Chroniques Livres

Un rêve couleur de nuit de Sophie Nicholls

Chez Préludes, Octobre 2018, 416 pages.
Ma note : 4/5

Quatrième de couverture :
Ella Vickers mène une vie en apparence heureuse dans la petite ville de York. Auteure à succès, elle possède une charmante librairie située dans une rue pavée, est mariée à l’homme qu’elle aime et maman d’une adorable fillette. En réalité, Ella lutte pour trouver un équilibre entre sa vie de femme, de mère et ses activités professionnelles. De l’autre côté de l’Atlantique, sa mère, Fabia, remet en question son propre bonheur et ressent à distance la détresse de sa fille. C’est à ce moment-là qu’Ella fait la rencontre de Bryony Darwin, une étrange jeune femme à la recherche d’un livre sur les rêves… Elles dénichent bientôt un ouvrage ancien écrit par une mystérieuse guérisseuse du XVIIe siècle.
D’abord autopubliés et best-sellers au Royaume-Uni, les romans de Sophie Nicholls sont aujourd’hui traduits dans cinq langues. On retrouve avec ce nouvel opus l’univers peuplé de magie d’une conteuse hors pair, et les thèmes amorcés dans Une robe couleur de vent : l’amour, l’amitié et les rêves.

Mon avis :
Je remercie les éditions Préludes et Netgalley France pour cette lecture.
Sophie Nicholls est de retour avec son roman Un rêve couleur de nuit après Une robe couleur de vent, sorti l’année dernière chez nous (aussi chez Préludes). J’ai découvert l’autrice avec ce second opus, ce qui ne m’a pas empêché d’apprécier pleinement ma lecture bien qu’il s’agisse d’un second tome. Tout est fait afin que le lecteur ne soit pas perdu en cours de route et puisse découvrir les personnages même sans avoir lu les premières aventures de Fabia et d’Ella. D’après ce que j’ai pu comprendre en lisant le résumé du premier tome, il se focalisait principalement sur le personnage de Fabia, alors que celui-ci nous présente d’avantage Ella, qui doit mener de front sa vie de maman, sa vie de couple mais également la gestion de son commerce et l’écriture de son nouveau roman qu’elle ne parvient pas à avancer.

Ce roman a été une excellente lecture et une très bonne découverte, je regrette tout de même un peu de n’avoir pas découvert l’écriture de Sophie Nicholls avec le premier tome. J’ai vraiment vécu une lecture que je qualifierai de « cocon », un peu « feel good » et dont on ressort avec le sourire. Malgré tous les sujets forts abordés par l’autrice, les thèmes abordés à travers les personnages, les petites manipulations, les secrets de chacun, les doutes et les questionnements d’Ella, j’ai vraiment ressenti une atmosphère chaleureuse, sans doute grâce au soupçon de magie instauré dès le début. Car en effet, même si le roman se déroule à notre époque, dans notre monde contemporain, on y découvre tout un monde de sorcellerie, de magie, d’intuitions, de rêves… qui ajoute une petite pincée de merveilleux à la lecture et qui m’a beaucoup fait pensé aux séries Un soupçon de magie (disponible sur Netflix !) et à Ghost Whisperer, encore plus avec toutes les scènes dans cette librairie/café très accueillante.

Ella est une jeune femme qui doute énormément, qui se pose beaucoup de questions et à laquelle on ne peut que s’attacher. Elle n’est pas de ces héroïnes parfaites, sans défauts auxquelles il n’arrive que des choses merveilleuses. Elle a beaucoup de mal à gérer sa vie de jeune maman car cela n’a rien de naturel pour elle, mais également sa vie de couple qui bat un peu de l’aile car elle a perdu confiance en elle depuis son accouchement, et son commerce qui lui prend beaucoup de temps même si elle est passionnée. Son quotidien va être un peu chamboulé quand elle va rencontrer Bryony, une jeune femme qui va venir lui demander conseil pour un livre sur l’interprétation des rêves… Ella va alors lui présenter Miss Mary et son ouvrage datant du 17ème siècle, qui va nous même, en tant que lecteur, nous accompagner tout au long du roman en tête de chapitre.
C’est là que nous découvrons un peu plus Bryony, ses angoisses, ses intuitions, son compagnon autoritaire et manipulateur… Au fil du roman, les points de vue sont alternés et nous permettent de découvrir d’avantage chaque personnage, ainsi que ceux qui les accompagnent, nous faisant ainsi rencontrer d’autres personnages plus secondaires mais qui ont tous leur importance dans l’avancée de l’histoire. J’aurais beaucoup aimé en apprendre plus sur certains d’entre eux, notamment Selena, la sœur de Bryony, qui s’avère être également la collègue de Billy, l’époux de Ella. Mais également Fabia, la mère d’Ella, qui est donc de retour dans ce second roman, même si assez en retrait au début du roman, elle prend beaucoup plus d’importance dans l’intrigue dans la seconde partie. Je me ferai un plaisir de lire Une robe couleur de vent pour la découvrir plus en détails.

