Chroniques Livres

La femme qui tuait les hommes de Eve de Castro

Chez Robert Laffont, janvier 2018, 288 pages.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Paris, 2017. Saint-Pétersbourg, 1909. Une rencontre sur un quai de métro. Un hallucinant fait divers. Un voyage entre deux mondes où se noue le destin d’une couturière octogénaire, d’un écrivain coureur de jupons, du jeune Lénine et d’une terrible justicière. Une comtesse savoyarde y côtoie un poseur de rails et un cirque ambulant. De la Russie pré-révolutionnaire au Paris littéraire, mêlant humour, tendresse et gravité, Eve de Castro nous embarque, nous bouscule, nous envoûte.

Mon avis :
Ce livre m’a été envoyé par Filipa et les éditions Robert Laffont, je tiens à les remercier de m’avoir permis cette lecture. La femme qui tuait les hommes m’intriguait énormément à cause de son titre. Je n’ai jamais rien lu d’Eve de Castro, ça a donc été une totale découverte. Une lecture qui a finalement été en demi-teinte mais qui ne m’empêchera pas de découvrir ses autres ouvrages parce que j’ai quand même passé de bons moments.

Ce roman se déroule sur deux chronologies, mais les histoires finissent bien évidemment par se croiser et les personnages sont liés d’une façon ou d’une autre, nous nous en doutons dès le début de la lecture. À travers les personnages de Jeanne et de Léna, nous découvrons deux quotidiens très différents, mais pourtant pas si éloignés. Elles sont femmes, elles sont solitaires, elle sont brisées. Jeanne, couturière retraitée, a été manipulée toute la vie par les hommes. Léna, quant à elle, venge les autres femmes et les enfants en assassinant les hommes violents. Nous allons donc être embarqués sur les pas de cette fameuse Léna, une jeune femme russe amoureuse du futur Lénine, condamnée à mort en 1909 pour avoir tué près de 300 hommes. C’est cette histoire de meurtre qui nous est vendue dans le résumé et par le titre du roman, mais cet élément n’arrive qu’assez tard dans le roman et cela m’a pas mal déçue. Je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus mouvementé, de plus rapide et j’ai finalement dû attendre une mise en place avant d’attaquer le vif du sujet, ce que j’ai trouvé long pour un roman « si » court.

Si j’ai bien apprécié la première partie avec la présentation des personnages et l’alternance des deux époques et des deux points de vue, je me suis parfois perdue dans la chronologie des événements. Nous nous perdons entre Jeanne, son passé, ainsi que Léna et son histoire. Je pense que je n’ai sans doute pas lu ce roman au bon moment : même s’il est court, il se passe beaucoup de chose et je l’ai trouvé assez dense. J’avais beaucoup de choses en tête et je pense vraiment que je l’aurais beaucoup plus apprécié si je l’avais lu à un moment moins compliqué pour moi.

J’ai trouvé certains passages absolument magnifiques et j’ai même relevé certains dialogue que j’ai trouvé sublimes. L’écriture d’Eve de Castro m’a charmée et je réitérerai l’expérience avec grand plaisir.

