Challenge

Les 100 meilleurs romans britanniques

Après être retombée sur un article de 2016 du site UK Actually nous donnant le classement des 100 meilleurs romans britanniques, j’ai voulu savoir combien j’en avais lu… Résultat, pas tant que ça ! Le classement a été établi par BBC Culture, après avoir interrogé 82 critiques littéraires (excluant les critiques britanniques).
Alors j’ai finalement décidé de me plonger petit à petit un nouveau challenge personnel, qui n’aura pas vraiment de date de fin ni de règles précises si ce n’est de lire ces romans un jour ou l’autre.

Et vous, combien en avez-vous lu ? 🙂

En gras, les livres que j’ai lu, en italique ceux qui sont dans ma pile à lire.

100. Bonjour, Jeeves de PG Wodehouse, 1938
99. Le fait est de Ali Smith, 2011
98. Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry,1947
97. Le Monde de Narnia de CS Lewis, 1949-1954
96. Mémoires d’une survivante de Doris Lessing, 1974
95. Le Bouddha de banlieue de Hanif Kureishi, 1990
94. Confession du pécheur justifié de James Hogg, 1824
93. Sa Majesté des mouches de William Golding, 1954
92. La Ferme de cousine Judith de Stella Gibbons, 1932
91. La Dynastie des Forsyte de John Galsworthy, 1922
90. La dame en blanc de Wilkie Collins, 1859
89. De la bouche du cheval de Joyce Cary, 1944
88. Les Cœurs détruits de Elizabeth Bowen, 1938
87. Un conte de bonnes femmes de Arnold Bennett, 1908
86. Un héritage de Sybille Bedford, 1956
85. Régénération Trilogie de Pat Barker, 1991-1995
84. Scoop de Evelyn Waugh, 1938
83. Les Tours de Barchester de Anthony Trollope, 1857
82. Les romans Patrick Melrose : Peu importe, Mauvaise nouvelle, Après tout, Le Goût de la mère et Enfin de Edward St Aubyn, 1992-2012
81. Le Joyau de la couronne de Paul Scott, 1966
80. Des femmes remarquables de Barbara Pym, 1952
79. À la croisée des mondes de Philip Pullman, 1995-2000
78. Une maison pour monsieur Biswas de VS Naipaul, 1961
77. Servitude humaine de W Somerset Maugham, 1915
76. Hortense et Queenie de Andrea Levy, 2004
75. Femmes amoureuses de DH Lawrence, 1920
74. Le Maire de Casterbridge de Thomas Hardy, 1886
73. La Fleur bleue de Penelope Fitzgerald, 1995
72. Le Fond du problème de Graham Greene, 1948
71. Le Maître des apparences de Jane Gardam, 2004
70. Daniel Deronda de George Eliot, 1876
69. Nostromo de Joseph Conrad, 1904
68. Orange mécanique de Anthony Burgess, 1962
67. Crash ! de JG Ballard 1973
66. Raison et Sentiments de Jane Austen, 1811
65. Orlando de Virginia Woolf, 1928
64. Quelle époque ! de Anthony Trollope, 1875
63. Les Belles Années de miss Brodie de Muriel Spark, 1961
62. La Ferme des animaux de George Orwell, 1945
61. La Mer, la mer de Iris Murdoch, 1978
60. Amants et Fils de DH Lawrence, 1913
59. La Ligne de beauté de Alan Hollinghurst, 2004
58. Loving de Henry Green, 1945
57. Finies les parades de Ford Madox Ford, 1924-1928
56. Les Oranges ne sont pas les seuls fruits de Jeanette Winterson, 1985
55. Les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift, 1726
54. NW de Zadie Smith, 2012
53. La Prisonnière des Sargasses de Jean Rhys, 1966
52. New Grub Street de George Gissing, 1891
51. Tess d’Urberville de Thomas Hardy, 1891
50. Route des Indes de EM Forster, 1924
49. Possession de AS Byatt, 1990
48. Lucky Jim  de Kingsley Amis, 1954
47. Vie et opinions de Tristram Shandy, gentilhomme de Laurence Sterne, 1759
46. Les Enfants de minuit de Salman Rushdie, 1981
45. L’Indésirable de Sarah Waters, 2009
44. Le Conseiller de Hilary Mantel, 2009
43. La Piscine-bibliothèque de Alan Hollinghurst, 1988
42. Rocher de Brighton  de Graham Greene, 1938
41. Dombey et Fils de Charles Dickens, 1848
40. Les Aventures d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, 1865
39. Une fille, qui danse de Julian Barnes, 2011
38. The Passion de Jeanette Winterson, 1987
37. Grandeur et Décadence de Evelyn Waugh, 1928
36. La danse de la vie humaine de Anthony Powell, 1951-1975
35. Et ce sont les chats qui tombèrent de Tom McCarthy, 2005
34. Auprès de moi toujours de Kazuo Ishiguro, 2005
33. Le Vent dans les saules de Kenneth Grahame, 1908
32. Avec vue sur l’Arno de EM Forster, 1908
31. La Fin d’une liaison de Graham Greene, 1951
30. Heurs et malheurs de la fameuse Moll Flanders de Daniel Defoe, 1722
29. Sept mers et treize rivières de Monica Ali, 2003
28. Villette de Charlotte Brontë, 1853
27. Robinson Crusoé de Daniel Defoe, 1719
26. Le Seigneur des anneaux de JRR Tolkien, 1954
25. Sourires de loup de Zadie Smith, 2000
24. Le Carnet d’or de Doris Lessing, 1962
23. Jude l’Obscur de Thomas Hardy, 1895
22. Histoire de Tom Jones, enfant trouvé de Henry Fielding, 1749
21. Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad, 1899
20. Persuasion de Jane Austen, 1817
19. Emma de Jane Austen, 1815
18. Les Vestiges du jour de Kazuo Ishiguro, 1989
17. Howards End de EM Forster, 1910
16. Les Vagues de Virginia Woolf, 1931
15. Expiation de Ian McEwan, 2001
14. Clarisse Harlove de Samuel Richardson,1748
13. Le Bon soldat de Ford Madox Ford, 1915
12. 1984 de George Orwell, 1949
11. Orgueil et Préjugés de Jane Austen, 1813
10. La Foire aux vanités de William Makepeace Thackeray, 1848
9. Frankenstein de Mary Shelley, 1818
8. David Copperfield de Charles Dickens, 1850
7. Les Hauts de Hurlevent de Emily Brontë, 1847
6. La Maison d’Âpre-Vent de Charles Dickens, 1853
5. Jane Eyre de Charlotte Brontë, 1847
4. De Grandes Espérances de Charles Dickens, 1861
3. Mrs. Dalloway de Virginia Woolf, 1925
2. La Promenade au phare de Virginia Woolf, 1927
1. Middlemarch de George Eliot, 1874

