Chroniques Livres

Dragon de Glace de George R.R. Martin

Chez Flammarion, octobre 2015.
116 pages, 12€90.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
« D’un blanc cristallin, ce blanc dur et froid, presque bleu, le dragon de glace était couvert de givre ; quand il se déplaçait, sa peau se craquelait telle la croûte de neige sous les bottes d’un marcheur et des paillettes de glace en tombaient. Il avait des yeux clairs, profonds, glacés. Il avait des glaçons pour dents, trois rangées de lances inégales, blanches dans la caverne bleue de sa bouche. S’il battait des ailes, la bise se levait, la neige voltigeait, tourbillonnait, le monde se recroquevillait, frissonnait. S’il ouvrait sa vaste gueule pour souffler, il n’en jaillissait pas le feu à la puanteur sulfureuse des dragons inférieurs. Le dragon de glace soufflait du froid. »

Mon avis :
Je connaissais déjà Dragon de Glace avant la sortie de cette édition chez Flammarion, par le biais d’un recueil de nouvelles de George R.R. Martin publié par ActuSF. Dragon de Glace était d’ailleurs la nouvelle que j’avais le plus appréciée du recueil, par son univers fantastique. Quand j’ai vu que cette magnifique édition sortait, j’ai craqué. L’objet livre est vraiment sublime : la couverture est cartonné, il y a une jaquette illustrée au dos, un petit dragon sur la couverture du livre, et les illustrations à l’intérieur sont juste magnifiques et collent complètement avec l’ambiance de la nouvelle ! Le prix de cette édition n’est pas du tout excessif, en plus de ça.

Cette nouvelle est très courte et nous plonge immédiatement dans cet univers créé par George R.R. Martin. C’est un monde et un univers très éloigné de celui de Game of Thrones mais qui connaît quand même quelques points communs, principalement le dragon et l’hiver. Ici, l’auteur nous présente le lien qu’entretient une jeune fille avec un dragon de glace, animal fantastique et responsable de l’hiver qui fait taire la nature. Je trouvais déjà que la nouvelle était sublime et très prenante, mais les illustrations ajoutent un vrai plus, c’est presque un conte.

Je suis ravie de voir que les écrits de George R.R. Martin commencent enfin à se varier un peu en France, grâce au succès de Game of Thrones (merci à la série!), cela me permet de faire de magnifiques découvertes. Voici deux exemples d’illustrations que l’on retrouve dans cette édition et le fameux petit dragon sur la couverture :

Chroniques Livres

Les Clans Seekers #1 de Arwen Elys Dayton

Chez Robert Laffont dans la Collection R, septembre 2015.
480 pages, 18€90.
Ma note : ★★☆☆☆

Quatrième de couverture :
Lorsque Quin aura prêté serment, elle deviendra enfin ce pour quoi elle s’est entraînée toute sa vie : une Seeker. Un honneur qui se mérite tout autant qu’il s’hérite. Une fois initiée, Quin pourra se battre aux côtés de ses deux compagnons les plus proches, Shinobu et John, pour protéger le pauvre et l’opprimé. Ensemble, ils iront porter la flamme au cœur des ténèbres. Et elle sera avec celui qu’elle aime, qui n’est autre que son meilleur ami. Mais la nuit où elle prête serment, tout bascule. Les masques tombent et Quin découvre qu’elle a été élevée dans le mensonge. Ni sa mission, ni sa famille, ni même ses amis ne sont ce qu’elle croyait. Et il est trop tard pour faire marche arrière…

Mon avis :
J’étais très emballée par ce livre, et je pense que c’est ce qui fait que ma déception a été si grande. J’ai passé un bon moment de lecture grâce à l’écriture et le style d’Arwen Elys Dayton, mais globalement, j’hésite encore à me plonger dans le tome 2 à sa sortie.

