Chroniques Livres

Grace and Fury #1 de Tracy Banghart

Chez Hachette Romans, Septembre 2018, 360 pages.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
« Il était interdit aux femmes de lire. Il était interdit aux femmes de faire quoi que ce soit, vraiment. »
Toute sa vie, Serina a été formée pour devenir Grâce : une femme choisie pour son élégance, sa beauté, et pour se tenir aux côtés du roi. Cette année, c’est le prince héritier, Malachi, qui va choisir sa compagne. Serina se rend donc dans la capitale de Viridia accompagnée par sa sœur, Nomi, qui deviendra sa servante. La première y voit l’opportunité de sauver sa famille de la pauvreté ; la seconde n’y reconnaît qu’un exemple de plus de l’oppression des femmes. Contre toute attente, c’est Nomi qui est choisie pour devenir Grâce. Mais elle cache aussi un lourd secret : elle sait lire, une activité interdite aux femmes de ce pays. Lorsque les deux sœurs sont surprises en possession d’un ouvrage que Nomi a volé dans la bibliothèque royale, Serina se dénonce aussitôt comme coupable. Elle est alors envoyée sur le mont aux Ruines : une île devenue prison pour femmes.
Si elle veut survivre, Serina devra s’endurcir. De son côté, Nomi la rebelle devra faire semblant de se soumettre aux règles du palais afin de gagner l’influence nécessaire pour délivrer sa sœur. C’est un livre, caché dans les affaires de Nomi, qui lui fait entrevoir la vérité. Et si Viridia avait autrefois été dirigée par des femmes ? Si la personne qui lui avait laissé le livre était un allié ?

Mon avis :
Je remercie les éditions Hachette et NetGalley de m’avoir permis de découvrir ce roman.

Grace and Fury est un premier tome totalement addictif que j’ai eu beaucoup de mal à lâcher avant de l’avoir terminé. Tracy Banghart parvient à nous embarquer tout de suite dans le vif du sujet sans nous perdre en cours de route et c’est très appréciable. Si le début m’a largement fait penser à la saga La Sélection de Kiera Cass (publié chez Robert Laffont dans la Collection R) et à d’autres séries de YA un peu historiques du même genre comme on a pu en voir beaucoup, passé les premiers chapitres nous rentrons dans un univers vraiment original que j’ai absolument adoré.

Nous découvrons l’histoire de Serina et Nomi, deux sœurs qui n’ont pas grand chose en commun à part l’affection qu’elles ont l’une pour l’autre. Alors que la première a toujours été formée pour devenir une Grâce, la future compagne de l’Héritier du royaume, Nomi a quant à elle été formée pour devenir sa suivante. Elles n’ont donc pas du tout les mêmes intérêts et encore moins le même tempérament. Mais contre toute attente, c’est Nomi qui se fait remarquer de Malachi, l’Héritier, et qui va être choisie à la place de sa soeur pour devenir une Grâce. Serina quant à elle, va être prise de cours face à cette annonce et va devoir devenir une suivante le plus rapidement possible et soutenir sa soeur dans cette nouvelle étape de sa vie. C’est en tentant de lui changer les idées qu’elle va être arrêter, surprise en possession d’un livre alors que c’était Nomi la vraie coupable, ce qui est strictement interdit pour une femme. Serina va alors être envoyée au Mont Destruction, ou une toute autre destinée l’attend : se battre littéralement pour sa survie.

