Chroniques Livres

Duologie Cité 19 de Stéphane Michaka

Chez Pocket Jeunesse, premier tome paru en octobre 2015.
368 pages pour le premier tome, 16€90.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Que faisait le père de Faustine à minuit au sommet de la tour Saint-Jacques ? Et qui l’a précipité dans le vide ? Convoquée pour identifer le corps, Faustine ne reconnaît pas les mains de son père. Persuadée qu’il a été kidnappé par une secte mystérieuse, elle se lance sur la piste d’un inquiétant personnage. Elle suit l’homme dans une station de métro, trébuche, perd connaissance et se réveille… 150 ans plus tôt !Pour Faustine, c’est le début d’une série d’aventures, aux confins du thriller, de la science-fiction et de l’Histoire.

Mon avis :
Cité 19 nous plonge dans le quotidien de Faustine, adolescente qui apprend le décès de son père qui se serait suicidé du haut de la tour Saint-Jacques à Paris. Alors qu’elle doit identifier le corps à la morgue, elle ne reconnaît pas les mains de son père mais décide tout de même de l’identifier comme son père pour mener sa propre enquête. Que s’est-il passé en haut de cette tour ? Pourquoi veut-on faire croire que son père est mort ? Faustine se retrouve à suivre un dandy mystérieux jusqu’au quai du métro Cité, où elle fait un malaise… puis se retrouve plongée au 19ème siècle !

C’est le tout début de l’aventure, puisque l’enquête de Faustine ne fait que commencer. Stéphane Michaka nous présente un Paris du 19ème siècle plus vrai que nature par ses descriptions détaillées, des personnages hauts en couleur et une héroïne forte que l’on prend énormément de plaisir à suivre… jusqu’à un énorme retournement de situation et une révélation inattendue qui change complètement la donne ! Il est difficile de parler de ces romans sans trop en révéler et c’est donc assez délicat d’écrire cette chronique. Impossible pour moi de vous en dévoiler plus, ce serait complètement vous gâcher la surprise… Sachez seulement que ce roman n’est pas seulement historique, il est bien plus que cela.

Le second tome s’inscrit dans la suite de cette révélation et creuse encore un peu plus dans cette direction, mais encore une fois, impossible d’en parler sans trop en révéler et ce serait vraiment dommage. Je pense qu’il est nécessaire de lire ces romans sans trop en savoir, la quatrième de couverture est idéale puisqu’elle en révèle juste assez pour nous donner envie de lire le livre, sans pour autant trop nous en dire.

Deux livres que j’ai absolument dévoré et adorés ! Chose extrêmement rare chez moi, après avoir lu le premier tome je suis directement allée acheter le second pour l’attaquer tout de suite alors que j’aime faire des pauses entre les tomes de séries… Ici c’était impossible, je devais savoir la suite ! Deux tomes addictifs.

Chroniques Livres

La sélection, histoires secrètes #2 de Kiera Cass

Chez Robert Laffont dans la Collection R, Octobre 2015.
180 pages, 11€90.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Ce hors-série exceptionnel vous invite à remonter le temps : des années avant America, une jeune femme de caste inférieure est déjà venue au Palais dans l’espoir de conquérir la main du Prince. Découvrez dans « La Reine » comment Amberly, une fille ordinaire, est devenue souveraine d’Illeá.
La nouvelle exclusive « La Préférée » vous révèle les coulisses de l’histoire de Marlee : si America a longtemps hésité entre Aspen et Maxon, sa meilleure amie, elle, a su immédiatement ce qu’elle voulait… ou plutôt qui elle voulait. Quitte à tomber en disgrâce.
En bonus, Kiera Cass revient sur ce qu’il est advenu des autres candidates de l’Élite, et sur bien d’autres choses encore…

Mon avis :
Ces deux petites nouvelles sont dans le même prolongement que les romans de La Sélection, elles se lisent très rapidement, sont distrayantes et les personnages sont très attachants. Le style de l’auteur est le même, très fluide et agréable. Les pages défilent rapidement.

