Chroniques Livres

Un rêve couleur de nuit de Sophie Nicholls

Chez Préludes, Octobre 2018, 416 pages.
Ma note : 4/5

Quatrième de couverture :
Ella Vickers mène une vie en apparence heureuse dans la petite ville de York. Auteure à succès, elle possède une charmante librairie située dans une rue pavée, est mariée à l’homme qu’elle aime et maman d’une adorable fillette. En réalité, Ella lutte pour trouver un équilibre entre sa vie de femme, de mère et ses activités professionnelles. De l’autre côté de l’Atlantique, sa mère, Fabia, remet en question son propre bonheur et ressent à distance la détresse de sa fille. C’est à ce moment-là qu’Ella fait la rencontre de Bryony Darwin, une étrange jeune femme à la recherche d’un livre sur les rêves… Elles dénichent bientôt un ouvrage ancien écrit par une mystérieuse guérisseuse du XVIIe siècle.
D’abord autopubliés et best-sellers au Royaume-Uni, les romans de Sophie Nicholls sont aujourd’hui traduits dans cinq langues. On retrouve avec ce nouvel opus l’univers peuplé de magie d’une conteuse hors pair, et les thèmes amorcés dans Une robe couleur de vent : l’amour, l’amitié et les rêves.

Mon avis :
Je remercie les éditions Préludes et Netgalley France pour cette lecture.
Sophie Nicholls est de retour avec son roman Un rêve couleur de nuit après Une robe couleur de vent, sorti l’année dernière chez nous (aussi chez Préludes). J’ai découvert l’autrice avec ce second opus, ce qui ne m’a pas empêché d’apprécier pleinement ma lecture bien qu’il s’agisse d’un second tome. Tout est fait afin que le lecteur ne soit pas perdu en cours de route et puisse découvrir les personnages même sans avoir lu les premières aventures de Fabia et d’Ella. D’après ce que j’ai pu comprendre en lisant le résumé du premier tome, il se focalisait principalement sur le personnage de Fabia, alors que celui-ci nous présente d’avantage Ella, qui doit mener de front sa vie de maman, sa vie de couple mais également la gestion de son commerce et l’écriture de son nouveau roman qu’elle ne parvient pas à avancer.

Ce roman a été une excellente lecture et une très bonne découverte, je regrette tout de même un peu de n’avoir pas découvert l’écriture de Sophie Nicholls avec le premier tome. J’ai vraiment vécu une lecture que je qualifierai de « cocon », un peu « feel good » et dont on ressort avec le sourire. Malgré tous les sujets forts abordés par l’autrice, les thèmes abordés à travers les personnages, les petites manipulations, les secrets de chacun, les doutes et les questionnements d’Ella, j’ai vraiment ressenti une atmosphère chaleureuse, sans doute grâce au soupçon de magie instauré dès le début. Car en effet, même si le roman se déroule à notre époque, dans notre monde contemporain, on y découvre tout un monde de sorcellerie, de magie, d’intuitions, de rêves… qui ajoute une petite pincée de merveilleux à la lecture et qui m’a beaucoup fait pensé aux séries Un soupçon de magie (disponible sur Netflix !) et à Ghost Whisperer, encore plus avec toutes les scènes dans cette librairie/café très accueillante.

Ella est une jeune femme qui doute énormément, qui se pose beaucoup de questions et à laquelle on ne peut que s’attacher. Elle n’est pas de ces héroïnes parfaites, sans défauts auxquelles il n’arrive que des choses merveilleuses. Elle a beaucoup de mal à gérer sa vie de jeune maman car cela n’a rien de naturel pour elle, mais également sa vie de couple qui bat un peu de l’aile car elle a perdu confiance en elle depuis son accouchement, et son commerce qui lui prend beaucoup de temps même si elle est passionnée. Son quotidien va être un peu chamboulé quand elle va rencontrer Bryony, une jeune femme qui va venir lui demander conseil pour un livre sur l’interprétation des rêves… Ella va alors lui présenter Miss Mary et son ouvrage datant du 17ème siècle, qui va nous même, en tant que lecteur, nous accompagner tout au long du roman en tête de chapitre.
C’est là que nous découvrons un peu plus Bryony, ses angoisses, ses intuitions, son compagnon autoritaire et manipulateur… Au fil du roman, les points de vue sont alternés et nous permettent de découvrir d’avantage chaque personnage, ainsi que ceux qui les accompagnent, nous faisant ainsi rencontrer d’autres personnages plus secondaires mais qui ont tous leur importance dans l’avancée de l’histoire. J’aurais beaucoup aimé en apprendre plus sur certains d’entre eux, notamment Selena, la sœur de Bryony, qui s’avère être également la collègue de Billy, l’époux de Ella. Mais également Fabia, la mère d’Ella, qui est donc de retour dans ce second roman, même si assez en retrait au début du roman, elle prend beaucoup plus d’importance dans l’intrigue dans la seconde partie. Je me ferai un plaisir de lire Une robe couleur de vent pour la découvrir plus en détails.