En conclusion, une excellente lecture. J’ai passé un très bon moment et il ne manquait pas grand chose pour que ce soit un coup de cœur, sans doute la lecture du premier volet pour compléter à l’univers et à la construction des personnages de Sophie Nicholls.

Chroniques Livres

Frappe-toi le cœur de Amélie Nothomb

Chez Albin Michel, août 2017, 192 pages.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
« Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. » Alfred de Musset

Mon avis :
Impossible de traverser la rentrée littéraire sans voir le nouveau roman d’Amélie Nothomb. J’en entends toujours beaucoup parler, et cette fois-ci, j’ai eu envie de me laisser tenter. On me dit toujours qu’elle a une écriture particulière, que ses écrits ne laisse pas indifférents (« on adore ou on déteste !« ), mais que ça se lit vite… Ce n’est pas la première fois que je lis quelque chose d’elle : j’avais étudié Stupeur et tremblements au collège et je n’en garde pas un très bon souvenir, j’ai également lu Acide sulfurique que j’avais bien aimé, sans pour autant que ça ait été une lecture géniale. J’étais un peu perplexe en attaquant la lecture de Frappe-toi le coeur, surtout qu’il m’a été impossible de trouver un quelconque résumé quelque part pour savoir dans quoi je me lançais.

Et finalement, j’ai adoré. Ce roman se déroule en deux parties. C’est l’histoire de Marie, de Diane et de Olivia. Des femmes, des relations, des échanges… La premières parties sur l’enfance de Diane nous fait comprendre le contexte dans lequel a grandi la petite, et la seconde partie nous montre quel impact cela a eu sur elle.

Marie, c’est le premier personnage que l’on rencontre dans cette lecture. Sa relation avec Olivier (qui devient rapidement un personnage extrêmement secondaire parce que ce roman, on y parle de femmes !), leur mariage et leurs enfants. Ils ont une première petite fille : Diane. Malheureusement, la relation entre la mère et la petite est compliquée. La première voue une jalousie presque maladive à l’enfant et ne s’en occupe pratiquement pas, sauf une nuit, où elle aura un geste de tendresse pour elle. Diane ne cherche pas vraiment à comprendre, après tout, c’est sa mère, c’est comme ça. Et puis, son père et ses grands-parents compensent un peu ce manque d’affection. Quand Marie retombe enceinte, Diane décide qu’elle va devoir compenser le manque d’affection que sa mère aura pour l’enfant, sauf que le bébé qui naît est un garçon et que Marie s’en occupe normalement, avec tendresse et amour. Diane comprend alors que si sa mère est si froide avec elle, c’est parce qu’elle est une fille. Mais quand Marie a une autre petite fille, et qu’elle l’aime jusqu’à l’étouffer de bisous et de câlins, Diane ne comprend plus rien. Cela dépasse toute logique : le problème, c’est elle.

