Adaptations·Chroniques Livres

Le livre perdu des sortilèges de Deborah Harkness

Chez Le Livre de Poche, Mai 2012, 832 pages.
Ma note : ★★★★★
Coup de cœur

Quatrième de couverture :
Diana Bishop est la dernière d’une longue lignée de sorcières, mais elle a renoncé depuis longtemps à son héritage familial pour privilégier ses recherches universitaires, une vie simple et ordinaire. Jusqu’au jour où elle emprunte un manuscrit alchimique : L’Ashmole 782. Elle ignore alors qu’elle vient de réveiller un ancien et terrible secret, et que tous – démons, sorcières et vampires – le convoitent ardemment. Parmi eux, Matthew Clairmont, un vampire aussi redoutable qu’énigmatique. Un tueur, lui a-t-on dit. Diana se retrouve très vite au cœur de la tourmente, entre un manuscrit maudit et un amour impossible.

Mon avis :
C’est en découvrant la série adaptée du roman que j’ai décidé de me plonger dans cette lecture. En effet, pour ceux qui l’ignorent, une nouvelle série intitulée A Discovery of Witches a débuté sa diffusion il y a quelques semaines en Angleterre et nous plonge dans un monde assez semblable au notre, mais peuplé de vampire, sorcières et démons… Tout un programme ! J’ai eu un véritable coup de cœur pour la série, et vu que j’entends beaucoup de bien de cette trilogie depuis sa sortie, j’ai enfin passé le cap et emprunté le premier tome à la médiathèque !

Le Livre Perdu des Sortilèges, c’est surtout la rencontre avec un personnage principal fort : Diana Bishop, une sorcière qui s’ignore et qui refuse d’avoir recours à ses pouvoirs. Installée à Oxford pour ses recherches sur l’alchimie, elle va littéralement chamboulé tout le monde des créatures surnaturelles en empruntant un manuscrit recherché de tous et qu’elle semble être la seule à pouvoir faire apparaître. Sollicitée alors par les sorcières qui veulent à tout prix mettre la main sur ce manuscrit, elle va également faire la rencontre de Matthew Clairmont, un vampire, qui va la prendre sous sa protection…

Mais ce roman, et ce premier tome, c’est bien plus qu’une histoire entre une sorcière et un vampire ou une petite guerre entre créatures. Si le résumé de base semble assez simple, une romance paranormale avec la quête d’un manuscrit magique, l’histoire se complexifie énormément au fil du roman et je pense que je ne suis pas au bout de mes surprise avec les tomes suivants vu la fin du premier ! En plus de l’aspect fantastique, on retrouve de nombreuses notions d’alchimie, de génétique qui donnent de vraies bases solides à l’univers créé par Deborah Harkness autour de ses personnages, c’est une mythologie que l’on prend un réel plaisir à découvrir au fil des pages. C’est un roman à la croisée des genres, qui mêle fantastique, romance et qui tend presque vers le roman historique.

Je ne me suis pas ennuyée une seconde, entre la personnalité forte de Diana qui ne se fait pas marcher sur les pieds et qui refuse fréquemment que l’on prenne des décisions à sa place, la relation qui s’établit entre elle et Matthew et le danger que cela implique, l’entourage des deux qui nous présente des personnages secondaires incroyables, mais également la multitude de scènes d’actions (qui n’arrivent que dans la seconde partie du roman, donc soyez prévenus que la première partie peut vous sembler un peu lente), de révélations et de rebondissements… L’écriture de Deborah Harkness nous plonge dans cet univers, ce monde à part mais pourtant si proche du notre, ce qui permet réellement de s’attacher aux personnages. Avoir visité Oxford cet été m’a permis de me sentir encore plus proche des événements puisque je connaissais les lieux décrits !

Le vouvoiement entre Diana et Matthew m’a cependant un peu déstabilisée après un certain moment, je l’ai trouvé assez hors de propos et j’attendais vraiment qu’ils passent au tutoiement… j’attends donc de voir ce qu’il en sera dans les tomes suivants. J’espère également vraiment en découvrir plus sur les personnages secondaires et le passé de certains personnages comme Miriam par exemple. En conclusion, un énorme coup de cœur et je me retiens de me jeter sur le tome 2 parce que j’ai d’autres lectures qui m’attendent pour le moment.
J’ai eu beaucoup de mal à lâcher le livre, tout en ayant envie de le faire durer au maximum ! Je recommande vivement à la fois ce roman, mais également la série qui est totalement addictive et que j’attends impatiemment chaque semaine… Je vous laisse découvrir la bande-annonce :

