Chroniques Livres

Le printemps du loup de Andrea Molesini

Chez Le Livre de Poche, janvier 2016.
264 pages, 6€90.
Ma note : ★★☆☆☆

Quatrième de couverture :
Printemps 1945. Pour fuir les Allemands, Pietro, un orphelin de dix ans rêveur et débrouillard, quitte précipitamment le couvent où il était caché, près de Venise. Avec lui, un petit groupe hétéroclite : Dario, son meilleur ami, Maurizia et sa sœur cadette Ada, deux vieilles dames juives, et Elvira, une jeune religieuse, aussi suspecte que belle, qui tient un journal et dont le récit alterne avec celui de Pietro. Traqués par les nazis, ils reçoivent l’aide d’un pêcheur et d’un frère énergique. Karl, un déserteur allemand dissimulant un lourd secret, les rejoint.
Leur folle équipée les conduira au-devant de partisans et fascistes désorientés. Une véritable épopée, où, si les hommes et les lieux sont chargés de défiance et de terreur, une lueur de bonté réussit, de temps en temps, à percer les ténèbres.

Mon avis :
Le printemps du loup est un roman qui se déroule à la fin de la seconde guerre mondiale, en Italie. C’est une période de l’histoire que j’apprécie beaucoup pour les romans, et j’avais hâte de me plonger dans cette lecture plutôt courte, de suivre les aventures de ce jeune orphelin livré à lui-même, en fuite pour sa survie. Malheureusement, la lecture s’est avérée plus compliquée que prévue…

Comme le dit la quatrième de couverture, ce roman nous présente Pietro, un jeune garçon orphelin qui est obligé de quitter le couvent où il est caché, accompagné de son ami Dario et de deux vieilles femmes et d’une bonne soeur qui tient un journal. La construction du roman est assez particulière puisqu’elle alterne les chapitres du point de vue de Pietro qui parle de sa langue d’enfant, assez familière et tel qu’il voit les choses du haut de ses 10 ans ; et des chapitres du point de vue d’Elvira, la bonne soeur qui les accompagne, qui sont en fait des pages de son journal. Cette alternance de points de vue nous permet de mieux comprendre les événements qui se déroulent au fil du roman et au cours de la fuite des personnages, mais elle est assez perturbante. Du moins, ça l’a été pour moi. Le style d’écriture des deux points de vue est complètement différente puisque les personnages ne s’expriment pas de la même façon, la structure en elle-même est également différent puisqu’on passe de narration à journal intime sans cesse, et je pense que c’est la principale raison qui m’a fait perdre le fil du récit. Les personnages sont poursuivis par une troupe de nazis tout au long du livre, ils vont devoir fuir pour leur survie et gagner un camp de réfugiés où se cacher. Ils sont rejoint pas de nouveaux personnages, certains perdent la vie en se battant pour que les autres puissent se sauver. Il y a également toute une dimension psychologique avec le personnage de Pietro et l’image d’un loup, qu’il est assez difficile d’expliquer, l’image se construit au fil du roman et accompagne le jeune homme pour le rendre plus fort, le rendre plus confiant.

C’est un beau roman, dont l’histoire avait tout pour plaire. Mais le style que l’auteur a voulu donner au roman ne m’a pas plu et j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher aux personnages. Quand je rentrais enfin dans la tête de Pietro et que je commençais à m’attacher à lui, le récit passait à Elvira… et ainsi de suite jusqu’à la fin du roman. L’histoire en elle-même est très prenante puisqu’il ne se passe pas un chapitre où les personnages ne sont pas poursuivis, ils doivent sans cesse continuer, mentir, se cacher… Un bon roman, dont le style m’a laissée perplexe.

Chroniques Livres

Le Sang des Dieux et des Rois de Eleanor Herman

Chez Robert Laffont dans la Collection R, avril 2016.
17€90, 560 pages.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
A 16 ans, Alexandre, héritier du trône de Macédoine, est en passe de découvrir son destin de conquérant, mais se trouve irrésistiblement attiré par une nouvelle venue… Katerina doit naviguer dans les eaux troubles des intrigues de cour tout en taisant sa mission secrète : tuer la reine. Mais c’est sans compter sur son premier amour… Jacob est prêt à tout sacrifier pour gagner le cœur de Katerina, même si cela signifie se mesurer à Hephaestion, tueur sous la protection d’Alexandre. Et, par-delà les mers, Zofia, princesse persane fiancée à Alexandre sans l’avoir rencontré, désire changer sa destinée en partant en quête des légendaires et mortels Mangeurs d’Esprit.

