Chroniques Livres

Collaboration horizontale de Navie et Carole Maurel

Chez Delcourt / Mirages, janvier 2017, 144 pages.
Ma note : ★★★★★
Coup de cœur ! ♥
Quatrième de couverture :
1942, Paris, Passage de la Bonne Graine. Rose, pour sauver son amie juive, Sarah, décide d’intervenir auprès de l’officier chargé de l’enquête, Mark. Rose est mariée à un prisonnier de guerre, avec qui elle a un enfant. Pourtant elle va se lancer dans une passion avec cet Allemand qui va lui révéler la femme qu’elle est. « Collaboration Horizontale », c’est l’histoire d’un amour interdit, d’une communauté de femmes solidaires, du quotidien d’un immeuble sous l’occupation… Entre héroïsme et trahison, il n’y a qu’un pas, souvent dangereux.
Mon avis :
Collaboration Horizontale a été une vraie claque, un formidable coup de cœur. Une bande dessinée qui nous présente la France sous l’occupation allemande, en 1942, et plus précisément les habitants d’un immeuble en particulier. Nous découvrons donc Andrée, la gardienne et Camille, son époux aveugle. Mais aussi Rose, infirmière dont l’époux et parti au front. Sarah, une femme juive qui se cache dans l’immeuble avec son fils Anaël, atteint de la polio. Joséphine, une danseuse de cabaret profondément mélancolique. Henriette, une femme âgée qui prétend être sénile mais qui a en réalité les idées bien en place… Tous ces personnages vont nous partager une tranche de leur vie, leurs réactions face aux allemands et la situation politique de la France : quand certains choisissent de s’arranger avec les nazis, d’autres aimeraient s’engager dans la Résistance.
Cette bande-dessinée, c’est aussi la rencontre de Rose avec Mark, officier allemand, et le début d’une passion dévorante. Une relation totalement interdite, qu’ils cachent parce qu’ils savent bien qu’elle n’attirerait que des ennuis. Mais le comportement de Rose change, ses amies s’inquiètent, la critiquent… Les personnages évoluent doucement, nous sommes témoin de l’amour de Rose et Mark, nous aimerions tant pouvoir les aider.
Une histoire magnifique mais terriblement triste, la fin m’a brisé le cœur. Je vous recommande vivement cette bande-dessinée, à tous.
En dehors de l’histoire, les illustrations sont absolument magnifiques et nous offrent quelques planches que j’ai absolument adoré et parfois pris quelques minutes pour les observer en détails, faisant une pause dans ma lecture pour les admirer. C’est un véritable travail graphique original, avec un joli traitement des couleurs qui colle parfaitement avec le sujet historique. Voici trois photos pour vous donner un exemple de ce qui vous attend si vous vous laissez tenter, ce que je souhaite réellement :
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Chroniques Livres

La salle de bal de Anna Hope

Chez Gallimard, août 2017, 400 pages.
Ma note : ★★★★★
Coup de cœur ! ♥

Quatrième de couverture :
Lors de l’hiver 1911, l’asile d’aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l’enfance. Si elle espère d’abord être rapidement libérée, elle finit par s’habituer à la routine de l’institution. Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l’intérieur. Ils sont néanmoins réunis chaque vendredi dans une somptueuse salle de bal. Ella y retrouvera John, un « mélancolique irlandais ». Tous deux danseront, toujours plus fébriles et plus épris.
À la tête de l’orchestre, le docteur Fuller observe ses patients valser. Séduit par l’eugénisme et par le projet de loi sur le Contrôle des faibles d’esprit, Fuller a de grands projets pour guérir les malades. Projets qui pourraient avoir des conséquences désastreuses pour Ella et John.

Mon avis :
La salle de bal est mon gros coup de cœur de cette rentrée littéraire. On y découvre un roman historique au contexte politique compliqué, une écriture tendre et fluide, des personnages attachants et terriblement émouvants, et une histoire incroyablement belle. Anna Hope nous embarque au début du 20ème siècle, dans un hôpital psychiatrique. Ne vous arrêtez pas à ce seul élément, La salle de bal est bien plus qu’un simple roman qui parle de gens atteint de folie.