Tout commençait pourtant très bien, nous suivons trois personnages qui sont dans une sorte d’école pour devenir Seekers, ils ne vivent que pour ça, ils pensent Seekers, ils respirent Seekers… Ces trois personnages, Quin, John et Shinobu m’ont plût dès les premières pages et l’alternance des chapitres était plutôt bien dosée puisque les chapitres étaient assez courts. Puis c’est là que le tout s’est un peu gâté…

Déjà, il n’est jamais explicité clairement au début du roman ce qu’est un Seekers, le lecteur tourne en rond pour essayer de deviner à quoi sert cette fameuse formation, la fameuse cérémonie qui feront enfin de Quin, John et Shinobu de vrais Seekers. Déjà, cela a commencé à me faire décrocher. Puis c’est le mélange des genres qui m’a fait me perdre. Pour moi, j’étais partie dans un genre de livre fantastique historique, puis nous nous retrouvons avec des éléments issus de la science fiction, et le mélange des deux était toujours très flou, rien n’est vraiment explicite et tout est très compliqué. J’ai eu beaucoup de mal à me projeter dans ce décors et dans cet univers, du coup cela s’est répercuté sur mon intérêt pour les personnages. L’univers est vraiment difficile à apprivoiser et je n’arrivais tout simplement pas à me projeter dans l’histoire parce que je ne comprenais pas ce qu’il s’y passait, quels étaient les enjeux, pourquoi, comment, qui, où… J’avais des tas de questions en tête, et cela aurait pu être une bonne chose… mais ça n’a pas été le cas malheureusement.

J’avais pourtant bien accroché avec les trois personnages principaux au début, surtout avec John qui est un peu en retard par rapport à Quin et Shinobu au niveau de la formation, puis qui devient l’anti-héros, on ne sait pas vraiment s’il est gentil ou méchant, il veut servir d’autres intérêts que ceux pour lesquels ils ont été formés toute leur vie…Les trois sont développés, on en apprend plus sur le contexte familial de chacun, sur leur lien avec le clan Seekers et les liens qu’ils entretiennent entre eux, et -chose assez appréciable- pour une fois, l’héroïne ne m’a pas trop énervée.

Je sors donc assez mitigée et plutôt déçue de cette lecture, il y a pourtant de bons éléments : le début était plutôt pas mal et prenant mais j’ai trouvé qu’il y avait énormément de longueurs et d’inégalités dans le rythme, certains passages étaient très rapides et prenants et d’autres me faisaient décrocher totalement et me poussaient à me plonger dans une autre lecture. Je suis un peu frustrée, parce que le style de l’auteure est bon, et j’aurais vraiment aimé que ce livre me plaise, mais j’ignore encore si je me plongerai dans la suite parce que je ne me soucie pas des personnages et je ne crois pas envie de savoir ce qu’il va advenir d’eux… Ce qui est assez problématique en soit quand on se plonge dans un livre. À voir donc plus tard, lors de la sortie du tome 2 si le résumé me tente.

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Conversion de Katherine Howe

Chez Albin Michel, avril 2015.
480 pages, 18€.
Ma note : ★★★★☆

Résumé :
Colleen, Deena, Emma et Anjali sont en terminale dans le prestigieux lycée St Joan. Colleen est sur le point d’être acceptée à Harvard et ne pense plus qu’à cela. Un jour de janvier, une de ses camarades est prise de convulsions. Très vite, d’autres élèves présentent d’étranges symptômes : perte de cheveux, paralysie, quintes de toux… La presse s’empare de l’affaire, un vent de panique souffle sur St Joan. Mais pas question pour Colleen de se laisser déstabiliser : elle doit travailler sur la pièce Les Sorcières de Salem, d’Arthur Miller. Et ses recherches la mènent en 1692, au moment du procès des sorcières de Salem, à la rencontre d’Ann Putman qui fit semblant d’être ensorcelée… Les époques se croisent, les drames se nouent. Qu arrive-t-il aux élèves de St Joan ? Et si la réponse se trouvait dans le passé, trois siècles plus tôt… ?
Conversion est un roman élégant et complexe qui allie l’univers contemporain d un lycée prestigieux, à celui d’un XVIIe siècle marqué par la panique et l’horreur du procès de Salem. New York Times.

Mon avis :
Conversion est un roman dans lequel j’avais hâte de me plonger à l’approche d’Halloween. J’en ressors légèrement déçue, malgré avoir passé un bon moment de lecture.
Dans Conversion, nous suivons Emma et ses amies au lycée St Joan, réservé aux filles. L’année de terminale va toucher à sa fin et les filles ne pensent qu’à l’université, aux devoirs à rendre et Emma espère pouvoir être major de sa promo et avoir l’honneur de donner le discours de fin d’année. Elle est obnubilée par ses études et la peur d’échouer. Puis un jour, l’une de ses camarades de classe a des convulsions en plein cours et c’est là que l’intrigue fantastique commence réellement. D’autres élèves développent d’autres symptômes, et les journalistes s’emparent de l’affaire quand la situation perd tout contrôle. Emma évite de penser à cette maladie mystère, et continue de se focaliser sur ses études. Ce n’est que quand elle doit rendre un devoir de rattrapage sur la pièce d’Arthur Miller qu’elle fait un rapprochement. Et si, finalement, cette maladie mystère n’avait rien d’une maladie ?