La première nouvelle sur la reine Amberly est celle qui m’a le plus pu des deux, elle nous permet vraiment d’en apprendre plus sur le personnage et ne tourne pas du tout en rond. C’est un personnage très doux que j’appréciais déjà beaucoup dans les romans principaux mais que j’avais trouvé trop effacé et trop secondaire, je suis donc ravie que Kiera Cass ait décidé de lui consacrer cette petite nouvelle qui nous raconte une partie de son histoire avec Clarkson et comment elle est devenue souveraine. Son histoire était très mignonne et plutôt originale.

L’histoire de Marlee ne nous est pas inconnue puisqu’elle est abordée dans la première trilogie de La Sélection, c’est pourquoi j’ai trouvé cette nouvelle un peu superflue même si elle nous permet d’aller après la punition qu’elle a reçu. C’est une histoire intéressante parce qu’elle nous montre une autre facette de Maxon.

Deux petites nouvelles très rapides à lire mais très agréables, qui permettent de prolonger l’histoire de la première Sélection. Ce tome n’est absolument pas indispensable pour la compréhension des tomes principaux, ce sont des petits bonus pour ceux qui apprécient beaucoup la série et voudraient continuer l’aventure. Je conseille ce livre aux fans de la saga qui l’apprécieront, les autres risquent d’être un peu déçus et de rester sur leur faim.

Chroniques Livres

Ici et maintenant de Ann Brashares

Chez Gallimard jeunesse, juin 2014.
314 pages, 16€50
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Voici l’histoire de Prenna James, une jeune fille de dix-sept ans qui a immigré aux Etats-Unis, à New York, à l’âge de douze ans. Mais Prenna ne venait pas d’un autre pays. Elle venait… d’une autre époque, du futur. Prenna et ceux qui ont fui avec elle jusqu’au temps présent, doivent suivre un ensemble de règles strictes pour assurer la survie du genre humain : ne jamais révéler d’où ils viennent, ne jamais interférer dans le cours de l’Histoire, et ne jamais développer de relations intimes avec quiconque en dehors de leur communauté. Mais Prenna rencontre Ethan Jarves…

Mon avis :
Ann Brashares ne m’est pas totalement inconnue puisque j’ai grandi avec la série de Quatre filles et un jean que j’ai lu au collège, je n’ai cependant pas lu le tome sorti plus récemment et qui réuni les filles plusieurs années plus tard. Je connaissais donc sa plume en m’attaquant à ce roman et je savais qu’elle avait un style agréable et très fluide, ses romans se lisent très rapidement et ses personnages sont très attachants. J’ai pu donc retrouver cette plume si agréable qui nous fait défiler les pages à une vitesse folle et nous donne envie d’en découvrir plus, de lire encore un chapitre avant d’arrêter… jusqu’à finalement avoir terminé le roman.

Ici et maintenant, c’est l’histoire de deux personnages : Prenna et Ethan qui se rencontrent de manière plutôt incongrue puisque Prenna apparaît alors qu’Ethan est en train de pêcher, et elle est entièrement nue. Il lui offre son sweat-shirt, lui propose son aide qu’elle refuse, puis elle disparait dans les bois. Il ne la revoit que plusieurs années plus tard au lycée, et elle ne semble pas se souvenir de cet événement. Mais lui s’en souvient parfaitement.

Prenna n’est pas une jeune fille normale, elle vient du futur. Ils sont tout un groupe à avoir voyagé dans le temps pour tenter de sauver le futur d’une épidémie de peste sanguine, pour tenter de sauver leur peuple en amont. J’ai trouvé le thème principal de l’histoire extrêmement bien amené, Prenna est un personnage qui n’a aucune confiance en elle puisqu’elle doit tout reprendre à zéro : elle doit se fondre dans la foule et apprendre à se comporter comme les autres, elle doit apprendre leurs gestes, parler comme eux pour ne pas attirer les soupçons et ne pas se faire repérer. Bien sûr, Ethan devient son ami parce qu’il se doute qu’elle n’est pas normale, que quelque chose ne tourne pas rond et il est bien décidé à comprendre quoi.