Dans la seconde partie du roman, Diane a décidé de suivre des études de médecine, et elle devient très proche avec l’une de ses professeurs, Olivia. Elle y voit presque la mère qu’elle n’a pas eu. Mais en la poussant à travailler sur la thèse qui lui permettra d’obtenir le statut de professeur, Diane lui voue corps et âme et découvre qu’elle n’est peut-être pas si éloignée de sa mère…

Un roman qui se lit vite, on m’avait prévenue. Je l’ai lu en trois trajets de RER. Mais il faut surtout reconnaître à Amélie Nothomb sa capacité à nous plonger dans son récit. Ses personnages sont captivants, les relations (parfois toxiques comme ici) s’entremêlent et nous donnent envie de tourner les pages pour découvrir le fin mot de l’histoire. Frappe-toi le cœur est un roman à la psychologie des personnages incroyable, surtout en ce qui concerne Diane qui est le personnage le plus développé du roman. Ce roman nous offre une analyse de la maternité, sous un scénario subtil et prenant. Si j’ai adoré la première partie où elle est enfant, j’ai un peu moins aimé la seconde que j’ai trouvé beaucoup plus sombre, bizarrement. Cependant, je recommande vraiment cette lecture ! Il sera difficile de passer à côté ;)… Je pense vraiment que ce roman m’a réconciliée avec Amélie Nothomb.

Chroniques Livres

Pax et le petit soldat de Sara Pennypacker et Jon Klassen

Chez Gallimard Jeunesse, janvier 2017, 320 pages.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
La guerre est imminente. Lorsque le père de Peter s’engage dans l’armée, il oblige son fils à abandonner Pax, le renard qu’il a élevé depuis le plus jeune âge et envoie le garçon vivre chez son grand-père à cinq cent kilomètres de là. Mais Peter s’enfuit à la recherche de son renard. Pendant ce temps, Pax affronte seul les dangers d’une nature sauvage et se trouve confronté à ceux de son espèce.

Mon avis :
Pax et le petit soldat est un livre qui m’a tout de suite attirée, dès sa sortie en anglais. On ne parlera pas du renard sur la couverture qui y était sans aucun doute pour quelque chose, mais plutôt de la perspective de lire une histoire qui parle de l’amour des animaux et de la relation qu’un enfant peut avoir avec son animal de compagnie. Quel plaisir de le voir enfin sorti chez Gallimard jeunesse !

Ce roman raconte l’histoire de Peter, obligé de se séparer de son renard de compagnie qu’il a sauvé alors qu’il n’était qu’un renardeau et élevé depuis, quand son père s’engage dans l’armée. Peter va alors devoir s’installer chez son grand-père, à plusieurs centaines de kilomètres de là, et accepter de vivre sans Pax. Mais rien n’y fait, il culpabilise et se rend compte qu’il n’aurait jamais dû accepter d’abandonner son meilleur ami dans les bois. Peter décide alors de fuguer et de partir à la rescousse de Pax, seul. Mais c’était sans compter un accident qui lui vaudra un pied cassé et sa rencontre avec Vola, une femme qui vit seule et qui l’aidera dans sa quête.

Le roman est une alternance de chapitres du point de vue de Peter et du point de vue de Pax, qui vont devoir apprendre à évoluer seuls, sans leur meilleur ami et le lien qui s’est créé entre eux. Peter va devoir faire face à sa culpabilité et apprendre à faire confiance aux autres, alors que Pax va plutôt devoir s’en remettre à son instinct et aux quelques rencontres qu’il va faire dans les bois, notamment deux autres renards pour lesquels il se prendra d’affection.

C’est un très beau roman qui nous amène à réfléchir sur la relation entre l’homme et les animaux, qu’ils soient sauvages ou domestiqués, mais également sur la nature grâce au thème de la guerre abordé à travers le père de Peter. Une très belle histoire portée par la plume très douce de Sara Pennypacker et les magnifiques (mais trop peu nombreuses à mon goût) illustrations de Jon Klassen. Il m’a beaucoup rappelé le roman Coeur de Loup paru aussi chez Gallimard Jeunesse il y a peu.

Un gros coup de cœur pour cette histoire ♥

Chroniques Livres

Comptoir des soupirs de Olivier Piat

Chez Milady, juin 2015.
5€90, 192 pages.
Ma note : ★★☆☆☆

Quatrième de couverture :
Un homme, une femme, une histoire d’amour impossible. Deux tables dans un bar, il l’observe, elle le remarque, et bientôt, leurs regards font plus que se croiser ; ils se cherchent. Il est marié et père de deux enfants. Elle vient de quitter son compagnon et entame une nouvelle vie. À travers les points de vue de ces amants éperdus, on découvre les élans de la passion, mais aussi les non-dits et les mensonges derrière lesquels ils se réfugient pour vivre cette relation dont la fin est écrite d’avance.

