Chroniques Livres

Nos vies en mille morceaux – Hayley Long

Chez Gallimard jeunesse, août 2018, 325 pages.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Comment reprendre goût à la vie quand on a tout perdu ? Le cheminement de deux frères renversant, chaleureux et tout en finesse.
Le monde de Griff et Dylan, 13 et 15 ans s’écroule à la fin de l’été, quand un accident de voiture les laisse orphelins. Installés à New-York depuis peu, ils sont d’abord recueillis par Blessing, collègue bienveillante de leurs parents. Puis à l’autre bout du monde, dans une petite ville du pays de Galles, chez un oncle et une tante qu’ils ne connaissent pas. Dylan veille sur son petit frère comme sur la prunelle de ses yeux, tandis que Griff sort de son isolement grâce à l’affection de son entourage et aux amitiés qu’il commence à nouer. Dylan, de son côté, trouvera-t-il le paix intérieure?

Mon avis :
Je tiens à remercier les éditions Gallimard jeunesse qui ont accepté de m’envoyer ce service presse !

Nos vies en mille morceaux est un roman qui nous fait passer par toute une palette d’émotions. Nous commençons par faire la connaissance des deux personnages principaux : Griff et Dylan, deux adolescents de 13 et 15 ans, qui alors qu’ils reviennent de vacances d’été avec leurs parents, ont un accident. Ils se retrouvent alors orphelins et vont être recueillis provisoirement par Blessing, la collègue de leurs parents professeurs de collège, puis finalement par leur tante Dee, au Pays de Galles. Dylan et surtout Griff, qui a plus de mal à accepter la situation, vont devoir se reconstruire.

Le merveilleux atout de ce roman est sans conteste la richesse des personnages. Griff est un enfant complètement perdu, surprotégé par son frère Dylan. Le premier va devoir se trouver une nouvelle place dans le monde après la perte de ses parents, aidé par le second. Les personnages secondaires sont tout aussi intéressants et attachants : d’abord Blessing, qui amènera la touche musicale (et très importante) du roman, Dee et son époux, la jeune Hari, mais également les personnages âgées auxquelles cette dernière et Griff vont rendre visite. Chaque personnage apporte une nouvelle information au roman et ajoute sa pierre à l’édifice.

Un réel effort de mise en page a été fait sur ce roman (j’ignore si elle est identique en version originale), ce qui donne une vraie dynamique à l’histoire et surtout aux dialogues. La typographie n’a pas la même taille en fonction de l’intonation utilisée par les personnages, en fonction de s’ils chuchotent ou s’ils parlent fort, la police sera plus grande ou plus petite. Des sauts de ligne sont utilisés aussi pour Dylan, quand il décide de se couper du monde et part dans ses pensées, cela nous permet de découvrir par des flash-backs des moments partagés avec leurs parents. Des petits détails et des choix de mise en page permettent vraiment de porter l’attention sur certains éléments et de se plonger totalement dans l’expérience tragique que sont en train de vivre ces deux adolescents.

L’auteure a choisi de jouer sur un certain effet de surprise dans le roman, qui n’a pas forcément fonctionné sur moi parce que j’ai rapidement deviné de quoi il était question. Cependant je trouve l’idée excellente et je pense que les lecteurs qui ne devineront pas n’auront qu’une envie : relire le roman pour le découvrir d’un œil nouveau. Nos vies en mille morceaux est un roman très touchant, qui aborde les thèmes du deuil, de l’adolescence, du lien fraternel et familial avec beaucoup de sensibilité, un peu d’humour et une belle justesse. C’était une très jolie lecture.

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Chroniques Livres

Le chant d’Achille – Madeline Miller

Chez Pocket, avril 2015, 468 pages.
Ma note : ★★★★★
Coup de cœur ♥

Quatrième de couverture :
Le jeune Patrocle est envoyé dans le royaume de Phthie. Il y rencontre Achille qui est tout ce qu’il n’est pas : un jeune prince brillant, aimé et admiré. Patrocle devient son écuyer. Rien ne devrait les rapprocher et, pourtant, les deux jeunes hommes nouent des liens d’amitiés très forts qui évoluent en passion amoureuse.
Achille sait qu’il est appelé à vivre un destin exceptionnel. Il s’engage donc immédiatement pour faire le siège de Troie. Patrocle, beaucoup moins héroïque, suit son ami à contre cœur. La guerre de Troie éprouvera les deux hommes. Elle ébranlera leur histoire d’amour et remettra également en question leurs convictions les plus profondes. Contre toute attente, c’est Patrocle qui trouvera une mort héroïque, vaincu par la colère des dieux. Achille, dévasté, rongé par le chagrin et la culpabilité, mourra à son tour.