C’est un très bon roman, qui se lit très vite grâce à l’écriture d’Ann Brashares, les personnages sont attachants et une enquête se met en place rapidement… J’ai surtout beaucoup apprécié le message écologique qui passe par ce roman, il faut protéger notre planète maintenant pour les générations futures. Malheureusement, je n’ai pas été entièrement emballée par le reste, j’ai passé un bon moment sans pour autant que ce soit une lecture spectaculaire. Certains passages étaient un peu longuets et des personnages secondaires plutôt stéréotypés, ce que je regrette. La relation de Prenna avec sa mère n’est pas du tout exploitée et celle avec son père n’est utilisée que très tard dans le roman, et très peu…

Pour conclure, je dirais que j’ai passé un bon moment mais je n’ai mis que 3* parce que je ne pense pas le relire. Le livre contient de très bons éléments, et il a le mérite d’être un tome unique, mais il manquait un petit truc qui fasse de lui un coup de coeur.

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Des mensonges dans nos têtes de Robin Talley

Chez Mosaïc, septembre 2015.
384 pages, 13€90.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Les filles sont faites pour se marier… Les Noirs et les Blancs ne doivent pas se mélanger… Une fille ne doit pas embrasser une autre fille… Linda ne doit pas aimer Sarah. Rien que des mensonges? 1959, en Virginie. C’est l’histoire de deux filles qui croient qu’elles se détestent — parce qu’elles n’ont pas la même couleur de peau et qu’elles ne sont pas nées du même côté. C’est l’histoire de Sarah et Linda qui croient qu’elles se détestent… mais c’est aussi l’histoire de l’année où tout va changer — parce que les mensonges des autres vont voler en éclats et que les vies, les cœurs de Sarah et Linda vont s’en trouver bouleversés pour toujours…

Mon avis :
Le sujet de l’intégration des premiers élèves noirs dans un lycée blanc est un sujet que j’avais déjà lu dans un roman, celui d’Annelise Heurtier intitulé Sweet Sixteenmais qui visait un public un peu plus jeune que celui-ci. J’avais beaucoup aimé et cette période de l’histoire me plaît beaucoup, j’avais hâte de découvrir ce que Robin Talley en avait fait. D’autant plus que je n’avais vu que de très bons avis et coups de coeurs sur les blogs.
Des mensonges dans nos têtes est un excellent roman qui nous fait vivre l’histoire des étudiants d’après différents points de vue de plusieurs personnages qui sont pour cette intégration, qui sont contre et d’autres qui la subissent, cela nous permet d’aborder cette tranche de l’histoire de tous les fronts et nous ne sommes pas influencés par les sentiments des personnages puisqu’il y a vraiment de tout. Forcément, l’intégration est difficile, les élèves noirs ne sont pas les bienvenus : on les insulte, les frappe, les harcèle et ils doivent passer l’année sans se faire trop remarquer s’ils veulent espérer réussir leur diplôme. Certaines scènes sont vraiment poignantes et difficiles à lire, et sachant que ce sont des événements inspirés de faits réels, on ne peut que se sentir mal pour les personnages.
L’intégration passée, les élèves vont en cours et c’est Sarah, élève noire, qui se retrouve à devoir travailler avec deux élèves blanches pour un devoir de français parce qu’elles sont toutes les trois arrivées en retard en classe. Bien sûr, les choses sont difficile entre les trois filles. Le père de Linda est extrémiste et refuse de voir ces élèves noirs dans le même lycée que sa fille, qui, elle, a tendance à répéter ce qu’elle entend de la bouche de son père. Puis, petit à petit, elle parvient à se faire sa propre idée de l’intégration grâce à Sarah qu’elle est obligée de côtoyer et qui lui expose son point de vue. Le titre est extrêmement bien choisi puisque c’est typiquement ce que vit Linda, qui se rend compte qu’elle ne pense pas par elle-même, mais comme les autres.
C’est un excellent roman que je conseille à tous, ne serait-ce que pour le contexte historique et parce qu’il renseigne énormément sur cette période de l’histoire, sur la ségrégation, les lois Jim Crow et les différences qui étaient faites aux Etats-Unis entre élèves noirs et élèves blancs.
Malgré tout, bien que ce roman soit fabuleux, j’ai trouvé que la romance homosexuelle qui venait s’installer entre les deux étudiantes était largement de trop et n’apportait rien au récit. Je n’ai pas été dérangée puisque j’ai trouvé ça mignon, mais je n’ai pas compris ce que l’auteur voulait nous montrer en ajoutant cela. Une magnifique histoire d’amitié aurait pu très bien fonctionner, j’ai trouvé que cette histoire d’amour interdit, en plus de l’histoire de racisme était tout simplement en trop et n’apportait pas forcément quelque chose de positif en plus au roman. Cette relation est là, c’est tout… J’aurais préféré que les deux jeunes filles soient très bonnes amies, cela aurait rendu la chose peut-être moins symbolique mais beaucoup plus fort, de mon point de vue.