Mon avis :
Le Sang des Dieux et des Rois est un excellent premier tome qui nous permet surtout de situer le décors pour la suite des événements et de nous présenter les différents personnages principaux qui viendront se croiser au fil des pages des différents tomes. Dans ce premier tome, nous faisons la connaissance d’Alexandre, le fameux Alexandre héritier du trône de Macédoine qui deviendra le fameux conquérant, mais l’histoire de ce roman ne s’arrête pas là puisqu’elle est mêlée à un aspect fantastique. En effet, il s’agit d’une réécriture de l’histoire et de l’adolescence d’Alexandre le Grand.

Alexandre tient à montrer sa valeur, il refuse d’hériter du trône simplement parce que les choses doivent se passer ainsi, alors aidé de son ami Héphaestion, il va tenter de remporter un concours pour gagner de l’argent de mener sa quête à bien. Mais c’était sans compter sur les autres personnages du roman : dans l’arêne, Héphaestion va affronter Jacob, qui a accompagné Katerina dans la cité. Prêt à tout pour la jeune fille, il va remporter le tournoi pour lui prouver qu’elle peut compter sur lui. Katerina mène elle aussi sa propre quête : elle veut comprendre qui elle est, et pour cela elle doit comprendre ce qui est arrivé à sa mère, qui servait la reine jusqu’à sa naissance. Et pour comprendre, elle va devoir se rapprocher de la reine et la tuer. Zofia, quant à elle, vit de l’autre côté de l’océan et est une princesse. Amoureuse d’un garde, elle va s’enfuir quand elle va apprendre qu’elle est fiancée à Alexandre.

Les personnages sont tous plus ou moins attachants, j’ai eu une préférence pour Héphaestion et Zofia, qui sont plutôt secondaires quand on les compare à Katerina et Alexandre. Alexandre n’a rien du grand combattant que l’on pourrait imaginé et c’est un aspect du personnage que j’ai beaucoup apprécié, avec sa malformation à la jambe il doute énormément de lui, il flanche à plusieurs reprises et se pense incapable de régner correctement sur la Macédoine sans avoir prouvé sa valeur. L’écriture d’Eleanor Herman convient parfaitement au thème, elle est très fluide et pourtant très détaillée, on ressent toutes les recherches effectuées pour l’écriture du roman et c’est très agréable. Le dosage entre historique et fantastique et parfait et les deux se complètent pour former un tout très équilibré.

Les personnages ne vont cesser de se croiser au fil des pages, chacun tentant de mener sa quête à bien et de faire avancer l’intrigue. Même si ce premier tome est un tome introducteur, on ne s’ennuie pas une seule seconde tant il est rempli d’événements et de rebondissements et j’ai hâte de découvrir la suite !

Chroniques Livres

Duologie Cité 19 de Stéphane Michaka

Chez Pocket Jeunesse, premier tome paru en octobre 2015.
368 pages pour le premier tome, 16€90.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Que faisait le père de Faustine à minuit au sommet de la tour Saint-Jacques ? Et qui l’a précipité dans le vide ? Convoquée pour identifer le corps, Faustine ne reconnaît pas les mains de son père. Persuadée qu’il a été kidnappé par une secte mystérieuse, elle se lance sur la piste d’un inquiétant personnage. Elle suit l’homme dans une station de métro, trébuche, perd connaissance et se réveille… 150 ans plus tôt !Pour Faustine, c’est le début d’une série d’aventures, aux confins du thriller, de la science-fiction et de l’Histoire.

Mon avis :
Cité 19 nous plonge dans le quotidien de Faustine, adolescente qui apprend le décès de son père qui se serait suicidé du haut de la tour Saint-Jacques à Paris. Alors qu’elle doit identifier le corps à la morgue, elle ne reconnaît pas les mains de son père mais décide tout de même de l’identifier comme son père pour mener sa propre enquête. Que s’est-il passé en haut de cette tour ? Pourquoi veut-on faire croire que son père est mort ? Faustine se retrouve à suivre un dandy mystérieux jusqu’au quai du métro Cité, où elle fait un malaise… puis se retrouve plongée au 19ème siècle !

