18, janvier 2017.
Amazon / Goodreads / Livraddict
Ma note : ★★★★★
Quatrième de couverture :

Durant l’hiver 1835, sous le règne de Louis-Philippe, alors que Paris est rongé par la misère et les attentats, la police enquête sur un tueur d’enfants. Tous les indices orientent Allard, chef de la Sûreté, vers le célèbre poète et assassin Pierre-François Lacenaire. Incarcéré à la Conciergerie, celui-ci passe ses journées à recevoir des visiteurs et à rédiger ses Mémoires en attendant de passer sous la guillotine. Un autre crime se produit, révélant davantage de similitudes avec ceux commis jadis par Lacenaire. Allard décide alors de le solliciter dans l’espoir de résoudre au plus vite cette enquête tortueuse. Entre le policier et l’assassin s’instaure une relation ambiguë, faite de respect et de manipulation, qui les entraînera tous deux dans les coulisses d’un Paris mystérieux et violent.

Mon avis :
Pour commencer l’année 2017, je me suis attaquée à ce court roman historique et policier, qui m’a été conseillé par mon amie Alexandra du blog Comme par enchantements. L’histoire se déroule en 1835, un tueur assassine des enfants et terrorise Paris en semant derrière lui des corps décapités et des têtes tranchées, qui ne vont pas forcément ensemble… Il y a donc plusieurs victimes à la fois. C’est Allard, chef de la Sûreté qui est engagé pour enquêter sur cette affaire. Tout indique que c’est Lacenaire, le fameux poète et assassin, qui est coupable. En effet, les victimes portent les même traces que ses victimes précédentes. Mais il est enfermé à la Conciergerie en attendant de passer sous la guillotine. Alors… Associé ou imitateur ? Allard va demander à Lacenaire de l’aider à mener l’enquête.

C’est un roman assez court, de 240 pages environ, qui se lit très vite. J’ai adoré le personnage principal de Lacenaire qui est extrêmement charismatique et très mystérieux, j’ai eu beaucoup de mal à le cerner et à savoir s’il aidait Allard pour ses propres intérêts ou parce qu’ils étaient amis… Un personnage comme je les aime ! Le suspense reste présent tout au long du roman, et même quand le coupable est démasqué, l’histoire ne se termine pas tout de suite puisque l’aventure de Lacenaire continue.

J’ai passé un excellent moment et je conseille vivement ce roman !

Chroniques Livres

Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka

Chez 10-18, septembre 2013.
144 pages, 6€60.
Ma note : ★★☆☆☆

Quatrième de couverture :
Nous sommes en 1919. Un bateau quitte l’Empire du Levant avec à son bord plusieurs dizaines de jeunes femmes promises à des Japonais travaillant aux États-Unis, toutes mariées par procuration.
C’est après une éprouvante traversée de l’Océan pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leurs futurs maris. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui auquel elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.
À la façon d’un chœur antique, leurs voix se lèvent et racontent leurs misérables vies d’exilées… leurs nuits de noces, souvent brutales, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l’humiliation des Blancs… Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre et la détention dans les camps d’ internement – l’État considère tout Japonais vivant en Amérique comme traître. Bientôt, l’oubli emporte tout, comme si elles, leurs époux et leurs progénitures n’avaient jamais existé.

Mon avis :
J’étais partie très confiante avec ce petit roman, je m’étais dit que le sujet allait me plaire, les quelques avis que j’avais lus/entendus étaient bons et je pensais qu’en 150 pages environ je n’aurais pas le temps de m’ennuyer et qu’en une après-midi j’aurais fini de le lire. Raté. J’ai mis plusieurs jours à le lire parce que j’ai eu beaucoup de mal à me plonger dans l’histoire de ces femmes japonaises, principalement à cause du style narratif choisi.

Pour replacer le contexte, nous sommes au début du XXème siècle et le roman commence sur un bateau avec des femmes japonaises qui font le voyage pour retrouver leurs futurs époux en Amérique. Elles ne les ont jamais rencontrés, mais ils se sont écrits et elles ont des photos. Elles font connaissance sur le bateau, apprennent à se connaître, elles sont toutes différentes mais rêvent toutes d’une vie différente et luxueuse aux Etats-Unis. Malheureusement, tout ne va pas se dérouler comme prévu. Ces mariages arrangés ne sont pas tous joyeux, certaines doivent faire face aux violences conjugales, à la dépression, au travail dans les champs, au mensonge de leurs maris, à l’adultère, au racisme, à l’éducation de leurs enfants…

Le début était prometteur, puis je me suis lassée parce que tout était très répétitif. Le roman est raconté à la première personne du pluriel et chaque phrase commence par « nous ». Alors au début, c’était sympathique et je trouvais ça plutôt original, mais au bout de quelques dizaines de pages, j’ai perdu le fil parce que je n’arrivais pas à m’attacher à ces femmes et j’ai perdu tout intérêt pour leurs histoires et leurs vies. Aucun nom n’est mentionné, tout est raconté d’un point de vue très éloigné et extérieur et j’ai trouvé ça très difficile de me sentir proche d’elles.