Chroniques Livres

Les quatre filles du Dr. March de Louisa May Alcott

Chez Folio Junior, édition de septembre 2009.
373 pages, 8€90.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Une année, avec ses joies et ses peines, de la vie de Meg, Jo, Beth et Amy March, quatre sœurs âgées de 11 à 16 ans. Leur père absent – la guerre de Sécession fait rage et il est aumônier dans l’armée nordiste -, elles aident leur mère à assumer les tâches quotidiennes. Ce qu’elles font avec leur caractère bien différent : Meg, la romantique, qui va éprouver les émois d’un premier amour ; Jo, qui ne se départit jamais d’un humour à toute épreuve ; la généreuse Beth ; la blonde Amy, enfin, qui se laisse aller parfois à une certaine vanité…

Mon avis :
La quatre filles du Dr. March, c’est le genre de livre dont on connaît l’histoire sans avoir lu le livre, on a vu les différentes adaptations à la télé, tout le monde connaît le titre mais ne se donne pas forcément la peine de lire ce classique de la littérature jeunesse qui compte plusieurs tomes. Après l’avoir trouvé en occasion à petit prix, je me suis lancée dans l’aventure et je ne regrette absolument pas, c’est toujours un plaisir de découvrir ces grands classiques, surtout ceux qui sont tellement connus, et d’autant plus quand on apprécie sa lecture.