Chroniques Livres

Collaboration horizontale de Navie et Carole Maurel

Chez Delcourt / Mirages, janvier 2017, 144 pages.
Ma note : ★★★★★
Coup de cœur ! ♥
Quatrième de couverture :
1942, Paris, Passage de la Bonne Graine. Rose, pour sauver son amie juive, Sarah, décide d’intervenir auprès de l’officier chargé de l’enquête, Mark. Rose est mariée à un prisonnier de guerre, avec qui elle a un enfant. Pourtant elle va se lancer dans une passion avec cet Allemand qui va lui révéler la femme qu’elle est. « Collaboration Horizontale », c’est l’histoire d’un amour interdit, d’une communauté de femmes solidaires, du quotidien d’un immeuble sous l’occupation… Entre héroïsme et trahison, il n’y a qu’un pas, souvent dangereux.
Mon avis :
Collaboration Horizontale a été une vraie claque, un formidable coup de cœur. Une bande dessinée qui nous présente la France sous l’occupation allemande, en 1942, et plus précisément les habitants d’un immeuble en particulier. Nous découvrons donc Andrée, la gardienne et Camille, son époux aveugle. Mais aussi Rose, infirmière dont l’époux et parti au front. Sarah, une femme juive qui se cache dans l’immeuble avec son fils Anaël, atteint de la polio. Joséphine, une danseuse de cabaret profondément mélancolique. Henriette, une femme âgée qui prétend être sénile mais qui a en réalité les idées bien en place… Tous ces personnages vont nous partager une tranche de leur vie, leurs réactions face aux allemands et la situation politique de la France : quand certains choisissent de s’arranger avec les nazis, d’autres aimeraient s’engager dans la Résistance.
Cette bande-dessinée, c’est aussi la rencontre de Rose avec Mark, officier allemand, et le début d’une passion dévorante. Une relation totalement interdite, qu’ils cachent parce qu’ils savent bien qu’elle n’attirerait que des ennuis. Mais le comportement de Rose change, ses amies s’inquiètent, la critiquent… Les personnages évoluent doucement, nous sommes témoin de l’amour de Rose et Mark, nous aimerions tant pouvoir les aider.
Une histoire magnifique mais terriblement triste, la fin m’a brisé le cœur. Je vous recommande vivement cette bande-dessinée, à tous.
En dehors de l’histoire, les illustrations sont absolument magnifiques et nous offrent quelques planches que j’ai absolument adoré et parfois pris quelques minutes pour les observer en détails, faisant une pause dans ma lecture pour les admirer. C’est un véritable travail graphique original, avec un joli traitement des couleurs qui colle parfaitement avec le sujet historique. Voici trois photos pour vous donner un exemple de ce qui vous attend si vous vous laissez tenter, ce que je souhaite réellement :
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La salle de bal de Anna Hope

Chez Gallimard, août 2017, 400 pages.
Ma note : ★★★★★
Coup de cœur ! ♥

Quatrième de couverture :
Lors de l’hiver 1911, l’asile d’aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l’enfance. Si elle espère d’abord être rapidement libérée, elle finit par s’habituer à la routine de l’institution. Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l’intérieur. Ils sont néanmoins réunis chaque vendredi dans une somptueuse salle de bal. Ella y retrouvera John, un « mélancolique irlandais ». Tous deux danseront, toujours plus fébriles et plus épris.
À la tête de l’orchestre, le docteur Fuller observe ses patients valser. Séduit par l’eugénisme et par le projet de loi sur le Contrôle des faibles d’esprit, Fuller a de grands projets pour guérir les malades. Projets qui pourraient avoir des conséquences désastreuses pour Ella et John.

Mon avis :
La salle de bal est mon gros coup de cœur de cette rentrée littéraire. On y découvre un roman historique au contexte politique compliqué, une écriture tendre et fluide, des personnages attachants et terriblement émouvants, et une histoire incroyablement belle. Anna Hope nous embarque au début du 20ème siècle, dans un hôpital psychiatrique. Ne vous arrêtez pas à ce seul élément, La salle de bal est bien plus qu’un simple roman qui parle de gens atteint de folie.

Le récit est divisé en trois points de vue : nous avons Ella, une jeune femme qui travaille depuis qu’elle a 8 ans dans une filature, dans des conditions horribles, battue par ses contremaîtres, mais qui ne rechigne jamais devant une nouvelle tâche. Après tout, il faut bien travailler pour gagner son pain et c’est son unique raison de vivre. Mais un jour, elle explose et ne contrôle plus sa colère, elle brise une vitre. Elle est ensuite envoyée à Sharston, sans vraiment comprendre pourquoi. On la traite de folle. On ne lui explique rien, ne lui donne aucune raison. Elle va devoir apprendre les règles de vie de l’établissement le plus rapidement possible si elle veut pouvoir survivre. Elle tentera bien de s’échapper, mais les conséquences n’en seront que plus douloureuses…
Nous avons également John, un homme d’origine irlandaise qui, après avoir perdu femme et enfant, tombe dans une profonde mélancolie. En tant qu’homme, il a quelques privilèges qu’Ella n’a pas : il peut sortir pour effectuer des travaux en extérieur. Mais cela s’arrête pas, la vie à Sharston n’a rien de très folichon. Il s’enferme dans un certain mutisme, il n’a plus aucune raison de se battre ni plus aucune raison de vivre. Il a tout perdu.

La rencontre de ces deux personnages sera rendu possible par Charles, notre troisième point de vue. Il est médecin à Sharston, mais est persuadé que les malades mentaux pourraient transmettre les gênes de ces maladies, il faut donc les euthanasier. Charles, fanatique, va se battre pour éradiquer ces caractères jugés handicapants, dans le but de favoriser les caractères jugés bénéfiques chez ses patients. Pour cela, il va également avoir recours à la musicothérapie, qui occupe une place primordiale dans ce roman. À l’aide d’un bal, organisé à sa demande, les femmes et les hommes seront invités à partager une soirée par semaine, où ils pourront se rencontrer, se mélanger, échanger. C’est là que Ella et John feront réellement connaissance et que leurs sentiments commenceront à naître.

