Chroniques Livres

Du fond de mon coeur, lettres à ses nièces de Jane Austen

Chez Finitude, mai 2015.
176 pages, 16€50.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Inédites et passionnantes, les lettres de Jane Austen à ses trois nièces préférées dressent un portrait émouvant de l’auteur d’Orgueil et Préjugés. En tante attentionnée, elle se montre toujours prête à guider ses jeunes nièces, à les conseiller. Elle leur parle d’écriture, de stratégie amoureuse, de sa vie à la campagne, avec l’humour et l’élégance qui font le sel de ses romans. Ces lettres révèlent une touchante intimité et on acquiert bien vite la conviction que Jane Austen n’avait rien à envier à ses attachantes héroïnes.

Pour compléter cette correspondance, nous avons ajouté trois textes, écrits par les trois nièces de Jane à propos de leur tante. Ce sont des documents émouvants, décrivant son physique, ses habitudes, son caractère. L’ensemble de ces textes et de ces lettres n’avait jamais été traduit en français. Il nous a semblé opportun de les réunir et ce sont certainement les derniers textes de Jane Austen qui nous restaient à découvrir.

Mon avis :
Ce petit livre nous permet de nous replonger de nouveau dans l’univers de Jane Austen, mais cette fois-ci grâce à sa vie quotidienne et les lettres qu’elle échangeait régulièrement avec ses nièces, plutôt qu’avec ses fameux romans. En tant que Janeite, je ne pouvais pas passer à côté.

La majorité des lettres que Jane avait échangé avec sa soeur Cassandra et ses nièces avaient été détruite par Cassandra à la mort de Jane, et c’est un contenu inédit qui nous est présente ici. C’est également pour cette raison que certaines lettres ne sont que partielles et que le contenu n’est pas complet. Le tout reste compréhensible et nous permet tout de même de comprendre le sujet abordé.

Les lettres nous présentent une Jane Austen en tante attentionnée, elle donne des conseils à ses nièces, surtout en ce qui concerne leurs vies sentimentales et leurs talents d’écrivaines. Elle leur donne des conseils avec beaucoup de subtilité et d’humour, et c’est exactement ce que j’aime tant dans l’écriture de Jane Austen et dans ses romans, j’étais ravie de retrouver son style ici.

La fin du livre est particulièrement touchante, puisqu’elle aborde la mort de Jane et ses nièces ont écrit des textes pour lui rendre hommage et ce qu’elle représentait pour sa famille, mais également la rend plus humaine à nos yeux en la critiquant parfois. J’aurais beaucoup aimé avoir les deux côtés de la correspondance, et non pas uniquement les lettres de Jane… Cela aurait vraiment pu permettre de me plonger entièrement dans cet échange.

Chroniques Livres

Emma de Jane Austen

Chez Penguin dans la collection Penguin British Library, juillet 2012.
299 pages.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Orpheline de mère, seule auprès d’un père en mauvaise santé, Emma Woodhouse, désormais la maîtresse de maison, s’est mis en tête de marier Harriet Smith, une jeune fille qu’elle a recueillie chez elle. Ce faisant, ne s’est-elle pas attribué un rôle qui n’est pas (ou pas encore) pour elle ? Son inexpérience des coeurs et des êtres, ses propres émotions amoureuses, qu’elle ne sait guère interpréter ou traduire, lui vaudront bien des déconvenues et des découvertes.

Mon avis :
Je ne pense pas que Jane Austen ou ses œuvres soient encore à présenter. Je me suis plongée dans Emma que je me gardais de côté, comme encore quelques uns de ses romans, pour une période de « rechute » où ma folie Jane Austen reprendrait et cela n’a pas manqué. Après avoir lu Longbourn de Jo Baker, j’ai eu envie de me plonger dans l’une des œuvres originales d’Austen.

Emma, c’est l’histoire d’une jeune femme qui habite avec son père et qui s’occupe désormais de la maison. Elle se met en tête de marier Harriet, puis de se mêler des affaires de cœur de toutes les jeunes femmes qui l’entoure, quitte à se tromper et à se voiler la face sur les véritables sentiments de ces dites personnes et à les pousser vers de mauvais choix. Emma est un personnage vraiment complexe que j’ai adoré découvrir à l’écrit après l’avoir découverte dans plusieurs adaptations, c’est une jeune femme moderne qui doit suivre les codes de son statut mais qui décide de son propre chemin et de son propre destin, ce qui est novateur pour l’époque. Elle est extrêmement touchante, mais également très énervante à se mêler de la vie de tout le monde, quand elle devrait plutôt se concentrer sur sa propre vie. Il y a également une vraie évolution du personnage, Emma grandit dans ce roman, elle est loin d’être la même femme au début et à la fin du roman. Sans oublier Knightley, le fameux Knightley qui ne se trouve pas très loin de Darcy sur le classement des gentlemen. Le duo fonctionne à merveille.

