Chroniques Livres

La Cour d’Onyx #1 – Minuit jamais ne vienne de Marie Brennan

Chez L’Atalante, février 2018, 352 pages.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
À la fin du XVIe siècle, l’Angleterre prospère sous le règne d’Élizabeth, première du nom et dernière monarque de la lignée des Tudor. Sous Londres s’étend le palais tentaculaire d’Invidiana, la reine des fae, qu’elle gouverne en maîtresse inflexible. Son pouvoir est le reflet ténébreux de la gloire éclatante dont s’entoure la dernière des monarques Tudor. Dans ce palais d’Onyx, les fae n’ont pas à craindre le fer et la foi chrétienne que les mortels utilisent contre eux pour se protéger de leurs méfaits.
Depuis trente ans, les affaires des deux cours sont toutefois étroitement liées. Un pacte mystérieux, tragique peut-être, unit les deux souveraines. Car si, chez les mortels, rois et amours sont éphémères, les fae les jalousent pour les passions qui animent leur vie.
Un courtisan humain et une fae en disgrâce découvrent peu à peu les alliances et les trahisons qui gangrènent les deux trônes. Ensemble, ils ont une chance de révéler la source du pouvoir d’Invidiana et, peut-être, de rétablir un peu de justice, d’harmonie et de confiance dans une société de haine et de violence.
Une œuvre baroque, où se mêlent l’histoire et la fantasy, fort bien documentée sur la vie à la cour d’Élizabeth et les drames politiques qui s’y sont joués, et riche de tout le folklore du Petit Peuple des îles britanniques.

Mon avis :
Voici une lecture qu’il a été difficile de sortir de ma PAL parce qu’il a fallu que je trouve le bon moment pour la lire. J’avais pourtant demandé aux éditions l’Atalante de me l’envoyer et je les remercie grandement d’avoir accepté. Mais le mélange historique/fantastique qui me faisait énormément envie n’a pas été facile à caser dans mon planning chargé, entre les études, le travail, les examens, puis la reprise d’un nouveau travail… C’est finalement mon envie de me replonger dans des romans historiques qui m’a enfin poussée à le lire !

Cette lecture a été une véritable découverte : celle de son autrice Marie Brennan, que j’avais envie de lire depuis la sortie de ses romans « Mémoires, par Lady Trent » dont j’avais entendu beaucoup de bien. C’est finalement en voyant ce petit dernier sur table en librairie, qui mêlait fantastique et époque Élisabéthaine que j’ai décidé qu’il était plus que temps de me lancer. Marie Brennan a prouvé dans ce roman qu’elle a la capacité de mélanger fantastique et historique sans tomber dans le « trop ». Grâce à l’alternance des chapitres dans la cour d’Elizabeth et ceux dans la cour d’Onyx, nous découvrons les deux univers, les deux personnages principaux qui vont nous guider au fil de notre lecture et nous rencontrons surtout l’univers des faes qui peuplent secrètement Londres.

Je dois avouer avoir d’abord eu quelques difficultés à rentrer dans ma lecture. Non pas à cause de l’écriture que j’ai trouvé particulièrement fluide et que j’ai beaucoup appréciée, notamment grâce à des chapitres assez courts et un roman divisé en plusieurs actes. Le roman présente cependant énormément de personnages, de lieux, nous avons droit à des sauts dans le temps avec la présence de souvenirs… Beaucoup de détails qu’il fallait garder en tête pour ne pas se perdre au détour d’une page. Il m’a fallu arriver à la moitié du roman avant de vraiment m’habituer à ces différents points de vue, à comprendre vraiment quels étaient les enjeux de l’intrigue, le but des différents personnages et les relations qu’ils entretenaient les uns avec les autres.

Cependant, je connais plutôt assez bien l’époque abordée dans le roman et j’ai vraiment adoré la découvrir sous un nouveau jour, sous de nouvelles perspectives. On ressent lors de la lecture que Marie Brennan s’est énormément documentée sur l’époque et le règne d’Elizabeth, les relations entre les personnages et les différents complots et manipulations dont nous sommes témoins sont extrêmement bien ficelés. La seconde moitié du roman se lit donc beaucoup plus facilement une fois que l’on s’est habitué à l’univers. On y découvre des personnages historiques, associés à des personnages inventés par l’auteure, le tout alterné avec l’univers des faes qui est incroyablement riche et intéressant.