Anna Hope nous livre un roman absolument incroyable, émouvant, touchant, doux (malgré le contexte et les thèmes abordés), et cela est rendu possible grâce aux personnalités des deux personnages principaux. Je pense qu’il faut se plonger dans cette lecture sans connaître le déroulement complet de l’histoire, nous en apprenons énormément sur les personnages principaux, mais les personnages secondaires ont également une importance certaine dans le récit. Ella et John évoluent sous nos yeux, leur relation est impossible et pourtant si désirée et si nécessaire à leur survie. On découvre les conditions de vie déplorables dans les hôpitaux psychiatriques au début du 20ème siècle, les mauvais traitements infligés aux malades, comment était considérée la folie à cette époque… La salle de bal à le mérite de nous faire vivre un très bon (et magnifique) moment de lecture, mais nous invite également à réfléchir, en utilisant le prétexte d’une rencontre bouleversante entre deux personnages.
Je ne peux que vous encourager à vous plonger dans cette lecture. Pour ma part, j’espère pouvoir lire bientôt Le chagrin des vivants, son autre roman, paru récemment en format poche chez Folio.

Chroniques Livres

Les derniers jours de Stefan Zweig de Laurent Seksik

Chez J’ai lu, février 2011, 192 pages.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Le 22 février 1942, en exil au Brésil, Stefan Zweig et sa femme Lotte mettent fin à leurs jours, dans un geste désespéré, mûri au coeur de la tourmente. Des fastes de Vienne à l’appel des ténèbres, ce roman restitue les six derniers mois du grand humaniste devenu paria et de son épouse. Deux êtres emportés par l’épouvante de la guerre : Lotte, éprise jusqu’au sacrifice ultime, et Stefan Zweig, inconsolable témoin du  » monde d’hier « .

Mon avis :
Obtenu lors d’une offre J’ai Lu, Les derniers jours de Stefan Zweig était l’occasion rêvée d’en apprendre plus sur cet écrivain incroyable. J’ai lu certaines de ses oeuvres et d’autres attendent encore dans ma PAL, mais avec le club de lecture de la librairie où je travaille ayant pour thème les biographies, j’ai trouvé que ce roman s’y inscrivait assez bien et que c’était une bonne occasion pour le lire. Il s’agit d’une biographie romancée et je l’ai attaquée en ayant à l’esprit que j’aurais peut-être à me renseigner sur certains événements pour vérifier leur véracité ou leur chronologie.

J’ai été très vite rassurée en découvrant l’écriture de Laurent Seksik. Même s’il s’agit d’un roman très court, les événements s’enchaînent et la plume est très agréable. On ressent très vite que de nombreuses recherches ont été effectuées pour l’écriture de cet ouvrage et cela donne encore plus envie de s’y plonger à corps perdu, mais également de découvrir les œuvres de Stefan Zweig et le reste de sa vie. Parce qu’en effet, ce roman ne parle que de la fin de sa vie, à partir de son installation au Brésil avec sa seconde épouse, Lotte. Si quelques flash-backs nous parlent de sa vie à Vienne, à Londres et à New-York, la majorité du roman se déroule à Pétropolis, où le couple a décidé de s’installer pour fuir la guerre et pour soigner l’asthme sévère de Lotte qui ne peut habiter dans une grande ville. L’altitude a un effet bénéfique sur sa respiration et elle se sent rapidement mieux. Pétropolis et la joie de vivre des brésiliens ont également rapidement un effet bénéfique sur Stefan Zweig qui se remet à écrire et à se consacrer à ses travaux. Malgré la guerre qui fait toujours rage, il garde espoir.
Jusqu’à la chute de Singapour, principale base britannique en Extrême-Orient, qui marquera le coup de grâce pour l’écrivain qui décidera de mettre fin à ses jours en s’empoisonnant. Sa femme, Lotte, décidera de l’accompagner, incapable de survivre sans lui.

Cette biographie romancée nous plonge dans les derniers mois de la vie de l’écrivain, mais également de son épouse Lotte. Nous découvrons la partie la plus intime de leurs vies, de leur couple, sans jamais tomber dans le sentimentalisme, ce que j’ai beaucoup apprécié. Laurent Seksik nous offre un livre incroyablement juste et touchant, bourré de détails et de références historiques. Je ne manquerai pas de lire ses autres romans si j’en ai l’occasion, c’était une très belle découverte.