En conclusion, une excellente lecture. J’ai passé un très bon moment et il ne manquait pas grand chose pour que ce soit un coup de cœur, sans doute la lecture du premier volet pour compléter à l’univers et à la construction des personnages de Sophie Nicholls.

Chroniques Livres

La femme qui tuait les hommes de Eve de Castro

Chez Robert Laffont, janvier 2018, 288 pages.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Paris, 2017. Saint-Pétersbourg, 1909. Une rencontre sur un quai de métro. Un hallucinant fait divers. Un voyage entre deux mondes où se noue le destin d’une couturière octogénaire, d’un écrivain coureur de jupons, du jeune Lénine et d’une terrible justicière. Une comtesse savoyarde y côtoie un poseur de rails et un cirque ambulant. De la Russie pré-révolutionnaire au Paris littéraire, mêlant humour, tendresse et gravité, Eve de Castro nous embarque, nous bouscule, nous envoûte.

Mon avis :
Ce livre m’a été envoyé par Filipa et les éditions Robert Laffont, je tiens à les remercier de m’avoir permis cette lecture. La femme qui tuait les hommes m’intriguait énormément à cause de son titre. Je n’ai jamais rien lu d’Eve de Castro, ça a donc été une totale découverte. Une lecture qui a finalement été en demi-teinte mais qui ne m’empêchera pas de découvrir ses autres ouvrages parce que j’ai quand même passé de bons moments.

Ce roman se déroule sur deux chronologies, mais les histoires finissent bien évidemment par se croiser et les personnages sont liés d’une façon ou d’une autre, nous nous en doutons dès le début de la lecture. À travers les personnages de Jeanne et de Léna, nous découvrons deux quotidiens très différents, mais pourtant pas si éloignés. Elles sont femmes, elles sont solitaires, elle sont brisées. Jeanne, couturière retraitée, a été manipulée toute la vie par les hommes. Léna, quant à elle, venge les autres femmes et les enfants en assassinant les hommes violents. Nous allons donc être embarqués sur les pas de cette fameuse Léna, une jeune femme russe amoureuse du futur Lénine, condamnée à mort en 1909 pour avoir tué près de 300 hommes. C’est cette histoire de meurtre qui nous est vendue dans le résumé et par le titre du roman, mais cet élément n’arrive qu’assez tard dans le roman et cela m’a pas mal déçue. Je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus mouvementé, de plus rapide et j’ai finalement dû attendre une mise en place avant d’attaquer le vif du sujet, ce que j’ai trouvé long pour un roman « si » court.

Si j’ai bien apprécié la première partie avec la présentation des personnages et l’alternance des deux époques et des deux points de vue, je me suis parfois perdue dans la chronologie des événements. Nous nous perdons entre Jeanne, son passé, ainsi que Léna et son histoire. Je pense que je n’ai sans doute pas lu ce roman au bon moment : même s’il est court, il se passe beaucoup de chose et je l’ai trouvé assez dense. J’avais beaucoup de choses en tête et je pense vraiment que je l’aurais beaucoup plus apprécié si je l’avais lu à un moment moins compliqué pour moi.

J’ai trouvé certains passages absolument magnifiques et j’ai même relevé certains dialogue que j’ai trouvé sublimes. L’écriture d’Eve de Castro m’a charmée et je réitérerai l’expérience avec grand plaisir.