Le roman en lui-même n’a rien de vraiment exceptionnel : nous suivons les aventures des quatre filles du Dr March et de leur mère, qui attendent son retour du front. Les quatre jeunes filles (Meg, Jo, Beth et Amy) ont chacune une personnalité bien marquée et différente de celle de ses sœurs et cela permet à l’histoire d’être si intéressante et de nous faire continuer, bien qu’il ne s’y passe pas beaucoup de choses. En effet, l’intrigue est des plus simple et il n’y a pas beaucoup d’action puisque nous suivons tout simplement les aventures de ces quatre jeunes filles et leur quotidien en attendant le retour de leur père. C’est la rencontre avec Laurie Laurence, leur jeune voisin, qui va devenir leur ami et déclencher ces aventures.

L’écriture de Louisa May Alcott permet de nous plonger au 19ème siècle et le quotidien des femmes pendant la guerre de Sécession aux Etats-Unis, pendant que les hommes sont partis combattre ou aider au front comme le Dr. March. Son style est très poétique et fluide, très agréable à lire et c’est ce qui compense la légèreté de l’intrigue et le peu d’action. Elle met énormément de détails dans la personnalité de ses personnages, les rend presque tangibles et nous donne envie de les connaître un peu plus à chaque fois que l’on tourne une page et découvre une nouvelle aventure orchestrée par l’une des filles. Certes il ne se passe pas d’événement mouvementé, mais il se passe tout de même beaucoup de choses si l’on se place au niveau de ces jeunes filles.

Un excellent roman qui se lit très vite et qui a le mérite de nous décrire la situation des femmes pendant la guerre de Sécession. Un roman qui nous donne envie d’en découvrir plus grâce à ces jeunes filles toutes les quatre différentes et uniques mais très attachantes.

Chroniques Livres

Madame Doubtfire de Anne Fine

Chez L’école des loisirs, janvier 1994.
250 pages, 7€10.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Cette année, Miranda Hilliard a besoin de quelqu’un pour s’occuper de ses trois enfants, Lydia, Christopher et Natalie, et de la maison.
Pourquoi pas moi ? propose Daniel, son ex-mari, un acteur au chômage. Pas question, réplique Miranda. Elle veut une personne de confiance, quelqu’un de solide, avec des principes et sans aucune fantaisie. Tout le contraire, pense-t-elle, de Daniel. Alors arrive Madame Doubtfire. Une vraie perle. Du moins en apparence. Car un père acteur peut être prêt à tout, et même à se déguiser en gouvernante poudrée pour être avec ses enfants. Mais comment va-t-il faire pour n’éveiller les soupçons ni de ses enfants ni de Miranda ?

Mon avis :
Madame Doubtfire est un roman assez court qui aborde la question du divorce et les conséquences que cela peut avoir sur la relation entre les parents et les enfants, d’autant plus quand cela ne se passe pas bien entre les parents et qu’ils font tout pour embêter l’autre quand c’est à son tour de passer du temps avec les enfants. Dans ce roman, les enfants souffrent beaucoup de cette séparation et de ces disputes à répétition, ils ne cessent de faire les messagers entre leur père et leur mère et aimeraient pouvoir passer plus de temps avec lui.

Puis Daniel, le père, apprend que son ex-femme est à la recherche d’une nourrice/femme de ménage pour s’occuper de ses enfants et y voit là une occasion de passer plus de temps avec eux tout en gagnant un peu d’argent, puisqu’il est au chômage. Il décide donc de se faire passer une femme, une certaine Madame Doubtfire, parfaite en tous points : elle fait le ménage, elle cuisine, ne hausse jamais la voix, adore les enfants et les animaux… Aucune ombre au tableau.

C’est un roman très touchant puisque Daniel se plie en quatre pour passer du temps avec ses enfants et ne pas éveiller les soupçons auprès de son ex-femme. Les enfants, eux, sont moins naïfs et comprennent bien que quelque chose cloche.

J’ai beaucoup aimé cette histoire que je connaissais déjà grâce au film de Chris Colombus avec Robin Williams, et bien que l’histoire originale du livre soit légèrement différente, on retrouve bien la même trame principale et le même humour chez Madame Doubtfire. Même si j’ai passé un très bon moment de lecture, j’ai préféré le film et la merveilleuse interprétation de Robin Williams. Le livre contient quelques longueurs qui pèsent sur le texte et le film est beaucoup plus dynamique.
Un livre pour les enfants comme pour les parents.