Mon avis :
J’ai été intriguée par ce livre à cause de son format très original : le roman nous parle de la relation d’un couple, mais des deux points de vue (celui de l’homme, et celui de la femme) afin de nous faire comprendre et nous montrer comment la relation est vécue de chaque côté. Le livre est donc coupé en deux, côté face le point de vue de la femme et côté pile (en retournant le livre donc), le point de vue de l’homme. Je trouvais le concept original et j’avais envie de découvrir les différences que pouvais montrer les personnages face à une même situation/une même relation.

J’ai commencé par le point de vue de la femme, simplement parce que c’était le côté face et le sens de l’édition. Commencer par l’un ou par l’autre ne change rien à l’histoire, mais cela peut changer la façon dont on perçoit les choses en tant que lecteur. Alterner les chapitres de l’un à l’autre aurait peut-être été une bonne idée également.

Globalement, je ne dirais pas que c’était une mauvaise lecture parce que j’ai trouvé le concept très original et j’ai adoré les différences d’écriture entre l’homme et la femme et c’est là que l’on découvre le talent d’un écrivain, celui d’Olivier Piat : les deux personnages ont une voix bien définie et il est impossible de les confondre. La femme élabore beaucoup, les phrases sont longues alors que le ton de l’homme est plus sec et sa partie ressemble beaucoup plus à un journal intime.

Cependant, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages ni à m’intéresser à leur sort ou à leur relation. J’ai lu ces presque 200 pages sans réussir à vraiment me plonger dans l’histoire, le fait de suivre les deux points de vue était intéressant parce que les choses se mettaient en place lors de la lecture du second point de vue, mais sinon je n’ai pas réussi à m’y intéresser réellement. Je suis passée à côté de cette lecture.

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Les Derniers Jours de Rabbit Hayes de Anna McPartlin

Chez Le Cherche Midi, février 2016.
20€00, 464 pages.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Quand Mia, surnommée affectueusement Rabbit, entre en maison de repos, elle n’a plus que neuf jours à vivre. Tous ses proches sont présents à ses côtés pour la soutenir. Jack et Molly, ses parents, incapables de dire adieu à leur enfant, Davey et Grace, son frère et sa sœur, qui la considèrent toujours comme la petite dernière de la famille, Juliet, sa fille de 12 ans qu’elle élève seule, et enfin Marjorie, sa meilleure amie et confidente. Au fur et à mesure que les jours passent et que l’espoir de la sauver s’amenuise, sa famille et ses amis sont amenés à s’interroger sur leur vie et la manière dont ils vont continuer sans celle qui leur apporte tant.
Car, si Rabbit a elle-même perdu la bataille, celle-ci ne fait que commencer pour son entourage.

Mon avis :
Mia Hayes, surnommée Rabbit depuis toujours, vit ses derniers jours entourée de sa famille, de sa fille et des autres personnes proches d’elle. Prise en charge dans un centre de soins palliatifs, elle vit ces neuf jours en alternant les rencontres avec sa famille et les périodes d’inconscience qui la font plonger dans des rêves et des flashbacks auprès de Johnny, son amour de jeunesse et l’un de meilleurs amis de son frère. Cette alternance de présent et passé nous permet de plonger entièrement dans la vie de Rabbit et d’apprendre à la connaître très rapidement, de s’attacher à elle quand bien même elle n’apparaît pas dans tous les chapitres.