Le récit est divisé en trois points de vue : nous avons Ella, une jeune femme qui travaille depuis qu’elle a 8 ans dans une filature, dans des conditions horribles, battue par ses contremaîtres, mais qui ne rechigne jamais devant une nouvelle tâche. Après tout, il faut bien travailler pour gagner son pain et c’est son unique raison de vivre. Mais un jour, elle explose et ne contrôle plus sa colère, elle brise une vitre. Elle est ensuite envoyée à Sharston, sans vraiment comprendre pourquoi. On la traite de folle. On ne lui explique rien, ne lui donne aucune raison. Elle va devoir apprendre les règles de vie de l’établissement le plus rapidement possible si elle veut pouvoir survivre. Elle tentera bien de s’échapper, mais les conséquences n’en seront que plus douloureuses…
Nous avons également John, un homme d’origine irlandaise qui, après avoir perdu femme et enfant, tombe dans une profonde mélancolie. En tant qu’homme, il a quelques privilèges qu’Ella n’a pas : il peut sortir pour effectuer des travaux en extérieur. Mais cela s’arrête pas, la vie à Sharston n’a rien de très folichon. Il s’enferme dans un certain mutisme, il n’a plus aucune raison de se battre ni plus aucune raison de vivre. Il a tout perdu.

La rencontre de ces deux personnages sera rendu possible par Charles, notre troisième point de vue. Il est médecin à Sharston, mais est persuadé que les malades mentaux pourraient transmettre les gênes de ces maladies, il faut donc les euthanasier. Charles, fanatique, va se battre pour éradiquer ces caractères jugés handicapants, dans le but de favoriser les caractères jugés bénéfiques chez ses patients. Pour cela, il va également avoir recours à la musicothérapie, qui occupe une place primordiale dans ce roman. À l’aide d’un bal, organisé à sa demande, les femmes et les hommes seront invités à partager une soirée par semaine, où ils pourront se rencontrer, se mélanger, échanger. C’est là que Ella et John feront réellement connaissance et que leurs sentiments commenceront à naître.

Anna Hope nous livre un roman absolument incroyable, émouvant, touchant, doux (malgré le contexte et les thèmes abordés), et cela est rendu possible grâce aux personnalités des deux personnages principaux. Je pense qu’il faut se plonger dans cette lecture sans connaître le déroulement complet de l’histoire, nous en apprenons énormément sur les personnages principaux, mais les personnages secondaires ont également une importance certaine dans le récit. Ella et John évoluent sous nos yeux, leur relation est impossible et pourtant si désirée et si nécessaire à leur survie. On découvre les conditions de vie déplorables dans les hôpitaux psychiatriques au début du 20ème siècle, les mauvais traitements infligés aux malades, comment était considérée la folie à cette époque… La salle de bal à le mérite de nous faire vivre un très bon (et magnifique) moment de lecture, mais nous invite également à réfléchir, en utilisant le prétexte d’une rencontre bouleversante entre deux personnages.
Je ne peux que vous encourager à vous plonger dans cette lecture. Pour ma part, j’espère pouvoir lire bientôt Le chagrin des vivants, son autre roman, paru récemment en format poche chez Folio.

Chroniques Livres

Outlander #4, Les tambours de l’automne de Diana Gabaldon

Chez J’ai lu, mars 2015, 1140 pages.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Pour fuir l’oppression anglaise, Claire et Jamie embarquent pour le Nouveau Monde, où ils espèrent enfin trouver la paix. Toutefois, lorsqu’ils échouent sur les rivages de Caroline du Nord en 1767, l’Amérique est à l’aube de son Indépendance : tandis que la révolution se prépare, les deux amants vont une fois de plus être emportés par le tourbillon de l’Histoire. Restée en sécurité dans le XXe siècle, leur fille Brianna cherche à percer le secret de sa naissance. Quand elle découvre qu’un sort tragique guette ses parents, elle met tout en ‘oeuvre pour les rejoindre dans le passé… avant que les portes du temps ne se referment sur eux.

Mon avis :
Je pense que mon amour pour Outlander n’est plus un secret pour personne, qu’il s’agisse de la série ou des romans. Pendant mes vacances, j’ai eu du mal à lire, j’avais l’impression de travailler, de ne pas apprécier pleinement mes lectures. Alors j’ai décidé de me plonger dans le quatrième tome de la saga, qui patientait gentiment dans ma PAL depuis sa sortie dans sa nouvelle édition chez J’ai lu. Avec la diffusion prochaine de la troisième saison, l’envie de me replonger dans les livres se faisait de plus en plus pressante.

