Chroniques Livres

Dry – Neal et Jarrod Shusterman

Chez Robert Laffont dans la Collection R, Novembre 2018, 450 pages.
Ma note : 5/5 ♥

Quatrième de couverture :
Avez-vous déjà eu vraiment soif ? La sécheresse s’éternise en Californie et le quotidien de chacun s’est transformé en une longue liste d’interdictions : ne pas arroser la pelouse, ne pas remplir sa piscine, limiter les douches… Jusqu’à ce que les robinets se tarissent pour de bon. La paisible banlieue où vivent Alyssa et sa famille vire alors à la zone de guerre. Soif et désespoir font se dresser les voisins les uns contre les autres. Le jour où ses parents ne donnent plus signe de vie et où son existence et celle de son petit frère sont menacées, Alyssa va devoir faire de terribles choix pour survivre au moins un jour de plus.
À la croisée des sagas U4 et la 5e vague, un roman catastrophe aux accents prophétiques. Par l’auteur de la trilogie best-seller La Faucheuse, Neal Shusterman, et son fils.

Mon avis :
Après le coup de cœur qu’avait été le premier tome de La Faucheuse de Neal Shusterman, paru également dans la Collection R, j’étais très curieuse de découvrir ce nouveau roman. Un one-shot écrit à quatre mains avec son fils, Jarrod, nous plongeant dans un univers quasi apocalyptique quand des adolescents se retrouvent livrés à eux-mêmes en pleine « crise de l’eau ». Et cela n’a pas loupé, cette lecture a été un vrai dépaysement et m’a donné affreusement soif !

Nous découvrons d’abord Alyssa, une adolescente au quotidien assez classique, qui vit avec ses parents, son oncle, son petit-frère et leur chien dans un quartier pavillonnaire en Californie. Cela fait quelques semaines qu’une sécheresse s’abat sur les Etats-Unis et qu’ils doivent faire attention à leur consommation d’eau : les restrictions diverses et variées ne cessent de tomber… mais jusqu’à présent, rien d’ingérable. Jusqu’à ce que les robinets cessent de couler et que l’eau ne vienne plus jusqu’à eux. Si la menace était réelle depuis quelques temps, personne ne s’attendait vraiment à ce que l’eau disparaisse. C’est une denrée tellement facile à obtenir : après tout, il suffit d’ouvrir le robinet pour l’obtenir. C’est tout simple. Et pourtant…

C’est quand les machines de désalinisation sont mises en route sur la côte que les parents d’Alyssa décident de partir pour ramener de l’eau potable. Maintenant seuls, Alyssa et son frère vont finalement demander de l’aide à leur voisin, un garçon un peu bizarre (mais avec beaucoup d’humour) qui vit dans un véritable bunker avec ses parents qui eux avaient déjà tout prévu pour la fin du monde. Sur la route, ils rencontreront deux autres adolescents qu’ils embarqueront avec eux, sans vraiment avoir le choix. C’est cette petite troupe de cinq adolescents que l’on va suivre tout au long du roman alors qu’ils tentent d’abord de trouver de l’eau, mais aussi de retrouver les parents d’Alyssa et surtout… de survivre. Livrés à eux-même, ils vont réaliser que sans eau, l’homme est capable du pire et devient la pire des créatures.

Ce roman se dévore. Présenté comme un roman pour adolescents, je suis persuadée qu’il peut plaire au plus grand nombre et aux fans du genre dystopique, amateurs de Hunger Games, La 5ème Vague et autres sagas littéraire à succès du même type, par exemple. J’étais curieuse au début de savoir comment l’histoire allait évoluer et surtout comment les auteurs allaient nous embarquer dans cette aventure à l’aspect catastrophe, mais je me suis finalement prise au jeu et j’ai eu terriblement soif tout au long de ma lecture. C’était diablement efficace et je vous conseille vivement de vous munir d’une bouteille d’eau fraîche si vous pensez vous attaquer à ce roman. J’ai également beaucoup aimé l’originalité du roman, en dehors du sujet abordé : pas de niaiserie adolescente et de raccourcis ici. L’intrigue est intelligemment ficelée, les personnages sont raisonnés et attachants, on prend beaucoup de plaisir à les suivre. Et surtout : pas de triangle amoureux ou de romance qui ne sert à rien, et rien que pour ça, j’ai envie d’embrasser les auteurs. L’écriture de Neal et Jarrod Shusterman est incisive, ils n’hésitent pas à nous confronter à la pire des situations possible pour l’homme. On découvre la facette la plus sombre de la survie.