Chroniques Livres

Du fond de mon coeur, lettres à ses nièces de Jane Austen

Chez Finitude, mai 2015.
176 pages, 16€50.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Inédites et passionnantes, les lettres de Jane Austen à ses trois nièces préférées dressent un portrait émouvant de l’auteur d’Orgueil et Préjugés. En tante attentionnée, elle se montre toujours prête à guider ses jeunes nièces, à les conseiller. Elle leur parle d’écriture, de stratégie amoureuse, de sa vie à la campagne, avec l’humour et l’élégance qui font le sel de ses romans. Ces lettres révèlent une touchante intimité et on acquiert bien vite la conviction que Jane Austen n’avait rien à envier à ses attachantes héroïnes.

Pour compléter cette correspondance, nous avons ajouté trois textes, écrits par les trois nièces de Jane à propos de leur tante. Ce sont des documents émouvants, décrivant son physique, ses habitudes, son caractère. L’ensemble de ces textes et de ces lettres n’avait jamais été traduit en français. Il nous a semblé opportun de les réunir et ce sont certainement les derniers textes de Jane Austen qui nous restaient à découvrir.

Mon avis :
Ce petit livre nous permet de nous replonger de nouveau dans l’univers de Jane Austen, mais cette fois-ci grâce à sa vie quotidienne et les lettres qu’elle échangeait régulièrement avec ses nièces, plutôt qu’avec ses fameux romans. En tant que Janeite, je ne pouvais pas passer à côté.

La majorité des lettres que Jane avait échangé avec sa soeur Cassandra et ses nièces avaient été détruite par Cassandra à la mort de Jane, et c’est un contenu inédit qui nous est présente ici. C’est également pour cette raison que certaines lettres ne sont que partielles et que le contenu n’est pas complet. Le tout reste compréhensible et nous permet tout de même de comprendre le sujet abordé.

Les lettres nous présentent une Jane Austen en tante attentionnée, elle donne des conseils à ses nièces, surtout en ce qui concerne leurs vies sentimentales et leurs talents d’écrivaines. Elle leur donne des conseils avec beaucoup de subtilité et d’humour, et c’est exactement ce que j’aime tant dans l’écriture de Jane Austen et dans ses romans, j’étais ravie de retrouver son style ici.

La fin du livre est particulièrement touchante, puisqu’elle aborde la mort de Jane et ses nièces ont écrit des textes pour lui rendre hommage et ce qu’elle représentait pour sa famille, mais également la rend plus humaine à nos yeux en la critiquant parfois. J’aurais beaucoup aimé avoir les deux côtés de la correspondance, et non pas uniquement les lettres de Jane… Cela aurait vraiment pu permettre de me plonger entièrement dans cet échange.

Chroniques Livres

Sur l’amour et la mort de Patrick Süskind

Chez Le Livre de Poche, novembre 2009.
85 pages, 5€10.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Comment l’amour qui nous abêtit, et qui est potentiellement capable de faire de nous des brutes, peut-il être ressenti et désigné comme le bonheur suprême ? L’amour n’est-il qu’une maladie, et non la plus belle, mais la plus terrible qui soit ? Ou bien est-il un poison dont le dosage décide s’il est bénéfique ou dévastateur ? Au secours, Socrate, au secours ! C’est bien l’amour et son funeste double, la mort, que l’auteur du Parfum a choisi d’embrasser ici dans un même mouvement d’humour et d’audace. L’essayiste en appelle à Goethe, Wagner ou Stendhal, compare les destins d’Orphée et de Jésus qui, tous deux, ont tenté de vaincre la mort au nom de l’amour. Mais c’est surtout le romancier que l’on retrouve avec bonheur dans ce bref essai, lui qui sait, mieux que personne, brosser en quelques lignes des saynètes cocasses et bouleversantes.

Mon avis :
Je me lance à la découverte des autres écrits de Patrick Süskind après l’énorme coup de cœur que j’avais eu pour Le Parfum. J’ai donc acheté tous les petits livres que j’ai pu trouver, dont Sur l’amour et la mort qui est une sorte d’essai philosophique qui tente de nous expliquer que l’amour n’est pas un aussi beau sentiment que veulent nous le faire croire les auteurs et les poètes et qu’il est au final, très lié à la mort.