Et quel magnifique tome, quelle aventure ! Nous retrouvons nos personnages principaux favoris, Claire, Jamie, mais également Roger et Brianna que nous avons appris à découvrir dans le troisième tome et que nous découvrons un peu plus encore ici. Il se passe énormément de choses dans ce quatrième tome : 1140 pages c’est beaucoup, et c’est tant mieux 😛 ! Ce nombre impressionnant de pages pourrait faire peur à plus d’un lecteur, mais l’écriture de Diana Gabaldon est incroyablement fluide et légère et les pages défilent à une vitesse folle. De plus, les chapitres sont tous assez courts et le roman est divisé en plusieurs grandes parties qui permettent de structurer le récit et qui nous aident à avancer dans la lecture. Ce quatrième tome se lit finalement rapidement et si le nombre de pages me faisait d’abord assez peur et l’avait forcé à rester dans ma PAL depuis sa sortie, une fois plongée dedans, j’ai eu du mal à m’arrêter. Le récit s’étale sur plusieurs années, énormément de choses s’y déroulent et nos personnages évoluent énormément, comme dans les trois précédents. C’est ce qui fait que Outlander est une si bonne saga.

On a droit ainsi au voyage de Jamie, Claire, Petit Ian et Fergus vers les colonies afin d’y découvrir quelle sera leurs terres, mais également la rencontre avec la tante Jocasta qui a une importance assez conséquente dans le récit avec la découverte du domaine de River Run, nous retrouvons Brianna et Roger, toujours au 20ème siècle. D’autres personnages ont également leur importance dans ce tome, c’est le cas surtout des tribus indiennes. Alors que Claire redécouvre la joie de voyager et de vivre avec Jamie, Brianna ne cesse de se questionner sur ses origines et sur la relation qu’elle entretenait avec son père adoptif, mais également celle qu’elle entame avec Roger. Pour elle, le couple que formaient Frank et sa mère représentait le véritable amour, mais avoir appris l’existence de Jamie a tout remis en question : elle a peur de s’engager dans une relation avec Roger s’il ne s’avère pas être le « bon ». Les deux couples évoluent en parallèle, font face à leurs propres challenges, doutes, épreuves, rencontres…

Ce quatrième tome, qui est découpé en plusieurs parties, a pour moi deux grosses parties : une première concernant Jamie, Claire et toute leur installation, Brianna et Roger et leur vie au 20ème siècle, et une deuxième (attention au spoiler, passez au paragraphe suivant si vous voulez garder la surprise 😉 ) une fois que Brianna et Roger ont réussi à rejoindre le 18ème siècle pour tenter de les retrouver. Si j’ai tout de suite été plongée dans ma lecture dès les premières pages, j’ai particulièrement adoré cette seconde moitié du roman, permettant enfin une rencontre entre Jamie et sa fille. Les deux personnages ont chacun un tempérament bien trempé et on ne peut nier les ressemblances entre leurs caractères. Les retrouvailles entre Claire et Brianna ont également été très touchantes, les quelques scènes qu’elles partagent seules m’ont beaucoup émue et l’on ressent tout l’amour qu’elles ont l’une pour l’autre.

J’ai trouvé que ce tome explorait énormément la psychologie des personnages, Diana Gabaldon nous offre de merveilleuses scènes à plusieurs reprises et nous permet de nous identifier encore un peu plus à Claire, Jamie, et maintenant Brianna et Roger. Outlander n’est pas (ou plus) seulement une romance à ce stade, nous avons droit à toute une palette d’émotions et nos héros traversent tous des épreuves. Les personnages secondaires ne sont pas en reste puisque Petit Ian, Fergus mais également Ian, Jenny, Marsali et de nombreux autres ont également un rôle à jouer dans l’intrigue principale et les intrigues secondaires. Diana Gabaldon a cette force incroyable dans son écriture de nous transporter en quelques phrase, à travers les émotions de ses personnages mais également à travers des paysages fabuleux.

Ce quatrième tome m’a fait voyager au sens propre du terme, mais il m’a également fait voyager à travers le temps, à travers les saisons, il m’a aussi fait traverser de nombreuses émotions. Outlander se confirme comme l’une de mes sagas préférées et ses personnages tiendront une place particulière dans mon cœur pendant un long moment…

Chroniques Livres

Envole-moi de Annelise Heurtier

Chez Casterman, mars 2017, 350 pages.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Lors d’un vide-grenier auquel il participe pour pouvoir s’acheter la Gibson de ses rêves, Swann a un coup de foudre pour Joanna. Mais un détail lui a échappé : Joanna est en fauteuil roulant. Malgré les doutes et les difficultés que cela implique, les deux adolescents vivent une belle histoire d’amour. Cependant, un jour, Joanna se met à broyer du noir : elle a appris que sa cousine, avec qui elle partage la même passion intense pour la danse, a été acceptée à l’Opéra de Paris. Brutalement, cet événement lui rappelle ses limites : malgré toute sa volonté et son appétit de vivre, certains rêves resteront inaccessibles. Swann emploie alors toute son énergie pour que Joanna n’abandonne pas son envie de danser, pour de vrai.