Bookhaul

Ces nouveautés qui m’intéressent… #1

Voici un petit rendez-vous que j’aimerais vous proposer de manière régulière, afin de parler de sorties récentes qui pourraient bien rejoindre ma pile à lire. Des sorties dont on ne parle pas forcément sur les réseaux sociaux, blogs, Instagram ou Youtube. D’autres qui, au contraire, feront phénomène dès leur sortie. Je ne critique absolument pas les livres qui bénéficient d’une plus grande mise en lumière que d’autres, mais avec toutes les nouveautés qui arrivent en librairie chaque semaine, il est parfois difficile pour un auteur et un ouvrage de se faire une place. Etant la plupart du temps en librairie, j’ai la chance de voir arriver des livres qui pourraient être de petites pépites si seulement on leur donnait une chance.

J’espère pouvoir en lire un maximum, mais avec l’approche de mes examens et mon mémoire que je dois préparer au maximum, je ne promets rien. J’espère également que cet article pourra vous faire découvrir quelques titres qui vous feront envie ! 🙂


Où passe l'aiguilleOù passe l’aiguille de Véronique Mougin (Flammarion – 21.00€ – 31/01/2018)
Et voici Tomas, dit Tomi, gaucher contrariant, tête de mule, impertinent comme dix, débrouillard comme vingt, saisi en 1944 par la déportation dans l’insouciance débridée de son âge – 14 ans. Ce Tom Sawyer juif et hongrois se retrouve dans le trou noir concentrationnaire avec toute sa famille. Affecté à l’atelier de réparation des uniformes rayés alors qu’il ne sait pas enfiler une aiguille, Tomas y découvre le pire de l’homme et son meilleur : les doigts habiles des tailleurs, leurs mains invaincues, refermant les plaies des tissus, résistant à l’anéantissement. À leurs côtés, l’adolescent apprendra le métier. Des confins de l’Europe centrale au sommet de la mode française, de la baraque 5 aux défilés de haute couture, Où passe l’aiguille retrace le voyage de Tomi, sa vie miraculeuse, déviée par l’histoire, sauvée par la beauté, une existence exceptionnelle inspirée d’une histoire vraie.


Le gang des prodiges t.1Le gang des prodiges #1 de Marissa Meyer (Pocket Jeunesse – 19.90€ – 01/02/2018)
Il y a plus de dix ans, les Renégats, un groupe d’hommes et de femmes détenteurs de pouvoirs surhumains, ont vaincu les super-vilains. Ils font désormais régner la paix et la justice. Cependant les super-vilains n’ont pas disparu… Parmi eux, Nova, qui continue à lutter contre les Renégats, responsables de la mort de sa famille. Prête à tout, elle infiltre leur repaire. Mais lorsqu’elle se lie d’amitié avec le fils adoptif des deux principaux Renégats, ses certitudes vacillent…


Amour monstre de Katherine Dunn (Gallmeister – 11.80€ – 01/02/2018)
La joyeuse famille Binewski est tout sauf banale. Ivres d’amour et nourrissant de grands projets pour leur spectacle itinérant, Al et Lil décident d’engendrer à coup d’amphétamines et de radiations la plus belle brochette de phénomènes de foire au monde. Et les résultats sont impressionnants ! Pour autant, cette famille d’enfants montres est habitée de passions bien humaines… Un roman culte finaliste du National Book Award et best-seller aux États- Unis depuis vingt-cinq ans.

Le collectionneurLe collectionneur de Christine Orban (Libretto – 7.70€ – 01/02/2018)
« Il s’agit d’une pièce unique au monde. Une pièce qu’aucun collectionneur, même dans ses rêves les plus fous, n’aurait espéré rencontrer une fois dans sa vie, et encore moins posséder. » L’apparition de cette prodigieuse monnaie va entraîner deux hommes qu’animent une passion et un sens de l’honneur hors du commun dans un affrontement sans concessions et provoquer un effroi insondable proche de la malédiction. Un huis clos plein de mystère, de raffinement et de rebondissements.

Jeux de miroirsJeux de miroirs de Eugen-Ovidiu Chirovici (Pocket – 7.40€ – 01/02/2018)
Cette fois, il tient peut-être un best-seller. Pour Peter Katz, agent littéraire, le manuscrit qu’il reçoit a tout pour faire un succès : l’assassinat à Princeton du professeur Wieder, star de la psychologie cognitive, est un mystère vieux de trente ans… Le voilà raconté noir sur blanc, de l’intérieur : jeux de pouvoir, triangle amoureux, tout est là. Mais le texte s’arrête à la nuit du meurtre et son auteur vient de mourir… Qu’à cela ne tienne, Katz embauche un journaliste d’investigation pour écrire la suite du livre. De souvenirs en faux-semblants, celui-ci va se retrouver pris au piège d’un maelström de fausses pistes. Et si la vérité n’était qu’une histoire parmi d’autres ?