Comme toujours avec Jane Austen, on trouve de la romance et des sentiments, mais également beaucoup d’humour et de quiproquos, c’est un livre vraiment délicieux. L’histoire d’Emma est parfois lente, mais ce n’est pas gênant, ce n’est pas de l’action que l’on cherche ici. On trouve une vraie histoire, construite du début à la fin, avec un maniement des mots parfait et des personnages sublimes.

Chroniques Livres

Longbourn de Jo Baker

Chez Black Swan, janvier 2014.
448 pages, 5€93.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Sur le domaine de Longbourn, vivent Mr et Mrs Bennet et leurs vénérables filles, en âge de se marier. À l’étage inférieur veillent les domestiques. Personnages fantomatiques dans le célèbre roman de Jane Austen, Orgueil et préjugés, ils deviennent ici des êtres de chair et de sang qui, du matin au soir, astiquent, frottent, pétrissent et vivent au rythme des exigences et des aventures de leurs bien-aimés patrons. Mais ce que les domestiques font dans la cuisine, sans être observés, pendant qu’Elizabeth et Darcy tombent amoureux à l’étage, relève d’eux seuls… Une histoire d’amour peut en cacher une autre, et qui sait quel secret enfoui risque de resurgir.

Mon avis :
En tant que passionnée de l’univers et des œuvres de Jane Austen, j’ai toujours hâte mais toujours un peu peur de me plonger dans un nouveau roman inspiré de l’une de ses œuvres. J’y suis tellement attachée que j’ai peur de ne pas apprécier ma lecture. Le roman de Jo Baker nous présente le côté obscur de Longbourn, celui des domestiques, les cuisines et les autres pièces de la maison que l’on ne découvre pas au fil des pages d’Orgueil et Préjugés. J’ai beaucoup aimé cette lecture, déjà pour cette découverte du quotidien des domestiques, extrêmement difficile et rendu parfois encore plus dur par la famille Bennet alors qu’ils ne se rendent pas compte de la charge de travail déjà en attente.

Ce roman est très agréable déjà par l’écriture de Jo Baker qui est très fluide, très simple et très accessible, et surtout parce qu’elle nous permet de renouer avec la famille Bennet, et de nous plonger un peu plus dans l’univers de Longbourn et d’Orgueil et Préjugés. L’auteure, comme elle l’explique à la fin du roman, a vraiment tenu à suivre la chronologie des événements de l’oeuvre originale pour écrire son propre roman, elle y a vraiment porté une attention particulière : lorsque l’on voit un domestique dans une scène d’Orgueil et Préjugés, cette scène est présente ici dans Longbourn, et inversement pour les apparitions des Bennet.

Bien sûr, cette oeuvre pourrait rendre les puristes des œuvres de Jane Austen un peu nerveux et les énerver, puisque de grandes libertés ont été prises avec certains éléments. La famille Bennet est fidèle à elle-même, mais des éléments ont été rajoutés pour affiner le caractère de chaque personnage, comme par exemple Wickham, Jane et Elizabeth, ou encore une histoire plus élaborée pour Mr. Bennet. Pour ma part, cela ne m’a pas déplut, au contraire. J’ai apprécié que Jo Baker prenne des libertés, puisqu’en parallèle elle était restée très respectueuse de l’oeuvre originale.

Les nouveaux personnages sont vraiment très attachants, je n’ai pas pu m’empêcher d’éprouver de la compassion pour cette équipe de domestiques qui travaille d’arrache-pied mais qui aurait besoin de beaucoup plus d’heures dans une journée pour pouvoir venir à bout de toutes leurs tâches. Sarah et Smith sont bien sûr mes préférés et la romance qui s’installe était toute douce, toute mignonne et vraiment bien menée et pas du tout précipitée (ce que je redoute en général dans les œuvres inspirées de Jane Austen).

Longbourn nous présente donc une nouvelle facette de Orgueil et Préjugés et de la fameuse famille Bennet, grâce à des personnages extrêmement bien menés et des scènes à la fois poignantes et touchantes. Je recommande ce roman à tous les fans de la période ou de Jane Austen, ou tout simplement les fans de romances.