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L’Héritière #1 de Melinda Salisbury

Chez Gallimard Jeunesse, avril 2015.
336 pages, 16€90.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
À la cour du royaume de Lormere, Twylla, dix-sept ans, est promise au prince héritier, selon la volonté des dieux. Elle possède un don, le pouvoir de tuer tous ceux qu’elle touche : elle est l’arme parfaite ! La cruelle reine qui l’a adoptée la contraint à exécuter les traîtres. Jusqu’au jour où Lief, nouveau garde charmant et rebelle, fait vaciller la jeune fille dans sa foi et sa soumission…

Mon avis :
Je me suis plongée dans cette lecture sans savoir du tout à quoi m’attendre, c’est ce qui me plaît le plus quand je me lance dans un nouveau roman : ne rien savoir. J’ai lu le résumé quand je l’ai acheté donc je savais que c’était un livre qui me tentait, puis j’ai attendu suffisamment longtemps avant de le lire pour oublier de quoi ça parlait comme ça la surprise est totale.
Et quelle excellente surprise ! Ce premier tome écrit par Melinda Salisbury nous raconte l’histoire de Twylla, jeune femme de 17 ans qui est l’incarnation d’une ancienne déesse, fille du dieu du soleil et de la déesse de la lune. Son toucher est mortel et la reine l’utilise pour semer la terreur sur le royaume, Twylla est celle qui condamne les voleurs et les traîtres. Elle s’est habituée à vivre seule, à ne toucher personne, elle est condamnée à être solitaire toute sa vie. Les seules personnes qui peuvent la cotoyer sont la famille royale et ses gardes. Elle est d’ailleurs promise au prince héritier, mais qu’elle n’a pas vu depuis plus de deux ans quand le roman commence.
C’est un excellent roman fantastique jeunesse et je suis d’ailleurs très surprise qu’il n’ait pas fait plus parler de lui sur la blogo et sur Booktube ! J’ai été charmée par l’univers que nous crée l’auteure et par la mythologie et les personnages. L’histoire de Twylla et de sa famille biologique comme adoptive est absolument fascinante, cette histoire de dieux, de don, d’héritage, de sacrifice, de dévoreuse de péchés… Tout est très bien pensé et construit autour de Twylla qui joue le rôle principal de cette histoire.
J’ai adoré et je voulais en savoir le plus possible ! La romance qui s’installe et le triangle amoureux (qui ne sont pourtant d’habitude pas toujours ce que je préfère dans les romans fantastiques) apportent ici beaucoup au récit et construisent aident le personnage de Twylla à se construire, elle découvre que finalement, elle aussi est capable de sentiments et peut s’autoriser à ressentir des choses malgré son « don ».
J’aurais malgré tout aimé que certains personnages soient plus développés, comme le coupe royal par exemple et le prince que je n’ai pas su cerner et n’ai pas su deviner s’il était sincère avec Twylla ou s’il la manipulait et se jouait d’elle. Les révélations viennent assez tard dans le roman, mais cela ne m’a pas plus dérangée que cela, je m’y attendais un peu mais le tout est très bien mené et l’univers et la mythologie compensent la prévisibilité des événements.

La fin est génialement génialissime (rien que ça !), puisque Twylla doit faire un choix et les dernières phrases ne nous permettent absolument pas de deviner le choix qu’elle a fait. Il faudra donc attendre le second tome pour savoir ! Melinda Salisbury nous torture 😉

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Captive: Les nuits de Shéhérazade de Renee Ahdieh

Chez Hachette romans, septembre 2015.
448 pages, 18€00.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Même consciente du terrible sort qui l’attend, Shéhérazade se porte volontaire pour épouser le jeune calife Khalid Ibn al-Rashid. Même si elle sait qu’elle est promise à la mort au lendemain de ses noces, elle est prête à tout pour venger son amie Shiva, l’une de ses récentes épousées. Pour cela, elle doit d’abord gagner du temps, en narrant des contes à rallonge au calife. Chaque jour est une menace de mort et la jeune fille échappe plusieurs fois à l’exécution. À l’extérieur, les proches de Shéhérazade préparent le sauvetage de la jeune fille. Shéhérazade n’oublie pas qu’elle doit mettre au point une stratégie pour tuer celui qui est désormais son époux. Mais c’est sans compter l’amour qu’elle se met peu à peu à éprouver pour Khalid…