Mon avis :
Quel plaisir de retrouver Annelise Heurtier avec ce nouveau roman ! J’avais découvert cette auteure avec son livre Sweet Sixteen qui avait été un petit coup de coeur et j’ai vraiment adoré Envole-moi. Ce nouveau roman nous présente deux adolescents qui semblent en tous points normaux : Swann, un garçon passionné par la musique et qui rêve de s’acheter une Gibson, et Joanna. Pour gagner un peu d’argent et enfin s’acheter sa guitare, il va participer à un vide-grenier, et tomber fou amoureux de la jeune fille qui tient le stand juste en face : le coup de foudre. Ce n’est que quand elle s’approche de lui qu’il se rend compte qu’elle est en fait en fauteuil roulant. Mais cela ne va pas l’empêcher de l’aimer, bien au contraire.

Ce roman pour adolescents aborde le sujet du handicap avec légèreté et beaucoup de douceur, sans pour autant en faire le thème principal du livre. En effet, le rêve ultime de Joanna est de pouvoir danser, elle était passionnée de danse quand elle était plus jeune et son handicap l’a empêchée de pouvoir continuer. Quand sa cousine est acceptée à l’Opéra de Paris, la jeune fille déprime et se rend compte de tout ce qu’elle ne pourra jamais réaliser. Swann va alors tout faire pour qu’elle puisse réaliser son rêve : une véritable quête pour rendre la fille de ses rêves heureuse.

La plume d’Annelise Heurtier nous transporte encore une fois dans une histoire touchante et prenante à la fois, qui se lit à toute vitesse. Les personnages sont attachants et nous donne envie de profiter de la vie à fond, de courir, hurler, chanter et danser. Une très belle lecture que je vous recommande vivement !

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Never Never, saison 1 de Colleen Hoover & Tarryn Fisher

Chez les éditions Hugo Romans dans la collection New Romance, novembre 2016.
Amazon / Goodreads / Livraddict
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Une jeune fille qui se réveille un beau jour dans une salle de classe. Elle ignore qui elle est, ce qu’elle fait là, et ce qui se passe autour d’elle. Mais peu à peu, elle récupère des indices. Elle s’appelle Charlie, elle a 17 ans… et elle a un petit copain, Silas, qui semble aussi paumé qu’elle. De fait, il lui est arrivé exactement la même chose. Aucun d’eux ne se souvient de quoi que ce soit avant ce mercredi, 11h. Ensemble, ils vont donc essayer de comprendre ce qui leur est arrivé, qui ils sont, qui sont les gens autour d’eux, tout en évitant d’être découverts par leur famille, amis et le reste du monde qui risqueraient de les prendre pour des fous…

Mon avis :
Ma première rencontre avec Colleen Hoover n’avait pas été des plus marquantes, j’avais apprécié ma lecture de Confess, mais après avoir tant entendu parlé de cette auteure, je m’attendais à autre chose et j’étais quelque peu déçue. Je ne connaissais cependant pas Tarryn Fisher avant d’entamer la lecture de Never Never.

Quelle bonne découverte ! Je suis ravie d’avoir retenté l’expérience avec Colleen Hoover et de ne pas être restée sur ma première impression. Ce roman se lit d’une traite, c’est un premier tome absolument addictif qui nous fait tourner les pages à une vitesse folle. Nous sommes plongés dans l’action dès les premières pages avec cette héroïne qui se réveille sans avoir aucun souvenir : elle ignore qui elle est, où elle se trouve, à quelle époque, ce qu’elle fait là… Elle tente alors de dénicher des indices, commençant par son prénom, son âge… Puis elle comprend rapidement qu’elle a un petit ami, Silas, qui semble aussi perdu qu’elle. Ils ont tous les deux perdu la mémoire et vont tenter de recoller les morceaux grâces aux indices retrouvés un peu partout. Ils vont surtout tenter de comprendre ce qui leur est arrivé et pourquoi. Bien sûr, le mystère n’est pas entièrement résolu à la fin du premier tome et il se complique même encore un peu plus, nous laissant en plein suspense.