Chroniques Livres

Les intrus de Lauren Oliver

Chez Hachette, octobre 2015.
19€00, 384 pages.
Egalement disponible chez Le Livre de Poche.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
À la mort de Richard Walker, un vieil homme solitaire, acariâtre et très riche, son ex-femme, ses deux enfants et sa petite-fille retournent dans la maison familiale pour la succession. Mais la bâtisse est hantée. Hantée par des souvenirs d’enfance qui ressurgissent à mesure que les nouveaux arrivants se réapproprient les lieux. Hantée également par de vrais fantômes qui observent et commentent les agissements de chacun, en espérant qu’un jour, enfin, ils pourront quitter les lieux à tout jamais. La très guindée Alice et la cynique Sandra, toutes deux mortes depuis longtemps, sont peu disposées à laisser la place aux nouveaux occupants. Les deux fantômes jouent des coudes pour rester maîtresses de leur propriété au travers de laquelle elles communiquent : escalier qui grince, radiateur qui siffle et ampoules qui grésillent remplacent les mots pour communiquer avec les nouveaux locataires. Mais bientôt, les vivants comme les morts seront confrontés à leur passé et à des vérités douloureuses…

Mon avis :
Je me suis lancée dans cette lecture sans avoir entendu un seul avis sur ce roman, mais en connaissant le style de Lauren Oliver pour avoir lu les deux premiers tomes de sa saga jeunesse Delirium, j’avais adoré le premier tome, mais été très déçue par le second que j’avais lu plusieurs années après… J’ai d’ailleurs pris la décision de ne pas lire le troisième tome et d’arrêter l’aventure là.

Je ne connaissais donc pas son écriture pour adulte, et je suis vraiment ravie de ma découverte avec Les Intrus, tant pour son originalité que pour l’aventure que j’ai vécu auprès de ses personnages.

Les Intrus, c’est un roman très original qui nous raconte l’histoire d’une famille, mais surtout d’un lieu. La maison des Walker est hantée par deux femmes, Sandra et Alice. Et quand Richard Walker décède, sa femme, son fils, sa fille et sa petite-fille débarquent pour emballer ses affaires et décider de ce qu’il va advenir de cette maison. D’autant plus que sur le testament, Richard Walker a légué une énorme somme d’argent à une femme, beaucoup plus qu’à ses propres enfants. Mais voilà, la maison est remplie d’histoires et de souvenirs, qu’ils appartiennent à Sandra et Alice, ou à la famille Walker. Nous retraçons donc la vie de chacun de ces personnages à tour de rôle, et le roman est divisé en plusieurs parties : la cuisine, le salon, la cave… Tout le roman tourne autour de cette maison et ce qui s’y est passé, chaque personnage affronte ses propres démons en revenant vivre dans cette maison.

L’univers du roman est très riche, les fantômes ne sont pas là juste pour ajouter un aspect fantastique à la lecture, ils ont une histoire à raconter, ils prennent place dans la vie de la famille mais ont également leurs propres sentiments, leurs propres sensations qui sont bien différentes de ce que l’on peut retrouver avec les fantômes habituels des romans.

J’ai énormément apprécié ce roman, et malgré quelques longueurs et certaines scènes parfois un peu clichés, j’ai adoré découvrir le passé des personnages et celui des deux femmes qui hantent cette maison. Comment ont-elle atterri dans cette maison ? Pourquoi sont-elles coincées ici ? Toutes les questions que l’on se pose au cours de notre lecture trouvent des réponses, ce qui est d’autant plus appréciable.

Je suis donc ravie de repartir sur une bonne note avec Lauren Oliver et je lirai avec plaisir ses prochains romans pour adultes.