J’ai trouvé que le tout était globalement bien mené, l’écriture de Katherine Howe est vraiment très agréable et j’ai vraiment pris du plaisir à suivre Emma, bien que son obsession pour les études soit parfois bien trop importante et me fasse pousser quelques soupirs. Globalement, j’ai bien aimé l’histoire, mais j’attendais beaucoup plus de sorcières. Je m’explique. Les chapitres dans le présent et en 1692 s’alternent pour nous faire vivre deux histoires en même temps : celle d’Emma, et celle d’Ann Putman. Celle d’Emma est bien menée, réaliste, et celle d’Ann est bien plus fantastique mais beaucoup plus lente jusqu’à ce que l’on arrive au fameux procès, et j’aurai aimé que cela avance plus rapidement au début. Le lien entre les deux époques est vraiment très long à s’établir et je n’ai pas compris avant un bon moment où voulait en venir Katherine Howe, en mettant en parallèle ces deux histoires, puisqu’Emma ne parle pas de sorcières, de magie, de sortilège avant que sa professeur ne lui suggère cette idée.

La fin, quant à elle, m’a déçue. J’aurais largement préféré une explication fantastique à une explication rationnelle. J’ai l’impression que le roman m’a menée en bateau tout le long, j’ai été trahie par la fin et ma soif de magie, je m’attendais à une explication impossible, à des sorcières dans notre monde moderne, et finalement, il n’y a rien de tout ça. Et le titre aurait du m’indiquer que je me trompais depuis le début.

Malgré tout, j’ai passé un excellent moment et lire un roman qui a une vraie fin, cela fait toujours plaisir quand on a des tonnes de séries entamées 😉

Chroniques Livres

Grave Mercy (His Fair Assassin, #1) de Robin LaFevers

Chez Andersen Press Ltd, juin 2012.
496 pages, 9€98.
Ma note : ★★★★★

Résumé :
Young, beautiful and deadly.
Trained as an assassin by the god of Death, Ismae is sent to the court of Brittany, where she finds herself underprepared – not only for the games of intrigue and treason, but for the impossible choices she must make. For how can she deliver Death’s vengeance upon a target who, against her will, has stolen her heart?
A dangerous romance full of intrigue, poison and ultimately finding one’s way.

Mon avis :
J’ai eu un peu de mal à me plonger dans ce livre, j’ai du m’y reprendre à plusieurs fois avant de vraiment accrocher et finalement je suis proche du coup de cœur. Robin LaFevers nous a concocté une histoire très originale pleine de rebondissements, menée par une héroïne forte et moderne. Que demander de plus ?

Nous suivons donc la jeune Ismae, qui fuit un mariage arrangé pour se retrouver dans un couvent qui sert Mortain. Les sœurs formées dans ce couvent servent ce dieu de la mort et sont des assassineuses. Ismae rejoint donc cet ordre et nous suivons d’abord sa formation, puis ses premières missions à la cour de la duchesse Anne, avant qu’elle ne soit couronnée reine de Bretagne.

Une fois qu’Ismae est arrivée à la cour, les événements s’enchaînent et j’ai enfin pu m’accrocher à la lecture. Le fait que le roman se déroule en Bretagne donne vraiment une originalité à l’histoire, c’est quelque chose que l’on ne voit pas souvent et que j’ai vraiment beaucoup apprécié, on ne peut s’empêcher de se sentir proche de cette histoire, simplement parce qu’elle se déroule en France et aborde des éléments de notre propre histoire. Les complots, la politique, les alliances… On retrouve de tout à la cour et Ismae est un peu perdue, elle qui a été enfermée dans un couvent pendant plusieurs années de formations. Elle s’allie alors à Duval, un homme loyal, fort et extrêmement proche de la duchesse. C’est un personnage que j’ai tout de suite adoré, déjà pour la relation qu’il construit avec Ismae, mais encore plus pour sa personnalité.