L’écriture est très fluide et je n’ai absolument pas été gênée par le fait qu’il y ait deux auteurs, je n’ai vu aucune différence et j’ai trouvé que le tout se combinait très bien. Les personnages se complètent et nous permettent grâce au point de vue de chacun d’avancer petit à petit dans l’histoire et dans l’enquête. Silas et Charlie sont deux personnages que l’on apprend à connaître en même temps qu’ils se redécouvrent, ils sont très attachants et j’ai adoré les rencontrer.

Même si ce premier roman est très court et se lit très vite, j’ai énormément apprécié ma lecture et j’ai hâte de lire les prochains tomes qui sortiront dans les semaines à venir, il n’y aura donc pas longtemps à attendre !

Chroniques Livres

Nil #1 de Lynne Matson

Chez Pocket Jeunesse, février 2016.
17€90, 464 pages.
Ma note : ★★☆☆☆

Quatrième de couverture :
Charley se réveille sur une île somptueuse qui n’est sur aucune carte. Seule, perdue, elle survit tant bien que mal jusqu’à ce qu’elle rencontre Thad, le leader d’un clan regroupant les seuls humains présents sur l’île de Nil. Charley va vite comprendre que quitter cet enfer paradisiaque sera plus difficile qu’elle ne le pensait : la seule issue, ce sont les rares portes qui apparaissent au hasard sur l’île… Il n’y en a qu’une par jour, et une seule personne peut l’emprunter. Pire encore : on n’a qu’un an pour s’échapper. Sinon, on meurt. Le compte à rebours a déjà commencé…

Mon avis :
Je suis très rarement déçue par mes lectures chez Pocket Jeunesse, mais là, je crois que j’ai atteint un niveau d’exaspération pendant cette lecture que je ne pouvais pas mettre plus de deux étoiles (ce que je fais très rarement, parce que je déteste donner une mauvaise note et j’essaie toujours de trouver des points positifs à un roman).

Si je devais résumer ce roman, je dirais que c’est un croisement entre Le Labyrinthe de James Dashner, Divergente de Veronica Roth et Hunger Games de Suzanne Collins. Des adolescents se retrouvent coincés sur une île, sans trop savoir comment ils sont arrivés là, et ils ont 365 jours pour trouver une porte pour s’échapper. Les portes n’apparaissent jamais au même endroit et ne préviennent pas, il faut juste se trouver au bon moment et au bon endroit pour espérer s’échapper. Le hic ? Personne ne sait ce qu’il se trouve après la porte. Ils espèrent tout de même qu’ils rentrent chez eux une fois avoir réussi à en attraper une.

Dans ce premier tome, nous suivons deux points de vue : Charley et Thad. Charley arrive sur l’île et tombe sur le groupe de Thad après douze jours. Bien sûr (parce que c’est un roman jeunesse), elle est belle, il est beau et ils tombent follement amoureux l’un de l’autre mais sont un peu trop bêtes pour se l’avouer tout de suite, donc ça prend un peu de temps avant qu’ils n’admettent leurs sentiments l’un pour l’autre. Le couple doit donc aider leurs petits camarades à trouver des portes, mais également à en trouver une pour Thad, à qui il ne reste que quelques mois.

Pour être honnête, je trouvais l’idée de base avec l’île, les 365 jours et les portes à trouver vraiment géniale et très originale, mais dans l’exécution (bien que l’écriture de Lynne Matson soit très agréable et très facile à lire), ça n’a pas été. J’ai eu beaucoup de mal à m’attacher aux deux personnages principaux parce qu’ils passent leur temps à penser l’un à l’autre, à quoi ils peuvent bien ressembler physiquement (Charley pense à sa tenue et ses cheveux toutes les dix pages) alors qu’ils sont dans une situation catastrophique et angoissante. J’ai trouvé ça très peu réaliste. Si j’avais pu, j’aurais secoué le livre pour remettre les idées des personnages en place. Heureusement, les personnages secondaires ont rattrapé le coup, mais il y en avait tellement que j’ai eu du mal à vraiment m’attacher et m’identifier à l’un d’eux et quand il leur arrivait malheur, je n’ai pas ressenti quoi que ce soit…

La fin n’était pas une grosse surprise, je m’attendais à quelque chose et ce n’est pas arrivé, mais je crois que j’aurais préféré mon idée… Je ne vois pas trop ce qu’il va pouvoir se passer dans le tome 2, et en fonction de la quatrième de couverture je le feuilletterai peut-être rapidement, mais ça s’arrêtera là pour moi. Une grosse déception malgré une très bonne idée de base, mais des personnages énervants qui n’ont pas su porter l’intrigue, qui était elle beaucoup trop centrée sur les sentiments des héros que sur la fuite et la survie.