Derrière le road-trip et l’aventure, j’ai surtout apprécié l’aspect écologique du roman qui nous pousse à nous questionner sur notre propre consommation de ressources naturelles, un sujet plus que jamais d’actualité. Le réchauffement climatique, la disparition d’espèces sauvages, les déchets de plus en plus nombreux et difficiles à éliminer, la destruction de zones sauvages… tous ces éléments qui peuvent sembler lointain mais qui ont un impact direct sur notre quotidien. Les personnages ne ressortiront pas indemnes de leur voyage, mais le lecteur non plus, qui se retrouve lui aussi embarqué dans cette aventure.

En bref, une lecture intelligente et terriblement efficace, je la recommande à tous ! 🙂

Chroniques Livres

Filles de la mer de Mary Lynn Bracht

Chez Robert Laffont, février 2018, 432 pages.
Ma note : ★★★★★
Coup de cœur

Quatrième de couverture :
Sur l’île de Jeju, au sud de la Corée, Hana et sa petite sœur Emi appartiennent à la communauté haenyeo, au sein de laquelle ce sont les femmes qui font vivre leur famille en pêchant en apnée. Un jour, alors qu’Hana est en mer, elle aperçoit un soldat japonais sur la plage qui se dirige vers Emi. Aux deux filles on a maintes fois répété de ne jamais se retrouver seules avec un soldat. Craignant pour sa sœur, Hana rejoint le rivage aussi vite qu’elle le peut et se laisse enlever à sa place. Elle devient alors, comme des milliers d’autres Coréennes, une femme de réconfort en Mandchourie.

Mon avis :
Filles de la mer est un roman coup de poing qui a assez peu fait parler de lui mais qui, à mon humble opinion, mérite vraiment le temps de lecture. Acheté lors de ma visite au salon Saint-Maur en Poche 2018, j’ai craqué parce que l’auteure était présente et que c’était peut-être là ma seule occasion de le faire dédicacer… je ne tenais pas à regretter plus tard, sachant que j’avais très envie de le lire depuis sa sortie. Et je ne regrette qu’une chose : ne pas l’avoir lu avant pour pouvoir en discuter avec elle au salon.

Nous y découvrons l’histoire parallèle de deux sœurs : Hana pendant la seconde guerre mondiale et Emi en 2011, deux histoires qui vont bien sûr être liées tout au long du récit par leur lien fraternel et les épreuves que la première va traverser.
Les deux jeunes femmes ont été élevées sur l’île de Jeju, en Corée, dans la communauté des haenyeo (les « filles de la mer ») : elles pêchent de manière traditionnelle en profondeur pour ensuite vendre leur butin sur le marché. Un jour, alors qu’Hana est en train de pêcher avec sa mère et que sa petite sœur est seule sur la plage, elle aperçoit un soldat japonais. Incapable de laisser sa sœur se faire enlever, elle se fait prendre à sa place et la voilà embarquer dans un destin terriblement tragique et brutal : elle devient une « femme de réconfort » pour les soldats japonais présents en Corée pendant l’Occupation. Envoyée en Mandchourie dans un bordel, elle se fait violer à répétition, perd son identité pour être appelée Sakura, doit faire face aux réalités de la situation et aux horreurs des hommes mais ne perd pas son unique but et garde en tête ce qui lui tient le plus à cœur : retrouver la liberté, sa famille et regagner la mer.

Filles de la mer est un roman terriblement difficile, déchirant et poignant sur le destin de toutes ces femmes brutalisées pendant la guerre. Un véritable hommage à toutes les victimes de soldat, de violences et qui ont été malheureusement oubliées par l’Histoire. Les chapitres concernant Hana sont durs, violents et dévoilent une partie oubliée de la guerre et je dois dire que je ne m’attendais pas à lire quelque chose d’aussi sombre quand j’ai attaqué ma lecture. Il faut s’accrocher pour faire face à toutes les épreuves que traverse la pauvre Hana… Je ne pensais pas m’attaquer à un tel sujet en lisant ce roman.
C’est dans la partie narrée par Emi que nous découvrons l’autre aspect de l’histoire : cette soeur qui a été protégée mais qui ne s’est jamais pardonnée d’avoir laissé Hana partir avec ce soldat sans rien dire. Toute sa vie, elle s’en ait voulu et alors qu’elle organise son dernier voyage pour rendre visite à ses enfants, elle veut se rendre à une cérémonie de commémoration où les familles et descendants de ses femmes se battent, pour que le gouvernement reconnaisse les faits et que ces femmes soient enfin reconnues. Emi n’a jamais abandonné l’idée de retrouver Hana, mais sa culpabilité l’a toujours empêcher de vivre pleinement sa vie.