Un roman qui parle de cancer, des derniers jours d’une femme… Cela me semblait un sujet très difficile et délicat à traiter, mais Anna McPartlin l’a fait avec brio et beaucoup de délicatesse. J’ai vu quelques coups de cœur défiler sur internet et sur les blogs littéraires, mais je n’ai pas voulu porter trop d’attention à ce qui était dit : j’aime me faire mon propre avis. Le sujet abordé est très fort, et Anna McPartlin, grâce à son écriture très douce, nous fait rencontrer Rabbit à la fin de sa vie mais également dans sa jeunesse grâce aux flashbacks, nous avons l’impression de vivre sa vie entière à l’aide de ce seul roman. Et même si le sujet abordé est très triste, dur et m’a mis la boule au ventre à plusieurs reprises, il m’a aussi donné beaucoup d’espoir. Rabbit est entourée de tous ses proches qui font le nécessaire pour qu’elle s’en aille dans les meilleures conditions possibles, ils se serrent tous les coudes jusqu’au bout et même après son décès. C’est une famille forte, soudée, aux personnages très différents mais tous très attachants et importants pour l’histoire. Chacun a sa propre relation avec Rabbit et les scènes d’adieux sont déchirantes.

Je recommande vraiment ce livre pour toutes les émotions qu’il m’a fait traverser, pour la magnifique écriture d’Anna McPartlin que j’ai hâte de redécouvrir dans ses autres romans, pour le personnage de Rabbit qui tient bon et se bat malgré tout jusqu’à la dernière page et pour tout l’espoir qui naît de ce roman. C’est un très beau coup de cœur.

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Miss Alabama et ses petits secrets de Fannie Flagg

Chez Pocket, mai 2015.
443 pages, 7€80.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Birmingham, États-Unis. Ex-Miss Alabama, Maggie Fortenberry a pris une grande décision : elle va mettre fin à ses jours. Elle n’est ni malade ni déprimée, son travail dans une petite agence immobilière est plutôt agréable, mais elle a trouvé malgré tout seize bonnes raisons d’en finir, la principale étant peut-être que, à 60 ans, elle pense avoir connu le meilleur de la vie. Maggie a donc arrêté la date de sa mort et se consacre désormais en toute discrétion à en régler les détails.
Or, peu de temps avant de passer à l’acte, Maggie est invitée par une collègue, Brenda, à un spectacle de derviches tourneurs. La représentation étant dans moins d’une semaine, elle décide, pour faire plaisir à Brenda, de retarder l’ultime échéance. Elle est alors loin de se douter combien les jours à venir vont être riches en secrets dévoilés et en événements imprévus, lesquels vont lui montrer que l’existence a encore beaucoup plus à lui offrir qu’elle ne le croyait.

Mon avis :
Premier essai avec Fannie Flagg, j’ai choisi de commencer avec Miss Alabama et ses petits secrets après en avoir entendu beaucoup de bien (principalement par Fiona de Prettybooks). Le résumé était alléchant, on me l’avait bien vendu sur la blogo… J’étais emballée.
Miss Alabama et ses petits secrets, c’est l’histoire de Maggie, ancienne Miss Alabama qui a maintenant la soixantaine et qui a décidé d’en finir et de mettre fin à ses jours. Elle a tout prévu, tout organisé jusque dans les moindres détails mais tout ne va pas se passer comme prévu et va la faire remettre sa mort en question. Veut-elle vraiment mourir ? Le récit alterne les chapitres du présent concernant Maggie et les autres personnages principaux : Brenda et Ethel et les chapitres concernant le passé qui nous racontent des petites anecdotes sur les vies de ces personnages féminins hauts en couleur.

Je ne dirais pas que j’ai passé un mauvais moment, ce serait mentir, mais je suis très loin du coup de cœur de beaucoup. L’écriture de Fannie Flagg est le gros point fort de ce roman, elle nous entraîne dans la vie de Maggie avec poésie et cela m’a permis de m’attacher à elle dès les premiers chapitres, c’est un personnage attachant et réaliste, comme les autres personnages du roman. Ils ont tous des défauts et des qualités, et c’est ce qui a fait que j’ai pu m’identifier à certains d’entre eux. Je trouvais le sujet du suicide très intéressant, surtout que le roman est raconté du point de vue de Maggie qui a tout planifié pour sa mort, elle sait qu’elle vit ses derniers instants… mais cela passe très rapidement au second plan.

Malheureusement, passé le début qui était prometteur et les petites notes d’humour avec Maggie qui est contrariée parce qu’elle ne cesse d’être interrompue et ne peut pas agir à sa guise, j’ai trouvé que le roman était long… trop long. Les chapitres des anecdotes sont mes préférés parce qu’ils étaient courts et me permettaient de m’échapper du récit principal qui traînait en longueur et dont je ne voyais malheureusement pas le bout.