C’est le tout début de l’aventure, puisque l’enquête de Faustine ne fait que commencer. Stéphane Michaka nous présente un Paris du 19ème siècle plus vrai que nature par ses descriptions détaillées, des personnages hauts en couleur et une héroïne forte que l’on prend énormément de plaisir à suivre… jusqu’à un énorme retournement de situation et une révélation inattendue qui change complètement la donne ! Il est difficile de parler de ces romans sans trop en révéler et c’est donc assez délicat d’écrire cette chronique. Impossible pour moi de vous en dévoiler plus, ce serait complètement vous gâcher la surprise… Sachez seulement que ce roman n’est pas seulement historique, il est bien plus que cela.

Le second tome s’inscrit dans la suite de cette révélation et creuse encore un peu plus dans cette direction, mais encore une fois, impossible d’en parler sans trop en révéler et ce serait vraiment dommage. Je pense qu’il est nécessaire de lire ces romans sans trop en savoir, la quatrième de couverture est idéale puisqu’elle en révèle juste assez pour nous donner envie de lire le livre, sans pour autant trop nous en dire.

Deux livres que j’ai absolument dévoré et adorés ! Chose extrêmement rare chez moi, après avoir lu le premier tome je suis directement allée acheter le second pour l’attaquer tout de suite alors que j’aime faire des pauses entre les tomes de séries… Ici c’était impossible, je devais savoir la suite ! Deux tomes addictifs.

Chroniques Livres

Pour les beaux yeux d’un espion de Alyssa Alexander

Chez J’ai lu pour elle dans la collection Aventures & Passions, mars 2016.
376 pages, 7€40.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Agent de la Couronne, Alastair Whitmore a juré de venger sa compagne, tuée pat- l’Aspic, un assassin dont la marque est un médaillon d’onyx. Or ce médaillon, il vient de le trouver à Londres, dans le réticule de Lilias Fairchild, une femme hors du commun, véritable amazone qui, deux ans plus tôt, pourfendait l’ennemi sur le champ de bataille de Waterloo. Quel lien a-t-elle avec l’Aspic ? Pour la faire parler, Alastair n’hésite pas à l’enlever, mais un désir brûlant vient troubler leur affrontement. Dans ce jeu du chat et de la souris où tous les coups sont permis, lequel des deux va-t-il dévorer l’autre ?

Mon avis :
Après avoir rencontré Alyssa Alexander au Festival du Roman Féminin le 20 et 21 avril dernier, je me suis plongée dans ce roman qui faisait parti de ceux offerts. Après avoir parlé de romance pendant deux jours, j’étais en condition et partante pour rester dans l’ambiance. Ce n’est pas mon genre de prédilection, mais de temps en temps j’aime me plonger dans une romance pour me vider un peu la tête, ce sont des romans qui se lisent en général très vite, qui ne demandent pas trop de réflexion et qui se terminent en général bien. En somme, de quoi passer un bon moment.

Alyssa Alexander est une femme adorable que j’ai adoré rencontrer, nous avons beaucoup discuté lors de la dédicace et lors de sa conférence avec Katharine Ashe sur la Régence, j’étais donc très curieuse de découvrir son roman, d’autant plus qu’elle ne s’est lancée dans l’écriture que très récemment.

Pour les beaux yeux d’un espion nous raconte l’histoire d’Alastair Whitmore, agent de la couronne et espion, qui cherche à tout prix à retrouver celui qui a tué la femme de sa vie. Lorsqu’il sa route croise de nouveau Lilias Fairchild après l’avoir vue sur le champ de bataille de Waterloo et la voit en possession du même médaillon que celui qu’il a retrouvé sur le corps de sa compagne, pour lui cela ne fait aucun doute : elle est coupable et il doit l’interroger.

S’en suit des retournements de situations, des questionnements et un rapprochement inévitable entre les deux personnages principaux. Lilias est une femme forte qui ne se laisse pas faire, ce que j’ai beaucoup apprécié, elle met même parfois Whitmore au second plan. J’ai cependant ressenti que certaines scènes n’étaient pas complètement abouties, sans doute parce qu’Alyssa Alexander n’écrit pas depuis longtemps. C’est parfois un peu maladroit et superficiel, un peu précipité même si l’intention et l’idée reste très bonne.