Je recommande vivement ce roman, mais soyez prévenus de son contenu. C’est une histoire dure, difficile à lire mais qui vaut vraiment le détour. L’écriture de Mary Lynn Bracht nous accompagne avec douceur tout au long de ce récit riche, dans lequel il arrive énormément d’événements, et certains passages teintent le tout d’une certaine dose d’espoir. Deux femmes exceptionnelles. Un concentré d’émotions. C’est un coup de cœur.

Chroniques Livres

La femme qui tuait les hommes de Eve de Castro

Chez Robert Laffont, janvier 2018, 288 pages.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Paris, 2017. Saint-Pétersbourg, 1909. Une rencontre sur un quai de métro. Un hallucinant fait divers. Un voyage entre deux mondes où se noue le destin d’une couturière octogénaire, d’un écrivain coureur de jupons, du jeune Lénine et d’une terrible justicière. Une comtesse savoyarde y côtoie un poseur de rails et un cirque ambulant. De la Russie pré-révolutionnaire au Paris littéraire, mêlant humour, tendresse et gravité, Eve de Castro nous embarque, nous bouscule, nous envoûte.

Mon avis :
Ce livre m’a été envoyé par Filipa et les éditions Robert Laffont, je tiens à les remercier de m’avoir permis cette lecture. La femme qui tuait les hommes m’intriguait énormément à cause de son titre. Je n’ai jamais rien lu d’Eve de Castro, ça a donc été une totale découverte. Une lecture qui a finalement été en demi-teinte mais qui ne m’empêchera pas de découvrir ses autres ouvrages parce que j’ai quand même passé de bons moments.

Ce roman se déroule sur deux chronologies, mais les histoires finissent bien évidemment par se croiser et les personnages sont liés d’une façon ou d’une autre, nous nous en doutons dès le début de la lecture. À travers les personnages de Jeanne et de Léna, nous découvrons deux quotidiens très différents, mais pourtant pas si éloignés. Elles sont femmes, elles sont solitaires, elle sont brisées. Jeanne, couturière retraitée, a été manipulée toute la vie par les hommes. Léna, quant à elle, venge les autres femmes et les enfants en assassinant les hommes violents. Nous allons donc être embarqués sur les pas de cette fameuse Léna, une jeune femme russe amoureuse du futur Lénine, condamnée à mort en 1909 pour avoir tué près de 300 hommes. C’est cette histoire de meurtre qui nous est vendue dans le résumé et par le titre du roman, mais cet élément n’arrive qu’assez tard dans le roman et cela m’a pas mal déçue. Je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus mouvementé, de plus rapide et j’ai finalement dû attendre une mise en place avant d’attaquer le vif du sujet, ce que j’ai trouvé long pour un roman « si » court.

Si j’ai bien apprécié la première partie avec la présentation des personnages et l’alternance des deux époques et des deux points de vue, je me suis parfois perdue dans la chronologie des événements. Nous nous perdons entre Jeanne, son passé, ainsi que Léna et son histoire. Je pense que je n’ai sans doute pas lu ce roman au bon moment : même s’il est court, il se passe beaucoup de chose et je l’ai trouvé assez dense. J’avais beaucoup de choses en tête et je pense vraiment que je l’aurais beaucoup plus apprécié si je l’avais lu à un moment moins compliqué pour moi.

J’ai trouvé certains passages absolument magnifiques et j’ai même relevé certains dialogue que j’ai trouvé sublimes. L’écriture d’Eve de Castro m’a charmée et je réitérerai l’expérience avec grand plaisir.

Chroniques Livres

La Sélection #5, La Couronne de Kiera Cass

Chez Robert Laffont dans la Collection R, mai 2016.
16€90, 336 pages.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Il ne doit en rester qu’un.
Vingt ans après la Sélection d’America Singer, et malgré l’abolition des castes, la famille royale d’Illeá doit à nouveau faire face au mécontentement du peuple : l’heure est venue de lancer une nouvelle Sélection. Sa mère à l’article de la mort, son père dévasté, il est temps pour la princesse Eadlyn de passer à la vitesse supérieure dans le processus de la Sélection. Encore novice aux jeux de l’amour et du pouvoir, détestée par une partie de l’opinion publique, elle doit pourtant choisir au plus vite son Élite de six prétendants.
Devenir femme, épouse et reine en l’espace de quelques semaines, telle est la lourde tâche qui repose sur les épaules de la princesse. Mais le cœur peut se révéler un précieux allié, pour qui sait l’écouter…