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Outlander #4, Les tambours de l’automne de Diana Gabaldon

Chez J’ai lu, mars 2015, 1140 pages.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Pour fuir l’oppression anglaise, Claire et Jamie embarquent pour le Nouveau Monde, où ils espèrent enfin trouver la paix. Toutefois, lorsqu’ils échouent sur les rivages de Caroline du Nord en 1767, l’Amérique est à l’aube de son Indépendance : tandis que la révolution se prépare, les deux amants vont une fois de plus être emportés par le tourbillon de l’Histoire. Restée en sécurité dans le XXe siècle, leur fille Brianna cherche à percer le secret de sa naissance. Quand elle découvre qu’un sort tragique guette ses parents, elle met tout en ‘oeuvre pour les rejoindre dans le passé… avant que les portes du temps ne se referment sur eux.

Mon avis :
Je pense que mon amour pour Outlander n’est plus un secret pour personne, qu’il s’agisse de la série ou des romans. Pendant mes vacances, j’ai eu du mal à lire, j’avais l’impression de travailler, de ne pas apprécier pleinement mes lectures. Alors j’ai décidé de me plonger dans le quatrième tome de la saga, qui patientait gentiment dans ma PAL depuis sa sortie dans sa nouvelle édition chez J’ai lu. Avec la diffusion prochaine de la troisième saison, l’envie de me replonger dans les livres se faisait de plus en plus pressante.

Et quel magnifique tome, quelle aventure ! Nous retrouvons nos personnages principaux favoris, Claire, Jamie, mais également Roger et Brianna que nous avons appris à découvrir dans le troisième tome et que nous découvrons un peu plus encore ici. Il se passe énormément de choses dans ce quatrième tome : 1140 pages c’est beaucoup, et c’est tant mieux 😛 ! Ce nombre impressionnant de pages pourrait faire peur à plus d’un lecteur, mais l’écriture de Diana Gabaldon est incroyablement fluide et légère et les pages défilent à une vitesse folle. De plus, les chapitres sont tous assez courts et le roman est divisé en plusieurs grandes parties qui permettent de structurer le récit et qui nous aident à avancer dans la lecture. Ce quatrième tome se lit finalement rapidement et si le nombre de pages me faisait d’abord assez peur et l’avait forcé à rester dans ma PAL depuis sa sortie, une fois plongée dedans, j’ai eu du mal à m’arrêter. Le récit s’étale sur plusieurs années, énormément de choses s’y déroulent et nos personnages évoluent énormément, comme dans les trois précédents. C’est ce qui fait que Outlander est une si bonne saga.

On a droit ainsi au voyage de Jamie, Claire, Petit Ian et Fergus vers les colonies afin d’y découvrir quelle sera leurs terres, mais également la rencontre avec la tante Jocasta qui a une importance assez conséquente dans le récit avec la découverte du domaine de River Run, nous retrouvons Brianna et Roger, toujours au 20ème siècle. D’autres personnages ont également leur importance dans ce tome, c’est le cas surtout des tribus indiennes. Alors que Claire redécouvre la joie de voyager et de vivre avec Jamie, Brianna ne cesse de se questionner sur ses origines et sur la relation qu’elle entretenait avec son père adoptif, mais également celle qu’elle entame avec Roger. Pour elle, le couple que formaient Frank et sa mère représentait le véritable amour, mais avoir appris l’existence de Jamie a tout remis en question : elle a peur de s’engager dans une relation avec Roger s’il ne s’avère pas être le « bon ». Les deux couples évoluent en parallèle, font face à leurs propres challenges, doutes, épreuves, rencontres…

Ce quatrième tome, qui est découpé en plusieurs parties, a pour moi deux grosses parties : une première concernant Jamie, Claire et toute leur installation, Brianna et Roger et leur vie au 20ème siècle, et une deuxième (attention au spoiler, passez au paragraphe suivant si vous voulez garder la surprise 😉 ) une fois que Brianna et Roger ont réussi à rejoindre le 18ème siècle pour tenter de les retrouver. Si j’ai tout de suite été plongée dans ma lecture dès les premières pages, j’ai particulièrement adoré cette seconde moitié du roman, permettant enfin une rencontre entre Jamie et sa fille. Les deux personnages ont chacun un tempérament bien trempé et on ne peut nier les ressemblances entre leurs caractères. Les retrouvailles entre Claire et Brianna ont également été très touchantes, les quelques scènes qu’elles partagent seules m’ont beaucoup émue et l’on ressent tout l’amour qu’elles ont l’une pour l’autre.