J’ai passé un bon moment surtout grâce aux deux personnages principaux et aux scènes qu’ils partagent, puis grâce à l’enquête menée. Je n’hésiterai pas à suivre ses autres écrits, notamment son premier roman La contrebandière en bas de soie déjà traduit en France.

Chroniques Livres

Des mensonges dans nos têtes de Robin Talley

Chez Mosaïc, septembre 2015.
384 pages, 13€90.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Les filles sont faites pour se marier… Les Noirs et les Blancs ne doivent pas se mélanger… Une fille ne doit pas embrasser une autre fille… Linda ne doit pas aimer Sarah. Rien que des mensonges? 1959, en Virginie. C’est l’histoire de deux filles qui croient qu’elles se détestent — parce qu’elles n’ont pas la même couleur de peau et qu’elles ne sont pas nées du même côté. C’est l’histoire de Sarah et Linda qui croient qu’elles se détestent… mais c’est aussi l’histoire de l’année où tout va changer — parce que les mensonges des autres vont voler en éclats et que les vies, les cœurs de Sarah et Linda vont s’en trouver bouleversés pour toujours…

Mon avis :
Le sujet de l’intégration des premiers élèves noirs dans un lycée blanc est un sujet que j’avais déjà lu dans un roman, celui d’Annelise Heurtier intitulé Sweet Sixteenmais qui visait un public un peu plus jeune que celui-ci. J’avais beaucoup aimé et cette période de l’histoire me plaît beaucoup, j’avais hâte de découvrir ce que Robin Talley en avait fait. D’autant plus que je n’avais vu que de très bons avis et coups de coeurs sur les blogs.
Des mensonges dans nos têtes est un excellent roman qui nous fait vivre l’histoire des étudiants d’après différents points de vue de plusieurs personnages qui sont pour cette intégration, qui sont contre et d’autres qui la subissent, cela nous permet d’aborder cette tranche de l’histoire de tous les fronts et nous ne sommes pas influencés par les sentiments des personnages puisqu’il y a vraiment de tout. Forcément, l’intégration est difficile, les élèves noirs ne sont pas les bienvenus : on les insulte, les frappe, les harcèle et ils doivent passer l’année sans se faire trop remarquer s’ils veulent espérer réussir leur diplôme. Certaines scènes sont vraiment poignantes et difficiles à lire, et sachant que ce sont des événements inspirés de faits réels, on ne peut que se sentir mal pour les personnages.
L’intégration passée, les élèves vont en cours et c’est Sarah, élève noire, qui se retrouve à devoir travailler avec deux élèves blanches pour un devoir de français parce qu’elles sont toutes les trois arrivées en retard en classe. Bien sûr, les choses sont difficile entre les trois filles. Le père de Linda est extrémiste et refuse de voir ces élèves noirs dans le même lycée que sa fille, qui, elle, a tendance à répéter ce qu’elle entend de la bouche de son père. Puis, petit à petit, elle parvient à se faire sa propre idée de l’intégration grâce à Sarah qu’elle est obligée de côtoyer et qui lui expose son point de vue. Le titre est extrêmement bien choisi puisque c’est typiquement ce que vit Linda, qui se rend compte qu’elle ne pense pas par elle-même, mais comme les autres.
C’est un excellent roman que je conseille à tous, ne serait-ce que pour le contexte historique et parce qu’il renseigne énormément sur cette période de l’histoire, sur la ségrégation, les lois Jim Crow et les différences qui étaient faites aux Etats-Unis entre élèves noirs et élèves blancs.
Malgré tout, bien que ce roman soit fabuleux, j’ai trouvé que la romance homosexuelle qui venait s’installer entre les deux étudiantes était largement de trop et n’apportait rien au récit. Je n’ai pas été dérangée puisque j’ai trouvé ça mignon, mais je n’ai pas compris ce que l’auteur voulait nous montrer en ajoutant cela. Une magnifique histoire d’amitié aurait pu très bien fonctionner, j’ai trouvé que cette histoire d’amour interdit, en plus de l’histoire de racisme était tout simplement en trop et n’apportait pas forcément quelque chose de positif en plus au roman. Cette relation est là, c’est tout… J’aurais préféré que les deux jeunes filles soient très bonnes amies, cela aurait rendu la chose peut-être moins symbolique mais beaucoup plus fort, de mon point de vue.