Ce n’est pas un type de récit que j’ai l’habitude de lire mais l’écriture de Süskind qui est très accessible et très fluide m’a fait lire ces 85 pages d’une traite et je suis ravie de m’être lancée dans cette aventure et d’être sortie de ma zone de confort grâce à cet auteur. Il aborde les sujets de l’amour et la mort avec un style très poétique et très lyrique qui font que l’on se lance dans cette lecture sans vraiment savoir vraiment de quoi l’on va parler, mais on laisse les pages défiler avec plaisir et on suit le court de sa pensée. J’ai avalé ce petit livre à une vitesse folle et j’ai absolument adoré. J’ai aimé les liens qu’il crée entre l’amour et la mort, les exemples qu’il utilise, les auteurs qu’il cite… Il ne nous explique pas son idée et ne nous laisse pas sur notre faim, il va au fond de son raisonnement, nous montre plusieurs aspects de l’amour qui n’a rien d’un petit sentiment. L’amour est un poison qui change l’homme, l’homme devient bestial, il perd la raison. Mais l’amour peut aussi être une bonne chose, il faut simplement savoir trouver le bon dosage pour ne pas atteindre la folie.

La dernière partie nous offre une comparaison entre Orphée et Jésus qui tentent tous les deux de vaincre la mort, ce que j’ai déjà trouvé très ambitieux et surtout très intéressant, j’ai adoré.

Chroniques Livres

Emma de Jane Austen

Chez Penguin dans la collection Penguin British Library, juillet 2012.
299 pages.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Orpheline de mère, seule auprès d’un père en mauvaise santé, Emma Woodhouse, désormais la maîtresse de maison, s’est mis en tête de marier Harriet Smith, une jeune fille qu’elle a recueillie chez elle. Ce faisant, ne s’est-elle pas attribué un rôle qui n’est pas (ou pas encore) pour elle ? Son inexpérience des coeurs et des êtres, ses propres émotions amoureuses, qu’elle ne sait guère interpréter ou traduire, lui vaudront bien des déconvenues et des découvertes.

Mon avis :
Je ne pense pas que Jane Austen ou ses œuvres soient encore à présenter. Je me suis plongée dans Emma que je me gardais de côté, comme encore quelques uns de ses romans, pour une période de « rechute » où ma folie Jane Austen reprendrait et cela n’a pas manqué. Après avoir lu Longbourn de Jo Baker, j’ai eu envie de me plonger dans l’une des œuvres originales d’Austen.

Emma, c’est l’histoire d’une jeune femme qui habite avec son père et qui s’occupe désormais de la maison. Elle se met en tête de marier Harriet, puis de se mêler des affaires de cœur de toutes les jeunes femmes qui l’entoure, quitte à se tromper et à se voiler la face sur les véritables sentiments de ces dites personnes et à les pousser vers de mauvais choix. Emma est un personnage vraiment complexe que j’ai adoré découvrir à l’écrit après l’avoir découverte dans plusieurs adaptations, c’est une jeune femme moderne qui doit suivre les codes de son statut mais qui décide de son propre chemin et de son propre destin, ce qui est novateur pour l’époque. Elle est extrêmement touchante, mais également très énervante à se mêler de la vie de tout le monde, quand elle devrait plutôt se concentrer sur sa propre vie. Il y a également une vraie évolution du personnage, Emma grandit dans ce roman, elle est loin d’être la même femme au début et à la fin du roman. Sans oublier Knightley, le fameux Knightley qui ne se trouve pas très loin de Darcy sur le classement des gentlemen. Le duo fonctionne à merveille.

Comme toujours avec Jane Austen, on trouve de la romance et des sentiments, mais également beaucoup d’humour et de quiproquos, c’est un livre vraiment délicieux. L’histoire d’Emma est parfois lente, mais ce n’est pas gênant, ce n’est pas de l’action que l’on cherche ici. On trouve une vraie histoire, construite du début à la fin, avec un maniement des mots parfait et des personnages sublimes.