Chroniques Livres

Une bouche sans personne de Gilles Marchand

Chez les éditions Aux forges de Vulcain, août 2016.
17€00.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Un comptable se réfugie la journée dans ses chiffres et la nuit dans un bar où il retrouve depuis dix ans les mêmes amis. Le visage protégé par une écharpe, on ne sait rien de son passé. Pourtant, un soir, il est obligé de se dévoiler. Tous découvrent qu’il a été défiguré. Par qui, par quoi? Il commence à raconter son histoire à ses amis et à quelques habitués présents ce soir-là. Il recommence le soir suivant. Et le soir d’après. Et encore. Chaque fois, les clients du café sont plus nombreux et écoutent son histoire comme s’ils assistaient à un véritable spectacle. Et, lui qui s’accrochait à ses habitudes pour mieux s’oublier, voit ses certitudes se fissurer et son quotidien se dérégler. Il jette un nouveau regard sur sa vie professionnelle et la vie de son immeuble qui semblent tout droit sortis de l’esprit fantasque de ce grand-père qui l’avait jusque-là si bien protégé du traumatisme de son enfance.

Mon avis :
Une bouche sans personne est un véritable coup de cœur et une vraie claque tant je ne m’attendais pas ressentir les émotions que j’ai ressenties pendant ma lecture. Nous suivons un homme, bien ancré dans sa petite routine quotidienne. Il est comptable, ne parle pas beaucoup de lui, même à ses seuls amis lorsqu’il les retrouve le soir au bistrot où il a ses habitudes. Il est amoureux de la barmaid, mais n’oserait jamais lui avouer ses sentiments. Il dissimule son visage marqué d’une cicatrice derrière une écharpe, toujours. Jusqu’au jour où, en buvant son café, l’écharpe dévoile son visage et l’oblige à se confier à ses amis, qui décident qu’il est temps d’en savoir plus sur lui. Plus il avance dans son récit, plus les gens affluent dans le bistrot pour l’écouter parler de son grand-père.

Cet accident d’écharpe vient tout chambouler, il commence à parler de son passé, de son grand-père et de ses rêves, et la fantaisie envahie doucement son quotidien : sa cage d’escalier est remplie de sacs poubelles et gardée par des soldats de plombs, un éléphant se dégonfle dans la rue sous ses yeux, la livraison d’une recharge pour la fontaine à eau à son travail prend des allures de thriller… Le tout bercé par la musique des Beatles.

Bien sûr, nous apprenons d’où vient cette fameuse cicatrice, et les histoires racontées par cet homme sur sa jeunesse et les rêves que son grand-père lui racontaient sont absolument fantastiques. J’ai adoré la plume de Gilles Marchand et la fin du roman m’a laissé sans voix. Un magnifique roman que je conseille à tous, c’est beau, c’est touchant et on passe un merveilleux moment…

Chroniques Livres

Ma raison de respirer (Ma Raison de Vivre #3) de Rebecca Donovan

Chez Pocket Jeunesse, mai 2016.
576 pages, 18€90.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Deux ans après avoir brisé le cœur d’Evan, Emma ne parvient pas à l’effacer de sa mémoire. Quand un carton plein de souvenirs resurgit, l’armure d’Emma se fissure. Toutes ses émotions passées reviennent l’assaillir. Pour oublier, elle devient accroc à l’adrénaline. Soirées, alcool, garçons : rien ne semble pouvoir combler ce vide qui la consume. Jusqu’à un rencontre décisive, qui bouleversera toutes ses certitudes…

Mon avis :
Ce troisième tome est la conclusion d’une trilogie qui m’a happé dès les premières pages, j’en attendais beaucoup et même si le personnage d’Emma a su m’énerver comme jamais, c’est une conclusion très satisfaisante et je suis ravie d’avoir pu retrouver les personnages de Rebecca Donovan dans ce troisième tome où nous les retrouvons plus murs. Le premier tome était poignant, Emma devait faire face à une maltraitance quotidienne lorsqu’elle habitait chez sa tante et refusait de se laisser approcher par qui que ce soit, en dehors de sa meilleure amie. Jusqu’à l’arrivée d’Evan… La romance était adorable, installée toute en douceur pour éviter qu’Emma ne prenne la fuite. Le second tome, quant à lui, mettait Emma dans une nouvelle situation : elle devait retourner vivre chez sa mère, alcoolique, et rencontrait Jonathan, qui ne la laissait pas indifférente. Le deuxième tome s’arrêtait sur un événement choquant, la mettant en scène avec Jonathan, et elle décidait de quitter Evan pour le « protéger ».

