Chroniques Livres

Une vie entre deux océans de Margot L. Stedman

Chez Le Livre de Poche, octobre 2014.
Adapté au cinéma, en salles le 5 octobre 2016.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Libéré de l’horreur des tranchées où il a combattu, Tom Sherbourne, de retour en Australie, devient gardien de phare sur l’île de Janus, une île sur les Lights, sauvage et reculée. À l’abri du tumulte du monde, il coule des jours heureux avec sa femme Isabel ; un bonheur peu à peu contrarié par l’impossibilité d’avoir un enfant. Jusqu’à ce jour d’avril où un dinghy vient s’abîmer sur le rivage, abritant à son bord le cadavre d’un homme et un bébé sain et sauf. Isabel demande à Tom d’ignorer le règlement, de ne pas signaler «l’incident» et de garder avec eux l’enfant. Une décision aux conséquences dévastatrices… Un premier roman plébiscité dans le monde entier qui interroge les liens du coeur et du sang.

Mon avis :
Le livre traînait depuis un moment dans ma PAL, et avec la sortie imminente du film je savais pertinemment que je ne le lirais pas si je voyais le film avant de lire le livre (la flemme s’empare généralement de moi dans ces cas-là et je préfère lire un livre dont je ne connais pas le dénouement…). Et quelle magnifique lecture, je suis ravie de savoir qu’un film va bientôt sortir pour pouvoir continuer un peu ce voyage.

Une vie entre deux océans, c’est l’histoire de Tom et Isabel Sherbourne, l’histoire de leur couple et de leur rencontre, de leur vie sur une petite île au large de l’Australie où Tom travaille comme gardien de phare. Ils vivent seuls, au milieu de la nature, isolés de toute civilisation et mènent une petite vie tranquille. Mais malheureusement, ils ne parviennent pas à avoir un enfant et Isabel fait plusieurs fausses-couches. Jusqu’au jour où un canot s’échoue sur la plage, avec à son bord un homme mort et un bébé qui a survécu. Isabel supplie Tom de garder le bébé, de faire comme s’il était le leur, cela ne peut être qu’un signe du destin… Tom accepte donc, malgré sa culpabilité et enfreint les règles des gardiens de phares : il ne signale pas l’incident et enterre le cadavre de l’homme.

Mais voilà, tout était trop beau pour être vrai. La petite famille est heureuse, jusqu’à ce qu’ils se rendent compte que la mère de l’enfant, qui est également l’épouse de l’homme retrouvé mort, vit sur le continent et désespère de retrouver sa famille en vie. Tom est rongé par la culpabilité, Isabel refuse d’admettre la vérité : l’enfant est le leur, ils l’ont élevée.

Un roman absolument captivant qui nous montre toute une tranche de vie des personnages, à travers la solitude de l’île, la famille qui s’agrandit et la morale de Tom mise à rude épreuve. Le roman est très difficile à lâcher, j’étais dans une tension constante pendant ma lecture grâce à la fabuleuse écriture de Margot L. Stedman qui nous plonge dans cette histoire dès les premières pages et nous captive jusqu’à ce qu’on ait terminé de lire le roman. Les personnages sont très attachants, et nous forcent à nous questionner sur les liens familiaux, les liens du sang et l’amour qui nous pousse à tout, à la notion de justice, du bien et du mal.

Un merveilleux coup de cœur que j’ai hâte de découvrir au cinéma en octobre et que je recommande à tous !

Chroniques Livres

Les Derniers Jours de Rabbit Hayes de Anna McPartlin

Chez Le Cherche Midi, février 2016.
20€00, 464 pages.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Quand Mia, surnommée affectueusement Rabbit, entre en maison de repos, elle n’a plus que neuf jours à vivre. Tous ses proches sont présents à ses côtés pour la soutenir. Jack et Molly, ses parents, incapables de dire adieu à leur enfant, Davey et Grace, son frère et sa sœur, qui la considèrent toujours comme la petite dernière de la famille, Juliet, sa fille de 12 ans qu’elle élève seule, et enfin Marjorie, sa meilleure amie et confidente. Au fur et à mesure que les jours passent et que l’espoir de la sauver s’amenuise, sa famille et ses amis sont amenés à s’interroger sur leur vie et la manière dont ils vont continuer sans celle qui leur apporte tant.
Car, si Rabbit a elle-même perdu la bataille, celle-ci ne fait que commencer pour son entourage.