Mon avis :
Captive est une réécriture du conte des Milles et une nuits, que je n’ai pas lu mais dont j’ai entendu parler, comme tout le monde. Ici, Shéhérazade se porte volontaire pour épouser le calife, qui tue chacune de ses épouses au lendemain de leurs nuits de noces. Elle veut venger sa meilleure amie qui fait partie des victimes. Shéhérazade est déterminée, elle veut passer cette fameuse nuit et le lendemain matin, et survivre pour pouvoir approcher suffisamment le calife pour être assez proche de lui pour le tuer. Mais voilà, tout ne va pas se passer comme elle l’a prévu.

Globalement, j’ai trouvé que c’était un très bon roman. Déjà, on se trouve dans un univers oriental riche en couleurs et plein de descriptions qui m’a transporté et que j’ai adoré. Cela fait vraiment du bien de changer d’univers et de sortir un peu des sentiers battus, d’utiliser d’autres coutumes, d’autres cultures. Les romans YA commencent un peu à tous se ressembler, et Captive fait dans l’originalité, même s’il s’agit d’une réécriture à la base.

Passé la bonne surprise de l’originalité, je dois dire que l’histoire n’a pas été une si grande révélation. J’ai passé un très bon moment, alors pourquoi seulement trois étoiles ? Tout est cousu de fil blanc et j’ai vu venir les révélations de très très trèsloin. J’ai deviné tout ce qu’il s’est passé bien avant que cela n’arrive dans le roman. J’ai compris que Shéhérazade allait se rapprocher du calife, que son amour de jeunesse (que j’ai largement préféré au calife) allait débarquer au palais pour la libérer mais qu’elle n’allait pas vouloir s’enfuir avec lui, qu’il en serait blessé, j’avais aussi grosso-modo deviné la raison des meurtres des femmes au matin… Certes, c’est du YA donc c’est toujours un peu prévisible, mais j’aime toujours être surprise lors de mes lectures.

Cela n’empêche que j’ai passé un très bon moment, mais je suis loin du gros coup de cœur qu’on eu certaines de mes connaissances. Je recommande tout de même ce roman pour son côté dépaysant et original, pour l’héroïne qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et pour l’écriture de Renee Ahdieh qui nous fait défiler les pages à une vitesse folle et nous entraîne en Orient avec un talent fou.

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Girl Online de Zoe Sugg

Chez La Martinière Jeunesse, mai 2015.
349 pages, 13€90.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Gaffeuse et réservée, Penny a le don de se mettre dans des situations embarrassantes. Derrière la jeune fille maladroite, pourtant, se cache la très populaire blogueuse Girl Online, qui confie ses rêves et ses secrets sur le net. Grâce au succès de son blog, Penny prend peu à peu confiance en elle, et la vie lui paraît soudain plus facile. Si bien qu’un jour, à New York avec ses parents, elle s’autorise à croire au grand amour. Mais l’élu de son coeur ne lui a pas tout dit. Et ce n’est pas n’importe quel garçon. Penny n’est pas au bout de ses surprises…

Mon avis :
J’ai attendu que la folie autour de ce livre retombe pour me lancer dans cette lecture. J’ai lu beaucoup de choses, des bonnes et des moins bonnes, et je suis au courant que Zoe Sugg n’est en fait pas vraiment l’auteur de cette histoire, qu’elle s’est largement faite aidée et que rien n’est signalé dans le livre à ce sujet, que cela à fait polémique bla-bla-bla… Je sais tout ça, mais j’ai essayé de faire abstraction pour tenter d’apprécier un minimum le roman et être objective tout du long.

Gir Online c’est un roman contemporain young adult qui nous présente Penny, jeune adolescente lycéenne complètement gaffeuse, passionnée de photographies qui fait des crises d’angoisse depuis qu’elle a eu un accident de voiture il y a un mois de cela. Les bourdes s’enchaînent, Penny n’en rate pas une. Jusqu’à ce que ses parents qui sont organisateurs de mariage soient invité à New-York pour leur travail, emmenant Penny et son meilleur ami Elliot avec eux. C’est là que les choses commencent à s’arranger, lorsqu’elle rencontre Noah.