J’ai absolument adoré l’évolution des deux personnages principaux et la relation qu’elles entretiennent au début du roman. Quand Nomi est choisie à la place de Serina, je m’attendais à ce que cette dernière veuille se venger à tout prix, et elle choisit plutôt de soutenir sa sœur malgré sa peine. J’ai trouvé le choix de Tracy Banghart très original, parce que les familles qui se déchirent en romans YA on en a déjà vu beaucoup ! Les deux sœurs évoluent énormément au cours de ce roman, qui n’est pourtant qu’un premier tome. Chacune de leur côté, elles vont faire face à des épreuves et un monde brutal qu’elles n’avaient jamais pu imaginer puisqu’elles se retrouvent à suivre un chemin qui n’était pas celui tracé pour elle à la base. Nomi va devoir apprendre à devenir discrète, à séduire l’Héritier et son entourage pour savoir ce qu’est devenue sa sœur et tenter de la secourir, et Serina va devoir apprendre à se battre pour sa survie. Chacune va devoir se méfier de son entourage, car ni au palais ni au Mont Destruction on ne sait vraiment à qui se fier.

Un premier tome totalement addictif, dans lequel on rentre immédiatement grâce aux chapitres aux points de vue alternés entre les deux sœurs, impossible de s’ennuyer. Je tiens également à souligner l’aspect féministe de ce roman, tous les éléments qui sont interdits aux femmes et qui sont petit à petit expliqués au fil du récit, et ces héroïnes terriblement fortes qui vont tenter de faire revenir les choses dans le droit chemin… cela ne peut que nous parler dans notre société actuelle. J’ai terriblement hâte de découvrir la suite, car la dernière partie de ce premier tome était haletante au possible ! Je vous conseille vraiment de découvrir ces deux héroïnes et l’univers de Tracy Banghart !

Chroniques Livres

Les intrus de Lauren Oliver

Chez Hachette, octobre 2015.
19€00, 384 pages.
Egalement disponible chez Le Livre de Poche.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
À la mort de Richard Walker, un vieil homme solitaire, acariâtre et très riche, son ex-femme, ses deux enfants et sa petite-fille retournent dans la maison familiale pour la succession. Mais la bâtisse est hantée. Hantée par des souvenirs d’enfance qui ressurgissent à mesure que les nouveaux arrivants se réapproprient les lieux. Hantée également par de vrais fantômes qui observent et commentent les agissements de chacun, en espérant qu’un jour, enfin, ils pourront quitter les lieux à tout jamais. La très guindée Alice et la cynique Sandra, toutes deux mortes depuis longtemps, sont peu disposées à laisser la place aux nouveaux occupants. Les deux fantômes jouent des coudes pour rester maîtresses de leur propriété au travers de laquelle elles communiquent : escalier qui grince, radiateur qui siffle et ampoules qui grésillent remplacent les mots pour communiquer avec les nouveaux locataires. Mais bientôt, les vivants comme les morts seront confrontés à leur passé et à des vérités douloureuses…

Mon avis :
Je me suis lancée dans cette lecture sans avoir entendu un seul avis sur ce roman, mais en connaissant le style de Lauren Oliver pour avoir lu les deux premiers tomes de sa saga jeunesse Delirium, j’avais adoré le premier tome, mais été très déçue par le second que j’avais lu plusieurs années après… J’ai d’ailleurs pris la décision de ne pas lire le troisième tome et d’arrêter l’aventure là.

Je ne connaissais donc pas son écriture pour adulte, et je suis vraiment ravie de ma découverte avec Les Intrus, tant pour son originalité que pour l’aventure que j’ai vécu auprès de ses personnages.

Les Intrus, c’est un roman très original qui nous raconte l’histoire d’une famille, mais surtout d’un lieu. La maison des Walker est hantée par deux femmes, Sandra et Alice. Et quand Richard Walker décède, sa femme, son fils, sa fille et sa petite-fille débarquent pour emballer ses affaires et décider de ce qu’il va advenir de cette maison. D’autant plus que sur le testament, Richard Walker a légué une énorme somme d’argent à une femme, beaucoup plus qu’à ses propres enfants. Mais voilà, la maison est remplie d’histoires et de souvenirs, qu’ils appartiennent à Sandra et Alice, ou à la famille Walker. Nous retraçons donc la vie de chacun de ces personnages à tour de rôle, et le roman est divisé en plusieurs parties : la cuisine, le salon, la cave… Tout le roman tourne autour de cette maison et ce qui s’y est passé, chaque personnage affronte ses propres démons en revenant vivre dans cette maison.