Chroniques Livres

Ma raison de respirer (Ma Raison de Vivre #3) de Rebecca Donovan

Chez Pocket Jeunesse, mai 2016.
576 pages, 18€90.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Deux ans après avoir brisé le cœur d’Evan, Emma ne parvient pas à l’effacer de sa mémoire. Quand un carton plein de souvenirs resurgit, l’armure d’Emma se fissure. Toutes ses émotions passées reviennent l’assaillir. Pour oublier, elle devient accroc à l’adrénaline. Soirées, alcool, garçons : rien ne semble pouvoir combler ce vide qui la consume. Jusqu’à un rencontre décisive, qui bouleversera toutes ses certitudes…

Mon avis :
Ce troisième tome est la conclusion d’une trilogie qui m’a happé dès les premières pages, j’en attendais beaucoup et même si le personnage d’Emma a su m’énerver comme jamais, c’est une conclusion très satisfaisante et je suis ravie d’avoir pu retrouver les personnages de Rebecca Donovan dans ce troisième tome où nous les retrouvons plus murs. Le premier tome était poignant, Emma devait faire face à une maltraitance quotidienne lorsqu’elle habitait chez sa tante et refusait de se laisser approcher par qui que ce soit, en dehors de sa meilleure amie. Jusqu’à l’arrivée d’Evan… La romance était adorable, installée toute en douceur pour éviter qu’Emma ne prenne la fuite. Le second tome, quant à lui, mettait Emma dans une nouvelle situation : elle devait retourner vivre chez sa mère, alcoolique, et rencontrait Jonathan, qui ne la laissait pas indifférente. Le deuxième tome s’arrêtait sur un événement choquant, la mettant en scène avec Jonathan, et elle décidait de quitter Evan pour le « protéger ».

Nous retrouvons Emma deux ans après, dans ce troisième tome, alors qu’elle est à l’université. Elle habite en colocation, sa meilleure amie suit ses études en France. Ce nouvel environnement permet l’arrivée de nouveaux personnages : les colocataires d’Emma, qui sont certes des personnages secondaires mais qui ont le mérite de faire bouger un peu les choses et de faire sortir Emma de sa zone de confort. Elle vit sa vie tranquillement, solitaire, la tête baissée dans ses bouquins, la plupart du temps à la bibliothèque. Elle va devoir faire face à ses souvenirs, et pour continuer de se sentir vivante, elle va devenir accro à l’adrénaline et faire des choix que j’ai trouvé plus stupides les uns que les autres. Même si j’adore le personnage d’Emma, je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir envie de la secouer pour lui remettre les idées en place. Ses amis non plus ne parvenaient pas à lui faire prendre conscience de son comportement, et ça m’a exaspéré. Jusqu’au retour d’Evan à 1/3 du livre… Emma est en vacances et va devoir cotoyer son ex-petit-ami parfait.

Malgré le personnage d’Emma qui méritait une bonne claque pour lui faire comprendre qu’elle faisait n’importe quoi, j’ai adoré ce troisième tome qui se lit toujours aussi rapidement que les deux premiers grâce à l’écriture de Rebecca Donovan et la façon dont elle construit son histoire. Nous avons toujours envie d’en savoir plus, de découvrir ce que nous réserve le chapitre suivant. Les personnages sont toujours aussi attachants, même Emma qui reste une jeune femme sensible et marquée par ce qui lui est arrivé dans les deux tomes précédents. C’est une excellente conclusion à la trilogie.

Chroniques Livres

La Sélection #5, La Couronne de Kiera Cass

Chez Robert Laffont dans la Collection R, mai 2016.
16€90, 336 pages.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Il ne doit en rester qu’un.
Vingt ans après la Sélection d’America Singer, et malgré l’abolition des castes, la famille royale d’Illeá doit à nouveau faire face au mécontentement du peuple : l’heure est venue de lancer une nouvelle Sélection. Sa mère à l’article de la mort, son père dévasté, il est temps pour la princesse Eadlyn de passer à la vitesse supérieure dans le processus de la Sélection. Encore novice aux jeux de l’amour et du pouvoir, détestée par une partie de l’opinion publique, elle doit pourtant choisir au plus vite son Élite de six prétendants.
Devenir femme, épouse et reine en l’espace de quelques semaines, telle est la lourde tâche qui repose sur les épaules de la princesse. Mais le cœur peut se révéler un précieux allié, pour qui sait l’écouter…