Mon avis :
Mia Hayes, surnommée Rabbit depuis toujours, vit ses derniers jours entourée de sa famille, de sa fille et des autres personnes proches d’elle. Prise en charge dans un centre de soins palliatifs, elle vit ces neuf jours en alternant les rencontres avec sa famille et les périodes d’inconscience qui la font plonger dans des rêves et des flashbacks auprès de Johnny, son amour de jeunesse et l’un de meilleurs amis de son frère. Cette alternance de présent et passé nous permet de plonger entièrement dans la vie de Rabbit et d’apprendre à la connaître très rapidement, de s’attacher à elle quand bien même elle n’apparaît pas dans tous les chapitres.

Un roman qui parle de cancer, des derniers jours d’une femme… Cela me semblait un sujet très difficile et délicat à traiter, mais Anna McPartlin l’a fait avec brio et beaucoup de délicatesse. J’ai vu quelques coups de cœur défiler sur internet et sur les blogs littéraires, mais je n’ai pas voulu porter trop d’attention à ce qui était dit : j’aime me faire mon propre avis. Le sujet abordé est très fort, et Anna McPartlin, grâce à son écriture très douce, nous fait rencontrer Rabbit à la fin de sa vie mais également dans sa jeunesse grâce aux flashbacks, nous avons l’impression de vivre sa vie entière à l’aide de ce seul roman. Et même si le sujet abordé est très triste, dur et m’a mis la boule au ventre à plusieurs reprises, il m’a aussi donné beaucoup d’espoir. Rabbit est entourée de tous ses proches qui font le nécessaire pour qu’elle s’en aille dans les meilleures conditions possibles, ils se serrent tous les coudes jusqu’au bout et même après son décès. C’est une famille forte, soudée, aux personnages très différents mais tous très attachants et importants pour l’histoire. Chacun a sa propre relation avec Rabbit et les scènes d’adieux sont déchirantes.

Je recommande vraiment ce livre pour toutes les émotions qu’il m’a fait traverser, pour la magnifique écriture d’Anna McPartlin que j’ai hâte de redécouvrir dans ses autres romans, pour le personnage de Rabbit qui tient bon et se bat malgré tout jusqu’à la dernière page et pour tout l’espoir qui naît de ce roman. C’est un très beau coup de cœur.

Chroniques Livres

All the Bright Places de Jennifer Niven

Chez Penguin, janvier 2015.
400 pages.

Disponible en français chez Gallimard.
Amazon / Livraddict / Goodreads
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Quand Violet et Finch se rencontrent, ils sont au bord du vide, en haut du clocher du lycée, décidés à en finir avec la vie. Finch est la « bête curieuse » de l’école. Il oscille entre les périodes d’accablement, dominées par des idées morbides et les phases « d’éveil » où il déborde d’énergie. De son côté, Violet avait tout pour elle. Mais neuf mois plus tôt, sa sœur adorée est morte dans un accident de voiture. La survivante a perdu pied, s’est isolée et s’est laissée submerger par la culpabilité. Pour Violet et Finch, c’est le début d’une histoire d’amour bouleversante: l’histoire d’une fille qui réapprend à vivre avec un garçon qui veut mourir.

Mon avis :
All the Bright Places est un de ces livres qui a fait beaucoup parlé de lui sur les blogs, que ce soit français ou anglophones et qui a fait pleuvoir les coups de cœur. Il traîne depuis un bon moment dans ma PAL, avant sa sortie française d’ailleurs… Mais comme toujours quand un livre plaît énormément autour de moi, j’ai eu peur de me plonger dans cette lecture et de ressortir déçue parce que j’en attendait trop. Heureusement, ça n’a pas été le cas et j’ai eu un énorme coup de cœur !

C’est l’histoire de Finch, un adolescent un peu bizarre, qui n’a pas les mêmes goûts que les autres garçons de son âge, il n’a pas d’amis, et on se moque beaucoup de lui à cause de sa « différence ». Alors qu’il monte dans le clocher de son lycée, et se penche au bord du toit, il voit qu’il n’est pas seul : Violet Markay est également là, debout, à attendre le bon moment pour sauter. Violet, c’est la fille populaire du lycée à qui tout réussi. Sauf que sa sœur est décédée dans un accident de voiture et elle ne parvient pas à s’en remettre… Elle a perdu goût pour l’écriture et ne se passionne plus pour rien.