Chroniques Livres

La voie des Oracles #1, Thya de Estelle Faye

Chez Scrinéo, octobre 2014.
336 pages, 16€90.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
La Gaule, Ve siècle après Jésus-Christ. Cerné par les barbares, miné par les intrigues internes et les jeux du pouvoir, l’Empire romain, devenu chrétien depuis peu, décline lentement. Les vieilles croyances sont mises au rebut, les anciens dieux se terrent au fond des bois, des montagnes et des grottes, les devins sont pourchassés par la nouvelle Eglise. Thya, fille de l’illustre général romain Gnaeus Sertor, a toujours su qu’elle était une Oracle. Il lui faut vivre loin de Rome, presque cachée, en Aquitania, perdue au milieu des forêts. Que faire alors, quand son père, son protecteur, tombe sous les coups d’assassins à la solde de son propre fils ? Il faut fuir, courir derrière la seule chance qu’elle a de le sauver… Se fier à ses visions et aller vers Brog, dans les montagnes du nord, là où, autrefois, Gnaeus a vaincu les Vandales. Et peut-être, le long de ce chemin pavé d’embûches et d’incroyables rencontres voir le passé refaire surface, et réécrire l’Histoire…

Mon avis :
Première lecture chez Scrinéo, premier roman d’Estelle Faye et premier roman qui se déroule à cette époque que je lis… Ce roman a été une véritable découverte du début à la fin et un véritable coup de coeur.

Ce premier tome de La Voie des Oracles nous présente Thya, fille du général Gnaeus qui vit cachée  et surprotégée par son père parce qu’elle est une oracle. Mais tout vient à changer lorsque son père est attaqué et grièvement blessé, Thya prend alors la fuite et suite à une vision, prend la route pour Borg. En chemin, elle rencontre Enoch et un ancien camarade de son père qui l’aideront à atteindre son but et comprendre qui elle est et pourquoi cette vision ne cesse de la hanter.

En plus d’être une fabuleuse découverte, ce premier tome est un vrai voyage et une vraie immersion en Gaule et j’ai trouvé que le mélange historique et fantastique fonctionnait à merveille. Le tout est très bien balancé et mesuré, ce n’est jamais trop et tout reste vraiment très réaliste malgré la présence des visions et des vieilles croyances, des anciens dieux, des oracles… Les personnages sont tous très attachants et réalistes, ils ont tous des défauts comme des qualités et apportent énormément au récit. Thya est une héroïne que j’ai adoré suivre, elle évolue énormément au cours de ce premier tome et j’ai hâte de découvrir qu’elle sera son évolution au cours des tomes suivants.

L’écriture d’Estelle Faye porte le tout avec brio et m’a transportée du début du roman jusqu’à la dernière page. J’ai beaucoup apprécié que ce premier tome ne révèle pas tout et en laisse pour la suite, qu’il nous permette d’en apprendre plus dans les suivants. La seule chose que je pourrais reprocher à ce premier tome serait qu’au final, l’intrigue n’a pas vraiment avancée. Certes, Thya parvient à Borg mais j’attendais plus de révélations.

En définitive, c’est un vrai coup de cœur pour un roman très intéressant, avec une époque qui ne cesse de me surprendre. Le mélange entre le fantastique et le réalisme fonctionne à merveille et cette série semble vraiment très prometteuse !

Chroniques Livres

Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka

Chez 10-18, septembre 2013.
144 pages, 6€60.
Ma note : ★★☆☆☆

Quatrième de couverture :
Nous sommes en 1919. Un bateau quitte l’Empire du Levant avec à son bord plusieurs dizaines de jeunes femmes promises à des Japonais travaillant aux États-Unis, toutes mariées par procuration.
C’est après une éprouvante traversée de l’Océan pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leurs futurs maris. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui auquel elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.
À la façon d’un chœur antique, leurs voix se lèvent et racontent leurs misérables vies d’exilées… leurs nuits de noces, souvent brutales, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l’humiliation des Blancs… Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre et la détention dans les camps d’ internement – l’État considère tout Japonais vivant en Amérique comme traître. Bientôt, l’oubli emporte tout, comme si elles, leurs époux et leurs progénitures n’avaient jamais existé.