J’ai trouvé que ce tome explorait énormément la psychologie des personnages, Diana Gabaldon nous offre de merveilleuses scènes à plusieurs reprises et nous permet de nous identifier encore un peu plus à Claire, Jamie, et maintenant Brianna et Roger. Outlander n’est pas (ou plus) seulement une romance à ce stade, nous avons droit à toute une palette d’émotions et nos héros traversent tous des épreuves. Les personnages secondaires ne sont pas en reste puisque Petit Ian, Fergus mais également Ian, Jenny, Marsali et de nombreux autres ont également un rôle à jouer dans l’intrigue principale et les intrigues secondaires. Diana Gabaldon a cette force incroyable dans son écriture de nous transporter en quelques phrase, à travers les émotions de ses personnages mais également à travers des paysages fabuleux.

Ce quatrième tome m’a fait voyager au sens propre du terme, mais il m’a également fait voyager à travers le temps, à travers les saisons, il m’a aussi fait traverser de nombreuses émotions. Outlander se confirme comme l’une de mes sagas préférées et ses personnages tiendront une place particulière dans mon cœur pendant un long moment…

Chroniques Livres

Belle d’amour de Franz-Olivier Giesbert

Chez Gallimard, février 2017, 464 pages.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Experte en amour, pâtisseries et chansons de troubadour, Tiphanie dite Belle d’amour a été l’une des suivantes de Saint Louis et a participé, en première ligne, aux deux dernières croisades en Orient. Mais sa vie, qui aurait pu être un conte de fées, tourne souvent au cauchemar. Jetée très jeune sur les chemins du royaume après la condamnation à mort de ses parents, elle est réduite en esclavage à Paris d’où elle s’échappe pour répondre à l’appel des croisés, s’embarquer vers la Terre sainte et entamer un voyage d’initiation. Grâce à ses talents de guérisseuse, elle gagnera la confiance du roi avant d’apprendre auprès de lui l’Islam, la guerre et beaucoup d’autres choses. Épopée truculente et pleine de rebondissements, Belle d’amour raconte un destin de femme mais aussi le Moyen Age au temps des croisades. Une époque qui rappelle beaucoup la nôtre : politique et religion s’y entremêlent pendant que l’Orient et l’Occident se font la guerre au nom de Dieu.

Mon avis :
Belle d’amour fait partie de ses lectures totalement imprévues. Il se tenait sur l’étagère des nouveautés à la librairie et j’ai décidé de me laisser tenter après avoir rapidement parcouru la quatrième de couverture.

J’ai tout de suite été transportée par la vie de Tiphanie, cette femme peu ordinaire à qui il arrive tout un tas d’aventures, de Paris aux croisades, en passant par la Syrie et la Terre sainte, elle nous emmène avec nous au cours de son voyage qui se fait également spirituel. Le caractère du personnage a su me toucher, elle avance malgré toutes les mauvaises choses qui tombent sur son chemin et sait se relever et tirer profit de tout ce qui lui arrive. Si les parties la concernant m’ont transportée, je dois dire que je suis restée parfois perplexe devant certains passages où l’auteur décide de marquer des pauses pour raconter sa propre expérience personnelle et comment le personnage de Tiphanie lui est apparu pour la première fois pour ne plus jamais le quitter. Certains chapitres et passages ont également pour but de mieux nous faire comprendre le contexte historique dans lequel évolue Tiphanie. Ce livre est à la fois un roman historique, une auto-biographie, un essai et un récit, le tout mélangé pour donner un résultat assez intéressant mais très dense. Il faut dire que la vie de Tiphanie n’a pas été de tout repos, jugée d’embûches et de rencontres, dans une époque marquée par les conflits religieux.

Une très jolie découverte, même si j’ai parfois été frustrée par les « coupures » dans l’avancement de la partie concernant Tiphanie directement, puisque c’est la partie dans laquelle je m’étais le plus facilement plongée. Le surplus d’informations m’a parfois fait perdre mes moyens et j’ai eu du mal à me remettre dans l’esprit de la lecture à plusieurs reprises. Je me laisserai tenter par d’autres œuvres de Franz-Olivier Giesbert avec plaisir.