Nous retrouvons Emma deux ans après, dans ce troisième tome, alors qu’elle est à l’université. Elle habite en colocation, sa meilleure amie suit ses études en France. Ce nouvel environnement permet l’arrivée de nouveaux personnages : les colocataires d’Emma, qui sont certes des personnages secondaires mais qui ont le mérite de faire bouger un peu les choses et de faire sortir Emma de sa zone de confort. Elle vit sa vie tranquillement, solitaire, la tête baissée dans ses bouquins, la plupart du temps à la bibliothèque. Elle va devoir faire face à ses souvenirs, et pour continuer de se sentir vivante, elle va devenir accro à l’adrénaline et faire des choix que j’ai trouvé plus stupides les uns que les autres. Même si j’adore le personnage d’Emma, je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir envie de la secouer pour lui remettre les idées en place. Ses amis non plus ne parvenaient pas à lui faire prendre conscience de son comportement, et ça m’a exaspéré. Jusqu’au retour d’Evan à 1/3 du livre… Emma est en vacances et va devoir cotoyer son ex-petit-ami parfait.

Malgré le personnage d’Emma qui méritait une bonne claque pour lui faire comprendre qu’elle faisait n’importe quoi, j’ai adoré ce troisième tome qui se lit toujours aussi rapidement que les deux premiers grâce à l’écriture de Rebecca Donovan et la façon dont elle construit son histoire. Nous avons toujours envie d’en savoir plus, de découvrir ce que nous réserve le chapitre suivant. Les personnages sont toujours aussi attachants, même Emma qui reste une jeune femme sensible et marquée par ce qui lui est arrivé dans les deux tomes précédents. C’est une excellente conclusion à la trilogie.

Chroniques Livres

Comptoir des soupirs de Olivier Piat

Chez Milady, juin 2015.
5€90, 192 pages.
Ma note : ★★☆☆☆

Quatrième de couverture :
Un homme, une femme, une histoire d’amour impossible. Deux tables dans un bar, il l’observe, elle le remarque, et bientôt, leurs regards font plus que se croiser ; ils se cherchent. Il est marié et père de deux enfants. Elle vient de quitter son compagnon et entame une nouvelle vie. À travers les points de vue de ces amants éperdus, on découvre les élans de la passion, mais aussi les non-dits et les mensonges derrière lesquels ils se réfugient pour vivre cette relation dont la fin est écrite d’avance.

Mon avis :
J’ai été intriguée par ce livre à cause de son format très original : le roman nous parle de la relation d’un couple, mais des deux points de vue (celui de l’homme, et celui de la femme) afin de nous faire comprendre et nous montrer comment la relation est vécue de chaque côté. Le livre est donc coupé en deux, côté face le point de vue de la femme et côté pile (en retournant le livre donc), le point de vue de l’homme. Je trouvais le concept original et j’avais envie de découvrir les différences que pouvais montrer les personnages face à une même situation/une même relation.

J’ai commencé par le point de vue de la femme, simplement parce que c’était le côté face et le sens de l’édition. Commencer par l’un ou par l’autre ne change rien à l’histoire, mais cela peut changer la façon dont on perçoit les choses en tant que lecteur. Alterner les chapitres de l’un à l’autre aurait peut-être été une bonne idée également.

Globalement, je ne dirais pas que c’était une mauvaise lecture parce que j’ai trouvé le concept très original et j’ai adoré les différences d’écriture entre l’homme et la femme et c’est là que l’on découvre le talent d’un écrivain, celui d’Olivier Piat : les deux personnages ont une voix bien définie et il est impossible de les confondre. La femme élabore beaucoup, les phrases sont longues alors que le ton de l’homme est plus sec et sa partie ressemble beaucoup plus à un journal intime.

Cependant, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages ni à m’intéresser à leur sort ou à leur relation. J’ai lu ces presque 200 pages sans réussir à vraiment me plonger dans l’histoire, le fait de suivre les deux points de vue était intéressant parce que les choses se mettaient en place lors de la lecture du second point de vue, mais sinon je n’ai pas réussi à m’y intéresser réellement. Je suis passée à côté de cette lecture.