Le vrai point fort de ce roman est l’intrigue : je ne me suis pas ennuyée une seule seconde une fois lancée. Ce n’est pas un simple roman jeunes adultes, on y parle beaucoup de politique, de la guerre, de l’indépendance de la Bretagne… Tous ces aspects apportent une vraie base à l’histoire qui la rende d’autant plus agréable. Les personnages sont vraiment impliqués, et je pense que c’est ce qui les rend tellement attachants. L’association entre le fantastique grâce aux capacités développées par Ismae et le réalisme de l’intrigue avec les bases historiques fonctionne vraiment très bien. Je pense que ce livre peut plaire autant aux adultes qu’aux jeunes.

Ma seule déception se trouve dans les tomes suivants, puisque nous allons suivre deux autres jeunes recrues du couvent de Saint Mortain, et donc Ismae et Duval ne seront plus de la partie. J’espère vraiment qu’on aura droit à une petite apparition de ces personnages, ou que l’on aura au moins quelques nouvelles.

Chroniques Livres

Le Monde Narnia de C.S. Lewis

Chez Gallimard, septembre 2005.
868 pages, 24€90.
Ma note : ★★★★☆
Résumé :
Retrouvez, réunis en un seul ouvrage, les sept volumes du Monde de Narnia. Guidé par le Lion Aslan, découvrez dans son intégralité la saga fantastique du grand romancier C.S. Lewis.
Mon avis :
Je connaissais déjà l’univers de Narnia créé par C.S. Lewis grâce aux trois adaptations cinématographiques qui, malgré tout ce que l’on peut dire, sont des films que j’ai adoré quand ils sont sortis et que j’aime toujours autant regarder aujourd’hui. Cela n’a donc pas été une entière découverte.
Cependant, j’ai adoré me plonger dans cette relique de ma PAL, qui appartenait à ma grande sœur à la base, et que j’ai récupéré il y a de ça plusieurs années. Quel plaisir de se plonger dans l’univers de Narnia et d’en apprendre plus, de découvrir de nouvelles aventures qui m’étaient complètement inconnues alors qu’elles dormaient sagement sur mon étagère depuis si longtemps…
J’ai particulièrement aimé découvrir l’origine de Narnia, la création de ce monde, de la sorcière blanche et les autres histoires concernant les enfants Pevensie et leur cousin Eustache. Et forcément, j’ai adoré découvrir les tomes à l’origine des trois films.
L’écriture et l’imagination de C.S. Lewis sont vraiment impressionnantes, j’ai lu les tomes en faisant une pause entre chacun, mais à chaque fois que je me plongeais dans un nouveau tome, j’avais du mal à me détacher du livre et je le terminais d’une traite. Les tomes en eux-mêmes sont assez courts, un peu plus d’une centaine de pages à chaque fois. L’écriture est fluide, facile et agréable, je regrette de ne pas m’être plongée dans ce pavé plus tôt, de ne pas avoir suivi ces si belles aventures plus tôt.
Malgré tout, cela n’a pas été un coup de coeur, j’ai remarqué que la religion était très abordée, et le ton des tomes en général était plutôt moralisateur. Je me doute que si je l’avais lu plus jeune, je n’aurais sans doute pas remarqué ces aspects du livre… ce n’est pas que ça m’a gêné, mais j’aurais préféré quelque chose de plus léger.
Chroniques Livres