Les deux adolescents vont alors apprendre à se connaître, parce qu’ils sont obligés de travailler ensemble pour un devoir où il doivent découvrir les lieux touristiques de l’Indiana. Malgré leurs différences et le peu d’enthousiasme que met Violet dans ce travail forcé, ils vont se trouver des points communs et se confier l’un à l’autre, jusqu’à ne plus pouvoir vivre séparés.

C’est un roman que j’ai trouvé totalement bouleversant. Les personnages sont extrêmement attachants et leur relation se construit doucement au fil des pages, nous entraînant avec eux dans cette intimité.  Jennifer Niven a une écriture très délicate et poétique qui nous fait tourner les pages à une vitesse folle, pour en savoir toujours plus sur le destin de ses personnages… Finch est le personnage qui m’a le plus touchée, même si Violet et son histoire étaient également très tristes par moment. Finch souffre d’un mal inconnu, il se renferme sur lui-même sans pouvoir le contrôler et cela nous est expliqué petit à petit au fil du roman : on comprend qu’il se passe quelque chose, sans pouvoir mettre le doigt dessus. Grâce à Violet, Finch avance, progresse lentement, sort de son cocon et leur romance leur permet de reprendre goût à la vie… Mais cette maladie ne disparaît jamais complètement.

Un roman magnifique et bouleversant que je recommande vivement, ça a été un vrai coup de cœur que je regrette presque de ne pas avoir lu plus tôt…

Chroniques Livres

Quand la nuit devient jour de Sophie Jomain

Chez Pygmalion, avril 2016.
224 pages, 16€00.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
On m’a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m’enfonce une épine dans le pied, décrire l’échauffement d’une brûlure, parler des nœuds dans mon estomac quand j’ai trop mangé, de l’élancement lancinant d’une carie, mais je suis incapable d’expliquer ce qui me ronge de l’intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà. La dépression. Ma faiblesse.
Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n’est en mesure de m’aider. Dieu, la science, la médecine, même l’amour des miens a échoué. Ils m’ont perdue. Sans doute depuis le début. J’ai vingt-neuf ans, je m’appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois. Le 6 avril 2016. Par euthanasie volontaire assistée.

Mon avis :
Quand la nuit devient jour est un roman/témoignage, il commence par présenter le fait divers dont s’est inspirée Sophie Jomain pour raconter son histoire et construire ses personnages, l’histoire d’une jeune femme qui a demandé l’euthanasie pour dépression. Sa vie nous est racontée depuis son enfance, les difficultés qu’elle a eu à accepter son corps depuis petite, puis à s’accepter elle-même en tant que femme, en tant qu’humain… Dès les premières pages, on sait que le sujet abordé est fort, délicat, puissant et difficile et que la suite ne va pas être rose et pleine de paillettes.

La partie roman nous présente la vie de Camille après que sa demande d’euthanasie ait été acceptée, elle va s’installer dans un centre pour vivre ses derniers mois en étant encadrée d’une équipe de médecins (et pour s’assurer qu’elle ne mettra pas fin à ses jours avant la date qui a été choisie, le 6 avril). Il m’est difficile de discuter objectivement de ce livre tant j’ai été touchée par l’histoire de Camille, et d’autant plus qu’elle est inspirée d’un fait réel. Les personnages sont tellement forts et si bien soutenus par l’écriture si délicate et fluide de Sophie Jomain, j’ai été transportée pendant les 220 pages sans m’en rendre compte. Ce livre, au delà de la construction des personnages et leurs relations, nous permet de nous questionner sur la question de l’euthanasie volontaire assistée, sur la dépression, sur l’acceptation de son image et de soi, sur les problèmes alimentaires, sur les rapports à autrui… : des questions de société qui nous concernent tous. Les réactions des parents de Camille lorsqu’elle leur annonce qu’elle a une date, qu’elle va mourir mais que c’est son choix sont tellement humaines et tellement réalistes qu’on ne peut pas leur en vouloir. Ce livre est si triste mais si fort, difficile de ne pas ressentir quelque chose en le lisant.

La fin est absolument cauchemardesque, tellement frustrante mais tellement satisfaisante à la fois, c’est une fin à la Sophie Jomain et c’est aussi pour ça que j’ai tant apprécié ce livre. Elle a réussi laissé sa trace sur cette histoire. Un véritable coup de cœur qui nous force à réfléchir sur des tas de sujets de notre société.