Demain les chatsDemain les chats de Bernard Werber (Le Livre de Poche – 7.30€ – 31/01/2018)
À Montmartre vivent deux chats extraordinaires. Bastet, la narratrice qui souhaite mieux communiquer et comprendre les humains. Pythagore, chat de laboratoire qui a au sommet de son crâne une prise USB qui lui permet de se brancher sur Internet. Les deux chats vont se rencontrer, se comprendre s’aimer alors qu’autour d’eux le monde des humains ne cesse de se compliquer. A la violence des hommes Bastet veut opposer la spiritualité des chats. Mais pour Pythagore il est peut être déjà trop tard et les chats doivent se préparer à prendre la relève de la civilisation humaine.
Et vous, avez-vous vu des sorties qui vous tentent particulièrement ?
Chroniques Livres

La dame de beauté de Jeanne Bourin

Chez Le Livre de Poche, mai 1987, 192 pages.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Agnès Sorel fut la première maîtresse royale reconnue officiellement, affichée, comblée de titres et de biens. Elle s’identifia si parfaitement au siècle charnière qui a été le sien qu’elle en reflète le double aspect. Médiévale par la gaieté et la foi, déjà moderne par le goût du confort et les besoins matériels. Fille d’honneur d’Isabelle de Lorraine, duchesse d’Anjou, Agnès a vingt et un ans lorsqu’elle rencontre, à Toulouse, Charles VII qui, lui, a quarante ans. La beauté d’Agnès fit de lui un amant subjugué, le transfigurant : de terne, inquiet, défiant, malchanceux, il devint joyeux, hardi, plein d’allant, habile. Avec ce talent reconnu par tous, ce sont des amours rayonnantes que nous fait vivre ici Jeanne Bourin, l’auteur de La Chambre des dames. Des amours qui sont aussi de l’Histoire. Agnès Sorel fut appelée « damoiselle de Beauté » tant parce qu’elle était tenue pour la plus belle du monde que parce que le roi lui avait donné à vie la maison de Beauté-lès-Paris.

Mon avis :
La Dame de Beauté est ma première lecture d’un ouvrage de Jeanne Bourin, bien que La Chambre des dames attende patiemment dans ma PAL depuis ma visite du Musée de Cluny. Il s’agit d’une véritable belle découverte, j’ai passé un excellent moment avec cette lecture et à découvrir ce personnage. En tant que fan de romans historiques, je pense me pencher plus sérieusement sur les autres livres de Jeanne Bourin et découvrir tout ce qu’elle a pu écrire d’autre. Ce roman, qui nous conte la vie d’Agnès Sorel, a été un petit délice (mais pas un coup de coeur, malheureusement).

On y découvre une femme, une maîtresse, une amante, une amie, une fille, une mère… Tous ces rôles réunis en un seul personnage qui évolue énormément au fil des pages, bien que le roman soit assez court. C’est sans doute le seul défaut que j’ai pu lui trouver : ne pas avoir duré plus longtemps… J’aurais ainsi pu m’attacher pleinement à cette femme complexe, entièrement dévouée à son histoire d’amour et prête à tout pour la défendre. Alors qu’elle est fille d’honneur au service d’Isabelle de Lorraine, elle rencontre Charles VII. Du côté du roi, c’est le coup de foudre : elle est la plus belle femme qu’il ait jamais vu et compte bien la charmer. À force de cadeau, de mots doux et de promenades, la jeune femme tombe sous son charme à son tour. Elle devient alors la première maîtresse officielle du roi.

L’écriture de Jeanne Bourin a été un vrai plaisir : un style fluide, agréable, facile à lire, soutenu par des faits historiques avérés et des personnages que l’on prend plaisir à suivre et à voir grandir au fil des pages. Je me doute que des libertés ont été prises afin d’écrire ce roman, qu’il me faudra faire quelques recherches afin de compléter mes connaissances sur la vie passionnante d’Agnès Sorel, mais je trouve que cet ouvrage constitue une très bonne première approche pour connaître cette femme et la vie qu’elle a mené.