La dernière partie du roman a relevé un peu le niveau mais cela reste une grosse déception, et je suis bien contente qu’il n’ait pas été plus long parce que j’aurais sans doute abandonné en cours de route.

Chroniques Livres

La Couleur du Lait de Nell Leyshon

Chez 10/18, septembre 2015.
186 pages, 6€60.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
1831. Mary une jeune fille de 15 ans mène une vie de misère dans la campagne anglaise du Dorset. Simple et franche, mais lucide et entêtée, elle raconte comment, un été, sa vie a basculé lorsqu’on l’a envoyée chez le pasteur Graham, pour servir et tenir compagnie à son épouse, une femme fragile et pleine de douceur. Avec elle, elle apprend la bienveillance. Avec lui, elle découvre les richesses de la lecture et de l’écriture… mais aussi obéissance, avilissement et humiliation. Un apprentissage qui lui servira à coucher noir sur blanc le récit tragique de sa destinée. Et son implacable confession.
Nell Leyshon réalise un travail d’orfèvre avec ce portrait inoubliable, où vibre la voix lucide et magnifique de son héroïne.

Mon avis :
La Couleur du Lait, c’est l’histoire de Mary qui écrit elle-même son récit après avoir appris à écrire grâce à son maître une fois qu’elle a commencé à travailler au presbytère. Avant cela, elle travaillait à la ferme avec ses trois sœurs, ses parents et son grand-père malade. Les journées commençaient à l’aube et terminaient à la nuit tombée. C’est son père qui lui trouve une place chez le pasteur Graham pour prendre soin de son épouse malade et faible. Mary part donc s’installer chez eux pour tenir compagnie à cette femme qui la prend sous son aile. Mais une fois que la femme est décédée et que le fils est parti à l’université, la vie auprès du pasteur prend une toute autre tournure…

C’est un récit court mais poignant, Mary n’a pas une vie facile et ce, dès le début du roman quand elle travaille tous les jours jusqu’à pas d’heures à la ferme avec ses sœurs pour subvenir aux besoins de sa famille. Sa place au presbytère est d’abord plus facile, il n’y a pas autant de travail, mais Mary n’est pas habituée et doit s’adapter à ce nouveau monde.

L’écriture très simpliste et enfantine, aux tournures grammaticales pas toujours correctes nous permet de nous plonger entièrement dans la tête de Mary, jeune adolescente en pleine découverte de la vie. C’est elle qui écrit l’histoire et elle nous le rappelle à de nombreuses reprises, en coupant son récit par de petits paragraphes dans lesquels elle nous explique qu’elle a besoin de faire une pause, qu’elle écrit depuis longtemps, qu’elle a mal au dos… J’ai mis du temps à comprendre où voulait en venir l’auteur, je trouve que le retournement de situation qui nous amène à Mary en train d’écrire son histoire met un peu trop de temps à écrire. Je ne me suis pas attachée aux personnages, puisqu’en 186 pages il est difficile de vraiment s’immerger et découvrir des personnages pleinement développés. J’ai eu beaucoup de compassion pour Mary, bien sûr. Elle n’est pas libre de ses choix, son père ne la laisse pas décider de rentrer à la ferme puisque lui a décidé qu’elle irait travailler au presbytère. J’ai également beaucoup aimé la femme du pasteur et j’aurais aimé plus de scènes entre elle et Mary, tout comme le grand-père qui pour le coup est un personnage touchant et décalé, rempli d’humour. Les autres personnages comme les sœurs de Mary, qui ont pourtant un certain rôle dans l’histoire et réapparaissent régulièrement, passent complètement au second plan et n’ont pas l’importance qu’elles auraient pu avoir dans le récit.

Malgré tout, ce roman a été une jolie découverte et une véritable plongée en 1831 qui nous révèle la condition féminine de l’époque et comment Mary passe de l’autorité de son père à celle du pasteur, j’ai passé un bon moment mais je suis très loin du coup de cœur et de ce à quoi je m’attendais quand j’avais lu la quatrième de couverture. Je n’aurais pas été contre quelques dizaines de pages en plus si cela permettait un développement plus approfondi.