Chroniques Livres

Le Parfum de Patrick Süskind

Chez Le Livre de Poche, 1988.
279 pages, 5€60.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Au XVIIIe siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque. Il s’appelait Jean-Baptiste Grenouille. Sa naissance, son enfance furent épouvantables et tout autre qui lui n’aurait pas survécu. Mais Grenouille n’avait besoin que d’un minimum de nourriture et de vêtements et son âme n’avait besoin de rien. Or, ce monstre de Grenouille, car il s’agissait bien d’un genre de monstre, avait un don, ou plutôt un nez unique au monde, et il entendait bien devenir, même par les moyens les plus atroces, le Dieu tout puissant de l’univers, car « qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le cœur des hommes ». C’est son histoire, abominable… et drolatique qui nous est racontée dans Le Parfum, un roman qui, dès sa parution, eut un succès extraordinaire et est devenu très vite un best-seller mondial aujourd’hui porté à l’écran.

Mon avis :
Le Parfum est un classique dans lequel je voulais me plonger puis très longtemps. Il traînait sur mes étagères depuis quelques années, sans que je me décide enfin à l’en sortir. La raison ? J’avais vu l’adaptation cinématographique, et bien que je l’ai beaucoup aimée, j’ai toujours du mal à lire le livre dont est adapté un film après l’avoir vu… En général, comme je connais l’histoire (même si souvent des choix et des changements sont faits dans l’écriture du scénario), j’ai un peu peur de m’ennuyer vu que je sais globalement ce qu’il va arriver.

Finalement, un week-end chez ma sœur dans le Limousin m’a poussé à l’emmener avec moi, accompagné de quelques autres romans format poche. J’ai avalé le roman en une journée, je ne pouvais pas le lâcher. Je ne regrette qu’une chose : ne pas l’avoir lu avant. Alors que j’avais aimé le film, j’ai absolument été subjuguée par le roman. C’est un vrai coup de cœur.

On retrouve bien sûr Grenouille, jeune orphelin au don particulier : il a un odorat extrêmement développé. Les rues de Paris, la Provence, Grasse… Le Parfum nous emmène dans les régions bien connues de France et de l’univers du parfum. Alors que Grenouille est un personnage ambigüe, il ne parle pas et il est difficile de le cerner, j’ai surtout apprécié l’écriture de Patrick Süskind, qui, je pense, fait vraiment la différence dans ce roman.
Chaque description, chaque scène est écrite avec beaucoup de précision et nous plonge dans ce monde d’odeurs et de senteurs si bien développées. Chaque mot est choisi avec justesse et nous amène presque les odeurs au nez. C’est très surprenant au début, puis addictif. C’en est presque effrayant… On comprend presque le besoin de Grenouille de découvrir le plus d’odeurs possibles et de se faire ce petit répertoire. Grenouille est un personnage à la fois touchant et violent, tout en complexité.

Alors que le film est beaucoup plus porté sur les meurtres et le besoin de Grenouille de créer le meilleur parfum possible, celui qui lui permettra de contrôler les personnes autour de lui, le roman n’aborde cet aspect de l’histoire que dans la dernière partie. Le reste est vraiment porté sur le don de Grenouille, sa particularité et sa solitude.

Pour conclure, je dirais que ce livre au vocabulaire et à la poésie particulièrement riche à un côté un peu glauque et sombre, mais tellement agréable à lire. Je vous le conseille vivement!

Chroniques Livres

Inconnu à cette adresse de Kathrine Kressmann Taylor

Chez les éditions Autrement, juin 2015.
174 pages, 13€50.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Ils sont tous deux allemands. L’un est juif, l’autre non, et leur amitié semble indéfectible. Ils s’expatrient pour fonder ensemble une galerie d’art en Californie, mais, en 1932, Martin rentre en Allemagne. Au fil de leurs échanges épistolaires, Max devient le témoin impuissant d’une contamination morale sournoise et terrifiante : Martin semble peu à peu gagné par l’idéologie du IIIe Reich. Le sentiment de trahison est immense ; la tragédie ne fait que commencer…
Ce texte d’une force inouïe, au dénouement lumineux, a connu un succès instantané lors de sa parution aux États-Unis en 1938 dans le magazine Story. Redécouvert soixante ans plus tard grâce à la publication par Autrement de la traduction française, qui s’est écoulée à un demi-million d’exemplaires, il est aujourd’hui considéré comme un classique du xxe siècle.