The Strange and Beautiful Sorrows of Ava Lavender de Leslye Walton

Chez Walker Books, octobre 2014.
320 pages, 9€32.
Ma note : ★★★★★
Résumé :
Foolish love appears to be a Roux family birthright. And for Ava Lavender, a girl born with the wings of a bird, it is an ominous thing to inherit. In her quest to understand her peculiar disposition and a growing desire to join her peers, Ava ventures into the wider world. But it is a dangerous world for a naive girl – a world which may view her as girl or angel. On the night of the summer solstice celebration, the skies open up, rain and feathers fill the air and Ava’s journey and her family’s saga reaches a devastating crescendo. First-time author Leslye Walton has constructed a layered and unforgettable mythology of what it means to be born with hearts that are tragically, exquisitely human.
Mon avis :
Il va m’être difficile d’écrire une chronique un tant soit peu structurée pour ce livre, tant ça a été un coup de coeur pour moi. Dès les dix premières pages, je sentais que j’allais me plonger dans une histoire pas comme les autres, que je n’avais encore jamais eu l’occasion de rencontrer lors de mes lectures YA. Et je ne me suis pas trompée. Je n’avais lu que des avis positifs sur ce roman, et je comprends bien mieux pourquoi.
Ava Lavender est un personnage que l’on apprend à connaître d’abord par un prologue, où elle nous raconte sa naissance : Ava est née avec des ailes. Personne ne comprend pourquoi, ni ne saurait l’expliquer. Elle est un mystère. Le roman se construit alors comme une suite de chapitres sur les femmes de sa famille, et les hommes et autres personnes qui ont pu croiser leur route. Ava cherche à comprendre pourquoi elle est née telle qu’elle est et pourquoi son frère jumeau, Henry, est lui aussi un peu différent des autres, sans pour autant avoir hérité d’ailes. Je ne veux pas en dire trop sur l’intrigue, je pense que pour avoir un coup de cœur il faut éviter de trop en savoir et se laisser porter par les pages. Le résumé ne nous laisse pas deviner tout ce que l’on va vivre avec Ava et sa famille et je pense que c’est tant mieux.
L’écriture de Leslye Walton, pour commencer, est un vrai petit bijou. Il s’agit ici de son premier roman publié, ce qui est bien dommage parce que j’aurais été ravie d’en découvrir plus mais je vais suivre son actualité dès maintenant. L’auteure a une façon de tourner les choses qui est à la fois originale et poétique, mais aussi fluide et facile à lire. On se laisse glisser dans le monde d’Ava et on refuse d’en sortir. La fin est elle aussi très surprenante, les derniers chapitres ont presque l’aspect d’un thriller et j’ai adoré.
C’est un roman absolument magnifique dont l’histoire m’a chamboulée et je pense que tout le monde, adolescents ou adultes, devraient lire ce livre !
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La Fille de Braises et de Ronces #1 de Rae Carson

Chez Robert Laffont dans la Collection R, Février 2012.
402 pages, 15€15.
Ma note : ★★★★☆

Résumé :
Le Destin l’a choisie, elle est l’Élue, qu’elle le veuille ou non.
Princesse d’Orovalle, Elisa est l’unique gardienne de la Pierre Sacrée. Bien qu’elle porte le joyau à son nombril, signe qu’elle a été choisie pour une destinée hors normes, Elisa a déçu les attentes de son peuple, qui ne voit en elle qu’une jeune fille paresseuse, inutile et enveloppée…
Le jour de ses seize ans, son père la marie à un souverain de vingt ans son aîné. Elisa commence alors une nouvelle existence loin des siens, dans un royaume de dunes menacé par un ennemi sanguinaire prêt à tout pour s’emparer de sa Pierre Sacrée.
Délaissée, humiliée, la princesse devra s’affirmer au milieu des intrigues de la cour, du grondement d’une guerre inévitable et des mirages de l’amour.
Il lui faudra puiser en elle le courage nécessaire à sa survie et à celle de son peuple. Accepter enfin d’être l’Élue de son propre destin.

Mon avis :
Ce premier tome est une excellente surprise ! L’idéal pour tous ceux qui veulent débuter avec la fantasy, cette trilogie est simple à aborder et les pages défilent sans que l’on s’en rende compte. L’héroïne, Elisa, change tellement de toutes les héroïnes que l’on peut rencontrer dans le genre young adult, et cela fait vraiment DU BIEN ! Elisa n’a rien de la princesse fragile ou de la jolie fille qui s’ignore, bien au contraire puisqu’au début de ce premier tome elle est obèse et ne pense qu’au plaisir de ses papilles et elle ne semble vraiment pas concernée par son rôle de future reine. Evidemment, Elisa perd du poids au cours de ce tome, ce que j’ai quand même trouvé dommage parce qu’une héroïne n’a pas besoin d’être mince pour être une héroïne et j’aurais bien aimé la voir réaliser toutes ses aventures telles qu’elle était physiquement au début du roman. Cela aurait pu être un bon moyen pour les lectrices en surpoids de s’identifier à elle, puisque finalement, le message c’est un peu qu’il faut perdre du poids et arrêter de manger net pour réussir… Malgré ce détail, Elisa est un personnage que l’on voit énormément évoluer au fil de ce premier tome, et sachant que c’est une trilogie j’ai hâte de découvrir son parcours lors des deux prochains tomes. Elle prend de l’assurance, devient une femme forte, reprend confiance en elle.
Ce premier tome est composé de trois parties, bien distinctes, qui apportent chacune une atmosphère qui lui est propre et son lot de rebondissements. On ne s’ennuie pas une seconde, il y a beaucoup d’action, on ne cesse d’apprendre des choses sur Elisa, son histoire et le rôle qu’elle doit jouer en tant qu’élue. J’ai également particulièrement aimé les personnages d’Humberto et de Ximena… L’écriture de Rae Carson est très fluide et très agréable, c’est un vrai plaisir de se plonger dans cet univers à la fois oriental et fantastique. J’ai vraiment hâte de découvrir les deux tomes suivants qui sont déjà dans ma PAL (et c’est une bonne chose, pour le coup).