Chroniques Livres

La passe dangereuse de Somerset Maugham

Chez 10/18, avril 1993.
279 pages, plus édité.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Peu de mondes semblent aussi éloignés l’un de l’autre que ceux de Somerset Maugham et de George Orwell. On découvre pourtant avec surprise dans un essai de l’auteur de 1984 qu’il admirait « immensément » Maugham pour son « talent à raconter une histoire sans fioriture ». Au lecteur de se laisser séduire par une invraisemblable histoire d’amour dans le Hong Kong de la grande époque coloniale anglaise avec adultère, épidémie, général chinois, bonnes soeurs… Ingrédients que Maugham mélange avec un art consommé du récit et une maîtrise raffinée de la « belle ouvrage ».

Mon avis :
Voici une lecture qui me fait très envie depuis longtemps, mais j’ai eu beaucoup de mal à me procurer ce livre parce qu’il n’est plus édité. C’est finalement mon réseau de médiathèques qui m’a permis d’enfin le lire! J’avais adoré l’adaptation avec Naomi Watts et Edward Norton, et j’avais hâte de découvrir l’origine de ce film.

La passe dangereuse, c’est l’histoire de Kitty et Walter, couple marié mais pas du tout assorti. Kitty trompe Walter, qui le découvre, et lui pose un ultimatum : elle part avec lui à Hong-Kong pour ses travaux de recherches, ou il divorce. Kitty n’a pas le choix si elle veut garder son honneur, elle accepte de partir dans un pays envahi par une épidémie de choléra. Je ne peux m’empêcher de comparer les deux. Le film lui, est très romancé et nous dévoile un aspect du couple qui n’est pas présent dans le roman, qui est beaucoup plus focalisé sur Kitty et son évolution.

Il y a plusieurs parties distinctes dans ce roman, celle à Londres et celle en Chine. Celle à Londres est bien plus longue et au final, moins intéressante que celle en Chine. Tout est raconté du point de vue de Kitty et Walter, qui est un personnage complexe et vraiment très intéressant, n’est pas très présent. Kitty reste principalement en compagnie des bonnes sœurs au couvent, avec les enfants et bien que ces scènes permettent de faire évoluer le personnage et finissent par la faire descendre de son pied d’estal, elles n’apportent pas grand chose à l’histoire principale. Nous ne sommes confrontés au choléra que trois fois dans tout le roman, j’aurais apprécié découvrir un peu plus l’aspect scientifique de cette maladie. D’autant plus que Walter étudie les bactéries et cela aurait pu amener des scènes vraiment intéressantes et poussées.

La fin, quant à elle, est différente de celle du film. On peut donc choisir la fin qui nous plaît le plus, en fonction de notre attachement aux personnages.
Une très bonne lecture, que j’aurais attendu longtemps avant de pouvoir enfin mettre la main dessus. Je ne regrette pas, le roman est différent du film en plein de points et c’était très agréable de pouvoir comparer.

Challenge

French Read-a-thon

Je participe au French-read-a-thon !

Le principe ? Lire un minimum de 4 livres et un maximum de 7 livres en une semaine (du 13 au 19 juillet 2015), en respectant une liste de thèmes. Retrouvez les détails du challenge sur la vidéo de Rondoudou is Happy !

Sans attendre, voici ma PAL pour ce challenge :
– Un goût de cannelle et d’espoir de Sarah McCoy (un livre de plus de 300 pages)
– Un intérêt particulier pour les morts de Ann Granger (un livre qui ne fait pas parti de tes genres de prédilections = un policier)
– Transatlantic de Colum McCann (un livre dont la couverture te fait penser à l’été)
– Les étoiles de Noss Head de Sophie Jomain (un contemporain)
– Love and Friendship de Jane Austen (un livre en VO)
– Avant toi de Jojo Moyes (un livre qui est/va être adapté au cinéma ou en série)
– Levana de Marissa Meyer (un livre avec le prénom d’un personnage dans le titre)
Et vous, participez-vous à ce challenge ? Qu’avez-vous prévu de lire ? 🙂
Bilan