Une lecture que j’ai donc trouvée trop lente au début, ce qui se justifie pourtant : il s’agit d’un premier tome qui doit poser les bases d’un univers fantastique mélangé à des faits historiques réels. Il est nécessaire d’avoir un début solide sur lequel s’appuyer pour ne pas se perdre en cours de route pour les prochains tomes, mais cela pourrait décourager certains lecteurs… J’ai en tout cas hâte de découvrir la suite ! 🙂

Chroniques Livres

Arena 13 #1 de Joseph Delaney

Chez Bayard, novembre 2015, 400 pages.
Disponible en Livre de Poche Jeunesse.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Les temps sont funestes pour l’humanité, qui a presque disparue de la Terre, vaincue par des machines douées de conscience. Les derniers humains vivent confinés dans le pays de Midgard, entouré par une infranchissable barrière de brouillard. Au-delà, personne ne sait précisément ce qu’est devenu le monde, car celui qui ose la franchir, disparaît à jamais, ou devient fou. Gindeen, la seule ville du pays, est réputée pour ses arènes, où toute la journée se succèdent des combats. Là, dans une citadelle, vit une sinistre créature Hob – il n’est pas humain – qui exerce une tyrannie sanglante sur la population. Doué de multiples vies, et capable de changer d’apparence à volonté, Hob enlève des femmes qu’il laisse exangues, provoque au combat des guerriers obligés de relever le défi et les tue…
Un jour, Leif, un jeune garçon, va trouver Tyron, l’un des entraîneurs les plus réputés, et l’implore de se charger de sa formation, car il veut combattre dans la célèbre Arena 13 et espère vaincre Hob. Tyron, qui se fait habituellement payer très cher ses services, hésite longuement. Mais, séduit par la détermination du garçon, il finit par accepter de le prendre à l’essai, et gratuitement… Leif, qui n’a que l’expérience de combat de bâtons – dans lequel il excelle, s’installe donc chez Tyron où il entame son « apprentissage ». Il y fait la connaissance des deux autres disciples du maître : Deinon et Palm. Si le premier est plutôt avenant, Palm lui témoigne une hostilité immédiate, et le traite en rival….

Mon avis :
Nouvelle découverte pour moi, puisque je découvre Joseph Delaney dans un tout nouveau genre. Après avoir lu le premier tome de l’Epouvanteur qui fait partie des grands titres jeunesse, j’avais hâte de me plonger dans cette nouvelle saga. Les thèmes des gladiateurs, des combats et de la mythologie m’attiraient énormément et je n’ai pas été déçue !

Le roman nous présente Leif, un jeune garçon débrouillard dont le rêve est de combattre dans l’Arena 13, l’arène la plus dangereuse de Gindeen. Après avoir gagné un ticket qui lui promet la meilleure des formations, il traverse le pays à pied pour partir à la rencontre de Tyron, un entraîneur qui d’abord refuse de le prendre en charge, puis finalement revient sur sa décision et va le prendre sous son aile. Le début de l’entraînement se déroule bien, mais Leif n’est pas le seul dans la maison… On découvre les deux autres apprentis de Tyron : Deinon et Palm, l’un est plutôt timide et effacé, il est même assez mauvais en combat, alors que l’autre est ambitieux, prétentieux et prêt à tout pour réussir, aidé par son riche père. Mais Tyron a également une fille, qui de par son sexe n’a pas le droit de combattre alors qu’il s’agit de son plus grand rêve… Elle embarquera Leif dans quelques affaires qui ne seront pas sans conséquences.

Un premier tome efficace, original et séduisant qui nous présente un tout nouvel univers. Oubliez L’Epouvanteur, nous en sommes bien loin ! Arena 13 est un roman pour adolescent, mais les thèmes abordés sont violents et sombres, mais grâce à l’écriture de Joseph Delaney, l’ambiance ne devient ni pesante ni étouffante. Les personnages sont attachants, la mythologie est riche (nous ne sommes pas dans une copie de la Rome antique, mais Joseph Delaney s’en inspire clairement pour construire ses légendes), les descriptions des combats et des entraînements sont très visuelles et nous permettent de comprendre pleinement les mouvements effectués… J’ai été transportée par cette lecture et j’ai hâte de lire le deuxième tome !

Chroniques Livres

Dragon de Glace de George R.R. Martin

Chez Flammarion, octobre 2015.
116 pages, 12€90.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
« D’un blanc cristallin, ce blanc dur et froid, presque bleu, le dragon de glace était couvert de givre ; quand il se déplaçait, sa peau se craquelait telle la croûte de neige sous les bottes d’un marcheur et des paillettes de glace en tombaient. Il avait des yeux clairs, profonds, glacés. Il avait des glaçons pour dents, trois rangées de lances inégales, blanches dans la caverne bleue de sa bouche. S’il battait des ailes, la bise se levait, la neige voltigeait, tourbillonnait, le monde se recroquevillait, frissonnait. S’il ouvrait sa vaste gueule pour souffler, il n’en jaillissait pas le feu à la puanteur sulfureuse des dragons inférieurs. Le dragon de glace soufflait du froid. »

Mon avis :
Je connaissais déjà Dragon de Glace avant la sortie de cette édition chez Flammarion, par le biais d’un recueil de nouvelles de George R.R. Martin publié par ActuSF. Dragon de Glace était d’ailleurs la nouvelle que j’avais le plus appréciée du recueil, par son univers fantastique. Quand j’ai vu que cette magnifique édition sortait, j’ai craqué. L’objet livre est vraiment sublime : la couverture est cartonné, il y a une jaquette illustrée au dos, un petit dragon sur la couverture du livre, et les illustrations à l’intérieur sont juste magnifiques et collent complètement avec l’ambiance de la nouvelle ! Le prix de cette édition n’est pas du tout excessif, en plus de ça.