Globalement, j’ai passé un bon moment. C’est très divertissant, et surtout ça se lit extrêmement vite. Je ne vais pas nier que Penny est l’héroïne stéréotypée : rousse, des taches de rousseur, complexée, maladroite, pas sûre d’elle même pour un sou, amoureuse du garçon populaire du lycée, son meilleur ami est homosexuel, sa meilleure amie est en fait une vraie peste… Cela m’a fait lever les yeux au ciel un nombre incalculable de fois, mais je pense que le style simple utilisé et les chapitres courts ont aidé à rendre le tout plus facile et agréable. J’ai largement préféré la partie à New-York que la partie à Brighton, puisque Penny apprend enfin à se faire confiance, elle cesse de se rabaisser sans cesse, elle parle de ses crises d’angoisse à Noah et il l’aide à y faire face. J’ai vu venir la révélation de la fin à 3000km, dès la scène de la rencontre entre Noah et Penny je m’en suis doutée, donc c’était loin d’être une surprise et je me suis même demandé pourquoi ça prenait autant de temps à venir dans le roman.

Je pense que c’est un bon roman pour les jeunes qui peuvent affronter les mêmes démons que Penny, qui se sentent un peu mal dans leur peau, ou tout simplement pour les fans de Zoe Sugg (car si je comprends bien, ce roman est inspiré de sa vie)… Personnellement je ne la connais pas en tant que Youtubeuse. En tout cas, j’ai passé un bon moment bien que tout soit « trop » tout le temps, trop cliché et trop poussé… mais je ne serais pas contre lire le second tome pour voir où tout cela va mener.

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Black Ice de Becca Fitzpatrick

Chez JC Lattès dans la collection MsK, février 2015.
400 pages, 17.00€
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
L’appel du danger est irrésistible…
En décidant de passer un week-end à la montagne avec sa meilleure amie, Britt était loin d’imaginer que son ex, Calvin, serait aussi de la partie. Tandis qu’elle profite du trajet pour réfléchir à leur histoire, Britt et Korbie se retrouvent bloquées au milieu de nulle part dans une terrible tempête de neige. Bravant le froid glacial, elles finissent par trouver refuge dans un chalet occupé par deux beaux inconnus. Deux malfaiteurs en fuite qui les prennent en otage.
Tandis qu’elle échafaude des plans pour trouver une issue, l’angoisse de Britt grimpe d’un cran : elle découvre que plusieurs meurtres ont été commis dans la région. Sans compter que le comportement bienveillant de Mason, un des deux ravisseurs, est déconcertant : est-il un ennemi ou un allié ? Peut-elle lui faire confiance ? Les apparences sont trompeuses au milieu du blizzard, et les secrets bien gardés…

Mon avis :
Becca Fitzpatrick est surtout connue en France pour sa série Hush, Hush faisant appel à des anges et j’avais hâte de la découvrir dans un contemporain et surtout dans un one-shot. J’ai retrouvé sa plume délicate et agréable, qui fait défiler les pages sans que l’on s’en rende compte, ses descriptions des personnages qui nous font nous attacher immédiatement à ses héros et j’ai adoré la retrouver dans un genre différent de celui qui me l’avait fait découvrir.

Black Ice, c’est l’histoire de Britt qui part avec sa meilleure amie pour une randonnée d’un week-end, elle sont censées retrouver le copain et le frère de Korbie sur place, mais sur la route elles sont prise au piège par une tempête et la seule solution est de laisser la voiture sur place et d’essayer de trouver un abris proche. Elle tombent sur un chalet où sont également réfugiés deux garçons de leur âge. Mais ils ne sont pas si accueillant que ça…

C’est une vraie chasse à l’homme, des crimes sont commis, et on ne sait plus qui croire. C’est très différent de la série Hush, Hush, ça c’est sûr. Britt est une héroïne incroyable, elle n’a rien de la petite héroïne frêle qui ne sait pas se défendre ou qui a du mal à réfléchir et qui panique quand les choses se compliquent, bien au contraire. Korbie, par contre, m’a moins séduite par son côté égoïste qui ressort bien trop souvent au début du roman et j’ai eu du mal à comprendre l’amitié entre les deux jeunes femmes. Becca Fitzpatrick joue avec nos nerfs tout au long de l’histoire grâce à la psychologie des personnages et leurs relations. Il est très difficile de savoir si ce qu’ils ressentent est sincère, ou exacerbé à cause de la situation.