L’univers du roman est très riche, les fantômes ne sont pas là juste pour ajouter un aspect fantastique à la lecture, ils ont une histoire à raconter, ils prennent place dans la vie de la famille mais ont également leurs propres sentiments, leurs propres sensations qui sont bien différentes de ce que l’on peut retrouver avec les fantômes habituels des romans.

J’ai énormément apprécié ce roman, et malgré quelques longueurs et certaines scènes parfois un peu clichés, j’ai adoré découvrir le passé des personnages et celui des deux femmes qui hantent cette maison. Comment ont-elle atterri dans cette maison ? Pourquoi sont-elles coincées ici ? Toutes les questions que l’on se pose au cours de notre lecture trouvent des réponses, ce qui est d’autant plus appréciable.

Je suis donc ravie de repartir sur une bonne note avec Lauren Oliver et je lirai avec plaisir ses prochains romans pour adultes.

Chroniques Livres

Captive: Les nuits de Shéhérazade de Renee Ahdieh

Chez Hachette romans, septembre 2015.
448 pages, 18€00.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Même consciente du terrible sort qui l’attend, Shéhérazade se porte volontaire pour épouser le jeune calife Khalid Ibn al-Rashid. Même si elle sait qu’elle est promise à la mort au lendemain de ses noces, elle est prête à tout pour venger son amie Shiva, l’une de ses récentes épousées. Pour cela, elle doit d’abord gagner du temps, en narrant des contes à rallonge au calife. Chaque jour est une menace de mort et la jeune fille échappe plusieurs fois à l’exécution. À l’extérieur, les proches de Shéhérazade préparent le sauvetage de la jeune fille. Shéhérazade n’oublie pas qu’elle doit mettre au point une stratégie pour tuer celui qui est désormais son époux. Mais c’est sans compter l’amour qu’elle se met peu à peu à éprouver pour Khalid…

Mon avis :
Captive est une réécriture du conte des Milles et une nuits, que je n’ai pas lu mais dont j’ai entendu parler, comme tout le monde. Ici, Shéhérazade se porte volontaire pour épouser le calife, qui tue chacune de ses épouses au lendemain de leurs nuits de noces. Elle veut venger sa meilleure amie qui fait partie des victimes. Shéhérazade est déterminée, elle veut passer cette fameuse nuit et le lendemain matin, et survivre pour pouvoir approcher suffisamment le calife pour être assez proche de lui pour le tuer. Mais voilà, tout ne va pas se passer comme elle l’a prévu.

Globalement, j’ai trouvé que c’était un très bon roman. Déjà, on se trouve dans un univers oriental riche en couleurs et plein de descriptions qui m’a transporté et que j’ai adoré. Cela fait vraiment du bien de changer d’univers et de sortir un peu des sentiers battus, d’utiliser d’autres coutumes, d’autres cultures. Les romans YA commencent un peu à tous se ressembler, et Captive fait dans l’originalité, même s’il s’agit d’une réécriture à la base.

Passé la bonne surprise de l’originalité, je dois dire que l’histoire n’a pas été une si grande révélation. J’ai passé un très bon moment, alors pourquoi seulement trois étoiles ? Tout est cousu de fil blanc et j’ai vu venir les révélations de très très trèsloin. J’ai deviné tout ce qu’il s’est passé bien avant que cela n’arrive dans le roman. J’ai compris que Shéhérazade allait se rapprocher du calife, que son amour de jeunesse (que j’ai largement préféré au calife) allait débarquer au palais pour la libérer mais qu’elle n’allait pas vouloir s’enfuir avec lui, qu’il en serait blessé, j’avais aussi grosso-modo deviné la raison des meurtres des femmes au matin… Certes, c’est du YA donc c’est toujours un peu prévisible, mais j’aime toujours être surprise lors de mes lectures.