Mon avis :
J’étais partie très confiante avec ce petit roman, je m’étais dit que le sujet allait me plaire, les quelques avis que j’avais lus/entendus étaient bons et je pensais qu’en 150 pages environ je n’aurais pas le temps de m’ennuyer et qu’en une après-midi j’aurais fini de le lire. Raté. J’ai mis plusieurs jours à le lire parce que j’ai eu beaucoup de mal à me plonger dans l’histoire de ces femmes japonaises, principalement à cause du style narratif choisi.

Pour replacer le contexte, nous sommes au début du XXème siècle et le roman commence sur un bateau avec des femmes japonaises qui font le voyage pour retrouver leurs futurs époux en Amérique. Elles ne les ont jamais rencontrés, mais ils se sont écrits et elles ont des photos. Elles font connaissance sur le bateau, apprennent à se connaître, elles sont toutes différentes mais rêvent toutes d’une vie différente et luxueuse aux Etats-Unis. Malheureusement, tout ne va pas se dérouler comme prévu. Ces mariages arrangés ne sont pas tous joyeux, certaines doivent faire face aux violences conjugales, à la dépression, au travail dans les champs, au mensonge de leurs maris, à l’adultère, au racisme, à l’éducation de leurs enfants…

Le début était prometteur, puis je me suis lassée parce que tout était très répétitif. Le roman est raconté à la première personne du pluriel et chaque phrase commence par « nous ». Alors au début, c’était sympathique et je trouvais ça plutôt original, mais au bout de quelques dizaines de pages, j’ai perdu le fil parce que je n’arrivais pas à m’attacher à ces femmes et j’ai perdu tout intérêt pour leurs histoires et leurs vies. Aucun nom n’est mentionné, tout est raconté d’un point de vue très éloigné et extérieur et j’ai trouvé ça très difficile de me sentir proche d’elles.

La dernière partie du roman a relevé un peu le niveau mais cela reste une grosse déception, et je suis bien contente qu’il n’ait pas été plus long parce que j’aurais sans doute abandonné en cours de route.

Chroniques Livres

Les héritières de Rome de Kate Quinn

Chez Pocket, juin 2015.
448 pages, 7€70.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
En l’an 69, la splendeur de Rome appartient au passé, et tous se disputent les restes de l’Empire. Surtout chez les Cornelii… L’ambitieuse Cornelia s’imagine déjà à sa tête : l’empereur Galba a désigné son époux pour héritier. Et sa sœur, Marcella, passionnée d’histoire, a décidé qu’elle ne s’écrira pas sans elle. Mais un coup d’État meurtrier bouleverse leurs vies et laisse à Lollia, leur cousine, l’occasion de tirer son épingle du jeu – sa petit sœur Diana préférant les courses de char à l’agitation politique. L’histoire est lancée au galop et emporte les quatre héritières. À la fin, il n’y aura cependant qu’un empereur… et qu’une seule impératrice…

Mon avis :
Comme j’avais adoré les deux autres livres de Kate Quinn qui se déroulaient dans la Rome Antique, La Maîtresse de Rome et L’impératrice des sept collines, je ne me faisais pas beaucoup de soucis quant à celui-ci. Je savais que j’allais passer un excellent moment !
Les héritières de Rome se déroule avant les deux autres roman, en l’an 69, année où quatre empereur vont se succéder. Nous suivons quatre femmes issues de la famille des Cornelii : Cornelia, qui devrait devenir impératrice, Marcella qui est passionnée d’histoire et passe son temps à écrire, Lollia qui enchaîne les mariages et Diana, bien plus intéressée par les chevaux et les courses équestres que par les hommes.