Chroniques Livres

Une vie entre deux océans de Margot L. Stedman

Chez Le Livre de Poche, octobre 2014.
Adapté au cinéma, en salles le 5 octobre 2016.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Libéré de l’horreur des tranchées où il a combattu, Tom Sherbourne, de retour en Australie, devient gardien de phare sur l’île de Janus, une île sur les Lights, sauvage et reculée. À l’abri du tumulte du monde, il coule des jours heureux avec sa femme Isabel ; un bonheur peu à peu contrarié par l’impossibilité d’avoir un enfant. Jusqu’à ce jour d’avril où un dinghy vient s’abîmer sur le rivage, abritant à son bord le cadavre d’un homme et un bébé sain et sauf. Isabel demande à Tom d’ignorer le règlement, de ne pas signaler «l’incident» et de garder avec eux l’enfant. Une décision aux conséquences dévastatrices… Un premier roman plébiscité dans le monde entier qui interroge les liens du coeur et du sang.

Mon avis :
Le livre traînait depuis un moment dans ma PAL, et avec la sortie imminente du film je savais pertinemment que je ne le lirais pas si je voyais le film avant de lire le livre (la flemme s’empare généralement de moi dans ces cas-là et je préfère lire un livre dont je ne connais pas le dénouement…). Et quelle magnifique lecture, je suis ravie de savoir qu’un film va bientôt sortir pour pouvoir continuer un peu ce voyage.

Une vie entre deux océans, c’est l’histoire de Tom et Isabel Sherbourne, l’histoire de leur couple et de leur rencontre, de leur vie sur une petite île au large de l’Australie où Tom travaille comme gardien de phare. Ils vivent seuls, au milieu de la nature, isolés de toute civilisation et mènent une petite vie tranquille. Mais malheureusement, ils ne parviennent pas à avoir un enfant et Isabel fait plusieurs fausses-couches. Jusqu’au jour où un canot s’échoue sur la plage, avec à son bord un homme mort et un bébé qui a survécu. Isabel supplie Tom de garder le bébé, de faire comme s’il était le leur, cela ne peut être qu’un signe du destin… Tom accepte donc, malgré sa culpabilité et enfreint les règles des gardiens de phares : il ne signale pas l’incident et enterre le cadavre de l’homme.

Mais voilà, tout était trop beau pour être vrai. La petite famille est heureuse, jusqu’à ce qu’ils se rendent compte que la mère de l’enfant, qui est également l’épouse de l’homme retrouvé mort, vit sur le continent et désespère de retrouver sa famille en vie. Tom est rongé par la culpabilité, Isabel refuse d’admettre la vérité : l’enfant est le leur, ils l’ont élevée.

Un roman absolument captivant qui nous montre toute une tranche de vie des personnages, à travers la solitude de l’île, la famille qui s’agrandit et la morale de Tom mise à rude épreuve. Le roman est très difficile à lâcher, j’étais dans une tension constante pendant ma lecture grâce à la fabuleuse écriture de Margot L. Stedman qui nous plonge dans cette histoire dès les premières pages et nous captive jusqu’à ce qu’on ait terminé de lire le roman. Les personnages sont très attachants, et nous forcent à nous questionner sur les liens familiaux, les liens du sang et l’amour qui nous pousse à tout, à la notion de justice, du bien et du mal.

Un merveilleux coup de cœur que j’ai hâte de découvrir au cinéma en octobre et que je recommande à tous !

Chroniques Livres

Le printemps du loup de Andrea Molesini

Chez Le Livre de Poche, janvier 2016.
264 pages, 6€90.
Ma note : ★★☆☆☆

Quatrième de couverture :
Printemps 1945. Pour fuir les Allemands, Pietro, un orphelin de dix ans rêveur et débrouillard, quitte précipitamment le couvent où il était caché, près de Venise. Avec lui, un petit groupe hétéroclite : Dario, son meilleur ami, Maurizia et sa sœur cadette Ada, deux vieilles dames juives, et Elvira, une jeune religieuse, aussi suspecte que belle, qui tient un journal et dont le récit alterne avec celui de Pietro. Traqués par les nazis, ils reçoivent l’aide d’un pêcheur et d’un frère énergique. Karl, un déserteur allemand dissimulant un lourd secret, les rejoint.
Leur folle équipée les conduira au-devant de partisans et fascistes désorientés. Une véritable épopée, où, si les hommes et les lieux sont chargés de défiance et de terreur, une lueur de bonté réussit, de temps en temps, à percer les ténèbres.