Chroniques Livres

Les héritières de Rome de Kate Quinn

Chez Pocket, juin 2015.
448 pages, 7€70.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
En l’an 69, la splendeur de Rome appartient au passé, et tous se disputent les restes de l’Empire. Surtout chez les Cornelii… L’ambitieuse Cornelia s’imagine déjà à sa tête : l’empereur Galba a désigné son époux pour héritier. Et sa sœur, Marcella, passionnée d’histoire, a décidé qu’elle ne s’écrira pas sans elle. Mais un coup d’État meurtrier bouleverse leurs vies et laisse à Lollia, leur cousine, l’occasion de tirer son épingle du jeu – sa petit sœur Diana préférant les courses de char à l’agitation politique. L’histoire est lancée au galop et emporte les quatre héritières. À la fin, il n’y aura cependant qu’un empereur… et qu’une seule impératrice…

Mon avis :
Comme j’avais adoré les deux autres livres de Kate Quinn qui se déroulaient dans la Rome Antique, La Maîtresse de Rome et L’impératrice des sept collines, je ne me faisais pas beaucoup de soucis quant à celui-ci. Je savais que j’allais passer un excellent moment !
Les héritières de Rome se déroule avant les deux autres roman, en l’an 69, année où quatre empereur vont se succéder. Nous suivons quatre femmes issues de la famille des Cornelii : Cornelia, qui devrait devenir impératrice, Marcella qui est passionnée d’histoire et passe son temps à écrire, Lollia qui enchaîne les mariages et Diana, bien plus intéressée par les chevaux et les courses équestres que par les hommes.

Ce que j’aime particulièrement avec les romans de Kate Quinn, en plus de la période de l’histoire qu’elle choisit pour ses romans, c’est sa plume. Elle écrit divinement bien et les pages défilent sans même que l’on s’en rende compte. Les événements s’enchaînent et elle parvient à nous plonger dans une Rome Antique plus vraie que nature. J’ai vraiment eu l’impression d’y être à chaque fois que j’ai lu l’un de ses romans. On ressent que de vraies recherches sont faites pour baser les personnages sur des faits historiques, certains personnages ont même parfois réellement existé et elle nous explique lesquels à la fin du roman. Je trouve cela tellement plus agréable à lire qu’un roman bancal qui manque de profondeur.

Les quatre femmes du roman, les quatre cousines sont également des personnages comme je les aime ; elles sont fortes et réalistes. Elles ne sont pas parfaites, loin de là, et c’est ce qui fait que je me suis tant attachée à elles. Tout particulièrement à Cornelia et Diana. J’ai par contre eu beaucoup de mal à cerner Marcella, qui m’a plus d’une fois tapé sur le système, mais un roman ne serait pas un bon roman sans des personnages un peu énervants. Les personnages secondaires aident également à construire le roman, Thrax et Drensus apportent tellement au récit par exemple. J’ai parfois perdu un peu le fil, comme les empereurs s’enchaînent au fil du récit, les personnages qui les accompagnent également. Il m’a fallut parfois revenir quelques pages en arrière pour me souvenir de qui nous étions en train de parler. Les quatre femmes passent d’épreuve en épreuve… La vie n’est pas rose, elles doivent se battre pour obtenir ce qu’elles veulent et les guerres de pouvoirs sont loin de rendre la chose facile.

En conclusion, c’est encore une excellente lecture et un succès que ce nouveau roman de Kate Quinn et j’ai hâte de découvrir son prochain roman. L’intrigue se développe sans que l’on veuille lâcher le livre et il est très difficile de se séparer des personnages une fois que l’on a terminé de le lire.

Chroniques Livres

Ma raison de vivre #2, Ma raison d’espérer de Rebecca Donovan

Chez Pocket Jeunesse, octobre 2015.
608 pages, 18€90.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
« Tu es le sens de ma vie, la raison de chacun de mes actes. Et je ne changerai ça pour rien au monde. »
Emma commence doucement à réapprendre à vivre aux côtés d’Evan et de Sara. Hantée par des cauchemars terribles, elle décide de donner une seconde chance à sa mère, qui l’a abandonnée, espérant trouver un sens à sa souffrance. Mais elle doit aussi affronter le regard des autres : ceux qui s’en veulent de ne pas l’avoir soutenue, ceux qui la jugent mais aussi ceux qui, surgissant de son passé, ont encore bien des révélations à faire sur sa vie d’avant…

Mon avis :
Après le coup de coeur qu’avait été le premier tome, j’étais un peu nerveuse à l’idée de retrouver Emma et sa vie vraiment pas facile. J’avais peur d’être déçue et que ce second tome ne traîne en longueur, ce qui arrive malheureusement souvent dans les trilogies. Ce second tome ne prend malheureusement pas place directement après le premier tome, puisque nous avons plusieurs mois qui se sont écoulés (c’est mon tout premier regret…).