Chroniques Livres

Darcy, what else ? de Teri Wilson

Chez Harlequin dans la collection &H, février 2015.
432 pages, 10€90.
Ma note : ★★★☆☆
Résumé :
C’est une vérité universellement reconnue qu’une célibataire à l’aube de la trentaine doit avoir envie de se marier. »
La bonne blague. C’était peut-être vrai au XVIIIe siècle, mais, aujourd’hui, Jane Austen a tout faux. Elizabeth en est la première convaincue ; d’ailleurs, les hommes, l’amour, le mariage et tout ce qui va avec, elle les a soigneusement rangés dans une petite boîte. Une petite boîte bien fermée et enterrée six pieds sous terre. Non, vraiment, pour elle, c’est fini. Les hommes sont morts, vive les chiens ! Un chien, ça ne trompe pas, ça ne râle pas, ça vous fait toujours la fête et c’est content de vous voir. Et Bliss, sa chienne adorée, le lui prouve tous les jours. D’ailleurs, c’est elle qu’elle a choisi d’emmener à Londres – de l’autre côté de l’Atlantique ! – pour commencer sa nouvelle vie de nounou de chiens de concours.
Mais, sur place, rien ne se passe comme prévu lorsqu’elle croise l’irritant et arrogant et désagréable et odieusement sexy Donovan Darcy, milliardaire, éleveur de chiens de race.
Et – accessoirement – membre du jury…
Mon avis :
J’adore les réécritures de Jane Austen en général, parce que cela me permet de me replonger dans l’univers de cette écrivaine même si tous ses ouvrages sont déjà sortis et connus de tous. C’est pourquoi je n’ai pas hésité à me plonger dans cette réécriture moderne d’Orgueil et Préjugés.
Mais s’il s’agit effectivement d’une réécriture, elle est très éloignée de l’oeuvre originale et c’est ce qui m’a le plus déçue lors de ma lecture. Je m’attendais à retrouver différents aspects qui font que j’aime tant O&P, et malheureusement seulement quelques détails sont réunis ici. Par exemple, les noms Darcy et Elizabeth sont les seuls en commun avec l’oeuvre originale, et les relations entre les personnages sont vaguement ressemblantes, mais cela s’arrête là. J’aurais aimé voir plus la famille d’Elizabeth et Jenna, puisqu’elle a une part tellement importante dans l’oeuvre de Jane Austen, tout comme la relation Bingley/Jane, ici survolée rapidement avec la relation Henry/Jenna.
Malgré tout, j’ai passé un bon moment en réussissant à faire abstraction de tous ces détails et en prenant ce roman comme un roman à part entière et non pas comme une réécriture. L’univers des concours canins était un choix original et j’avoue avoir trouvé certaines scènes répétitives, bien qu’intéressantes puisque c’est un monde dont j’ignore absolument tout. Le personnage d’Elizabeth m’a également plu, je me suis attachée à elle et j’avais de la compassion pour sa situation, elle se retrouve à faire des choix difficiles pour sa vie professionnelle. Je regrette que le personnage de Donovan n’ait pas eu plus de profondeur, même si les scènes avec sa sœur relevaient un peu le niveau…
J’ai donc passé un bon moment, c’est une romance sympathique, qui se lit très rapidement, mais qui ne satisfera probablement pas les fans de Jane Austen s’ils prennent ce roman en cherchant à prolonger l’univers de l’auteure.
Chroniques Livres

Les aventures de Miss Alethea Darcy de Elizabeth Aston

Lien Amazon : Alethea Darcy
Lien Goodreads : Alethea Darcy
Éditeur : Milady (Collection Pemberley)
Prix : 8.70€
★★☆☆☆

 

Résumé :
Alethea, fille de Mr Darcy et d’Elizabeth Bennet, a fait un mariage désastreux avec un homme dont les manières charmantes dissimulent une nature exécrable. Faisant fi de toute prudence, elle fuit le domicile conjugal, déguisée en homme. Accompagnée seulement de Figgins, son admirable femme de chambre, elle se met en route pour Venise dans l’espoir de trouver refuge chez sa sœur, Camilla. Mais une série d’événements, toujours spectaculaires et quelquefois dangereux, menacent de déjouer ses plans.

Mon avis :
J’ai acheté tous les livres d’Elizabeth Aston parus dans la collection Milady pendant une de mes périodes « Austenienne », ça m’arrive de temps en temps, j’ai besoin de romantisme et d’acheter des réécritures.
Malheureusement, je n’arrive pas à accrocher à cette saga écrite par Elizabeth Aston. Cela avait djéà été le cas avec le premier tome : Les filles de Mr. Darcy, que j’avais apprécié sans vraiment le trouver proche d’Orgueil et Préjugés (comment Elizabeth et Mr. Darcy pourraient avoir eu des filles aussi superficielles ?!).

Rebelotte avec ce tome-ci. J’avais pourtant été charmée par l’intrigue, une des filles fuit son mariage malheureux pour vivre libre, et se déguise en homme pour y arriver. Le début n’était pas trop mal. Et puis cette histoire de tableau est venue se rajouter à l’histoire de départ, et je me suis perdue en chemin. Je lisais sans vraiment vouloir lire, je ne me suis attachée à aucun personnage, je les ai tous trouvés vides et sans grand intérêt, l’histoire est très longue pour finalement une fin que j’ai trouvée trop précipitée, comme si d’un coup on se réveille que ça y est, à un moment il faut bien arrêter. Je n’ai pas trouvé que le style d’Elizabeth Aston apportait beaucoup à cette histoire (c’est peut-être un problème de traduction…), et malheureusement, seule l’époque et quelques mentions de Mr. Darcy apportent une touche Jane Austen… Ce qui n’est pas ce que je recherchais au départ.

Je vais continuer la saga en espérant qu’elle va s’améliorer dans les prochains tomes, puisque je les ai déjà… Mais je suis assez déçue de cette lecture.