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Le géant enfoui de Kazuo Ishiguro

Publié chez les Editions des Deux Terres, mars 2015.
416 pages, 23€
Ma note : ★★★☆☆

Résumé :
Axl et Beatrice vivent un amour constant qui a résisté aux années. Ils décident de faire un voyage pour rejoindre leur fils, parti depuis longtemps. De nombreux obstacles se dressent sur leur chemin, parfois étranges, parfois terrifiants, et mettent leur amour à l’épreuve. Leur parcours est une métaphore de nos vies à tous.
Dix ans après Auprès de moi toujours, Kazuo Ishiguro revisite, dans Le Géant enfoui, les thèmes shakespeariens qui traversent son oeuvre : la mémoire et l’oubli, la confiance et la haine, la vengeance et la justice. L’histoire d’Axl et Beatrice, une allégorie du monde moderne, est d’ores et déjà un monument de la littérature.

Mon avis :
Je ne connaissais Kazuo Ishiguro et son univers qu’à travers Auprès de moi toujours et l’adaptation cinématographique de ce roman. J’ai donc été quelque peu surprise de découvrir un univers totalement différent en me plongeant dans Le Géant Enfoui. J’ai beaucoup aimé les premières parties de ce roman, la découverte de cet univers très féerique et presque digne d’un conte, et surtout les deux personnages principaux : Axl et Béatrice. Je n’ai pas eu de mal à me plonger dans l’histoire, mais j’ai eu du mal à en voir le bout.

L’histoire est riche en événements, en rencontres et en émotions. Le but d’Axl et Béatrice est de retrouver leur fils, et par la même occasion de découvrir ce qui cause cette fameuse brume qui fait perdre la mémoire à tout le monde. C’est d’ailleurs à cause de cela qu’ils ont du mal à se souvenir de leur fils, d’où il est, à quoi il ressemble… J’ai beaucoup aimé leur voyage, et l’aspect de quête qu’il prend petit à petit. Et surtout, surtout, j’ai aimé l’attachement que se portent les personnages. C’est grâce à eux que j’ai réussi à terminer le roman.

Je ne saurai dire ce qui a manqué… parce que globalement, tous les éléments étaient là pour que ce soit un coup de cœur. L’écriture de Kazuo Ishiguro est magnifique, les thèmes abordés sont très intéressants et l’univers médiéval-fantasy est vraiment splendide. Je pense juste que certains passages étaient beaucoup trop longs, parfois même un peu ternes. J’ai cependant adoré cette allégorie avec notre monde moderne, qui porte forcément à réfléchir. Une petite déception donc.

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Les étoiles de Noss Head #1, Vertige de Sophie Jomain

Éditeur : J’ai Lu
Prix : 7€20
Note : ★★★★☆

Résumé :
À presque 18 ans, Hannah enrage de devoir subir un nouvel été à Wick, petite ville portuaire écossaise. Il n’y a pas plus ennuyeux que cet endroit pour une citadine de son âge. Jusqu’à ce qu’elle rencontre Leith. Il est bâti comme un roc et possède les plus beaux yeux qu’elle ait jamais vus. Qu’importent les rumeurs qui courent au sujet du jeune homme… l’attirance est immédiate, réciproque et irrépressible. Puis tout bascule. Le conte de fées se transforme en cauchemar et le destin d’Hannah est scellé. Leur relation résistera-t-elle à l’inimaginable ? Sauront-ils vaincre le pire ? Car les légendes sont parfois plus réelles que l’on croit.