Bilan de juin 2015

Nous sommes en juillet, c’est l’heure du bilan du mois de juin !
J’ai pas mal vidé ma PAL au mois de juin, puisque l’été à commencé et j’ai l’intention de la faire diminuer au maximum pendant la période estivale.
Des bande-dessinées et des mangas :
Le Secret du Pape (Le Scorpion #2) La Croix de Pierre (Le Scorpion #3) Alienor, la légende noire 1 (Les reines de sang #1)
Alienor, la légende noire 2 (Les reines de sang #2) Alienor, la légende noire 3 (Les Reines de sang #3) Aliénor, la légende noire 4 (Les reines de sang, #4)
Tseu Hi, La Dame dragon (Reines de sang, #1) Emma, tome 3/5 Ad Astra (Ad Astra, #5)
Des romans :
Le Collier rouge Far from the Madding Crowd La huitième couleur (Les annales du Disque-Monde, #1)
22/11/63 Héritage (Night School, #2) Rupture (Night School, #3)
Les portes du paradis (Les vampires de Manhattan, #7) Le prix de l'hérésie (Giordano Bruno, #1)
Mes coups de coeur de ce mois de juin sont sans conteste Far from the Madding Crowd de Thomas Hardy ainsi que les deux tomes de Night School de C.J. Daugherty et le troisième tome double de Emma de Kaoru Mori.
Mes déceptions reviennent aux Portes du Paradis de Melissa de la Cruz et à Tseu Hi de Philippe Nihoul. Comme expliqué dans ma chronique, les Portes du Paradis ne me convenaient plus, j’ai attendu trop longtemps avant de pouvoir lire cette fin de série et je me suis lassée. Pour Seu Hi, j’ai trouvé qu’il y avait énormément de sexe (ce qui n’était, en plus, pas toujours utile) et que l’histoire n’avançait pas du tout au final, contrairement aux tomes d’Aliénor, dans la même collection des Reines de Sang. Je ne continuerai donc pas cette série, mais commencerai celles sur les autres reines.
Chroniques Livres

Le prix de l’hérésie de S.J. Parris

Lien Amazon : Le prix de l’hérésie
Lien Goodreads : Le prix de l’hérésie
Éditeur : 10/18
Prix : 9€10
Note : ★★★☆☆
Résumé :
1583. L’Inquisition fait rage sur le continent. Contraint à l’exil pour hérésie, l’esprit visionnaire Giordano Bruno rejoint les bords de la Tamise où le destin lui prête un nouveau protecteur en la personne de la reine Elisabeth Ière. Chargé d’être son espion à Oxford, le sulfureux Napolitain plonge dans les rouages d’une tragédie où ferveur religieuse et fureur meurtrière ne font qu’un.
Mon avis :
J’ai découvert cette série en allant visiter l’exposition sur les Tudors au Musée du Luxembourg à Paris, passionnée par la période je ne pouvais tout simplement pas rater ça. Dans la boutique, en fin de visite, un petit rayon était dédié aux romans se déroulant à l’époque des Tudors… Je me suis retenue et je n’ai pas acheté les livres sur place (j’avais déjà craqué pour le catalogue de l’exposition à 35€ donc ça fait un peu mal au porte-monnaie). Du coup j’ai emprunté le premier tome à la bibliothèque.
J’ai un avis en demi-teinte sur ce premier tome. Tout d’abord, j’ai adoré les personnages, le style de l’auteur, et l’ambiance du roman. Je ne suis pas très fan du genre policier à la base, mais j’essaye de m’y mettre progressivement (et un policier à l’époque des Tudors, c’est le bon moyen pour me faire aimer et pour que je m’y attelle) et j’ai beaucoup aimé l’enquête présentée ici. Ce qui me laisse perplexe, c’est ce qui va se passer dans les tomes suivants. Il n’y en a que quatre pour l’instant, mais voilà, j’ai un peu de mal à me projeter puisqu’il y a une vraie fin. Je n’ai pas du tout soupçonné le coupable pendant ma lecture, je me suis laissée porter jusqu’au dernier chapitre, il y avait tellement de suspects possibles et comme je débute en policier, j’ai suivi tout ça avec intérêt, sans non plus être désespérée si je ne connaissais pas la fin.
Un avis en demi-teinte, comme je le disais, j’ai beaucoup aimé Bruno, ainsi que les personnages de Sophia et Cobbett, ce qui, je pense va me faire continuer cette série, ainsi que l’univers et l’époque, mais j’ai trouvé qu’il y avait quand même énormément de longueurs, des passages où il ne se passait pas forcément grand chose… Malgré tout, la plume de l’auteur est très agréable, c’est assez fluide à lire. Le roman fait quand même presque 600 pages, et j’ai trouvé ça un peu long pour un dénouement aussi rapide. L’enquête m’a semblé longue à démarrer, longue en elle-même, puis très rapide à être résolue. Toutefois, je pense que ce roman peut être parfois difficile à comprendre dans le contexte historique et religieux, j’adore cette période de l’histoire britannique donc je m’y connais, mais quelqu’un qui n’a aucune connaissance sur cette période risque d’être un peu perdu… D’autant que ça parle énormément de religion. À voir, donc.
C’était cependant une bonne lecture, je vais continuer la série avec plaisir puisque j’ai déjà le second tome dans ma PAL.