Ce que j’aime particulièrement avec les romans de Kate Quinn, en plus de la période de l’histoire qu’elle choisit pour ses romans, c’est sa plume. Elle écrit divinement bien et les pages défilent sans même que l’on s’en rende compte. Les événements s’enchaînent et elle parvient à nous plonger dans une Rome Antique plus vraie que nature. J’ai vraiment eu l’impression d’y être à chaque fois que j’ai lu l’un de ses romans. On ressent que de vraies recherches sont faites pour baser les personnages sur des faits historiques, certains personnages ont même parfois réellement existé et elle nous explique lesquels à la fin du roman. Je trouve cela tellement plus agréable à lire qu’un roman bancal qui manque de profondeur.

Les quatre femmes du roman, les quatre cousines sont également des personnages comme je les aime ; elles sont fortes et réalistes. Elles ne sont pas parfaites, loin de là, et c’est ce qui fait que je me suis tant attachée à elles. Tout particulièrement à Cornelia et Diana. J’ai par contre eu beaucoup de mal à cerner Marcella, qui m’a plus d’une fois tapé sur le système, mais un roman ne serait pas un bon roman sans des personnages un peu énervants. Les personnages secondaires aident également à construire le roman, Thrax et Drensus apportent tellement au récit par exemple. J’ai parfois perdu un peu le fil, comme les empereurs s’enchaînent au fil du récit, les personnages qui les accompagnent également. Il m’a fallut parfois revenir quelques pages en arrière pour me souvenir de qui nous étions en train de parler. Les quatre femmes passent d’épreuve en épreuve… La vie n’est pas rose, elles doivent se battre pour obtenir ce qu’elles veulent et les guerres de pouvoirs sont loin de rendre la chose facile.

En conclusion, c’est encore une excellente lecture et un succès que ce nouveau roman de Kate Quinn et j’ai hâte de découvrir son prochain roman. L’intrigue se développe sans que l’on veuille lâcher le livre et il est très difficile de se séparer des personnages une fois que l’on a terminé de le lire.

Chroniques Livres

La chute des géants, Le Siècle #1 de Ken Follett

Chez Robert Laffont, septembre 2010.
997 pages, 24€50.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
En 1911, les grandes puissances vivent leurs derniers instants d’insouciance. Bientôt la guerre va déferler sur le monde… De l’Europe aux Etats-Unis, du fond des mines du pays de Galles aux antichambres du pouvoir soviétique, en passant par les tranchées de la Somme, cinq familles vont se croiser, s’unir, se déchirer, au rythme des bouleversements de l’Histoire. Passions contrariées, rivalités et intrigues, jeux politiques et trahisons… Billy et Ethel Williams, Lady Maud Fitzherbert, Walter von Ulrich, Gus Dewar, Grigori et Lev Pechkov vont braver les obstacles et les peurs pour s’aimer, pour survivre, pour tenter de changer le cours du monde.

Mon avis :
J’ai ce livre dans ma PAL depuis sa sortie, même chose pour les deux tomes suivants. Ken Follett, c’est un peu une référence pour moi depuis ma lecture des Piliers de la Terre et de sa « suite », Un monte sans fin donc je ne me faisais pas trop de souci. C’est plutôt les 1000 pages par tome qui me faisaient un peu peur… Et finalement, c’est passé comme une lettre à la poste. Je crois n’avoir jamais lu un aussi long livre en aussi peu de temps !

Ce premier tome du Siècle commence en 1911 pour finir quelques temps après la fin de la première guerre mondiale, nous suivons des personnages dans plusieurs pays tels que l’Allemagne, la Russie, l’Angleterre… Ils nous sont présentés dans leur quotidien, ils ne sont pas issus de la même classe sociale, ne se battent pas pour les mêmes choses, n’ont pas les mêmes convictions et pourtant, leurs destins sont liés et ils ne vont cesser de se croiser au fil des chapitres. Je me suis énormément attachée aux personnages, c’est ça qui est bien dans un aussi long roman : les personnages sont énormément détaillés et très bien construits, réalistes et attachants.

C’est avec l’assassinat de François-Ferdinand d’Autriche que les choses s’accélèrent et que l’on entre dans le vif du sujet : la première guerre mondiale est en marche. On se rend alors compte des conséquences que cet attentat à eu sur les relations internationales et sur la vie des gens de tous pays, et principalement sur les vies de nos personnages. J’ai appris énormément sur ce qui a amené à cette guerre, les implications des différents pays et ce, jusqu’à la fin du conflit.