Mon avis :
Je garde un excellent souvenir de la première trilogie de la Sélection : l’histoire d’America et de Maxon était prenante, m’a fait tourner les pages à une vitesse folle, l’écriture de Kiera Cass est entraînante et j’avais hâte de découvrir cette suite, qui suit les aventures de leur fille Eadlyn lorsqu’elle doit à son tour organiser sa propre Sélection.
Dans ma chronique du tome 4, L’Héritière, je vous faisais part de mon scepticisme quant à cette suite. Je n’étais pas très sûre du choix de continuer la trilogie avec la descendance du couple America/Maxon. Si l’écriture et le rythme sont toujours les même, et font défiler les chapitres toujours aussi rapidement, l’héroïne est une vraie tête à claques que je n’ai pas comprise, pas réussi à apprécier un seul instant. America était un personnage tellement attachant, fort et charismatique, qu’il est très difficile d’enchaîner avec sa fille et de comprendre d’où lui vient une telle personnalité.

Ce cinquième et dernier tome (du moins, j’espère que cette fois-ci il s’agit bien du dernier…) me conforte dans cette impression : Eadlyn est loin de ressembler à ses parents et ce n’est pas vraiment positif pour le roman. Je continue de penser que ces deux tomes étaient en trop et que la trilogie originale se suffisaient amplement, et je vous conseillerai même de vous arrêtez à la fin du troisième tome si vous ne voulez pas être déçus. L’univers reste le même et même si Kiera Cass a tenté d’ajouter beaucoup de politique à l’histoire d’Eadlyn, cela ne fonctionne que partiellement et ne parvient pas à compenser sa personnalité et les personnages secondaires qui sont très effacés. Les prétendants à la Sélection sont insignifiants, je ne me suis pas attachée à un seul d’entre eux…

L’histoire de tome 4 était plate, il n’y avait pas beaucoup d’action et tout tournait énormément autour de la Sélection et le refus d’Eadlyn de se prêter au jeu. Ce 5ème tome ajoute de l’action et du piquant en comparaison au 4ème, mais ce n’est rien comparé à la première trilogie qui nous a surpris tout au long des trois tomes. Si la dystopie n’est que très peu prononcée et que les romans tournent surtout autour de la romance, ce sont des romans qui se laissent tout de même lire très facilement et sans prise de tête. Eadlyn prend le pouvoir en tant que reine pour remplacer son père sur le trône et doit gérer toutes ses réponsabilités, ce qui va bien sûr la faire grandir et lui remettre les idées en place rapidement. Elle va devoir apprendre à gérer sa situation de nouvelle reine qui n’est pas très appréciée de son peuple, jugée trop froide, fausse et distante. Ce 5ème tome nous montre donc une évolution du personnage, mais j’ai trouvé que cette évolution venait malheureusement beaucoup trop tard et je me suis lassée (pour ne pas dire ennuyée) la plupart du roman, attendant enfin que le déclic se fasse.

C’est donc une vraie déception, même si je suis contente d’avoir terminé cette série et d’avoir tenu jusqu’au bout, au moins pour découvrir ce que sont devenus America et Maxon.

Chroniques Livres

Le Sang des Dieux et des Rois de Eleanor Herman

Chez Robert Laffont dans la Collection R, avril 2016.
17€90, 560 pages.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
A 16 ans, Alexandre, héritier du trône de Macédoine, est en passe de découvrir son destin de conquérant, mais se trouve irrésistiblement attiré par une nouvelle venue… Katerina doit naviguer dans les eaux troubles des intrigues de cour tout en taisant sa mission secrète : tuer la reine. Mais c’est sans compter sur son premier amour… Jacob est prêt à tout sacrifier pour gagner le cœur de Katerina, même si cela signifie se mesurer à Hephaestion, tueur sous la protection d’Alexandre. Et, par-delà les mers, Zofia, princesse persane fiancée à Alexandre sans l’avoir rencontré, désire changer sa destinée en partant en quête des légendaires et mortels Mangeurs d’Esprit.

Mon avis :
Le Sang des Dieux et des Rois est un excellent premier tome qui nous permet surtout de situer le décors pour la suite des événements et de nous présenter les différents personnages principaux qui viendront se croiser au fil des pages des différents tomes. Dans ce premier tome, nous faisons la connaissance d’Alexandre, le fameux Alexandre héritier du trône de Macédoine qui deviendra le fameux conquérant, mais l’histoire de ce roman ne s’arrête pas là puisqu’elle est mêlée à un aspect fantastique. En effet, il s’agit d’une réécriture de l’histoire et de l’adolescence d’Alexandre le Grand.

