Chroniques Livres

Déracinée de Naomi Novik

Chez Pygmalion, janvier 2017, 505 pages.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Patiente et intrépide, Agnieszka parvient toujours à glaner dans la forêt les baies les plus recherchées, mais chacun à Dvernik sait qu’il est impossible de rivaliser avec Kasia. Intelligente et pleine de grâce, son amie brille d’un éclat sans pareil. Malheureusement, la perfection peut servir de monnaie d’échange dans cette vallée menacée par la corruption. Car si les villageois demeurent dans la région, c’est uniquement grâce aux pouvoirs du « Dragon ». Jour après jour, ce sorcier protège la vallée des assauts du Bois, lieu sombre où rôdent créatures maléfiques et forces malfaisantes. En échange, tous les dix ans, le magicien choisit une jeune femme de dix-sept ans qui l’accompagne dans sa tour pour le servir. L’heure de la sélection approche et tout le monde s’est préparé au départ de la perle rare. Pourtant, quand le Dragon leur rend visite, rien ne se passe comme prévu…

Mon avis :
Complètement charmée par la couverture et le résumée, je me suis plongée à corps perdu dans cette lecture et quelle magnifique découverte ! Déracinée et une sorte de conte fantastique à l’univers très riche, guidé par l’écriture fabuleuse de Naomi Novik qui nous plonge dans une histoire merveilleuse. L’histoire est celle d’Agnieszka, une jeune fille de 17 ans, qui vit dans un petit village d’une vallée, proche d’un Bois peuplé de créatures maléfiques. Si les villageois continuent de vivre ici, c’est uniquement parce qu’un puissant magicien, le Dragon, les protège des assauts répétés du Bois. En échange, ce sorcier emporte avec lui une jeune fille de 17 ans, tous les dix ans, pour qu’elle le serve.

Cette année, Agnieszka fait partie des jeunes filles menacées par cette sélection, avec sa meilleure amie Kasia. Mais comme Kasia est belle, charmante et intelligente, Agnieszka ne pensait pas un seul instant que le Dragon la choisirait… La voici donc partie pour une aventure de 500 pages, remplie de rebondissements, de magie, de sortilèges, d’amitié et de sentiments…

Un tome unique que j’ai adoré pour son univers très riche et ses personnages très attachants. Agniezka progresse énormément entre le début du roman et la fin, elle évolue beaucoup et grandit aux côtés du Dragon. J’ai aussi beaucoup aimé le personnage de Kasia, qui est secondaire au début mais redevient un élément principal de l’intrigue plus tard et permet à Agnieszka d’évoluer, mais également à toute l’histoire d’avancer énormément.

Un conte à part entière, une histoire fantastique, une écriture magnifique qui nous transporte tout au long de l’histoire… Une excellente découverte !

Chroniques Livres

Captive: Les nuits de Shéhérazade de Renee Ahdieh

Chez Hachette romans, septembre 2015.
448 pages, 18€00.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Même consciente du terrible sort qui l’attend, Shéhérazade se porte volontaire pour épouser le jeune calife Khalid Ibn al-Rashid. Même si elle sait qu’elle est promise à la mort au lendemain de ses noces, elle est prête à tout pour venger son amie Shiva, l’une de ses récentes épousées. Pour cela, elle doit d’abord gagner du temps, en narrant des contes à rallonge au calife. Chaque jour est une menace de mort et la jeune fille échappe plusieurs fois à l’exécution. À l’extérieur, les proches de Shéhérazade préparent le sauvetage de la jeune fille. Shéhérazade n’oublie pas qu’elle doit mettre au point une stratégie pour tuer celui qui est désormais son époux. Mais c’est sans compter l’amour qu’elle se met peu à peu à éprouver pour Khalid…

Mon avis :
Captive est une réécriture du conte des Milles et une nuits, que je n’ai pas lu mais dont j’ai entendu parler, comme tout le monde. Ici, Shéhérazade se porte volontaire pour épouser le calife, qui tue chacune de ses épouses au lendemain de leurs nuits de noces. Elle veut venger sa meilleure amie qui fait partie des victimes. Shéhérazade est déterminée, elle veut passer cette fameuse nuit et le lendemain matin, et survivre pour pouvoir approcher suffisamment le calife pour être assez proche de lui pour le tuer. Mais voilà, tout ne va pas se passer comme elle l’a prévu.

