Chroniques Livres

Collaboration horizontale de Navie et Carole Maurel

Chez Delcourt / Mirages, janvier 2017, 144 pages.
Ma note : ★★★★★
Coup de cœur ! ♥
Quatrième de couverture :
1942, Paris, Passage de la Bonne Graine. Rose, pour sauver son amie juive, Sarah, décide d’intervenir auprès de l’officier chargé de l’enquête, Mark. Rose est mariée à un prisonnier de guerre, avec qui elle a un enfant. Pourtant elle va se lancer dans une passion avec cet Allemand qui va lui révéler la femme qu’elle est. « Collaboration Horizontale », c’est l’histoire d’un amour interdit, d’une communauté de femmes solidaires, du quotidien d’un immeuble sous l’occupation… Entre héroïsme et trahison, il n’y a qu’un pas, souvent dangereux.
Mon avis :
Collaboration Horizontale a été une vraie claque, un formidable coup de cœur. Une bande dessinée qui nous présente la France sous l’occupation allemande, en 1942, et plus précisément les habitants d’un immeuble en particulier. Nous découvrons donc Andrée, la gardienne et Camille, son époux aveugle. Mais aussi Rose, infirmière dont l’époux et parti au front. Sarah, une femme juive qui se cache dans l’immeuble avec son fils Anaël, atteint de la polio. Joséphine, une danseuse de cabaret profondément mélancolique. Henriette, une femme âgée qui prétend être sénile mais qui a en réalité les idées bien en place… Tous ces personnages vont nous partager une tranche de leur vie, leurs réactions face aux allemands et la situation politique de la France : quand certains choisissent de s’arranger avec les nazis, d’autres aimeraient s’engager dans la Résistance.
Cette bande-dessinée, c’est aussi la rencontre de Rose avec Mark, officier allemand, et le début d’une passion dévorante. Une relation totalement interdite, qu’ils cachent parce qu’ils savent bien qu’elle n’attirerait que des ennuis. Mais le comportement de Rose change, ses amies s’inquiètent, la critiquent… Les personnages évoluent doucement, nous sommes témoin de l’amour de Rose et Mark, nous aimerions tant pouvoir les aider.
Une histoire magnifique mais terriblement triste, la fin m’a brisé le cœur. Je vous recommande vivement cette bande-dessinée, à tous.
En dehors de l’histoire, les illustrations sont absolument magnifiques et nous offrent quelques planches que j’ai absolument adoré et parfois pris quelques minutes pour les observer en détails, faisant une pause dans ma lecture pour les admirer. C’est un véritable travail graphique original, avec un joli traitement des couleurs qui colle parfaitement avec le sujet historique. Voici trois photos pour vous donner un exemple de ce qui vous attend si vous vous laissez tenter, ce que je souhaite réellement :
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Chroniques Livres

Le grand méchant renard de Benjamin Renner

Chez les éditions Delcourt dans la collection Shampooing, janvier 2015.
192 pages, 16€95.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Un renard chétif tente de se faire une place de prédateur face à un lapin idiot, un cochon jardinier, un chien paresseux et une poule caractérielle. Il a trouvé une stratégie : il compte voler des œufs, élever les poussins, les effrayer et les manger.

Mon avis :
Quelle excellente bande dessinée ! Benjamin Renner nous plonge dans le quotidien d’un renard pas très rusé, le comble… Ce renard ne parvient pas à effrayer les animaux de la ferme d’à côté, et ne se nourrit donc que de navets qui lui sont fournis par ces mêmes animaux. Il n’a aucune crédibilité en tant que bête féroce et à chaque visite de la ferme, c’est la même rengaine : il repart avec des légumes (ce qui ne lui remplit pas tellement l’estomac). Ami avec un loup, ils décident d’élaborer un plan et de voler des œufs, puis d’élever les poussins jusqu’à ce qu’ils soient assez grands et gras pour les manger et enfin se faire un repas digne de ce nom! C’est bien sûr le renard qui doit s’y coller et vole les œufs, puis les couve, et élève les poussins… Et bien sûr, comme on peut s’y attendre, il va s’attacher à ces trois petites bestioles et va avoir du mal à les passer à la casserole.