Alexandre tient à montrer sa valeur, il refuse d’hériter du trône simplement parce que les choses doivent se passer ainsi, alors aidé de son ami Héphaestion, il va tenter de remporter un concours pour gagner de l’argent de mener sa quête à bien. Mais c’était sans compter sur les autres personnages du roman : dans l’arêne, Héphaestion va affronter Jacob, qui a accompagné Katerina dans la cité. Prêt à tout pour la jeune fille, il va remporter le tournoi pour lui prouver qu’elle peut compter sur lui. Katerina mène elle aussi sa propre quête : elle veut comprendre qui elle est, et pour cela elle doit comprendre ce qui est arrivé à sa mère, qui servait la reine jusqu’à sa naissance. Et pour comprendre, elle va devoir se rapprocher de la reine et la tuer. Zofia, quant à elle, vit de l’autre côté de l’océan et est une princesse. Amoureuse d’un garde, elle va s’enfuir quand elle va apprendre qu’elle est fiancée à Alexandre.

Les personnages sont tous plus ou moins attachants, j’ai eu une préférence pour Héphaestion et Zofia, qui sont plutôt secondaires quand on les compare à Katerina et Alexandre. Alexandre n’a rien du grand combattant que l’on pourrait imaginé et c’est un aspect du personnage que j’ai beaucoup apprécié, avec sa malformation à la jambe il doute énormément de lui, il flanche à plusieurs reprises et se pense incapable de régner correctement sur la Macédoine sans avoir prouvé sa valeur. L’écriture d’Eleanor Herman convient parfaitement au thème, elle est très fluide et pourtant très détaillée, on ressent toutes les recherches effectuées pour l’écriture du roman et c’est très agréable. Le dosage entre historique et fantastique et parfait et les deux se complètent pour former un tout très équilibré.

Les personnages ne vont cesser de se croiser au fil des pages, chacun tentant de mener sa quête à bien et de faire avancer l’intrigue. Même si ce premier tome est un tome introducteur, on ne s’ennuie pas une seule seconde tant il est rempli d’événements et de rebondissements et j’ai hâte de découvrir la suite !

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La sélection, histoires secrètes #2 de Kiera Cass

Chez Robert Laffont dans la Collection R, Octobre 2015.
180 pages, 11€90.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Ce hors-série exceptionnel vous invite à remonter le temps : des années avant America, une jeune femme de caste inférieure est déjà venue au Palais dans l’espoir de conquérir la main du Prince. Découvrez dans « La Reine » comment Amberly, une fille ordinaire, est devenue souveraine d’Illeá.
La nouvelle exclusive « La Préférée » vous révèle les coulisses de l’histoire de Marlee : si America a longtemps hésité entre Aspen et Maxon, sa meilleure amie, elle, a su immédiatement ce qu’elle voulait… ou plutôt qui elle voulait. Quitte à tomber en disgrâce.
En bonus, Kiera Cass revient sur ce qu’il est advenu des autres candidates de l’Élite, et sur bien d’autres choses encore…

Mon avis :
Ces deux petites nouvelles sont dans le même prolongement que les romans de La Sélection, elles se lisent très rapidement, sont distrayantes et les personnages sont très attachants. Le style de l’auteur est le même, très fluide et agréable. Les pages défilent rapidement.

La première nouvelle sur la reine Amberly est celle qui m’a le plus pu des deux, elle nous permet vraiment d’en apprendre plus sur le personnage et ne tourne pas du tout en rond. C’est un personnage très doux que j’appréciais déjà beaucoup dans les romans principaux mais que j’avais trouvé trop effacé et trop secondaire, je suis donc ravie que Kiera Cass ait décidé de lui consacrer cette petite nouvelle qui nous raconte une partie de son histoire avec Clarkson et comment elle est devenue souveraine. Son histoire était très mignonne et plutôt originale.

L’histoire de Marlee ne nous est pas inconnue puisqu’elle est abordée dans la première trilogie de La Sélection, c’est pourquoi j’ai trouvé cette nouvelle un peu superflue même si elle nous permet d’aller après la punition qu’elle a reçu. C’est une histoire intéressante parce qu’elle nous montre une autre facette de Maxon.

Deux petites nouvelles très rapides à lire mais très agréables, qui permettent de prolonger l’histoire de la première Sélection. Ce tome n’est absolument pas indispensable pour la compréhension des tomes principaux, ce sont des petits bonus pour ceux qui apprécient beaucoup la série et voudraient continuer l’aventure. Je conseille ce livre aux fans de la saga qui l’apprécieront, les autres risquent d’être un peu déçus et de rester sur leur faim.