J’ai beaucoup aimé le lieu choisi, on se trouve dans la montagne, en pleine tempête et sans aucune âme qui vive et qui puisse venir en aide aux filles. Les péripéties s’enchaînent les unes après les autres, on ne nous laisse aucun moment pour souffler mais le tout reste incroyablement réaliste et prenant. Britt est très raisonnée et ne joue pas aux héros, elle a le comportement que toute jeune fille formée à la randonnée pourrait avoir dans une telle situation. J’ai adoré la voir traverser toutes ces étapes.

Le début était tellement prometteur, j’avais hâte de découvrir la fin. Et ça a été une vraie déception, c’est mielleux à souhait et j’aurais préféré que cela reste dans le ton du reste du roman. La romance s’installe tout au long du récit et elle n’est pas de trop, mais j’aurais préféré que la fin ne soit pas aussi niaise. J’ai passé un très bon moment mais la fin me laisse un petit goût amer, je préfère garder le déroulement en mémoire et oublier le dénouement.

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Delirium #2, Pandemonium de Lauren Oliver

Chez Hachette Blackmoon, février 2012.
456 pages, 16.00€.
Amazon / Goodreads / Livraddict
Ma note : ★★☆☆☆

Quatrième de couverture :
Lena a découvert avec Alex ce sentiment interdit qu’est l’amour. Ensemble ils se sont enfuis, déterminés à gagner la Nature pour vivre leur passion. Mais seule Lena est parvenue à franchir la frontière. Sans savoir si Alex est encore vivant. Aujourd’;hui Lena a rejoint la résistance. Elle se voit confier une mission qui pourrait bien lui coûter la vie. Mais une nouvelle rencontre vient remettre en question tous ses principes. Se battre pour avoir le droit d’aimer : cela a-t-il vraiment un sens ? Imaginez qu’on vous prive de tout sentiment. Que la liberté ne soit plus qu’un vieux souvenir dénué de sens. Jusqu’où iriez-vous pour garder le droit d’aimer ? Plongez dans l’inoubliable trilogie DELIRIUM.

Mon avis :
Quelle lecture laborieuse. Je me souviens avoir adoré le premier tome, que j’ai lu il y a au moins deux ou trois ans, j’avais trouvé l’histoire originale bien que l’héroïne soit naïve et m’ait tapé sur les nerfs. J’avais adoré le personnage d’Alex et surtout, la fin était vraiment affreuse et je m’en souvenais parfaitement.

Ce second tome m’a vraiment déçue. Je n’ai pas su retrouver les éléments qui m’avaient plu lors de la lecture du premier tome. Par contre, j’ai retrouvé Lena et elle m’a autant énervée que lorsque je l’ai découverte. Pas de chance pour moi… Après que Lena ait enfin passé la frontière et qu’elle se retrouve maintenant dans la nature, la vraie, seule puisqu’Alex est resté derrière, elle doit apprendre à découvrir ce nouveau monde dont elle ignore tout. Elle découvre alors qu’elle n’est pas seule à vivre dans les bois, d’autres personnes vivent également dans le monde sauvage : la résistance. Lena apprend alors à découvrir les choses qui devraient lui être naturelles, mais qui ne lui sont pas parce qu’elle a grandi en repoussant ses émotions. On tourne encore autour du thème de l’amour, est-ce bien ou mal ? Les émotions sont-elles une bonne chose ?

Mais globalement, j’ai trouvé qu’il ne se passait vraiment rien de concret dans ce second tome, il ne sert qu’à intégrer Lena dans la résistance et lui faire ressentir de nouvelles choses, d’un point de vue de l’intrigue, c’est vraiment mou et je me suis ennuyée tout le long.