Mon avis :
Je suis vraiment gâtée dernièrement puisque je fais d’excellentes lectures. Le Chant d’Achille a été un véritable coup de coeur et je regrette de l’avoir laissé attendre dans ma PAL aussi longtemps, puisqu’avec un thème pareil, j’étais pratiquement sûre d’aimer. C’était presque joué d’avance.

Madeline Miller nous plonge en pleine Grèce antique afin de nous faire redécouvrir l’histoire de Patrocle et d’Achille et plus particulièrement l’histoire d’amour qu’ils ont partagé. Comment rendre un roman intéressant quand on connaît déjà le mythe, l’histoire de ces deux personnages et surtout leur destin funeste ? C’est le pari que s’est lancé l’auteure et qu’elle réussi avec brio grâce à une écriture fluide et l’utilisation d’une narration du point de vue de Patrocle, le moins connu des deux personnages. C’est un point de vue très intéressant, puisque Patrocle évolue énormément à travers le roman et même s’il reste toujours en retrait par rapport à Achille, il est souvent celui que l’on oublie dans l’histoire…

Le roman couvre (pratiquement) toute la vie des deux héros, puisque nous découvrons d’abord Patrocle alors qu’il n’est qu’un enfant et que son père veut le marier avec Hélène, vous savez, celle qui déclenchera malgré elle la fameuse guerre de Troie… Le mariage ne se fait pas, puisqu’elle choisit un autre prétendant : Ménélas, qui affrontera des années plus tard les fils troyens aux côtés des grecs. C’est après avoir accidentellement tué un jeune garçon, héritier, que Patrocle est déshérité et envoyé en Phtie, où il rencontre Achille. D’abord timide, réservé et peu sûr de lui, le jeune homme est intrigué et fasciné par le héros, fils du roi Pélée et de Thétis, une nymphe. Le récit avance progressivement, Patrocle devient le compagnon d’Achille, puis son ami et enfin son amant… Ils partent ensemble pour suivre l’enseignement de Chiron, le centaure. Jusqu’à ce que la guerre n’arrive et vienne tout détruire.

Les pages défilent à toute vitesse et le roman se termine avant même que l’on ne s’en rende compte. Nous rencontrons une flopée de personnages, certains bien connus (Ulysse, Hector…) et d’autres plus secondaires que l’on aurait aimé suivre plus longtemps (notamment Thétis, la mère de Achille, qui est incroyablement mystérieuse et effrayante tout au long du roman, prête à tout pour protéger son fils). La lecture est addictive, la relation entre Patrocle et Achille se construit doucement et n’est en rien précipitée, on la savoure autant qu’eux. C’est pourtant un roman déchirant puisque l’on sait pertinemment quel sera son dénouement et quel sera le sort des deux amants, et malgré leurs efforts pour contrer la prophétie qui annonce la mort d’Achille, le lecteur sait très bien qu’ils n’y pourront rien.
Les descriptions de Madeline Miller nous plongent en pleine Grèce antique puis en pleine guerre de Troie avec un réalisme impressionnant qui nous donnerait envie que le roman ne s’arrête jamais.

Un roman captivant, une véritable épopée que j’ai absolument adoré. Les personnages, et plus particulièrement Patrocle, sont terriblement touchants. C’est un véritable coup de cœur. Je pense me plonger bientôt dans son nouveau roman, qui suit la même idée de revisite mais avec le personnage de Circé, qui croise la route d’Ulysse lors de son voyage.

Adaptations·Séries TV

The Paradise – BBC

Saisons : 2
Créée par : Bill Gallagher
Avec : Joanna Vanderham, Emun Elliott, Elaine Cassidy, Sarah Lancashire…
Ma note : ★★★★★
Coup de cœur ♥

Résumé :
Basée sur le roman Au bonheur des dames d’Émile Zola, The Paradise raconte l’histoire et les amours tortueuses des gens dont la destinée est influencée par l’arrivée du premier grand magasin du nord de l’Angleterre, à la fin du 19e siècle, le Paradis. Le propriétaire, John Moray, veuf et fils de marchands de tissus, a développé sa petite boutique jusqu’à dominer la grande rue au détriment des petits commerçants. De la petite ville de Peebles arrive Denise Lovett, dont l’oncle est justement un petit commerçant luttant pour sa survie. Embauchée au Paradise, Denise Lovett est de plus en plus considérée par John Moray comme l’étoile montante de son enseigne, au grand dam de Miss Audrey, la chef des rayons de mode féminine, et de Clara, une vendeuse. John Moray est financièrement dépendant de Lord Glendenning, dont la fille Katherine est déterminée à se marier avec le patron du grand magasin et voit donc en Denise Lovett une menace.

Mon avis :
Courte série qui me tentait depuis un petit moment, je me suis enfin laissée tenter. En effet, les séries historiques de la BBC sont toujours une réussite et une valeur sûre. C’est finalement en la voyant disponible sur la plateforme Netflix que je me suis enfin décidée à donner sa chance à The Paradise et je ne regrette absolument pas !