Cette nouvelle est très courte et nous plonge immédiatement dans cet univers créé par George R.R. Martin. C’est un monde et un univers très éloigné de celui de Game of Thrones mais qui connaît quand même quelques points communs, principalement le dragon et l’hiver. Ici, l’auteur nous présente le lien qu’entretient une jeune fille avec un dragon de glace, animal fantastique et responsable de l’hiver qui fait taire la nature. Je trouvais déjà que la nouvelle était sublime et très prenante, mais les illustrations ajoutent un vrai plus, c’est presque un conte.

Je suis ravie de voir que les écrits de George R.R. Martin commencent enfin à se varier un peu en France, grâce au succès de Game of Thrones (merci à la série!), cela me permet de faire de magnifiques découvertes. Voici deux exemples d’illustrations que l’on retrouve dans cette édition et le fameux petit dragon sur la couverture :

Chroniques Livres

Une Braise Sous la Cendre #1 de Sabaa Tahir

Chez Pocket Jeunesse, octobre 2015.
528 pages, 18€90.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
« Je vais te dire ce que je dis à chaque esclave qui arrive à Blackcliff : la Résistance a tenté de pénétrer dans l’école un nombre incalculable de fois. Si tu travailles pour elle, si tu contactes ses membres, et même si tu y songes, je le saurai et je t’écraserai. » Autrefois l’Empire était partagé entre les Érudits, cultivés, gardiens du savoir, et les Martiaux, armée redoutable, brutale, dévouée à l’empereur. Mais les soldats ont pris le dessus, et désormais quiconque est surpris en train de lire ou d’écrire s’expose aux pires châtiments. Dans ce monde sans merci, Laia, une esclave, et Elias, un soldat d’élite, vont tout tenter pour retrouver la liberté… et sauver ceux qu’ils aiment.

Mon avis :
Une Braise Sous la Cendre est un roman qui a su me plonger dans l’univers créé par Sabaa Tahir dès les premiers chapitres. Bien qu’il soit très dense, très développé et très riche, je n’ai eu aucune difficulté à m’immerger dans cette dystopie teintée de fantasy. L’univers est séparé entre deux clans : les érudits et les martiaux. Les martiaux contrôlent les érudits, qui sont devenus pour beaucoup des esclaves. Cependant, la Résistance tente de renverser les Martiaux du pouvoir. J’ai lu ce premier tome assez rapidement, tout en savourant les événements qui se déroulaient au fil des pages. On retrouve une vraie mythologie construire autour des personnages et des différents statuts sociaux présents dans le récit, les créatures comme les goules et les différentes épreuves que traversent Elias, Hélène et les autres nous amènent dans l’univers de la fantasy et j’ai tout simplement adoré. Cela n’a pas été un coup de coeur à cause de certaines longueurs, mais cela aurait pu.

On suit donc deux personnages principaux en suivant leurs deux points de vue en alternance : Laia, l’esclave qui tente de sauver son frère avec l’aide de la Résistance après qu’il ait été capturé lors d’un raid qui a coûté la vie à ses grand-parents et qu’elle ait pris la fuite et Elias, un Mask participant aux épreuves pour contrôler l’Empire mais qui ne se reconnaît plus dans les idées que les Martiaux défendent et hésite à déserter, malgré les risques que cela représente.

Les bases sont assez simple, les deux personnages vont finir par se croiser (on s’en doute bien) et leurs destins sont liés. Les gentils ne sont pas forcément aussi gentils qu’on le pense, et inversement avec les méchants de l’histoire. Le vrai atout de ce roman, c’est l’écriture et le développement des personnages. Elias et Laia sont deux personnages auxquels je me suis attachée (agrippée, accrochée, tout ce que vous voulez), je ne voulais plus les lâcher et je veux savoir ce qu’il va leur arriver. Ils sont tellement bien construits, et si complexes à la fois. Entre Elias, qui doit lutter entre son devoir et ses envies, et Laia qui cherche à tout prix à sauver son frère, ils ont chacun un but et leurs scènes ensemble sont pleine de piquant. Sans oublier les romances qui se croisent et se décroisent. J’ai douté à plusieurs reprises quant à savoir qui allait finir avec qui, parce que je n’arrivais pas à choisir quel couple je préférais. Les personnages ont tous des qualités comme des défauts et c’est ce qui les rend tellement attachants.

Un presque coup de coeur donc, principalement pour l’univers créé par Sabaa Tahir, l’écriture et la psychologie des personnages et les différentes étapes du récit qui font que l’on ne s’ennuie pas une seule seconde. Il m’a cependant manqué la petite étincelle qui aurait fait de ce livre un coup de coeur, peut-être sera-t-elle là dans le second tome ?

Je conseille vivement ce roman à tous, et encore plus à ceux qui aimeraient approcher la fantasy mais qui redoutent le genre, le fait qu’on ait également affaire à un roman jeunesse permet de se plonger dans l’univers avec beaucoup de facilité et les pages défilent sans que l’on s’en rende compte ! 🙂