Globalement, j’ai trouvé que c’était un très bon roman. Déjà, on se trouve dans un univers oriental riche en couleurs et plein de descriptions qui m’a transporté et que j’ai adoré. Cela fait vraiment du bien de changer d’univers et de sortir un peu des sentiers battus, d’utiliser d’autres coutumes, d’autres cultures. Les romans YA commencent un peu à tous se ressembler, et Captive fait dans l’originalité, même s’il s’agit d’une réécriture à la base.

Passé la bonne surprise de l’originalité, je dois dire que l’histoire n’a pas été une si grande révélation. J’ai passé un très bon moment, alors pourquoi seulement trois étoiles ? Tout est cousu de fil blanc et j’ai vu venir les révélations de très très trèsloin. J’ai deviné tout ce qu’il s’est passé bien avant que cela n’arrive dans le roman. J’ai compris que Shéhérazade allait se rapprocher du calife, que son amour de jeunesse (que j’ai largement préféré au calife) allait débarquer au palais pour la libérer mais qu’elle n’allait pas vouloir s’enfuir avec lui, qu’il en serait blessé, j’avais aussi grosso-modo deviné la raison des meurtres des femmes au matin… Certes, c’est du YA donc c’est toujours un peu prévisible, mais j’aime toujours être surprise lors de mes lectures.

Cela n’empêche que j’ai passé un très bon moment, mais je suis loin du gros coup de cœur qu’on eu certaines de mes connaissances. Je recommande tout de même ce roman pour son côté dépaysant et original, pour l’héroïne qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et pour l’écriture de Renee Ahdieh qui nous fait défiler les pages à une vitesse folle et nous entraîne en Orient avec un talent fou.

Chroniques Livres

Dragon de Glace de George R.R. Martin

Chez Flammarion, octobre 2015.
116 pages, 12€90.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
« D’un blanc cristallin, ce blanc dur et froid, presque bleu, le dragon de glace était couvert de givre ; quand il se déplaçait, sa peau se craquelait telle la croûte de neige sous les bottes d’un marcheur et des paillettes de glace en tombaient. Il avait des yeux clairs, profonds, glacés. Il avait des glaçons pour dents, trois rangées de lances inégales, blanches dans la caverne bleue de sa bouche. S’il battait des ailes, la bise se levait, la neige voltigeait, tourbillonnait, le monde se recroquevillait, frissonnait. S’il ouvrait sa vaste gueule pour souffler, il n’en jaillissait pas le feu à la puanteur sulfureuse des dragons inférieurs. Le dragon de glace soufflait du froid. »

Mon avis :
Je connaissais déjà Dragon de Glace avant la sortie de cette édition chez Flammarion, par le biais d’un recueil de nouvelles de George R.R. Martin publié par ActuSF. Dragon de Glace était d’ailleurs la nouvelle que j’avais le plus appréciée du recueil, par son univers fantastique. Quand j’ai vu que cette magnifique édition sortait, j’ai craqué. L’objet livre est vraiment sublime : la couverture est cartonné, il y a une jaquette illustrée au dos, un petit dragon sur la couverture du livre, et les illustrations à l’intérieur sont juste magnifiques et collent complètement avec l’ambiance de la nouvelle ! Le prix de cette édition n’est pas du tout excessif, en plus de ça.