Chroniques Livres

The Curse #1 de Marie Rutkoski

Chez Lumen éditions, février 2017, 464 pages.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Fille du plus célèbre général d’un empire conquérant, Kestrel n’a que deux choix devant elle : s’enrôler dans l’armée ou se marier. Mais elle n’est pas prête à se fermer ainsi tous les horizons. Un jour, au marché, elle cède à une impulsion et acquiert pour une petite fortune un esclave rebelle à qui elle espère éviter la mort. Bientôt, toute la ville ne parle plus que de son coup de folie. Kestrel vient de succomber à la « malédiction du vainqueur » : celui qui remporte une enchère achète forcément pour un prix trop élevé l’objet de sa convoitise.
Elle ignore encore qu’elle est loin, bien loin, d’avoir fini de payer son geste. Joueuse hors pair, stratège confirmée, elle a la réputation de toujours savoir quand on lui ment. Elle croit donc deviner une partie du passé tourmenté de l’esclave, Arin, et comprend qu’il n’est pas qui il paraît… Mais ce qu’elle soupçonne n’est qu’une infime partie de la vérité, une vérité qui pourrait bien lui coûter la vie, à elle et à tout son entourage.
Gagner sera-t-il pour elle la pire des malédictions ? Jeux de pouvoir, coups de bluff et pièges insidieux : dans un monde nouveau, né de l’imagination d’une auteure unanimement saluée pour son talent, deux jeunes gens que tout oppose se livrent à une partie de poker menteur qui pourrait bien décider de la destinée de tout un peuple.

Mon avis :
Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Lumen pour ce magnifique service presse qui est arrivé à la librairie, avec sa petite fiole de poison… C’était mon premier service presse en direct d’une maison d’édition sans que je l’ai demandé et je suis ravie d’avoir reçu The Curse. Je connaissais déjà la trilogie de nom, puisque lors de mes voyages à Londres j’avais acheté la trilogie chez Waterstones (vous pouvez la voir dans mes bookhauls londonien) et j’attendais juste le bon moment pour me lancer… Il semblerait que le bon moment soit arrivé 🙂

The Curse, dans ce premier tome en tout cas, raconte l’histoire de Kestrel, jeune femme de dix-sept ans à l’esprit aiguisé qui devine toujours quand on lui ment et qui du coup gagne à tous les jeux auxquelles elle participe (notamment Crocs et venins, le jeu le plus apprécié du roman). Elle est la fille d’un célèbre général et doit choisir entre s’enrôler dans l’armée ou se marier. Elle réussit à négocier avec son père pour obtenir six mois de sursis, mais à la fin de ces six mois, elle devra lui donner sa décision : le mariage ou l’armée. Il n’y en a aucun qui vaut mieux que l’autre pour Kestrel, dans les deux cas elle perdra sa liberté… Alors qu’elle se promène au marché avec son amie Jess, elle cède à une impulsion et achète un esclave, un chanteur, bien plus cher que le prix proposé pour débuter la vente. Elle a succombé à la malédiction du vainqueur, elle a acheté pour un prix trop élevé l’objet de sa convoitise, espérant sauver le jeune homme d’un sort funeste.

Elle tente alors de deviner le passé du jeune homme, Arin, et pense avoir deviné certains de ses secrets, mais comprend également qu’il n’est pas ce qu’il paraît… Il n’a rien des chanteurs vendus habituellement sur le marche aux esclaves. Ce qu’elle soupçonne est pourtant encore bien loin de la vérité, qui pourrait mener tout son peuple à sa perte…

Ce premier tome de la trilogie est un roman très prenant, Marie Rutkoski nous présente son univers inspiré de la Rome et de la Grèce antique qui nous permet de nous plonger au cœur d’Empires déchus, de peuples opprimés, de lutte de classe et cela grâce aux personnages de Kestrel et Arin, qui sont les deux gros points forts de ce roman (et de la trilogie toute entière, à mon avis). Depuis le moment où Kestrel achète Arin, les deux personnages vont se rapprocher, d’abord parce qu’elle est intriguée par lui, mais également parce que lui a une mission à accomplir… Les deux personnages se manipulent, ils sont tous les deux de fins stratèges. C’est ce que j’ai le plus apprécié dans ce roman, on est beaucoup dans le mental et l’esprit, les personnages ne font rien d’irréfléchi et sont très matures. Je ne tiens pas à en dire trop, il ne faut pas gâcher la surprise et les rebondissements. J’ai adoré ce premier tome, et je pense me plonger prochainement dans les deux tomes suivants qui sont déjà dans ma PAL.