Cela n’empêche que j’ai passé un très bon moment, mais je suis loin du gros coup de cœur qu’on eu certaines de mes connaissances. Je recommande tout de même ce roman pour son côté dépaysant et original, pour l’héroïne qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et pour l’écriture de Renee Ahdieh qui nous fait défiler les pages à une vitesse folle et nous entraîne en Orient avec un talent fou.

Chroniques Livres

Delirium #2, Pandemonium de Lauren Oliver

Chez Hachette Blackmoon, février 2012.
456 pages, 16.00€.
Amazon / Goodreads / Livraddict
Ma note : ★★☆☆☆

Quatrième de couverture :
Lena a découvert avec Alex ce sentiment interdit qu’est l’amour. Ensemble ils se sont enfuis, déterminés à gagner la Nature pour vivre leur passion. Mais seule Lena est parvenue à franchir la frontière. Sans savoir si Alex est encore vivant. Aujourd’;hui Lena a rejoint la résistance. Elle se voit confier une mission qui pourrait bien lui coûter la vie. Mais une nouvelle rencontre vient remettre en question tous ses principes. Se battre pour avoir le droit d’aimer : cela a-t-il vraiment un sens ? Imaginez qu’on vous prive de tout sentiment. Que la liberté ne soit plus qu’un vieux souvenir dénué de sens. Jusqu’où iriez-vous pour garder le droit d’aimer ? Plongez dans l’inoubliable trilogie DELIRIUM.

Mon avis :
Quelle lecture laborieuse. Je me souviens avoir adoré le premier tome, que j’ai lu il y a au moins deux ou trois ans, j’avais trouvé l’histoire originale bien que l’héroïne soit naïve et m’ait tapé sur les nerfs. J’avais adoré le personnage d’Alex et surtout, la fin était vraiment affreuse et je m’en souvenais parfaitement.

Ce second tome m’a vraiment déçue. Je n’ai pas su retrouver les éléments qui m’avaient plu lors de la lecture du premier tome. Par contre, j’ai retrouvé Lena et elle m’a autant énervée que lorsque je l’ai découverte. Pas de chance pour moi… Après que Lena ait enfin passé la frontière et qu’elle se retrouve maintenant dans la nature, la vraie, seule puisqu’Alex est resté derrière, elle doit apprendre à découvrir ce nouveau monde dont elle ignore tout. Elle découvre alors qu’elle n’est pas seule à vivre dans les bois, d’autres personnes vivent également dans le monde sauvage : la résistance. Lena apprend alors à découvrir les choses qui devraient lui être naturelles, mais qui ne lui sont pas parce qu’elle a grandi en repoussant ses émotions. On tourne encore autour du thème de l’amour, est-ce bien ou mal ? Les émotions sont-elles une bonne chose ?

Mais globalement, j’ai trouvé qu’il ne se passait vraiment rien de concret dans ce second tome, il ne sert qu’à intégrer Lena dans la résistance et lui faire ressentir de nouvelles choses, d’un point de vue de l’intrigue, c’est vraiment mou et je me suis ennuyée tout le long.

Je vais me forcer à lire le troisième tome, qui pour le coup ne me fait vraiment pas envie après la lecture de celui-ci, mais j’espère terminer cette trilogie sur une bonne note et non pas sur une déception, d’autant plus que je garde un bon souvenir du premier tome. J’ignore si c’est parce que j’ai grandi depuis (du moins, j’espère avoir grandi et mûri mentalement), parce que mes goûts ont évolué ou parce que j’ai lu beaucoup de dystopies depuis et celle-ci se retrouve donc en bas du classement par comparaison… Je pense que c’est un tout, mais aussi parce que ce second tome est largement en dessous du premier. Je recommande tout de même la lecture de cette trilogie, avant même de l’avoir terminée parce qu’elle a quand même marqué l’histoire de la dystopie young adult et représente très bien le genre.