Mon avis :
Ce roman épistolaire, malgré son peu de pages, est vraiment prenant et très marquant. La quatrième de couverture dit tout, il n’y a pas grand chose à raconter de plus : deux amis allemands, l’un juif et l’autre non, sont associés mais l’un des deux va peu à peu suivre les idées d’Hitler et s’éloigner de son ami, accusant les juifs de toujours se porter en victime. La fin est très brusque, intelligemment menée et nous montre d’autant plus la puissance de ces lettres. L’auteure, Kathrine Krissmann Taylor parvient à nous faire ressentir des tas de choses, tout d’abord de l’attachement pour ces deux amis séparés par un océan et qui continuent de se donner des nouvelles, puis de la peine, de la colère, de l’incompréhension…

L’histoire en elle-même était très courte et ne m’a pas permis de m’attacher plus que ça à Martin ou à Max ni aux personnages secondaires mentionnés dans les lettres, mais leur relation et la façon qu’elle a d’évoluer m’a touchée.

Ce qui m’a le plus intéressée et captivée, c’est le dossier présent dans cette édition anniversaire en plus du roman. On retrouve une biographie de l’auteure, une interview, des photos des différentes adaptations théâtrales avec des tas de noms très connus en France, une explication quant au contexte historique et des tas d’autres petites informations concernant ce roman et son histoire depuis sa première publication. Cela m’a vraiment permis de ne pas rester sur ma faim et de me plonger un peu plus dans ce roman et dans son contexte, dans son écriture et le pourquoi du comment.

Je conseille vraiment ce roman à tout le monde, d’autant plus qu’il est très court et se lit très facilement, mais pensez à prendre une édition avec quelques explications ou un dossier complémentaire afin d’avoir quelques informations qui s’avèrent très intéressantes !

Chroniques Livres

Le Monde Narnia de C.S. Lewis

Chez Gallimard, septembre 2005.
868 pages, 24€90.
Ma note : ★★★★☆
Résumé :
Retrouvez, réunis en un seul ouvrage, les sept volumes du Monde de Narnia. Guidé par le Lion Aslan, découvrez dans son intégralité la saga fantastique du grand romancier C.S. Lewis.
Mon avis :
Je connaissais déjà l’univers de Narnia créé par C.S. Lewis grâce aux trois adaptations cinématographiques qui, malgré tout ce que l’on peut dire, sont des films que j’ai adoré quand ils sont sortis et que j’aime toujours autant regarder aujourd’hui. Cela n’a donc pas été une entière découverte.
Cependant, j’ai adoré me plonger dans cette relique de ma PAL, qui appartenait à ma grande sœur à la base, et que j’ai récupéré il y a de ça plusieurs années. Quel plaisir de se plonger dans l’univers de Narnia et d’en apprendre plus, de découvrir de nouvelles aventures qui m’étaient complètement inconnues alors qu’elles dormaient sagement sur mon étagère depuis si longtemps…
J’ai particulièrement aimé découvrir l’origine de Narnia, la création de ce monde, de la sorcière blanche et les autres histoires concernant les enfants Pevensie et leur cousin Eustache. Et forcément, j’ai adoré découvrir les tomes à l’origine des trois films.
L’écriture et l’imagination de C.S. Lewis sont vraiment impressionnantes, j’ai lu les tomes en faisant une pause entre chacun, mais à chaque fois que je me plongeais dans un nouveau tome, j’avais du mal à me détacher du livre et je le terminais d’une traite. Les tomes en eux-mêmes sont assez courts, un peu plus d’une centaine de pages à chaque fois. L’écriture est fluide, facile et agréable, je regrette de ne pas m’être plongée dans ce pavé plus tôt, de ne pas avoir suivi ces si belles aventures plus tôt.
Malgré tout, cela n’a pas été un coup de coeur, j’ai remarqué que la religion était très abordée, et le ton des tomes en général était plutôt moralisateur. Je me doute que si je l’avais lu plus jeune, je n’aurais sans doute pas remarqué ces aspects du livre… ce n’est pas que ça m’a gêné, mais j’aurais préféré quelque chose de plus léger.
Adaptations