C’est rempli d’humour à chaque page, c’est hilarant et on passe vraiment un excellent moment. Les illustrations sont très modernes et graphiques, très simples mais largement suffisantes pour raconter l’histoire qu’on nous présente. J’ai adoré les scènes à la ferme, avec les autres animaux (spéciale dédicace au cochon et au lapin et le filet à papillon…)

Ce n’est pas un coup de coeur parce qu’il y a quelques longueurs, mais je pense sincèrement que cette bande dessinée peut plaire aux plus jeunes comme aux adultes, pour l’histoire mignonne comme pour l’humour.

Chroniques Livres

Cath & son chat #1 et #2 de Yrgane Ramon & Cazenove

Chez Bamboo, février 2012 pour le premier volume.
47 pages, 10€60.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Avec le chat de Cath, c’est trop l’éclate ! Enfin, ça dépend : sauf les jours où il fait ses griffes sur la moquette, où il squatte le bureau de Cath et où il transforme les factures à payer en boulettes de papier… Une série pleine de fraîcheur et de tendresse qui raconte la vie quotidienne d’un père célibataire et de sa fille, aux prises avec leur félin un peu trop filou.

Mon avis :
Cette bande-dessinée aborde un thème vu et revu dans l’humour : les chats. Mais comme je ne peux m’empêcher de les lire, je me suis lancée dans cette série aux dessins très comiques et aux couleurs pastels. Je n’ai pas été déçue, on retrouve beaucoup des gags connus et associés au chats (le vétérinaire, les rideaux déchirés, la balle qui rebondit…), forcément, les chats se ressemblent tous et on finit pas avoir fait le tour des gags. Malgré tout, l’ensemble fonctionne plutôt bien. Cath est une héroïne toute mignonne, Sushi un chat survolté et le papa essaye de gérer les deux compères du mieux qu’il le peut.

J’ai beaucoup aimé ces deux premiers volumes, la lecture est très agréable et très rapide, les illustrations sont supers et les couleurs géniales, ces aventures plairont aux enfants comme aux adultes, aux amis des chats comme aux accro de l’humour… Mais il m’a manqué un petit quelque chose pour que ce soit une lecture qui me marque, j’ai passé un bon moment sans que ce soit l’extase pour autant. J’attends de voir les prochains volumes qui j’espère auront ce petit grain de folie manquant dans ces deux premiers tomes.

Chroniques Livres

Les Carnets de Cerise #4, La Déesse sans Visage de Joris Chamblain et Aurélie Neyret

Aux Editions Soleil dans la Collection Métamorphose, janvier 2016.
88 pages, 15€95.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Cerise est une jeune fille qui vit seule avec sa mère. Elle rêve de devenir romancière et a même déjà commencé à écrire ses carnets ! Son sujet favori : les gens, et plus particulièrement les adultes. Elle adore les observer pour tenter de deviner quels secrets ils dissimulent au fond deux… L’heure des vacances a sonné ! La visite d’un étrange manoir annonce une nouvelle enquête : chaque pièce est une énigme, chaque objet est un indice. Mais il est des secrets plus anciens qui ne demandent qu’à être dévoilés. Qui est cette déesse sans visage qui trône dans une pièce secrète ? Où se cache la partie manquante de ce tableau ? Mais surtout, qui tire vraiment les ficelles de ce nouveau mystère ? Si Cerise ne résolvait pas l’énigme à temps, les conséquences pourraient être terribles…

Mon avis :
Quel plaisir de retrouver Cerise, sa maman, ses copines et surtout son univers et son imagination débordante ! Cerise est une héroïne à laquelle je me suis tout de suite attachée dès le premier tome, que l’on découvre plus grande ici, avec des soucis plein la tête, une tristesse s’est emparée d’elle et elle pense beaucoup à son père qui lui manque.
Pour lui changer les idées, sa maman décide de l’emmener mener une enquête dans un manoir pour son anniversaire. Excellente idée, jusqu’à ce que l’enquête se révèle être beaucoup plus mystérieuse que prévue.