Chroniques Livres

Les Derniers Jours de Rabbit Hayes de Anna McPartlin

Chez Le Cherche Midi, février 2016.
20€00, 464 pages.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Quand Mia, surnommée affectueusement Rabbit, entre en maison de repos, elle n’a plus que neuf jours à vivre. Tous ses proches sont présents à ses côtés pour la soutenir. Jack et Molly, ses parents, incapables de dire adieu à leur enfant, Davey et Grace, son frère et sa sœur, qui la considèrent toujours comme la petite dernière de la famille, Juliet, sa fille de 12 ans qu’elle élève seule, et enfin Marjorie, sa meilleure amie et confidente. Au fur et à mesure que les jours passent et que l’espoir de la sauver s’amenuise, sa famille et ses amis sont amenés à s’interroger sur leur vie et la manière dont ils vont continuer sans celle qui leur apporte tant.
Car, si Rabbit a elle-même perdu la bataille, celle-ci ne fait que commencer pour son entourage.

Mon avis :
Mia Hayes, surnommée Rabbit depuis toujours, vit ses derniers jours entourée de sa famille, de sa fille et des autres personnes proches d’elle. Prise en charge dans un centre de soins palliatifs, elle vit ces neuf jours en alternant les rencontres avec sa famille et les périodes d’inconscience qui la font plonger dans des rêves et des flashbacks auprès de Johnny, son amour de jeunesse et l’un de meilleurs amis de son frère. Cette alternance de présent et passé nous permet de plonger entièrement dans la vie de Rabbit et d’apprendre à la connaître très rapidement, de s’attacher à elle quand bien même elle n’apparaît pas dans tous les chapitres.

Un roman qui parle de cancer, des derniers jours d’une femme… Cela me semblait un sujet très difficile et délicat à traiter, mais Anna McPartlin l’a fait avec brio et beaucoup de délicatesse. J’ai vu quelques coups de cœur défiler sur internet et sur les blogs littéraires, mais je n’ai pas voulu porter trop d’attention à ce qui était dit : j’aime me faire mon propre avis. Le sujet abordé est très fort, et Anna McPartlin, grâce à son écriture très douce, nous fait rencontrer Rabbit à la fin de sa vie mais également dans sa jeunesse grâce aux flashbacks, nous avons l’impression de vivre sa vie entière à l’aide de ce seul roman. Et même si le sujet abordé est très triste, dur et m’a mis la boule au ventre à plusieurs reprises, il m’a aussi donné beaucoup d’espoir. Rabbit est entourée de tous ses proches qui font le nécessaire pour qu’elle s’en aille dans les meilleures conditions possibles, ils se serrent tous les coudes jusqu’au bout et même après son décès. C’est une famille forte, soudée, aux personnages très différents mais tous très attachants et importants pour l’histoire. Chacun a sa propre relation avec Rabbit et les scènes d’adieux sont déchirantes.

Je recommande vraiment ce livre pour toutes les émotions qu’il m’a fait traverser, pour la magnifique écriture d’Anna McPartlin que j’ai hâte de redécouvrir dans ses autres romans, pour le personnage de Rabbit qui tient bon et se bat malgré tout jusqu’à la dernière page et pour tout l’espoir qui naît de ce roman. C’est un très beau coup de cœur.

Chroniques Livres

All the Bright Places de Jennifer Niven

Chez Penguin, janvier 2015.
400 pages.

Disponible en français chez Gallimard.
Amazon / Livraddict / Goodreads
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Quand Violet et Finch se rencontrent, ils sont au bord du vide, en haut du clocher du lycée, décidés à en finir avec la vie. Finch est la « bête curieuse » de l’école. Il oscille entre les périodes d’accablement, dominées par des idées morbides et les phases « d’éveil » où il déborde d’énergie. De son côté, Violet avait tout pour elle. Mais neuf mois plus tôt, sa sœur adorée est morte dans un accident de voiture. La survivante a perdu pied, s’est isolée et s’est laissée submerger par la culpabilité. Pour Violet et Finch, c’est le début d’une histoire d’amour bouleversante: l’histoire d’une fille qui réapprend à vivre avec un garçon qui veut mourir.