Je vais me forcer à lire le troisième tome, qui pour le coup ne me fait vraiment pas envie après la lecture de celui-ci, mais j’espère terminer cette trilogie sur une bonne note et non pas sur une déception, d’autant plus que je garde un bon souvenir du premier tome. J’ignore si c’est parce que j’ai grandi depuis (du moins, j’espère avoir grandi et mûri mentalement), parce que mes goûts ont évolué ou parce que j’ai lu beaucoup de dystopies depuis et celle-ci se retrouve donc en bas du classement par comparaison… Je pense que c’est un tout, mais aussi parce que ce second tome est largement en dessous du premier. Je recommande tout de même la lecture de cette trilogie, avant même de l’avoir terminée parce qu’elle a quand même marqué l’histoire de la dystopie young adult et représente très bien le genre.

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The Revolution of Ivy de Amy Engel

Chez Lumen, novembre 2015.
321 pages, 15€00.
Ma note : ★★★★★

Quatrième de couverture :
Condamnée à l’exil pour ses crimes, Ivy se retrouve seule au-delà de la barrière qui protège les siens d’un monde hostile, dévasté par l’arme atomique des décennies plus tôt. Trahie par sa famille, abandonnée par Bishop, elle doit quitter Westfall et s’enfonce dans la nature sauvage et découvre qu’elle est habitée. Cette année, mon tour est venu. Mais la ville où elle est née se tord dans les convulsions d’un coup d’État, et le chaos ne tarde pas à régner. C’est un Bishop différent qui débarque dans le camp où Ivy s’est réfugiée, un Bishop qui a découvert, entretemps, plus d’une vérité. Il est temps pour la jeune fille de décider ce qu’elle compte faire : se venger ou… faire la révolution ? Le deuxième et dernier tome de la série The Book of Ivy clôt une saga dystopique où survie en milieu hostile, complots meurtrier et manipulations politiques se mettent en travers du chemin d’un duo à l’alchimie saisissante. Découvrez l’aventure finale d’Ivy, assassin devenue survivante !

Mon avis :
Second et dernier tome d’une duologie, The Revolution of Ivy nous entraîne de l’autre côté de la barrière en compagnie d’Ivy qui doit maintenant affronter un monde dont elle ignore tout et dans lequel elle doit tenter de survivre : trouver de l’eau, un abri, de quoi manger… Elle est en tête à tête avec ses pensées et cela n’est pas forcément une bonne chose, elle ressasse les derniers événements. Sa famille l’a trahie et s’est servie d’elle au maximum, elle a du abandonner Bishop qui lui manque terriblement, même si elle essaie de se l’interdire.

Ce second tome prend une nouvelle dynamique quand on le compare au premier tome : nous ne sommes plus dans le même décor et Ivy rencontre de nouveaux personnages avec qui elle doit apprendre à vivre.

J’ai surtout trouvé que ce second tome nous offrait une magnifique évolution du personnage d’Ivy, qui n’avait aucune confiance en elle dans le premier tome. Elle s’affirme ici et découvre qu’elle existe sans sa famille et sans les décisions qu’ils prenaient pour elle, contrairement à ce qu’elle pensait. Ivy est capable de penser par elle-même et surtout, de se débrouiller en pleine nature. Une fois qu’elle a rencontré le groupe des autres survivants de l’autre côté de la barrière, elle devient une toute autre femme, beaucoup plus sûre d’elle.

Bien sûr, ce second tome ne pouvait pas se dérouler sans un petit chamboulement et c’est bien sûr l’arrivée de Bishop de l’autre côté de la barrière. Et c’est ce qui vient perturber le nouvel équilibre que c’était construit Ivy. Elle doit maintenant faire face à ses sentiments et surtout, ses peurs. Je me suis beaucoup attachée à Ivy dans ce second tome, encore plus que dans le premier puisqu’elle montre réellement qu’elles sont ses faiblesses, puis accepte enfin de se laisser aller et s’autorise à vivre et à être un minimum heureuse.

La fin est pour moi une fin satisfaisante et plutôt bien construite, si l’on considère les deux tomes. Je suis ravie qu’il n’y ait que deux tomes puisque je trouve que l’histoire est maintenant belle et bien terminée. J’ai passé un excellent moment avec Ivy et Bishop qui sont deux personnages que j’ai adoré rencontré et suivre. Amy Engel a un style très agréable qui se dévore tout seul et j’ai déjà hâte de découvrir ce qu’elle pourrait écrire par la suite, en littérature jeunesse comme en adulte.