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L’infini + un de Amy Harmon

Chez Robert Laffont dans la Collection R, septembre 2015.
432 pages, 17€90.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Superstar internationale, Bonnie Rae Shelby a tout pour elle : l’argent, la beauté, la gloire et… l’envie d’en finir avec la vie. Finn Clyde, lui, n’est rien, n’a rien, à part son intelligence et son cynisme à toute épreuve. Il ne demande qu’à avoir sa chance. Un acte de compassion et quelques coïncidences plus loin, et voilà ce garçon et cette fille que tout oppose engagés dans un périple qui pourrait aussi bien les transformer que les anéantir.

Mon avis :
Malgré le succès que peut rencontrer Amy Harmon en France, je n’ai pas encore lu Nos Faces Cachées (pourtant dans ma PAL) et j’ai commencé par L’infini + Un. Le résumé était plutôt alléchant, et j’avais envie d’une lecture légère, d’une romance sans prise de tête et dont je ressorte sans avoir besoin de réfléchir. Une lecture facile.
L’infini + Un commence par la fuite de Bonne d’un stade où elle vient de finir le dernier concert de sa tournée, dans sa loge elle décide de se couper les cheveux, de s’emparer du sac à main de sa grand-mère (rempli d’argent), et de fuir pour enfin avoir la paix. Elle se dirige vers un pont, bien décidée à mettre fin à ses jours et d’en finir avec cette vie qui ne lui ressemble plus. C’est là que son chemin croise celui de Finn, appelé plus souvent Clyde. Il tente de la dissuader, puis la sauve lorsqu’elle saute. Elle s’accroche alors à lui pour 432 pages de road-trip à travers les Etats-Unis et une petite réécriture assumée du fameux couple Bonnie et Clyde.
J’ai passé un très bon moment, les personnages sont attachants et le rapprochement se fait petit à petit. J’avais peur qu’aussitôt montée dans la voiture, Bonnie ne tombe amoureuse de son sauveur et Clyde ne fasse de même avec Bonnie mais non, Amy Harmon prend son temps pour construire la relation entre les deux jeunes gens, ils discutent énormément, on en apprend beaucoup sur leurs passés respectifs, leurs peines, leurs erreurs… Ils ont beaucoup en commun, chacun a perdu son jumeau. Cela ne peut être une coïncidence qu’ils soient tombé l’un sur l’autre comme ça, Bonnie en est persuadée.

Pour ma part, j’ai trouvé ça « un peu gros », trop de similitude entre les deux personnages, ça finit par être un peu beaucoup. Bien que cela soit amené avec délicatesse, à un moment j’ai eu du mal à y croire et ça n’avait plus rien de réaliste (bien qu’une pop star en fuite avec un ex taulard, ça ne soit pas forcément la chose la plus réaliste du monde). Bonnie m’a plus d’une fois énervé et j’ai eu envie de la secouer dans tous les sens : les choses prennent des proportions incroyables simplement parce qu’elle ne prend pas la peine d’appeler sa grand-mère et de mettre les choses au clair avec elle, et c’est Clyde qui en paye les frais, il est accusé de l’avoir kidnappée mais ça ne semble pas la faire réfléchir plus que ça… Finn est celui qui m’a le plus touché des deux.
Au final, c’est un bon roman mais je n’en garderai pas un souvenir incroyable. J’ai passé un très bon moment, c’était une très jolie romance mais certains aspects étaient « trop » pour que je tombe complètement sous le charme.

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La chute des géants, Le Siècle #1 de Ken Follett

Chez Robert Laffont, septembre 2010.
997 pages, 24€50.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
En 1911, les grandes puissances vivent leurs derniers instants d’insouciance. Bientôt la guerre va déferler sur le monde… De l’Europe aux Etats-Unis, du fond des mines du pays de Galles aux antichambres du pouvoir soviétique, en passant par les tranchées de la Somme, cinq familles vont se croiser, s’unir, se déchirer, au rythme des bouleversements de l’Histoire. Passions contrariées, rivalités et intrigues, jeux politiques et trahisons… Billy et Ethel Williams, Lady Maud Fitzherbert, Walter von Ulrich, Gus Dewar, Grigori et Lev Pechkov vont braver les obstacles et les peurs pour s’aimer, pour survivre, pour tenter de changer le cours du monde.

Mon avis :
J’ai ce livre dans ma PAL depuis sa sortie, même chose pour les deux tomes suivants. Ken Follett, c’est un peu une référence pour moi depuis ma lecture des Piliers de la Terre et de sa « suite », Un monte sans fin donc je ne me faisais pas trop de souci. C’est plutôt les 1000 pages par tome qui me faisaient un peu peur… Et finalement, c’est passé comme une lettre à la poste. Je crois n’avoir jamais lu un aussi long livre en aussi peu de temps !