Même si je me suis attachée aux personnages, j’ai eu du mal à m’intéresser à leur destin et à ce qui leur arrivait à la fin du roman, j’ai perdu mon intérêt au fil des pages… ce qui est vraiment dommage puisque le roman démarrait vraiment bien et j’avais envie de l’aimer plus que tout. Je garderai en mémoire l’écriture de Fannie Flagg qui pour moi est le vrai atout de ce roman.

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Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka

Chez 10-18, septembre 2013.
144 pages, 6€60.
Ma note : ★★☆☆☆

Quatrième de couverture :
Nous sommes en 1919. Un bateau quitte l’Empire du Levant avec à son bord plusieurs dizaines de jeunes femmes promises à des Japonais travaillant aux États-Unis, toutes mariées par procuration.
C’est après une éprouvante traversée de l’Océan pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leurs futurs maris. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui auquel elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.
À la façon d’un chœur antique, leurs voix se lèvent et racontent leurs misérables vies d’exilées… leurs nuits de noces, souvent brutales, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l’humiliation des Blancs… Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre et la détention dans les camps d’ internement – l’État considère tout Japonais vivant en Amérique comme traître. Bientôt, l’oubli emporte tout, comme si elles, leurs époux et leurs progénitures n’avaient jamais existé.

Mon avis :
J’étais partie très confiante avec ce petit roman, je m’étais dit que le sujet allait me plaire, les quelques avis que j’avais lus/entendus étaient bons et je pensais qu’en 150 pages environ je n’aurais pas le temps de m’ennuyer et qu’en une après-midi j’aurais fini de le lire. Raté. J’ai mis plusieurs jours à le lire parce que j’ai eu beaucoup de mal à me plonger dans l’histoire de ces femmes japonaises, principalement à cause du style narratif choisi.

Pour replacer le contexte, nous sommes au début du XXème siècle et le roman commence sur un bateau avec des femmes japonaises qui font le voyage pour retrouver leurs futurs époux en Amérique. Elles ne les ont jamais rencontrés, mais ils se sont écrits et elles ont des photos. Elles font connaissance sur le bateau, apprennent à se connaître, elles sont toutes différentes mais rêvent toutes d’une vie différente et luxueuse aux Etats-Unis. Malheureusement, tout ne va pas se dérouler comme prévu. Ces mariages arrangés ne sont pas tous joyeux, certaines doivent faire face aux violences conjugales, à la dépression, au travail dans les champs, au mensonge de leurs maris, à l’adultère, au racisme, à l’éducation de leurs enfants…

Le début était prometteur, puis je me suis lassée parce que tout était très répétitif. Le roman est raconté à la première personne du pluriel et chaque phrase commence par « nous ». Alors au début, c’était sympathique et je trouvais ça plutôt original, mais au bout de quelques dizaines de pages, j’ai perdu le fil parce que je n’arrivais pas à m’attacher à ces femmes et j’ai perdu tout intérêt pour leurs histoires et leurs vies. Aucun nom n’est mentionné, tout est raconté d’un point de vue très éloigné et extérieur et j’ai trouvé ça très difficile de me sentir proche d’elles.

La dernière partie du roman a relevé un peu le niveau mais cela reste une grosse déception, et je suis bien contente qu’il n’ait pas été plus long parce que j’aurais sans doute abandonné en cours de route.

Chroniques Livres

La passe dangereuse de Somerset Maugham

Chez 10/18, avril 1993.
279 pages, plus édité.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Peu de mondes semblent aussi éloignés l’un de l’autre que ceux de Somerset Maugham et de George Orwell. On découvre pourtant avec surprise dans un essai de l’auteur de 1984 qu’il admirait « immensément » Maugham pour son « talent à raconter une histoire sans fioriture ». Au lecteur de se laisser séduire par une invraisemblable histoire d’amour dans le Hong Kong de la grande époque coloniale anglaise avec adultère, épidémie, général chinois, bonnes soeurs… Ingrédients que Maugham mélange avec un art consommé du récit et une maîtrise raffinée de la « belle ouvrage ».