Cette nouvelle est très courte et nous plonge immédiatement dans cet univers créé par George R.R. Martin. C’est un monde et un univers très éloigné de celui de Game of Thrones mais qui connaît quand même quelques points communs, principalement le dragon et l’hiver. Ici, l’auteur nous présente le lien qu’entretient une jeune fille avec un dragon de glace, animal fantastique et responsable de l’hiver qui fait taire la nature. Je trouvais déjà que la nouvelle était sublime et très prenante, mais les illustrations ajoutent un vrai plus, c’est presque un conte.

Je suis ravie de voir que les écrits de George R.R. Martin commencent enfin à se varier un peu en France, grâce au succès de Game of Thrones (merci à la série!), cela me permet de faire de magnifiques découvertes. Voici deux exemples d’illustrations que l’on retrouve dans cette édition et le fameux petit dragon sur la couverture :

Chroniques Livres

Belle de Robin McKinley

Chez Pocket, juin 2015.
256 pages, 7€30.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Belle était loin d’être aussi jolie que ses sœurs. A quoi bon ? Aux soirées mondaines, aux robes somptueuses, elle préférait les chevaux et les auteurs anciens. Quand son père se trouva ruiné, elle en fut réduite à aller avec sa famille habiter une pauvre maison, dans un village au fond des bois. Tous auraient pu vivre ainsi, heureux d’une existence loin du luxe et des lumières de la ville, mais le destin s’acharna une fois encore sur eux. Quand son père revint au foyer avec l’histoire d’un château magique et de la terrible promesse qu’il avait dû faire à la Bête qui y vivait, Belle partit de son plein gré affronter le monstre et sa question sans cesse répétée : « Belle, voulez-vous… ? » Ceci est son histoire… une histoire d’amour et de rêve.

Mon avis :
Après avoir lu Poison de Sarah Pinborough, j’étais lancée dans mes lectures de réécritures de contes et j’étais parée pour affronter celle-ci par Robin McKinley. Belle est une réécriture de La Belle et la Bête, dont je ne connais que très peu le conte original. J’ai, bien sûr, vu le film Disney et le film plus récent avec Vincent Cassel et Léa Seydoux, et je dirais que ce roman est plus proche de ce dernier que du Disney par son univers fantastique et féerique.

Le véritable nom de Belle est en fait Honneur, elle n’a rien d’une jolie fille : elle est petite, a des boutons, elle est maigrichonne… Comparée à ses soeurs, c’est sûr qu’elle est loin d’être aussi belle. Mais ce surnom la suit partout, et ce qui importe le plus c’est qu’elle a une belle âme. Belle est généreuse et sincère. Lorsque les affaires de son père vont mal, la famille est obligée de déménager dans un petit village à la lisière d’une forêt. Et c’est au retour d’un voyage que son père rencontre la Bête, alors qu’il lui a offert de quoi se réchauffer et se nourrir, le père de Belle a voulu emmener une rose pour l’offrir à sa fille. Pour se faire pardonner de son vol, la Bête demande au père de Belle sa vie, ou l’une de ses filles.

Bien sûr, Belle se sacrifie et se rend au château, où elle apprend à connaître la Bête au milieu de petits êtres fantastiques, d’objets vivants et de femmes invisibles. La Bête n’est finalement pas si mauvaise qu’elle l’aurait cru.

C’est un très joli roman, un conte à part entière. J’ai passé un excellent moment, l’univers que nous présente Robin McKinley est très bien construit et nous donne envie de nous y plonger encore plus longtemps. Comme je l’ai dit, nous sommes très proches du film de Christophe Gans de 2014, et je n’ai pu m’empêcher d’imaginer le même aspect visuel à de nombreuses reprises. Il manque peut-être d’un peu de force et de complexité dans les sentiments que ressentent Belle et la Bête, j’aurais aimé des descriptions plus poignantes, puisqu’au final tout va très vite et le roman ne fait que 250 pages.

J’ai adoré suivre cette héroïne ordinaire qui vit une histoire fantastique. Une très belle lecture !