Ce premier tome du Siècle commence en 1911 pour finir quelques temps après la fin de la première guerre mondiale, nous suivons des personnages dans plusieurs pays tels que l’Allemagne, la Russie, l’Angleterre… Ils nous sont présentés dans leur quotidien, ils ne sont pas issus de la même classe sociale, ne se battent pas pour les mêmes choses, n’ont pas les mêmes convictions et pourtant, leurs destins sont liés et ils ne vont cesser de se croiser au fil des chapitres. Je me suis énormément attachée aux personnages, c’est ça qui est bien dans un aussi long roman : les personnages sont énormément détaillés et très bien construits, réalistes et attachants.

C’est avec l’assassinat de François-Ferdinand d’Autriche que les choses s’accélèrent et que l’on entre dans le vif du sujet : la première guerre mondiale est en marche. On se rend alors compte des conséquences que cet attentat à eu sur les relations internationales et sur la vie des gens de tous pays, et principalement sur les vies de nos personnages. J’ai appris énormément sur ce qui a amené à cette guerre, les implications des différents pays et ce, jusqu’à la fin du conflit.

Il y a de tout dans ce roman, de la guerre, des enquêtes, de l’amour, de l’amitié, des sentiments, de la peine… On passe par toute une palette de sentiments et c’est ce qui en fait un fabuleux roman et qui fait que c’est si difficile de s’en détacher.

Ce serait mentir de dire que je n’ai pas trouvé certains passages un peu longuets… La partie qui concerne les combats m’a s’emblée parfois sans fin, trop détaillée et pas assez romancée, il y a énormément d’informations données à la fois et c’était parfois difficile d’avancer. Mais l’écriture de Ken Follet m’a fait oublier ces petits défauts, les personnages sont vraiment les gros points forts de ce roman, j’ai eu du mal à le lâcher et à les abandonner une fois que je l’avais terminé.

Ce roman est une vraie fresque où les personnages ne cessent de se croiser les uns les autres, leurs destins sont liés et c’est un vrai délice. On apprend énormément tout en découvrant une histoire fabuleuse. Je ne peux que saluer le travail de recherches qui a été effectué pour cette trilogie, cela se ressent lors de la lecture.

Un vrai coup de cœur, j’ai déjà hâte de me plonger dans le second tome.

Chroniques Livres

Perdue et Retrouvée de Cat Clarke

Chez Robert Laffont dans la Collection R, avril 2015.
406 pages, 17€90.
Ma note : ★★★★☆
Quatrième de couverture :
PERDUE
Quand Laurel Logan, 6 ans, a été kidnappée, seule sa petite sœur en a été témoin. Toute l’enfance de Faith a été façonnée par la disparition de Laurel : de la séparation de ses parents à la présence constante des médias, en passant par celle de ces soi-disant amis qui ne veulent que lui parler de sa sœur.
RETROUVÉE
Treize ans plus tard, une jeune femme est retrouvée dans le jardin de l’ancienne maison des Logan, totalement déboussolée et serrant dans ses bras l’ours en peluche avec lequel Laurel a disparu.
Laurel est enfin de retour chez elle, saine et sauve. Faith avait toujours rêvé de revoir sa sœur, sans oser vraiment croire que cela arriverait. Mais une série troublante d’événements isole Faith et la pousse à la paranoïa : ce que l’on a perdu peut-il réellement être retrouvé ?

Mon avis :
Plus je lis des romans de Cat Clarke, plus j’ai envie d’en lire d’autres !
Perdue et Retrouvée nous plonge dans la vie de Faith, 17 ans, dont la grande soeur a été enlevée à ses cinq ans alors qu’elles jouaient toutes les deux dans le jardin de devant. Laurel n’a jamais été retrouvée et ses parents se sont toujours battus pour que l’on se souvienne d’elle, que l’enquête ne soit pas close et que les policiers continuent de chercher des indices. C’est 13 ans plus tard que le miracle arrive, avec un coup de téléphone. On les prévient que Laurel a été retrouvée dans le jardin de leur ancienne maison, désorientée et affaiblie mais vivante.

Mais voilà, Faith s’était faite à l’idée que l’on ne retrouverait jamais Laurel et qu’elle était maintenant fille unique. Ses parents se sont séparés, son père a refait sa vie avec un homme, Faith a un petit ami… L’arrivée de Laurel chamboule tout ça.