Mon avis :
Je garde un excellent souvenir de la première trilogie de la Sélection : l’histoire d’America et de Maxon était prenante, m’a fait tourner les pages à une vitesse folle, l’écriture de Kiera Cass est entraînante et j’avais hâte de découvrir cette suite, qui suit les aventures de leur fille Eadlyn lorsqu’elle doit à son tour organiser sa propre Sélection.
Dans ma chronique du tome 4, L’Héritière, je vous faisais part de mon scepticisme quant à cette suite. Je n’étais pas très sûre du choix de continuer la trilogie avec la descendance du couple America/Maxon. Si l’écriture et le rythme sont toujours les même, et font défiler les chapitres toujours aussi rapidement, l’héroïne est une vraie tête à claques que je n’ai pas comprise, pas réussi à apprécier un seul instant. America était un personnage tellement attachant, fort et charismatique, qu’il est très difficile d’enchaîner avec sa fille et de comprendre d’où lui vient une telle personnalité.

Ce cinquième et dernier tome (du moins, j’espère que cette fois-ci il s’agit bien du dernier…) me conforte dans cette impression : Eadlyn est loin de ressembler à ses parents et ce n’est pas vraiment positif pour le roman. Je continue de penser que ces deux tomes étaient en trop et que la trilogie originale se suffisaient amplement, et je vous conseillerai même de vous arrêtez à la fin du troisième tome si vous ne voulez pas être déçus. L’univers reste le même et même si Kiera Cass a tenté d’ajouter beaucoup de politique à l’histoire d’Eadlyn, cela ne fonctionne que partiellement et ne parvient pas à compenser sa personnalité et les personnages secondaires qui sont très effacés. Les prétendants à la Sélection sont insignifiants, je ne me suis pas attachée à un seul d’entre eux…

L’histoire de tome 4 était plate, il n’y avait pas beaucoup d’action et tout tournait énormément autour de la Sélection et le refus d’Eadlyn de se prêter au jeu. Ce 5ème tome ajoute de l’action et du piquant en comparaison au 4ème, mais ce n’est rien comparé à la première trilogie qui nous a surpris tout au long des trois tomes. Si la dystopie n’est que très peu prononcée et que les romans tournent surtout autour de la romance, ce sont des romans qui se laissent tout de même lire très facilement et sans prise de tête. Eadlyn prend le pouvoir en tant que reine pour remplacer son père sur le trône et doit gérer toutes ses réponsabilités, ce qui va bien sûr la faire grandir et lui remettre les idées en place rapidement. Elle va devoir apprendre à gérer sa situation de nouvelle reine qui n’est pas très appréciée de son peuple, jugée trop froide, fausse et distante. Ce 5ème tome nous montre donc une évolution du personnage, mais j’ai trouvé que cette évolution venait malheureusement beaucoup trop tard et je me suis lassée (pour ne pas dire ennuyée) la plupart du roman, attendant enfin que le déclic se fasse.

C’est donc une vraie déception, même si je suis contente d’avoir terminé cette série et d’avoir tenu jusqu’au bout, au moins pour découvrir ce que sont devenus America et Maxon.

Chroniques Livres

Comptoir des soupirs de Olivier Piat

Chez Milady, juin 2015.
5€90, 192 pages.
Ma note : ★★☆☆☆

Quatrième de couverture :
Un homme, une femme, une histoire d’amour impossible. Deux tables dans un bar, il l’observe, elle le remarque, et bientôt, leurs regards font plus que se croiser ; ils se cherchent. Il est marié et père de deux enfants. Elle vient de quitter son compagnon et entame une nouvelle vie. À travers les points de vue de ces amants éperdus, on découvre les élans de la passion, mais aussi les non-dits et les mensonges derrière lesquels ils se réfugient pour vivre cette relation dont la fin est écrite d’avance.

Mon avis :
J’ai été intriguée par ce livre à cause de son format très original : le roman nous parle de la relation d’un couple, mais des deux points de vue (celui de l’homme, et celui de la femme) afin de nous faire comprendre et nous montrer comment la relation est vécue de chaque côté. Le livre est donc coupé en deux, côté face le point de vue de la femme et côté pile (en retournant le livre donc), le point de vue de l’homme. Je trouvais le concept original et j’avais envie de découvrir les différences que pouvais montrer les personnages face à une même situation/une même relation.

J’ai commencé par le point de vue de la femme, simplement parce que c’était le côté face et le sens de l’édition. Commencer par l’un ou par l’autre ne change rien à l’histoire, mais cela peut changer la façon dont on perçoit les choses en tant que lecteur. Alterner les chapitres de l’un à l’autre aurait peut-être été une bonne idée également.