Carol s’en est pris à Emma, elle a été jugée et mise en prison, son oncle a déménagé avec son cousin et sa cousine qu’elle ne voit plus. Elle s’est installée chez Sara le temps que les choses se tassent et qu’elles partent à l’université, puis en voyant sa mère à un entraînement de basket elle se lance sans même réfléchir : elle propose de s’installer chez elle afin qu’elles puissent enfin vraiment apprendre à se connaître et avant qu’Emma ne parte définitivement pour ses études.

S’en suit tout un tas de rebondissements. Emma est toujours hantée par Carol, par des cauchemars où sa tante revient la tuer et où elle ne peut se défendre. Elle se sent mal chez sa mère, mais tente à tout prix d’essayer de s’intégrer, elle fait des efforts. Mais le passé d’alcoolique de sa mère n’est pas si oublié, et le naturel revient vite au galop. Emma doit alors apprendre à gérer ses propres sentiments et doutes, en plus de sa mère qui ne se comporte en rien comme une adulte.

Dans le premier tome, j’avais eu de la compassion pour Emma qui traverse des choses terriblement affreuses, je l’avais comprise. Dans ce second tome, j’ai eu envie de la secouer à chaque fois qu’elle prenait une décision puisque bien sûr, c’était une mauvaise décision. Emma s’embourbe dans ses mensonges, refuse de se confier à Evan ou à Sarah qui sont les deux seules personnes à qui elle pourrait vraiment le faire. J’ai été perdue un bon moment face à cet entêtement, et je me suis sentie beaucoup plus proche d’Evan et de Sara qui eux aussi ont du mal à comprendre leur amie.

Malgré tout, j’ai passé un excellent moment mais j’ai bien évidemment préféré le premier tome. Après la fin du premier tome, je me demandais quelles horreurs Emma allait encore traverser, quel stade cela allait atteindre, mais après ce second tome je me demande comment Emma va pouvoir se reconstruire. La fin, encore une fois, était déchirante. Rebecca Donovan a le don de nous faire nous tirer les cheveux et attendre la suite avec impatience. Je ne dirais pas que cette lecture a été une déception, puisque cela n’a pas été le cas et cela demeure une excellente suite que j’ai dévoré, mais je ne pensais pas que l’histoire prendrait une telle direction… Nous ne sommes plus du tout dans les mêmes thèmes que le premier tome.

Ce fut une lecture captivante, qui ne me donne qu’une envie : enfin découvrir la suite et la fin de cette histoire, et comment Emma réagira après tous ces événements.

Chroniques Livres

Quand nous étions heureux de Rebecca Coleman

Chez Presses de la Cité, juin 2014.
390 pages, 21€50.
Les Presses de la Cité
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Jill et Cade, vingt et un ans, sont étudiants et amoureux. Ils semblent promis à un avenir radieux. Malgré leur relation fusionnelle, Cade refuse de présenter Jill à sa famille, qui vit dans un coin reculé du New Hampshire. Lorsque Jill tombe enceinte, ils décident de passer l’été là-bas. Bien que la famille de Cade se révèle très éloignée de celle dans laquelle elle rêvait d’élever son enfant, Jill parvient à établir une relation avec chacun de ses membres. Eddy, le père de Cade, diminué par une attaque ; Candy, la sœur aînée, très croyante ; Dodge, le beau-frère, réactionnaire et raciste ; Leela, la mère qui passe ses journées à confectionner des drapeaux américains destinés aux familles de soldats. Mais c’est surtout d’Elias, le frère de vingt-trois ans, jeune vétéran souffrant de stress post-traumatique, que Jill se rapproche. Entre eux, une complicité ambiguë va s’installer. Peu après que Jill a accouché, Elias se tire une balle dans la tête. Cet événement tragique bouleverse la famille et les projets de Jill et Cade, qui renoncent alors plus ou moins tacitement à leurs rêves. La situation empire, jusqu’au basculement final dans la tragédie.

Mon avis :
Quand nous étions heureux traite avec délicatesse d’un sujet difficile : les conséquences d’être envoyé au front sur les soldats, et surtout le syndrome de stress post-traumatique. C’est un sujet que je ne trouve pas souvent dans mes lecture et j’avais hâte de voir comment il allait être traité dans ce roman qui se déroule dans une famille typiquement américaine.