Mon avis :
Après avoir vu tant de critiques positives sur ce roman, j’ai finalement craqué dans mon supermarché, rayon romans sentimentaux. Mis à part la romance et le personnage masculin qui valait apparemment le détour, je ne savais pas grand chose de l’histoire, et je pense que cela m’a fait encore plus apprécier cette oeuvre.
Tout d’abord, quel plaisir de découvrir que le roman se déroulait en Ecosse, j’étais ravie ! Pour une fois que l’on sort un peu des sentiers battus, cela fait beaucoup de bien. J’ai adoré Hannah dans ce premier tome, elle n’a été ni trop nunuche, ni trop sûre d’elle. Bien qu’elle soit timide et rougisse à de trèèèès nombreuses reprises, qu’elle soit maladroite et pas très douée, c’est un personnage plutôt réaliste. Je préfère largement une héroïne comme Hannah qu’une héroïne parfaite à tous points de vues. Je pense qu’à sa place, j’aurai eu les mêmes réactions qu’elle à de nombreuses reprises. Quant à Leith… je comprends mieux pourquoi tout le monde parle de ce personnage après l’avoir découvert et cela se passe de commentaire 😀

L’histoire en elle-même, dans ce premier tome, ne casse pas trois pattes à un canard, et j’ai un peu vu le dénouement venir, c’est cousu de fil blanc mais cela se lit très bien grâce à la plume de Sophie Jomain, très belle et très agréable. On pourrait critiquer ce roman pour ses fortes ressemblances avec Twilight, mais franchement, bien que je me sois fait la réflexion pendant ma lecture, cela ne m’a pas dérangé plus que ça. L’aspect mythologiques des créatures est plus développé que dans les autres œuvres sur le même thème et j’ai beaucoup apprécié, on a l’impression encore une fois d’en découvrir un peu plus.

Je suis actuellement en pleine lecture du second tome et je dois dire que je suis toujours autant sous le charme, j’ai hâte de découvrir la suite !

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Le Manuscrit Proscrit de Nur Jahan de Cécilia Correïa

Chez J’ai Lu, mars 2015.
480 pages, 11€90.
Ma note : ★★★☆☆

Résumé :
Dorsetshire, 25 octobre 1836, Les mots me manquent pour exprimer mon ressenti en reprenant, moins d’un an après mon retour en Angleterre, les annotations diverses effectuées au cours de mon expédition en Inde. Quiconque viendrait à les lire pourrait penser à tort que la raison m’a abandonnée. Que le Ciel m’en soit témoin, ce n’est point le cas.
C’est avec une appréhension certaine que je me replonge dans cette aventure, là où tout a commencé, non loin du Cap des Aiguilles, alors que la fureur d’une terrible tempête était sur le point de s’abattre sur notre vaisseau…

Mon avis :
Le Manuscrit Proscrit de Nur Jahan nous emmène à une autre époque, sur un autre continent, en compagnie de personnages hauts en couleur. Je commence à me familiariser doucement avec la romance, et celle-ci a le mérite de nous offrir quelque chose de différent et d’original. Nous suivons les aventures de Judith et de son oncle en Inde afin d’aller observer les tigres, mais au passage la jeune anglaise va tomber sur un mystérieux manuscrit aux pouvoirs magiques, lui donnant des visions et l’entraînant au fil d’histoires indiennes, puis à la rencontre de Devak.
Je trouve que le résumé disponible partout sur internet et sur la quatrième de couverture ne faisait absolument pas justice à ce roman et ne donnait pas tellement envie de le lire puisqu’il ne dévoile pas du tout les nombreux aspects que l’on peut rencontrer au fil de notre lecture tels que la magie, l’humour, les différentes émotions et le côté historique, bien sûr.

Le mélange historique et fantastique fonctionne à merveille et nous fait tourner les pages à une vitesse folle, avec une seule idée en tête : découvrir la fin et l’évolution de la relation entre Judith et Devak. L’idée du manuscrit était follement bien trouvée. Le style de Cécilia Correia, qui fut une découverte pour moi, est absolument divin et nous donne envie de nous glisser dans les pages à n’en plus finir. Les paysages et les routes empruntés par Judith et ses compagnons y sont tellement bien détaillés que l’on a presque envie de prendre son sac et de partir à l’aventure à leurs côtés, de partir à la découverte de ces paysages et de ce pays sauvage. La fin est plutôt surprenante et ça n’a pas manqué, je ne m’étais pas du tout douté que cela terminerait de cette façon, bien qu’il s’agisse d’une romance.

Je recommande fortement cette oeuvre malheureusement peu connue, qui plaira aux adeptes du genre et qui ne manquera pas de vous dépayser et de vous donner envie de voyager.