Il y a de tout dans ce roman, de la guerre, des enquêtes, de l’amour, de l’amitié, des sentiments, de la peine… On passe par toute une palette de sentiments et c’est ce qui en fait un fabuleux roman et qui fait que c’est si difficile de s’en détacher.

Ce serait mentir de dire que je n’ai pas trouvé certains passages un peu longuets… La partie qui concerne les combats m’a s’emblée parfois sans fin, trop détaillée et pas assez romancée, il y a énormément d’informations données à la fois et c’était parfois difficile d’avancer. Mais l’écriture de Ken Follet m’a fait oublier ces petits défauts, les personnages sont vraiment les gros points forts de ce roman, j’ai eu du mal à le lâcher et à les abandonner une fois que je l’avais terminé.

Ce roman est une vraie fresque où les personnages ne cessent de se croiser les uns les autres, leurs destins sont liés et c’est un vrai délice. On apprend énormément tout en découvrant une histoire fabuleuse. Je ne peux que saluer le travail de recherches qui a été effectué pour cette trilogie, cela se ressent lors de la lecture.

Un vrai coup de cœur, j’ai déjà hâte de me plonger dans le second tome.

Chroniques Livres

Le violoniste de Mechtild Borrmann

Chez Le Livre de Poche, janvier 2016.
312 pages, 7€30.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Moscou, 1948. Alors que le violoniste virtuose Ilja Grenko quitte la salle de concert sous des tonnerres d’applaudissements, son stradivarius à la main, il est arrêté et conduit à la terrifiante Loubianka, le siège du KGB, sans comprendre ce qu’on lui reproche. Après des jours de privations, d’humiliations et d’interrogatoires, Ilja signe des aveux absurdes qui le condamnent à vingt ans de goulag, après qu’on lui a promis que sa femme Galina et leurs deux très jeunes enfants ne seront pas inquiétés. Mais sa famille est envoyée en exil au bout du monde, dans un enfer à ciel ouvert, le Kazakhstan. Le violon de Grenko d’une valeur inestimable disparaît à jamais. Deux générations et quelques meurtres plus tard, le petit-fils de Ilja, Sasha, se met en quête du stradivarius et apprend les heures les plus sombres de l’histoire de sa famille, broyée par le régime totalitaire et ses hommes de main, indifférents à toute dignité humaine.

Mon avis :
Le Violoniste commence à la fin du concert d’Ilia Grenko, violoniste, qui se fait embarquer pour être interroger. Il n’a pas le temps de prévenir sa femme qui l’attend dans le hall de la salle de concert, il ne comprend pas vraiment ce qu’on lui reproche, et n’a que son violon sur lui.

C’est là que tout commence, on est directement plongés dans l’action de ce roman, on cherche à comprendre, comme Ilia, ce qui lui est reproché et petit à petit, l’histoire avance. Les chapitres alternent entre Ilia, sa femme Galina et Sacha, son descendant qui souffre toujours de cette même persécution contre les Grenko.

Pour commencer, j’ai adoré le contexte historique de ce roman qui nous plonge au coeur de la Russie stalinienne et des goulags, bien que le roman soit assez court il ne lui manque rien et je suis passée par des tas d’émotions : on en apprend énormément sur la Russie et sa politique de l’époque : les goulags, les tsars, le KGB, les interrogations menées contre les personnes suspectées de trahison, les dénonciations, et nous sommes également plongés dans la Russie contemporaine et un Sacha poursuivit sous la politique de Poutine. Certaines descriptions sont vraiment très poignantes et certaines scènes m’ont donné des frissons, c’est très réaliste et très prenant.

L’alternance des chapitres aide beaucoup à nous plonger dans la psychologie des personnages et nous fait beaucoup avancer. Les personnages sont terriblement courageux et plein de bonne volonté, ils n’abandonnent à aucun moment. J’ai trouvé les premiers chapitres un peu brouillon, mais je crois surtout que c’était le temps que je m’habitue au style de l’auteur et que je plonge entièrement dans le roman. Une fois passées les premières 50 pages, j’ai eu du mal à le lâcher et je n’avais qu’une hâte : découvrir quel allait être le destin d’Ilia et de sa petite famille, quel allait être le destin de son cher violon.

Un excellent roman aux allures de thriller que j’ai eu du mal à lâcher.