J’ai beaucoup aimé ce tome, comme toujours les illustrations sont sublimes mais l’histoire ne m’a pas autant emportée que le premier et le deuxième tome. J’ai trouvé que l’ambiance générale était assez sombre, et surtout beaucoup plus triste que les premiers. J’ai adoré le manoir, qui ressemble largement à celui de Psychose de Hitchock (ou de Disneyland, comme vous préférez), cela met tout de suite dans l’ambiance mystérieuse et nous plonge dans l’enquête que va devoir mener Cerise. Elle se rapproche de sa maman, ce que j’ai beaucoup aimé, mais encore une fois, elle lui cache des choses… L’humeur de Cerise qui n’est pas au beau fixe, elle se pose beaucoup de questions, elle est triste sans vraiment savoir pourquoi ni pouvoir mettre des mots sur ce qu’elle ressent, elle a du mal à s’exprimer… J’ai trouvé que cela se reflétait assez sur les couleurs et l’ambiance générale, surtout si l’on compare avec le premier tome par exemple, qui est très riche en couleurs.

J’ai passé un excellent moment, Cerise grandit encore et nous emmène avec elle. En plus de mener une enquête, la propre vie de Cerise avance et nous en apprenons un peu plus sur elle. La fin est très touchante et j’ai plus que hâte de découvrir le cinquième tome.

Chroniques Livres

Les Carnets de Cerise, #1, #2 et #3 de Joris Chamblain et Aurélie Neyret

Chez les Editions Soleil, premier tome sorti en septembre 2012.
Environ 80 pages, 15€95 l’unité.
Lien Amazon tome 1
Lien Goodreads tome 1
Ma note globale : ★★★★★

Résumé tome 1 :
Cerise est une petite fille âgée de 11 ans, qui vit seule avec sa mère. Elle rêve de devenir romancière, et a même déjà commencé à écrire ses carnets ! Son sujet favori : les gens, et plus particulièrement, les adultes. Ils sont si compliqués qu’elle souhaiterait mieux les comprendre. Elle adore les observer pour tenter de deviner quels secrets ils dissimulent au fond d’eux. Prenez Michel… Tous les dimanches, ce vieil homme s’engouffre dans la forêt avec de gros pots de peinture à la main. Qu’y fait-il donc toute la journée ? Repeint-il une vieille maison ? Décore-t-il des arbres ? Et pourquoi a-t-il l’air si triste quand il rentre le soir ? Suivez Cerise, pas à pas, dans sa première enquête qui vous mènera au cœur de la forêt, à la découverte d’un lieu fabuleux !…

Mon avis :
Une petite pépite qui a fait craquer pas mal de bloguers et de booktuber, j’en ai beaucoup entendu parler. En les voyant disponibles sur mon réseau de médiathèques, je n’ai pas hésité. Et quelle magnifique découverte ! Déjà, les BDs sont construites commes des carnets dans lesquels Cerise aurait elle-même écrit, les premières pages sont donc entièrement décorées comme celles d’un journal intime, un peu comme les premières pages de Lou! de Julien Neel. Puis Cerise nous raconte l’histoire dont il est question, et l’on passe à la BD proprement dite, et à ses illustrations absolument splendides. J’ai eu l’impression de regarder des aquarelles tout le long, je ne me suis pas lassée une seconde, c’est doux, c’est attendrissant, c’est pastel… Que du bonheur !

Le premier tome est mon préféré, suivi du deuxième puis du troisième où l’histoire m’a moins séduite bien qu’elle ait été très touchante également. Le premier tome nous parle d’un zoo à l’abandon, et d’un homme mystérieux qui tente de lui redonner vie en peignant des fresques dans les enclos vides. Et alors les illustrations sont juste magnifiques, j’ai adoré l’histoire et la façon dont c’était construit. Le second tome était extrêmement touchant, il nous raconte l’histoire d’une femme âgée, qui réemprunte le même livre à la bibliothèque chaque semaine… et bien sûr, Cerise va essayer de comprendre pourquoi. Le troisième tome lui, est une chasse au trésor et une suite d’indices ou j’ai trouvé que Cerise était moins impliquée, mais cela nous a permis d’en apprendre plus sur sa situation familiale et sur son père.

On s’attache petit à petit à Cerise, malgré ses petits défauts. Elle grandit au fil des tomes, passe au collège, ses copines lui font la tête quand elle est trop concentrée sur ses « mystères » et pas assez sur elles… Malgré l’histoire différente raconté dans chaque tome, on retrouve des personnages récurrents et on suit l’évolution de Cerise, on la voit grandir.

Ces BDs sont de vrais coup de cœurs et je lirai les prochains tomes avec un immense plaisir !