Mon avis :
All the Bright Places est un de ces livres qui a fait beaucoup parlé de lui sur les blogs, que ce soit français ou anglophones et qui a fait pleuvoir les coups de cœur. Il traîne depuis un bon moment dans ma PAL, avant sa sortie française d’ailleurs… Mais comme toujours quand un livre plaît énormément autour de moi, j’ai eu peur de me plonger dans cette lecture et de ressortir déçue parce que j’en attendait trop. Heureusement, ça n’a pas été le cas et j’ai eu un énorme coup de cœur !

C’est l’histoire de Finch, un adolescent un peu bizarre, qui n’a pas les mêmes goûts que les autres garçons de son âge, il n’a pas d’amis, et on se moque beaucoup de lui à cause de sa « différence ». Alors qu’il monte dans le clocher de son lycée, et se penche au bord du toit, il voit qu’il n’est pas seul : Violet Markay est également là, debout, à attendre le bon moment pour sauter. Violet, c’est la fille populaire du lycée à qui tout réussi. Sauf que sa sœur est décédée dans un accident de voiture et elle ne parvient pas à s’en remettre… Elle a perdu goût pour l’écriture et ne se passionne plus pour rien.

Les deux adolescents vont alors apprendre à se connaître, parce qu’ils sont obligés de travailler ensemble pour un devoir où il doivent découvrir les lieux touristiques de l’Indiana. Malgré leurs différences et le peu d’enthousiasme que met Violet dans ce travail forcé, ils vont se trouver des points communs et se confier l’un à l’autre, jusqu’à ne plus pouvoir vivre séparés.

C’est un roman que j’ai trouvé totalement bouleversant. Les personnages sont extrêmement attachants et leur relation se construit doucement au fil des pages, nous entraînant avec eux dans cette intimité.  Jennifer Niven a une écriture très délicate et poétique qui nous fait tourner les pages à une vitesse folle, pour en savoir toujours plus sur le destin de ses personnages… Finch est le personnage qui m’a le plus touchée, même si Violet et son histoire étaient également très tristes par moment. Finch souffre d’un mal inconnu, il se renferme sur lui-même sans pouvoir le contrôler et cela nous est expliqué petit à petit au fil du roman : on comprend qu’il se passe quelque chose, sans pouvoir mettre le doigt dessus. Grâce à Violet, Finch avance, progresse lentement, sort de son cocon et leur romance leur permet de reprendre goût à la vie… Mais cette maladie ne disparaît jamais complètement.

Un roman magnifique et bouleversant que je recommande vivement, ça a été un vrai coup de cœur que je regrette presque de ne pas avoir lu plus tôt…

Chroniques Livres

Les garçons ne tricotent pas (en public) de T.S. Easton

Chez Nathan, mars 2016.
15€95, 360 pages.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Après avoir volé de l’alcool dans un supermarché, Ben, 16 ans, doit suivre un  » parcours de réinsertion pour jeunes délinquants  » et, dans ce cadre, s’inscrire à un cours de tricot. Autant dire que ça ne l’enchante pas. Mais Ben accepte de jouer le jeu, tant que Megan (la fille dont il est amoureux), son père, ses copains…bref, tant que PERSONNE n’est au courant. Le hic, c’est qu’il se découvre une passion dévorante pour le tricot. Et bientôt, il ne pense plus qu’à ça : point mousse, douceur et couleur de laines, patrons compliqués. Au point de cacher des aiguilles sous son lit, de participer à des concours, de vendre ses créations sur Internet et de transformer sa vie…en grosse pelote de mensonges impossible à démêler !

Mon avis :
Il faut être honnête, je trouve que la couverture et ses couleurs criardes ne donne pas très envie de se plonger dans ce roman. Ne vous y fiez pas, et laissez-vous tenter ! Vous ne serez absolument pas déçus.

Les garçons ne tricotent pas (en public) est un roman qui nous présent Ben Fletcher, 16 ans, qui après avoir volé de l’alcool avec ses copains pour se rendre à une fête, à provoqué un accident et pour limiter les dégats, participe à un parcours de réinsertion pour jeunes délinquants où il doit suivre certains cours… Il choisit le tricot pour la jeune professeure, qu’il aime en secret, mais prétend suivre le cours de poterie parce que le tricot, c’est quand même un truc pour les filles et il n’a pas envie qu’on se moque de lui. La seule personne au courant de la vérité, c’est sa mère.