Nous suivons d’abord Jill et Cade, petit couple à l’université qui file s’installer dans la famille de Cade quand Jill tombe enceinte. Ils n’ont pas les moyens de faire autrement, au grand désespoir de Cade qui aurait préféré largement autre chose. Le début est entraînant, on a une excellente mise en place des personnages principaux et de leurs relations, et surtout, on voit l’évolution du personnage d’Elias entre le moment où il revient d’Afghanistan, et celui où Cade et Jill vont s’installer dans la famille. On voit physiquement que la guerre a eu un effet sur lui, en plus de se douter de l’impact sur son moral.

Jill est la seule à vraiment se soucier d’Elias et une relation se construit entre eux, une relation que j’ai trouvé un peu malsaine et j’avoue ne pas avoir compris comment Jill pouvait vouloir aider Elias, sans se rendre compte qu’elle ne faisait qu’aggraver la situation.

Puis un événement marquant se déroule, et le roman se focalise alors sur le reste de la famille et non plus sur Elias. C’est là que j’ai commencé à perdre de mon intérêt pour ce livre. C’est dommage. Elias est, pour moi, le personnage principal de ce roman et malheureusement, il n’est pas utilisé à sa juste valeur. C’est un personnage très complexe, qui aurait mérité d’être plus présent et plus développé. Les scènes de flashbacks où on le découvre en tant que soldat sont très poignantes et on comprend alors qu’elles sont les choses qui l’ont changé à jamais.

Quand nous étions heureux est un roman poignant mais qui perd de son intérêt au fil des pages, la famille est bourrée de clichés américains et les histoires tirées par les cheveux, mais je pense que l’auteur est passée à côté de quelque chose.

Chroniques Livres

Juste avant le bonheur de Agnès Ledig

Publié chez Pocket, octobre 2014.
336 pages, 6€80.
Ma note : ★★★☆☆

Résumé :
Julie, 20 ans, qui élève seule son fils Lulu est caissière dans un supermarché. Elle attire l’attention d’un client, quinquagénaire aisé à nouveau célibataire. Généreux et désintéressé, Paul invite Julie à passer quelques jours dans sa belle villa de bord de mer en Bretagne. Ils y retrouvent Jérôme, le fils de Paul, qui se remet mal du suicide de sa jeune femme. Gaieté et optimisme reviennent grâce à l’attachante présence du petit Lulu. Mais au retour, c’est le tragique accident de voiture et Lulu meurt après un long coma. Une chaîne de soutien, d’affection et de tendresse se forme autour de Julie. Avec elle, à travers elle, des êtres désemparés tentent de réapprendre à vivre et de saisir une deuxième chance. La force des épreuves surmontées, l’espoir d’un nouvel amour, ainsi qu’une bonne dose d’intelligence et d’humour peuvent réussir ce miracle. Un conte de fées moderne. L’émotion partagée avec des personnages profondément attachants et les dialogues d’une rare vivacité donnent un livre bourré de grâce, d’optimisme et d’énergie, qui réconcilie avec la vie !

Mon avis :
J’avais entendu beaucoup de jolies choses sur le style d’Agnès Ledig, je me suis donc plongée dans ce roman avec quelques idées en tête. Et finalement, j’ai été un peu déçue. Je m’attendais à un vrai coup de cœur, et ça ne l’a vraiment pas fait pour moi. J’ai beaucoup aimé le début du roman, ces personnages qui n’ont rien en commun mais qui vivent une sorte d’aventure ensemble, qui se rapprochent, et puis le « twist » de l’histoire m’a complètement fait décrocher. Les personnages se serrent les coudes face à cette épreuve, mais j’ai trouvé ça presque faux. Je n’arrivais plus à ressentir quoi que ce soit pour Julie, Paul, Jérôme… et je n’avais qu’une hâte : que ce soit terminé et que je puisse passer à autre chose, à un autre livre. J’ai également trouvé que l’écriture était un peu bancale, les descriptions étaient parfois très belles, avec de magnifiques phrases sur la vie, mais j’ai eu l’impression que les dialogues étaient pré-fabriqués et semblaient sortis d’une mauvaise série télé. Il n’y avait aucune émotion dans les échanges entre les personnages et ça a gâché tout le reste… pour moi.

Je ressors déçue de cette lecture, malgré tout ce que j’ai pu entendre sur Agnès Ledig, et je ne pense pas retenter l’expérience. J’ai son autre roman Pars avec lui dans ma PAL, mais je pense faire l’impasse sur celui-ci. Ce n’était pas pour moi.