Pour information, Marie Rutkoski sera présente au Salon du Livre de Paris du 24 au 26 mars prochain, l’occasion pour vous de découvrir cette trilogie et de rencontrer l’auteur sur le stand des éditions Lumen 😉

Chroniques Livres

La voix secrète de Michaël Mention

Chez les éditions 10-18, janvier 2017.
Amazon / Goodreads / Livraddict
Ma note : ★★★★★
Quatrième de couverture :

Durant l’hiver 1835, sous le règne de Louis-Philippe, alors que Paris est rongé par la misère et les attentats, la police enquête sur un tueur d’enfants. Tous les indices orientent Allard, chef de la Sûreté, vers le célèbre poète et assassin Pierre-François Lacenaire. Incarcéré à la Conciergerie, celui-ci passe ses journées à recevoir des visiteurs et à rédiger ses Mémoires en attendant de passer sous la guillotine. Un autre crime se produit, révélant davantage de similitudes avec ceux commis jadis par Lacenaire. Allard décide alors de le solliciter dans l’espoir de résoudre au plus vite cette enquête tortueuse. Entre le policier et l’assassin s’instaure une relation ambiguë, faite de respect et de manipulation, qui les entraînera tous deux dans les coulisses d’un Paris mystérieux et violent.

Mon avis :
Pour commencer l’année 2017, je me suis attaquée à ce court roman historique et policier, qui m’a été conseillé par mon amie Alexandra du blog Comme par enchantements. L’histoire se déroule en 1835, un tueur assassine des enfants et terrorise Paris en semant derrière lui des corps décapités et des têtes tranchées, qui ne vont pas forcément ensemble… Il y a donc plusieurs victimes à la fois. C’est Allard, chef de la Sûreté qui est engagé pour enquêter sur cette affaire. Tout indique que c’est Lacenaire, le fameux poète et assassin, qui est coupable. En effet, les victimes portent les même traces que ses victimes précédentes. Mais il est enfermé à la Conciergerie en attendant de passer sous la guillotine. Alors… Associé ou imitateur ? Allard va demander à Lacenaire de l’aider à mener l’enquête.

C’est un roman assez court, de 240 pages environ, qui se lit très vite. J’ai adoré le personnage principal de Lacenaire qui est extrêmement charismatique et très mystérieux, j’ai eu beaucoup de mal à le cerner et à savoir s’il aidait Allard pour ses propres intérêts ou parce qu’ils étaient amis… Un personnage comme je les aime ! Le suspense reste présent tout au long du roman, et même quand le coupable est démasqué, l’histoire ne se termine pas tout de suite puisque l’aventure de Lacenaire continue.

J’ai passé un excellent moment et je conseille vivement ce roman !

Chroniques Livres

Entre les notes de Bach de Jean-Pierre Grivois

Chez les éditions Héloïse d’Ormesson, juin 2016.
Ma note : ★★★☆☆
Quatrième de couverture :

Qui n’a jamais rêvé d’entrer dans l’intimité d’un prodige ? Du sublime au quotidien, Bach nous raconte son enfance en Thuringe, son entrée à la cour du duc de Weimar et son amitié avec le prince d’Anhalt-Köthen, ses deux épouses ainsi que ses vingt enfants. Entre les notes de Bach est une extraordinaire investigation musicale et romanesque aussi érudite que vivante où Jean-Pierre Grivois se glisse dans la peau du maître des pièces pour orgue, des concertos et des passions, afin de recréer le quotidien du Cantor de Leipzig et de ressusciter la musique d’une époque. On touche au mystère de l’art.

Mon avis :
Entre les notes de Bach nous raconte la vie du fameux compositeur allemand Johann Sebastian Bach depuis ses 15 ans jusqu’à sa mort. Cette biographie romancée nous plonge dans son quotidien, son combat pour la musique sacrée et son désir de servir Dieu avant tout à travers sa musique et son travail, d’innover et de se consacrer à son art jusqu’à ses derniers instants. D’adolescent à époux, père et membre le plus éminent de la famille Bach, d’étudiant à professeur, de musicien et chanteur à compositeur, nous passons par toutes les étapes de sa vie et nous rendons compte combien il était difficile de vivre de sa passion au 18ème siècle.