Globalement, je ne dirais pas que c’était une mauvaise lecture parce que j’ai trouvé le concept très original et j’ai adoré les différences d’écriture entre l’homme et la femme et c’est là que l’on découvre le talent d’un écrivain, celui d’Olivier Piat : les deux personnages ont une voix bien définie et il est impossible de les confondre. La femme élabore beaucoup, les phrases sont longues alors que le ton de l’homme est plus sec et sa partie ressemble beaucoup plus à un journal intime.

Cependant, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages ni à m’intéresser à leur sort ou à leur relation. J’ai lu ces presque 200 pages sans réussir à vraiment me plonger dans l’histoire, le fait de suivre les deux points de vue était intéressant parce que les choses se mettaient en place lors de la lecture du second point de vue, mais sinon je n’ai pas réussi à m’y intéresser réellement. Je suis passée à côté de cette lecture.

Chroniques Livres

All the Bright Places de Jennifer Niven

Chez Penguin, janvier 2015.
400 pages.

Disponible en français chez Gallimard.
Amazon / Livraddict / Goodreads
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Quand Violet et Finch se rencontrent, ils sont au bord du vide, en haut du clocher du lycée, décidés à en finir avec la vie. Finch est la « bête curieuse » de l’école. Il oscille entre les périodes d’accablement, dominées par des idées morbides et les phases « d’éveil » où il déborde d’énergie. De son côté, Violet avait tout pour elle. Mais neuf mois plus tôt, sa sœur adorée est morte dans un accident de voiture. La survivante a perdu pied, s’est isolée et s’est laissée submerger par la culpabilité. Pour Violet et Finch, c’est le début d’une histoire d’amour bouleversante: l’histoire d’une fille qui réapprend à vivre avec un garçon qui veut mourir.

Mon avis :
All the Bright Places est un de ces livres qui a fait beaucoup parlé de lui sur les blogs, que ce soit français ou anglophones et qui a fait pleuvoir les coups de cœur. Il traîne depuis un bon moment dans ma PAL, avant sa sortie française d’ailleurs… Mais comme toujours quand un livre plaît énormément autour de moi, j’ai eu peur de me plonger dans cette lecture et de ressortir déçue parce que j’en attendait trop. Heureusement, ça n’a pas été le cas et j’ai eu un énorme coup de cœur !

C’est l’histoire de Finch, un adolescent un peu bizarre, qui n’a pas les mêmes goûts que les autres garçons de son âge, il n’a pas d’amis, et on se moque beaucoup de lui à cause de sa « différence ». Alors qu’il monte dans le clocher de son lycée, et se penche au bord du toit, il voit qu’il n’est pas seul : Violet Markay est également là, debout, à attendre le bon moment pour sauter. Violet, c’est la fille populaire du lycée à qui tout réussi. Sauf que sa sœur est décédée dans un accident de voiture et elle ne parvient pas à s’en remettre… Elle a perdu goût pour l’écriture et ne se passionne plus pour rien.

Les deux adolescents vont alors apprendre à se connaître, parce qu’ils sont obligés de travailler ensemble pour un devoir où il doivent découvrir les lieux touristiques de l’Indiana. Malgré leurs différences et le peu d’enthousiasme que met Violet dans ce travail forcé, ils vont se trouver des points communs et se confier l’un à l’autre, jusqu’à ne plus pouvoir vivre séparés.

C’est un roman que j’ai trouvé totalement bouleversant. Les personnages sont extrêmement attachants et leur relation se construit doucement au fil des pages, nous entraînant avec eux dans cette intimité.  Jennifer Niven a une écriture très délicate et poétique qui nous fait tourner les pages à une vitesse folle, pour en savoir toujours plus sur le destin de ses personnages… Finch est le personnage qui m’a le plus touchée, même si Violet et son histoire étaient également très tristes par moment. Finch souffre d’un mal inconnu, il se renferme sur lui-même sans pouvoir le contrôler et cela nous est expliqué petit à petit au fil du roman : on comprend qu’il se passe quelque chose, sans pouvoir mettre le doigt dessus. Grâce à Violet, Finch avance, progresse lentement, sort de son cocon et leur romance leur permet de reprendre goût à la vie… Mais cette maladie ne disparaît jamais complètement.

Un roman magnifique et bouleversant que je recommande vivement, ça a été un vrai coup de cœur que je regrette presque de ne pas avoir lu plus tôt…