J’ai adoré ce roman pour son aspect psychologique, surtout en ce qui concerne Faith. L’arrivée de Laurel va chambouler sa petite vie et cela ne lui plaît pas particulièrement, puis elle éprouve des remords parce qu’elle apprécie sa « nouvelle » sœur qui fait tout pour lui plaire. Faith est un personnage qui évolue énormément au fil des pages, et je me suis beaucoup attachée à elle parce que j’ai compris ses réactions. Après tout, Laurel, malgré toutes les choses horribles qui lui sont arrivées, prend toute l’attention de ses parents, et l’on se demande même si elle ne le fait pas à son avantage en les manipulant parfois. Je n’en ai donc pas voulu à Faith d’être parfois jalouse ou énervée par sa soeur, qui monopolise l’attention de tous : ses parents, la ville, les médias… Le personnage de Laurel, lui, m’a vraiment retourné le cerveau. J’ignorais si elle était sincère, si elle manipulait tout le monde exprès, j’ai même été jusqu’à me demander si elle ne retournait pas voir son ravisseur de temps en temps, s’ils n’était pas de mèche tous les deux en la renvoyant chez elle pour obtenir quelque chose de la famille. Re-tour-né le cerveau je vous dis.

Puis finalement, on comprend bien vite que derrière cette petite vie parfaite que la famille essaye de reconstruire, quelque chose ne tourne pas rond avec Laurel, mais le retournement de situation vient bien trop tard à mon goût et je pense que c’est ce qui fait que j’ai lu le roman si vite : je voulais juste savoir quel était ce fameux secret que cachait Laurel. La fin est elle aussi un peu trop rapide, j’aurais préféré des explications plus longues et qu’elles arrivent plus tôt dans le roman pour que l’on se fasse à l’idée.

Malgré tout, Cat Clarke did it again et j’ai passé un excellent moment avec Faith et Laurel, et je compte bien me procurer ses autres romans qui manquent encore à ma bibliothèque!

Chroniques Livres

Phobos #1 de Victor Dixen

Chez Robert Laffont dans la Collection R, juin 2015.
448 pages, 17€90.
Ma note : ★★★☆☆
Quatrième de couverture :
Six prétendantes.
Six prétendants.
Six minutes pour se rencontrer.
L’éternité pour s’aimer.

Il veulent marquer l’Histoire avec un grand H.
Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d’un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l’émission de speed-dating la plus folle de l’Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars.
Elle veut trouver l’amour avec un grand A.
Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l’une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l’amour. Elle a signé pour un aller sans retour… Même si le rêve vire au cauchemar, il est trop tard pour regretter.

Mon avis :


J’avais entendu plusieurs avis positifs sur ce roman, et je n’ai pour l’instant jamais été déçue par une publication de la Collection R. La seule chose qui me rebutait un peu, c’était l’aspect science-fiction du livre, puisque c’est un genre que je n’affectionne pas particulièrement.

L’idée du roman est très originale et on ne peut que complimenter Victor Dixen pour cette dernière et pour le scénario qu’il a monté. On apprend énormément de choses, très rapidement et il faut se mettre très vite dans le bain de ce jeu télévisé dans l’espace. Malheureusement, on apprend trop de choses et ce bien souvent par le biais des dialogues, ce qui fait que rien n’est naturel. Les répliques sont très longues parce que les personnages du programme Genesis veulent donner le maximum d’informations au lecteur, mais cela casse totalement le rythme et nous donne presque l’impression de lire une notice d’utilisation du jeu. Le rendu est assez lourd, pour le coup. On retrouve également peu d’explications scientifiques, pour une oeuvre dans l’espace, je trouve ça un peu léger. Il y a également peu d’informations sur les six garçons, puisque nous sommes du côté des filles, et peu d’informations sur le personnage d’Andrew qui est très intrigant.

De plus, j’ai trouvé que les premières parties étaient plutôt lentes, le temps de rencontrer chaque candidate et le principe du jeu, et que le rythme s’accélérait d’un coup dans les dernières parties. Le rythme est très inégal. Les héroïnes sont également un souci pour moi, elles représentent toutes un stéréotype de l’adolescente : l’intello, la sportive, l’artiste… Elles sont obnubilées par la recherche de l’amour, ce qui les rend vraiment insupportables, sauf pour Leonor, notre personnage principal, qui sauve le tout et est un personnage que j’ai trouvé beaucoup mieux construit que les autres.

J’ai passé un bon moment mais je ne pense pas garder un merveilleux souvenir de ce roman. Je lirai tout de même la suite parce que la fin nous laisse sur les dents et j’ai hâte de découvrir où Victor Dixen va nous emmener.