Mais voilà, il se trouve que Ben y prend goût, il sympathise avec les autres membres du cours, il se passionne pour le tricot, les différentes aiguilles et les types de laines qui existent et va même jusqu’à s’inscrire à un concours national. C’est là que ses mensonges vont le rattraper et qu’il va devoir faire face à tout le monde et leur avouer qu’il adore le tricot.

C’est un roman pour adolescents, mais également pour adultes que j’ai trouvé hilarant grâce à Ben, le personnage principal. C’est un personnage très réaliste et qui ne cesse de s’enfoncer dans ses mensonges alors qu’il sait que cela va lui retomber dessus à la fin. Des tas de sujets sont abordés dans ce roman, des questions que l’on se pose à l’adolescence et le tout est traité avec légèreté et beaucoup d’humour.

Je recommande vivement ce livre, j’ai passé un excellent moment. On ne s’ennuie pas un seul instant grâce aux nombreux rebondissements et à l’évolution du personnage de Ben.

Chroniques Livres

Quand la nuit devient jour de Sophie Jomain

Chez Pygmalion, avril 2016.
224 pages, 16€00.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
On m’a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m’enfonce une épine dans le pied, décrire l’échauffement d’une brûlure, parler des nœuds dans mon estomac quand j’ai trop mangé, de l’élancement lancinant d’une carie, mais je suis incapable d’expliquer ce qui me ronge de l’intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà. La dépression. Ma faiblesse.
Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n’est en mesure de m’aider. Dieu, la science, la médecine, même l’amour des miens a échoué. Ils m’ont perdue. Sans doute depuis le début. J’ai vingt-neuf ans, je m’appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois. Le 6 avril 2016. Par euthanasie volontaire assistée.

Mon avis :
Quand la nuit devient jour est un roman/témoignage, il commence par présenter le fait divers dont s’est inspirée Sophie Jomain pour raconter son histoire et construire ses personnages, l’histoire d’une jeune femme qui a demandé l’euthanasie pour dépression. Sa vie nous est racontée depuis son enfance, les difficultés qu’elle a eu à accepter son corps depuis petite, puis à s’accepter elle-même en tant que femme, en tant qu’humain… Dès les premières pages, on sait que le sujet abordé est fort, délicat, puissant et difficile et que la suite ne va pas être rose et pleine de paillettes.

La partie roman nous présente la vie de Camille après que sa demande d’euthanasie ait été acceptée, elle va s’installer dans un centre pour vivre ses derniers mois en étant encadrée d’une équipe de médecins (et pour s’assurer qu’elle ne mettra pas fin à ses jours avant la date qui a été choisie, le 6 avril). Il m’est difficile de discuter objectivement de ce livre tant j’ai été touchée par l’histoire de Camille, et d’autant plus qu’elle est inspirée d’un fait réel. Les personnages sont tellement forts et si bien soutenus par l’écriture si délicate et fluide de Sophie Jomain, j’ai été transportée pendant les 220 pages sans m’en rendre compte. Ce livre, au delà de la construction des personnages et leurs relations, nous permet de nous questionner sur la question de l’euthanasie volontaire assistée, sur la dépression, sur l’acceptation de son image et de soi, sur les problèmes alimentaires, sur les rapports à autrui… : des questions de société qui nous concernent tous. Les réactions des parents de Camille lorsqu’elle leur annonce qu’elle a une date, qu’elle va mourir mais que c’est son choix sont tellement humaines et tellement réalistes qu’on ne peut pas leur en vouloir. Ce livre est si triste mais si fort, difficile de ne pas ressentir quelque chose en le lisant.

La fin est absolument cauchemardesque, tellement frustrante mais tellement satisfaisante à la fois, c’est une fin à la Sophie Jomain et c’est aussi pour ça que j’ai tant apprécié ce livre. Elle a réussi laissé sa trace sur cette histoire. Un véritable coup de cœur qui nous force à réfléchir sur des tas de sujets de notre société.