Mon avis :
Voici une lecture qui me fait très envie depuis longtemps, mais j’ai eu beaucoup de mal à me procurer ce livre parce qu’il n’est plus édité. C’est finalement mon réseau de médiathèques qui m’a permis d’enfin le lire! J’avais adoré l’adaptation avec Naomi Watts et Edward Norton, et j’avais hâte de découvrir l’origine de ce film.

La passe dangereuse, c’est l’histoire de Kitty et Walter, couple marié mais pas du tout assorti. Kitty trompe Walter, qui le découvre, et lui pose un ultimatum : elle part avec lui à Hong-Kong pour ses travaux de recherches, ou il divorce. Kitty n’a pas le choix si elle veut garder son honneur, elle accepte de partir dans un pays envahi par une épidémie de choléra. Je ne peux m’empêcher de comparer les deux. Le film lui, est très romancé et nous dévoile un aspect du couple qui n’est pas présent dans le roman, qui est beaucoup plus focalisé sur Kitty et son évolution.

Il y a plusieurs parties distinctes dans ce roman, celle à Londres et celle en Chine. Celle à Londres est bien plus longue et au final, moins intéressante que celle en Chine. Tout est raconté du point de vue de Kitty et Walter, qui est un personnage complexe et vraiment très intéressant, n’est pas très présent. Kitty reste principalement en compagnie des bonnes sœurs au couvent, avec les enfants et bien que ces scènes permettent de faire évoluer le personnage et finissent par la faire descendre de son pied d’estal, elles n’apportent pas grand chose à l’histoire principale. Nous ne sommes confrontés au choléra que trois fois dans tout le roman, j’aurais apprécié découvrir un peu plus l’aspect scientifique de cette maladie. D’autant plus que Walter étudie les bactéries et cela aurait pu amener des scènes vraiment intéressantes et poussées.

La fin, quant à elle, est différente de celle du film. On peut donc choisir la fin qui nous plaît le plus, en fonction de notre attachement aux personnages.
Une très bonne lecture, que j’aurais attendu longtemps avant de pouvoir enfin mettre la main dessus. Je ne regrette pas, le roman est différent du film en plein de points et c’était très agréable de pouvoir comparer.

Chroniques Livres

Quand nous étions heureux de Rebecca Coleman

Chez Presses de la Cité, juin 2014.
390 pages, 21€50.
Les Presses de la Cité
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Jill et Cade, vingt et un ans, sont étudiants et amoureux. Ils semblent promis à un avenir radieux. Malgré leur relation fusionnelle, Cade refuse de présenter Jill à sa famille, qui vit dans un coin reculé du New Hampshire. Lorsque Jill tombe enceinte, ils décident de passer l’été là-bas. Bien que la famille de Cade se révèle très éloignée de celle dans laquelle elle rêvait d’élever son enfant, Jill parvient à établir une relation avec chacun de ses membres. Eddy, le père de Cade, diminué par une attaque ; Candy, la sœur aînée, très croyante ; Dodge, le beau-frère, réactionnaire et raciste ; Leela, la mère qui passe ses journées à confectionner des drapeaux américains destinés aux familles de soldats. Mais c’est surtout d’Elias, le frère de vingt-trois ans, jeune vétéran souffrant de stress post-traumatique, que Jill se rapproche. Entre eux, une complicité ambiguë va s’installer. Peu après que Jill a accouché, Elias se tire une balle dans la tête. Cet événement tragique bouleverse la famille et les projets de Jill et Cade, qui renoncent alors plus ou moins tacitement à leurs rêves. La situation empire, jusqu’au basculement final dans la tragédie.

Mon avis :
Quand nous étions heureux traite avec délicatesse d’un sujet difficile : les conséquences d’être envoyé au front sur les soldats, et surtout le syndrome de stress post-traumatique. C’est un sujet que je ne trouve pas souvent dans mes lecture et j’avais hâte de voir comment il allait être traité dans ce roman qui se déroule dans une famille typiquement américaine.