Mon avis :
Le printemps du loup est un roman qui se déroule à la fin de la seconde guerre mondiale, en Italie. C’est une période de l’histoire que j’apprécie beaucoup pour les romans, et j’avais hâte de me plonger dans cette lecture plutôt courte, de suivre les aventures de ce jeune orphelin livré à lui-même, en fuite pour sa survie. Malheureusement, la lecture s’est avérée plus compliquée que prévue…

Comme le dit la quatrième de couverture, ce roman nous présente Pietro, un jeune garçon orphelin qui est obligé de quitter le couvent où il est caché, accompagné de son ami Dario et de deux vieilles femmes et d’une bonne soeur qui tient un journal. La construction du roman est assez particulière puisqu’elle alterne les chapitres du point de vue de Pietro qui parle de sa langue d’enfant, assez familière et tel qu’il voit les choses du haut de ses 10 ans ; et des chapitres du point de vue d’Elvira, la bonne soeur qui les accompagne, qui sont en fait des pages de son journal. Cette alternance de points de vue nous permet de mieux comprendre les événements qui se déroulent au fil du roman et au cours de la fuite des personnages, mais elle est assez perturbante. Du moins, ça l’a été pour moi. Le style d’écriture des deux points de vue est complètement différente puisque les personnages ne s’expriment pas de la même façon, la structure en elle-même est également différent puisqu’on passe de narration à journal intime sans cesse, et je pense que c’est la principale raison qui m’a fait perdre le fil du récit. Les personnages sont poursuivis par une troupe de nazis tout au long du livre, ils vont devoir fuir pour leur survie et gagner un camp de réfugiés où se cacher. Ils sont rejoint pas de nouveaux personnages, certains perdent la vie en se battant pour que les autres puissent se sauver. Il y a également toute une dimension psychologique avec le personnage de Pietro et l’image d’un loup, qu’il est assez difficile d’expliquer, l’image se construit au fil du roman et accompagne le jeune homme pour le rendre plus fort, le rendre plus confiant.

C’est un beau roman, dont l’histoire avait tout pour plaire. Mais le style que l’auteur a voulu donner au roman ne m’a pas plu et j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher aux personnages. Quand je rentrais enfin dans la tête de Pietro et que je commençais à m’attacher à lui, le récit passait à Elvira… et ainsi de suite jusqu’à la fin du roman. L’histoire en elle-même est très prenante puisqu’il ne se passe pas un chapitre où les personnages ne sont pas poursuivis, ils doivent sans cesse continuer, mentir, se cacher… Un bon roman, dont le style m’a laissée perplexe.

Chroniques Livres

Sur l’amour et la mort de Patrick Süskind

Chez Le Livre de Poche, novembre 2009.
85 pages, 5€10.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Comment l’amour qui nous abêtit, et qui est potentiellement capable de faire de nous des brutes, peut-il être ressenti et désigné comme le bonheur suprême ? L’amour n’est-il qu’une maladie, et non la plus belle, mais la plus terrible qui soit ? Ou bien est-il un poison dont le dosage décide s’il est bénéfique ou dévastateur ? Au secours, Socrate, au secours ! C’est bien l’amour et son funeste double, la mort, que l’auteur du Parfum a choisi d’embrasser ici dans un même mouvement d’humour et d’audace. L’essayiste en appelle à Goethe, Wagner ou Stendhal, compare les destins d’Orphée et de Jésus qui, tous deux, ont tenté de vaincre la mort au nom de l’amour. Mais c’est surtout le romancier que l’on retrouve avec bonheur dans ce bref essai, lui qui sait, mieux que personne, brosser en quelques lignes des saynètes cocasses et bouleversantes.

Mon avis :
Je me lance à la découverte des autres écrits de Patrick Süskind après l’énorme coup de cœur que j’avais eu pour Le Parfum. J’ai donc acheté tous les petits livres que j’ai pu trouver, dont Sur l’amour et la mort qui est une sorte d’essai philosophique qui tente de nous expliquer que l’amour n’est pas un aussi beau sentiment que veulent nous le faire croire les auteurs et les poètes et qu’il est au final, très lié à la mort.

Ce n’est pas un type de récit que j’ai l’habitude de lire mais l’écriture de Süskind qui est très accessible et très fluide m’a fait lire ces 85 pages d’une traite et je suis ravie de m’être lancée dans cette aventure et d’être sortie de ma zone de confort grâce à cet auteur. Il aborde les sujets de l’amour et la mort avec un style très poétique et très lyrique qui font que l’on se lance dans cette lecture sans vraiment savoir vraiment de quoi l’on va parler, mais on laisse les pages défiler avec plaisir et on suit le court de sa pensée. J’ai avalé ce petit livre à une vitesse folle et j’ai absolument adoré. J’ai aimé les liens qu’il crée entre l’amour et la mort, les exemples qu’il utilise, les auteurs qu’il cite… Il ne nous explique pas son idée et ne nous laisse pas sur notre faim, il va au fond de son raisonnement, nous montre plusieurs aspects de l’amour qui n’a rien d’un petit sentiment. L’amour est un poison qui change l’homme, l’homme devient bestial, il perd la raison. Mais l’amour peut aussi être une bonne chose, il faut simplement savoir trouver le bon dosage pour ne pas atteindre la folie.