Du livre au film – Loin de la foule déchaînée

Éditeur : Archipoche
Note : ★★★★★

Résumé : Gabriel Oak, jeune paysan du Wessex, est devenu propriétaire d’une bergerie. Il s’éprend de Barbara Everdene, venue s’installer au pays avec sa tante. Mais la belle repousse ses avances avec hauteur. Ayant perdu toutes ses bêtes par la faute d’un chien mal dressé, Gabriel, ruiné, est réduit à trouver du travail dans une ferme qu’il vient de sauver d’un incendie et dont la propriétaire n’est autre que… Barbara, qu’un héritage a rendue riche.
Entretemps, la jeune femme subit les assauts d’un prospère exploitant, William Boldwood, mais aussi de son rival, le fringant sergent Francis Troy, qu’elle finit par épouser, sans savoir qu’une domestique, Fanny, est enceinte de ses œuvres… Gabriel ne parvient pas à lui cacher la mort en couches de la mère et de l’enfant, tandis que Troy, repentant, tente de se noyer. Alors que chacun le croit mort, il resurgit à la veille de Noël et est abattu par Boldwood, qui retourne l’arme contre lui. Lorsque enfin Barbara comprend qu’elle n’a jamais eu qu’un ami, Gabriel lui annonce qu’il quitte l’Angleterre pour la Californie…

Mon avis :
J’ai une petite histoire d’amour avec la plume de Thomas Hardy, et cela a commencé avec Tess d’Urbervilles et l’adaptation de 2008 faite par la BBC avec Eddie Redmayne et Gemma Arterton.  Vous devez également commencer à connaître mon amour pour les drames historiques, alors je ne pouvais pas passer à côté de cette adaptation. L’écriture de Thomas Hardy est tellement poétique, et je ne comprends pas qu’il soit si peu connu en France, quand Jane Austen et les réécritures des romans de cette dernière cartonnent tellement.
Bethsheba est confrontée à trois prétendants, et certes, l’histoire est un peu classique, mais les personnages sont tellement bien construits qu’il devient passionnant de les suivre. Le livre est composé de deux parties, une première assez légère, et une seconde plus sombre et plus triste. Je pense que l’originalité de ce roman est de ne pas avoir choisi un triangle amoureux  mais un quatuor. Les trois hommes ont tous des qualités (Troy un peu moins, il faut l’avouer) et à la place de Bathsheba, le choix aurait pu également être difficile. La seconde chose, c’est que les situations des deux personnages principaux, Bathsheba et Gabriel, permutent. Personnellement, dès le début j’avais une préférence : Gabriel est honnête et protecteur, c’est un personnage attachant qui perd tout au début du roman et on aimerait qu’il lui arrive de bonnes choses.

Le film est, d’après-moi, une excellente adaptation. La plupart des dialogues maîtres du livre sont présents dans le film, et même si certaines scènes ont été supprimées, les plus importantes ont été suivies à la lettre. Il s’agit bien d’une adaptation, et non pas d’un scénario inspiré du roman. Les acteurs sont impressionnants, j’adore Carey Mulligan, Michael Sheen et Tom Sturridge, et cela faisait beaucoup de bien de voir ce dernier dans un rôle différent de ceux qu’il joue habituellement ! Je découvre petit à petit Matthias Schoenaerts, et j’ai été conquise par son rôle de berger. Une chose m’a également conquise dès le début du film : la musique, composée par Craig Armstrong. Même chose quand Carey Mulligan et Michael Sheen ont interprété « Let No Man Steal Your Thyme », j’en avais des frissons et elle m’est restée en tête toute la journée. J’ai été tellement conquise qu’après la séance, j’ai filé à la fnac pour m’acheter la bande originale.

En conclusion, cette adaptation est une bonne solution si vous ne voulez pas vous embêter à lire le livre (mais je vous recommande quand même de le faire, pour la plume sublime de Thomas Hardy !), c’est un vrai petit bijou qui plaira aux fans d’Orgueil et Préjugés.