Nous suivons d’abord Jill et Cade, petit couple à l’université qui file s’installer dans la famille de Cade quand Jill tombe enceinte. Ils n’ont pas les moyens de faire autrement, au grand désespoir de Cade qui aurait préféré largement autre chose. Le début est entraînant, on a une excellente mise en place des personnages principaux et de leurs relations, et surtout, on voit l’évolution du personnage d’Elias entre le moment où il revient d’Afghanistan, et celui où Cade et Jill vont s’installer dans la famille. On voit physiquement que la guerre a eu un effet sur lui, en plus de se douter de l’impact sur son moral.

Jill est la seule à vraiment se soucier d’Elias et une relation se construit entre eux, une relation que j’ai trouvé un peu malsaine et j’avoue ne pas avoir compris comment Jill pouvait vouloir aider Elias, sans se rendre compte qu’elle ne faisait qu’aggraver la situation.

Puis un événement marquant se déroule, et le roman se focalise alors sur le reste de la famille et non plus sur Elias. C’est là que j’ai commencé à perdre de mon intérêt pour ce livre. C’est dommage. Elias est, pour moi, le personnage principal de ce roman et malheureusement, il n’est pas utilisé à sa juste valeur. C’est un personnage très complexe, qui aurait mérité d’être plus présent et plus développé. Les scènes de flashbacks où on le découvre en tant que soldat sont très poignantes et on comprend alors qu’elles sont les choses qui l’ont changé à jamais.

Quand nous étions heureux est un roman poignant mais qui perd de son intérêt au fil des pages, la famille est bourrée de clichés américains et les histoires tirées par les cheveux, mais je pense que l’auteur est passée à côté de quelque chose.

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Les Hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra

Chez Pocket, avril 2010.
147 pages, 5€90.
Ma note : ★★☆☆☆

Quatrième de couverture :
Dans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici, une lapidation de femme, là un stade rempli pour des exécutions publiques. Les Taliban veillent. La joie et le rire sont devenus suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Le goût de vivre a également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l’obscurité grillagée du tchadri. Alors Kaboul, que la folie guette, n’a plus d’autres histoires à offrir que des tragédies. Quel espoir est-il permis ? Le printemps des hirondelles semble bien loin encore…

Mon avis :
Je n’avais absolument rien entendu sur ce livre et c’est en le voyant dans mon supermarché que j’ai décidé de tenter le coup. Les Talibans, la condition de la femme, la religion… Ce sont des sujets importants que je ne retrouve pas souvent dans mes lectures et j’ai décidé de m’y mettre un peu plus.
On commence direct avec une scène de lapidation d’une femme en place publique, aux descriptions très détaillées et très crues, ça promettait vraiment quelque chose de violent et de fort. Mais j’avoue avoir été déçue.

J’ai trouvé qu’il était très difficile de rentrer dans l’histoire et de réellement s’attacher aux personnages principaux, il leur arrive des tas de choses, on découvre leurs vies personnelles mais je n’ai malheureusement pas su m’y intéresser, je lisais sans vraiment porter d’intérêt à ce qu’il se passait. Je trouve que le livre est à la fois trop court, et trop long. Les sujets sociaux du roman m’ont réellement intéressée, comme la condition des femmes qui revient régulièrement, avec le rôle de l’épouse notamment, tout comme la religion, les talibans et leur présence en ville… J’aurais aimé que tout cela soit bien plus développé et du coup, beaucoup plus touchant. J’ai eu l’impression d’observer toutes ces scènes d’un point de vue complètement extérieur alors que les personnages vivent ces scènes, eux. C’est un sentiment un peu étrange. Il se passe beaucoup de choses mais en même temps, pas assez concernant les personnages qui, je trouve, n’évoluent pas. L’alternance de violence dans les rues, et de la presque banalité de la vie des personnages donne un rythme inégal au roman et je n’ai pas réussi à rentrer dedans.

Yasmina Khadra a une très jolie écriture, qui est très poétique, mais j’ai trouvé que cela ne collait pas avec le contexte du roman et j’ai eu du mal à être transportée dans cet univers à cause de ce décalage.
Un roman qui vaut malgré tout, le coup d’être lu pour les sujets qu’il traite, mais j’aurais souhaité qu’il les aborde d’une manière un peu différente. Je ne pense pas tenter d’autres livres de Yasmina Khadra, malheureusement.