La dernière partie nous offre une comparaison entre Orphée et Jésus qui tentent tous les deux de vaincre la mort, ce que j’ai déjà trouvé très ambitieux et surtout très intéressant, j’ai adoré.

Chroniques Livres

La fille tombée du ciel de Heidi W. Durrow

Chez Le Livre de Poche, mai 2013.
288 pages, 6€00.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
A onze ans, Rachel Morse, fille d’une mère danoise et d’un père GI noir américain, voit sa vie basculer : un drame dont elle est la seule survivante lui arrache sa famille.
Recueillie par sa grand-mère paternelle, une femme aussi aimante qu’intransigeante, Rachel découvre bientôt la difficulté d’être métisse dans une société qui donne trop d’importance à la couleur de peau. Des voix se mêlent à son récit pour dévoiler la véritable nature de la tragédie qui s’est déroulée, un triste jour d’été, sur un toit de Chicago. La plus vibrante d’entre elles est celle de Brick, un jeune voisin qui a assisté à sa chute et qui se retrouve, bien malgré lui, dépositaire du seul fragment de vérité susceptible de libérer Rachel des ombres de son passé.

Mon avis :
Tombée par hasard sur ce livre dans un magasin d’occasions, je me suis laissée tentée sans avoir entendu d’avis, que ce soit positif ou négatif. Je ressors de cette lecture sans être totalement convaincue, mais en ayant passé tout de même un bon moment.

La fille tombée du ciel, c’est Rachel Morse. Après le décès de sa mère, de son frère et de sa sœur, elle vient s’installer chez sa grand-mère. Rachel est en deuil, elle ne connaît pas très bien sa grand-mère qui ne comprend pas cette petite fille distante et différente… Rachel se pose des tas de questions, en plus d’avoir perdu sa famille, elle doit apprendre à refaire sa vie dans un nouvel environnement, avec de nouvelles personnes. De plus, Rachel est métisse et va souffrir de moqueries parce qu’elle n’est ni blanche, ni noire. Elle n’appartient à aucune communauté et les enfants de son âge vont se charger de lui faire comprendre qu’elle est seule face à eux. En parallèle de Rachel, nous suivons Brick, l’un de ses voisins qui a assisté à l’accident qui a coûté la vie à sa famille. Brick non plus n’a pas une vie facile, sa mère est alcoolique et dépressive et passe son temps avec de « nouveaux amis » dans la chambre à coucher… Brick passe son temps seul, lui aussi.
Ce roman aborde des sujets très fort et poignants et certaines scènes étaient vraiment émouvantes. On y parle de suicide, de meurtre, de dépression, d’amour, de sexe… C’est un roman assez court mais très dense et qui fait passer le lecteur par pas mal d’émotions. Je me suis beaucoup attachée à Rachel, elle essaye de grandir malgré ce qui lui est arrivé, elle veut oublier le passé même si cela reste difficile. Sa grand-mère lui mène la vie dure, elle ne la comprend pas.
J’ai trouvé la fin un peu précipitée et les chapitres sur Brick, bien que touchants également, en décalage par rapport à la vie de Rachel. Bien que les deux enfants soient liés, je n’ai pas vraiment compris où voulait en venir l’auteure en nous montrant les vies de ces deux enfants. Brick est lié à l’enquête concernant l’accident de la famille de Rachel qui est tombée du toit, est-ce un accident ou quelqu’un les a t-il poussés ?

Chroniques Livres

Le violoniste de Mechtild Borrmann

Chez Le Livre de Poche, janvier 2016.
312 pages, 7€30.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Moscou, 1948. Alors que le violoniste virtuose Ilja Grenko quitte la salle de concert sous des tonnerres d’applaudissements, son stradivarius à la main, il est arrêté et conduit à la terrifiante Loubianka, le siège du KGB, sans comprendre ce qu’on lui reproche. Après des jours de privations, d’humiliations et d’interrogatoires, Ilja signe des aveux absurdes qui le condamnent à vingt ans de goulag, après qu’on lui a promis que sa femme Galina et leurs deux très jeunes enfants ne seront pas inquiétés. Mais sa famille est envoyée en exil au bout du monde, dans un enfer à ciel ouvert, le Kazakhstan. Le violon de Grenko d’une valeur inestimable disparaît à jamais. Deux générations et quelques meurtres plus tard, le petit-fils de Ilja, Sasha, se met en quête du stradivarius et apprend les heures les plus sombres de l’histoire de sa famille, broyée par le régime totalitaire et ses hommes de main, indifférents à toute dignité humaine.