J’ai passé un très bon moment avec cette lecture, notamment grâce à l’écriture de Jean-Pierre Grivois qui nous fait comprendre toutes les recherches qui ont dû être nécessaires à l’écriture de ce livre. Il faut saluer ce travail qui a dû être titanesque et très long, on ressent également sa passion pour cet homme à travers l’écriture. Sous ses allures de biographie romancée, on en apprend énormément en à peine 350 pages, puisque l’on retrace pratiquement toute la vie du compositeur et organiste. Mais tous ces détails historiques, toutes ces dates et tous ces personnages aux noms parfois un peu ressemblants ont eu raison de moi pendant certaines scènes où je m’emmêlais un peu les pinceaux. Heureusement que la vie de Bach était bien remplie et qu’il n’a cessé de voyagé pour son art, puisque cela m’a empêché de m’ennuyer une seconde. Mais ce roman m’a également permis d’en apprendre plus sur le travail de la musique sacrée, des musiciens travaillant pour servir Dieu au 18ème siècle et tous les postes qui étaient nécessaires à cette époque pour remplir cette fonction, ainsi que les conditions de travail dans lesquelles ils devaient évoluer.

Un bon livre à qui je ne mets que 3 étoiles pour les quelques longueurs et le trop-plein d’informations qui m’ont parfois donné l’impression de lire une encyclopédie, mais qui a eu le mérite de m’apprendre des tas de choses sur cet homme que l’on admire encore aujourd’hui pour son travail. Une jolie lecture que je recommande si vous aimez la musique, si vous aimez Bach ou si vous êtes de nature très curieuse sur les sujets abordés, sinon je pense que cela pourrait ne pas vous passionner.

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Une vie entre deux océans de Margot L. Stedman

Chez Le Livre de Poche, octobre 2014.
Adapté au cinéma, en salles le 5 octobre 2016.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Libéré de l’horreur des tranchées où il a combattu, Tom Sherbourne, de retour en Australie, devient gardien de phare sur l’île de Janus, une île sur les Lights, sauvage et reculée. À l’abri du tumulte du monde, il coule des jours heureux avec sa femme Isabel ; un bonheur peu à peu contrarié par l’impossibilité d’avoir un enfant. Jusqu’à ce jour d’avril où un dinghy vient s’abîmer sur le rivage, abritant à son bord le cadavre d’un homme et un bébé sain et sauf. Isabel demande à Tom d’ignorer le règlement, de ne pas signaler «l’incident» et de garder avec eux l’enfant. Une décision aux conséquences dévastatrices… Un premier roman plébiscité dans le monde entier qui interroge les liens du coeur et du sang.

Mon avis :
Le livre traînait depuis un moment dans ma PAL, et avec la sortie imminente du film je savais pertinemment que je ne le lirais pas si je voyais le film avant de lire le livre (la flemme s’empare généralement de moi dans ces cas-là et je préfère lire un livre dont je ne connais pas le dénouement…). Et quelle magnifique lecture, je suis ravie de savoir qu’un film va bientôt sortir pour pouvoir continuer un peu ce voyage.

Une vie entre deux océans, c’est l’histoire de Tom et Isabel Sherbourne, l’histoire de leur couple et de leur rencontre, de leur vie sur une petite île au large de l’Australie où Tom travaille comme gardien de phare. Ils vivent seuls, au milieu de la nature, isolés de toute civilisation et mènent une petite vie tranquille. Mais malheureusement, ils ne parviennent pas à avoir un enfant et Isabel fait plusieurs fausses-couches. Jusqu’au jour où un canot s’échoue sur la plage, avec à son bord un homme mort et un bébé qui a survécu. Isabel supplie Tom de garder le bébé, de faire comme s’il était le leur, cela ne peut être qu’un signe du destin… Tom accepte donc, malgré sa culpabilité et enfreint les règles des gardiens de phares : il ne signale pas l’incident et enterre le cadavre de l’homme.

Mais voilà, tout était trop beau pour être vrai. La petite famille est heureuse, jusqu’à ce qu’ils se rendent compte que la mère de l’enfant, qui est également l’épouse de l’homme retrouvé mort, vit sur le continent et désespère de retrouver sa famille en vie. Tom est rongé par la culpabilité, Isabel refuse d’admettre la vérité : l’enfant est le leur, ils l’ont élevée.

Un roman absolument captivant qui nous montre toute une tranche de vie des personnages, à travers la solitude de l’île, la famille qui s’agrandit et la morale de Tom mise à rude épreuve. Le roman est très difficile à lâcher, j’étais dans une tension constante pendant ma lecture grâce à la fabuleuse écriture de Margot L. Stedman qui nous plonge dans cette histoire dès les premières pages et nous captive jusqu’à ce qu’on ait terminé de lire le roman. Les personnages sont très attachants, et nous forcent à nous questionner sur les liens familiaux, les liens du sang et l’amour qui nous pousse à tout, à la notion de justice, du bien et du mal.

Un merveilleux coup de cœur que j’ai hâte de découvrir au cinéma en octobre et que je recommande à tous !