Mon avis :
Le Violoniste commence à la fin du concert d’Ilia Grenko, violoniste, qui se fait embarquer pour être interroger. Il n’a pas le temps de prévenir sa femme qui l’attend dans le hall de la salle de concert, il ne comprend pas vraiment ce qu’on lui reproche, et n’a que son violon sur lui.

C’est là que tout commence, on est directement plongés dans l’action de ce roman, on cherche à comprendre, comme Ilia, ce qui lui est reproché et petit à petit, l’histoire avance. Les chapitres alternent entre Ilia, sa femme Galina et Sacha, son descendant qui souffre toujours de cette même persécution contre les Grenko.

Pour commencer, j’ai adoré le contexte historique de ce roman qui nous plonge au coeur de la Russie stalinienne et des goulags, bien que le roman soit assez court il ne lui manque rien et je suis passée par des tas d’émotions : on en apprend énormément sur la Russie et sa politique de l’époque : les goulags, les tsars, le KGB, les interrogations menées contre les personnes suspectées de trahison, les dénonciations, et nous sommes également plongés dans la Russie contemporaine et un Sacha poursuivit sous la politique de Poutine. Certaines descriptions sont vraiment très poignantes et certaines scènes m’ont donné des frissons, c’est très réaliste et très prenant.

L’alternance des chapitres aide beaucoup à nous plonger dans la psychologie des personnages et nous fait beaucoup avancer. Les personnages sont terriblement courageux et plein de bonne volonté, ils n’abandonnent à aucun moment. J’ai trouvé les premiers chapitres un peu brouillon, mais je crois surtout que c’était le temps que je m’habitue au style de l’auteur et que je plonge entièrement dans le roman. Une fois passées les premières 50 pages, j’ai eu du mal à le lâcher et je n’avais qu’une hâte : découvrir quel allait être le destin d’Ilia et de sa petite famille, quel allait être le destin de son cher violon.

Un excellent roman aux allures de thriller que j’ai eu du mal à lâcher.

Chroniques Livres

L’île mystérieuse de Jules Verne

Chez Le Livre de Poche, mai 2002.
826 pages, 8€60.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
L’Île mystérieuse raconte l’histoire de cinq personnages : l’ingénieur Cyrus Smith, son domestique Nab, le journaliste Gédéon Spilett, le marin Pencroff et l’adolescent Harbert. Pour échapper au siège de Richmond pendant la guerre de Sécession, ils décident de fuir à l’aide d’un ballon, mais échouent sur une île déserte qu’ils baptiseront l’île Lincoln. Après avoir mené une exploration de l’île, ils s’y installent en colons mais quelque chose semble veiller sur eux : qui ? quoi ? comment ? et pourquoi ? Comment vont-ils survivre entre la vie sauvage et les personnes qui les entourent.

Mon avis :
Après la très bonne expérience qu’avait été ma lecture du Tour du Monde en 80 jours, mon premier Jules Verne, je me suis lancée dans cette lecture beaucoup plus imposante. Et mon ressenti est beaucoup plus mitigé… Je pense tout simplement que je m’attendais à tout autre chose.
Le roman commençait pourtant bien, les personnages s’échouent sur une île et doivent apprendre à vivre avec peu de moyens mais principalement grâce à leurs connaissance de la science et de la vie naturelle. Les personnages sont de vrais héros, une petite bande masculine qui se complète grâce aux connaissances de chacun.

On en apprend énormément (vraiment énormément, je dirais qu’au moins la moitié du roman repose sur des informations scientifiques) sur les choses que l’on peut faire avec les plantes, les animaux, la roche, et tout ce que l’on peut trouver sur une île pour survivre, au point que cela devenait parfois surréaliste… C’est très intéressant mais parfois extrêmement long, au point que les descriptions de ces éléments scientifiques (qui sont parfois répétitives) prennent plusieurs pages et nous font perdre le fil de l’histoire et l’avancée du récit des personnages. Les héros de l’histoire m’ont également parfois troublée, ils sont beaucoup trop parfaits et lisses. Ils n’ont pratiquement pas de défauts, ils se réjouissent de tout et de rien, ne se plaignent jamais de la situation et le ton ne monte jamais entre eux…
La fin est un joli clin d’œil à une autre oeuvre de l’auteur, que je n’ai malheureusement pas encore lue mais le nom est tellement connu que je le connaissais forcément. J’ai aussi beaucoup aimé les nombreuses illustrations de cette édition du Livre de Poche.

Globalement, c’était tout de même une bonne lecture, il s’agit quand même d’un classique de la littérature française. Jules Verne nous emmène dans son monde et les personnages nous font vivre quelques aventures et quelques rencontres, mais je m’attendais à ce qu’il se passe beaucoup plus de choses avec un tel titre et en 800 pages. Au final, c’est plus une histoire de survie qu’une histoire de mystères et de questionnement sur l’île. Certes, il demeure certains événements surprenants et sans explication sur le moment mais pas assez à mon goût. Je pensais sincèrement trouver un roman presque fantastique en attaquant ce livre et ce n’est pas du tout le cas.

Chroniques Livres

Marion, 13 ans pour toujours de Nora Fraisse

Chez Le Livre de Poche, novembre 2015.
192 pages, 6€30.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Marion, ma fille, le 13 février 2013, tu t’es suicidée à 13 ans, en te pendant à un foulard, dans ta chambre. Sous ton lit en hauteur, on a trouvé ton téléphone portable, attaché au bout d’un fil, pendu lui aussi pour couper symboliquement la parole à ceux qui, au collège, te torturaient à coups d’insultes et de menaces. J’écris ce livre pour te rendre hommage, pour dire ma nostalgie d’un futur que tu ne partageras pas avec moi, avec nous. J’écris ce livre pour que chacun tire les leçons de ta mort. Pour que les parents évitent à leurs enfants de devenir des victimes, comme toi, ou des bourreaux, comme ceux qui t’ont fait perdre pied. Pour que les administrations scolaires s’évertuent à la vigilance, à l’écoute et à la bienveillance à l’égard des enfants en souffrance. J’écris ce livre pour qu’on prenne au sérieux le phénomène du harcèlement scolaire. J’écris ce livre pour que plus jamais un enfant n’ait envie de pendre son téléphone, ni de suspendre à jamais sa vie.

Mon avis :
Il est toujours difficile de noter un témoignage et encore plus quand il aborde un sujet aussi délicat que Marion, 13 ans pour toujours. Ici, Nora Fraisse nous présente sa fille aînée, Marion, qui s’est suicidée un mercredi dans sa chambre après être rentrée plus tôt du collège parce qu’elle ne se sentait pas bien. Après enquête de la part de la police et surtout de la part de ses parents, le verdict tombe : Marion était victime de harcèlement. Ses amis s’étaient retournés contre elle et avaient rejoint la bande qui s’en prenaient à elle. Elle n’avait plus personne, avait décidé de rompre avec son petit copain pour qu’ils ne lui fassent pas la même chose. Les insultes, les coups… Marion a subit toutes ces choses en silence. Personne ne l’a signalé à ses proches. L’histoire de Marion est vraiment tragique et m’a brisé le cœur parce que je me suis presque reconnue dans certaines descriptions que faisait sa mère. Le collège est une période ingrate et difficile dont on ne sort que rarement indemne.

Ce qui est relaté dans ce livre, c’est principalement le silence. De la part de Marion comme de l’administration, personne n’a signalé le changement de comportement ou les nombreuses disputes qui éclataient au collège à ses parents. Le suicide de Marion n’est pas sans conséquences pour ses parents, qui bien sûr se sentent coupables, cherchent une explication, ne comprennent pas ce qui l’a poussée à aller jusqu’à mourir. Mourir pour ne plus souffrir.

Le silence de l’administration et la façon dont la mort de Marion a été manipulée par les médias sont les deux choses qui m’ont le plus choquée, avec l’acte de la jeune fille. Le collège n’a même pas présenté ses condoléances à sa famille, le principal a refusé de reconnaître qu’ils avaient peut-être une responsabilité dans sa mort, qu’ils auraient dû faire quelque chose, voir quelque chose. Les médias, qui parle de Marion, son caractère, la lettre qu’elle a laissé à sa mort sans même demander leur accord à ses parents… C’est comme si elle n’avait pas le droit de garder son image, tout est utilisé.
La seule chose qui m’ait un peu déçue dans ce livre, c’est que Nora Fraisse s’est engagée depuis à lutter contre le harcèlement scolaire avec une fondation, mais elle n’en parle pas beaucoup ici. J’imagine qu’elle en parle plus dans son autre livre Stop au harcèlement !, mais j’aurais aimé savoir un peu quelles étaient les actions ou les idées de l’association Marion la main tendue. Le harcèlement scolaire est un sujet dont on parle de plus en plus, je pense que c’est important et bien, même si cela dure depuis toujours et que l’on n’en parle que maintenant. Mieux vaut tard que jamais. Si des livres comme celui-ci peuvent aider des parents, des enfants et élèves qui font souffrir ou qui eux-même souffrent, ou des personnes travaillant dans le milieu scolaire à gérer la situation autrement, c’est une bonne chose.