Basée sur le roman Au bonheur des dames d’Emile Zola que je n’ai malheureusement pas encore lu, The Paradise nous plonge au cœur d’un grand magasin et de son fonctionnement : la vie de son ambitieux propriétaire John Moray, veuf depuis plusieurs années et courtisé par Katherine Glendenning, mais également ses nombreux employés grâce à l’arrivée de Denise. Nouvelle venue, tout droit arrivée de la petite ville de Peebles, la jeune femme se fait employer au rayon pour femmes, dirigé par Miss Audrey, et va rapidement devoir se faire une place. Mais Denise n’est pas comme les autres : elle ne travaille pas seulement au magasin pour avoir un salaire, elle est passionnée par son métier et rêve de se faire une place dans ce monde.

À chaque épisode, la jeune femme va progressivement se faire une place et trouver de nouvelles idées pour améliorer la qualité du service offert et proposé aux clients. Chaque épisode aborde une thématique ou une idée mise en place dans le magasin ou dans un rayon et présente parfois de nouveaux personnages, permettant ainsi de faire avancer le scénario. Tout cela resterait quand même assez classique et ennuyant si ce n’était pas agrémenté de quelques histoires sentimentales comme les anglais savent si bien nous les raconter… Parce que bien sûr, Denise va rapidement tomber sous le charme de Mr Moray, qui ne restera pas non plus insensible à la jeune femme. Miss Audrey, de son côté, devra choisir entre la vie de femme mariée ou la vie de femme qui travaille. Clara, employée également au rayon pour femmes, devra faire face à son passé douloureux et Pauline à son tempérament assez fougueux et son désir de rencontrer l’homme parfait.

La série n’est pas sans nous rappeler d’autres séries et on pourrait la présenter comme un doux mélange de Downton Abbey (pour la présentation du quotidien des différentes classes sociales du magasin et de la vie des employés) et de Mr. Selfridge (pour le thème du grand magasin, évidemment). La comparaison s’arrête cependant là puisque The Paradise à droit à un vrai scénario, à des personnages terriblement attachants et qui évoluent tout au long de la série. La première saison s’axe sur la découverte du magasin et l’adaptation de Denise à ce nouveau monde, tandis que la seconde viendra mettre pas mal d’obstacles dans la relation entre Denise et John Moray.

La série compte seulement 16 épisodes, deux toutes petites saisons et je n’aurais pas été contre une troisième tant je me suis attachée aux personnages et surtout à Denise. Joanna Vanderham a su l’incarner avec beaucoup de talent. La fin convient cependant entièrement et nous laisse la porte ouverte pour imaginer nous-même la suite des aventures de Denise : une jolie histoire.
Une série que je vous recommande vivement si vous aimez les séries britanniques ou les séries en costumes !

Bookhaul

Les livres que j’emmène en vacances

Aujourd’hui c’est départ en vacances ! Je quitte la région parisienne pour partir une quinzaine de jours chez ma sœur, en Corrèze. Au programme : passer du temps en famille et bien sûr, lire ♥ Je vais profiter de ces vacances au calme pour tenter d’écouler quelques livres qui traînent dans ma PAL depuis (trop) longtemps mais que j’ai une envie folle de découvrir 😀

Je vous présente ma sélection papier :

40681458♦ Nos vies en mille morceaux de Hayley Long (chez Gallimard Jeunesse, sortie le 16 août 2018) : Le monde de Griff et Dylan, 13 et 15 ans, s’écroule à la fin de l’été, quand un accident de voiture les laisse orphelins. Installés à New York depuis peu, les deux frères sont d’abord recueillis par Blessing, collègue haute en couleur de leurs parents. Puis à l’autre bout du monde, chez un oncle et une tante qu’ils ne connaissent pas, dans une petite ville du Pays de Galles, où ils trouvent bienveillance et nouvelles amitiés. Dylan n’a qu’une idée en tête : aider Griff à revivre, protéger son petit frère. Mais il a lui-même son propre chemin à faire, et une dernière vérité à affronter.

 

L'auberge entre les mondes, tome 1 : Péril en cuisine !♦ L’auberge entre les mondes, tome 1, de Jean-Luc Marcastel (chez Flammarion Jeunesse) : Nathan et son ami font un stage d’été dans une auberge. Très vite, des phénomènes étranges se produisent : les murs bougent et l’atmosphère semble emplie de magie. Ils découvrent que le bâtiment se trouve au carrefour de plusieurs mondes, sur lesquels des créatures malfaisantes tentent d’installer leur hégémonie.

 

 

 

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Les Petites Reines de Clémentine Beauvais (chez Sarbacane) : À cause de leur physique ingrat, Mireille, Astrid et Hakima ont gagné le « concours de boudins » de leur collège de Bourg-en-Bresse. Les trois découvrent alors que leurs destins s’entrecroisent en une date et un lieu précis : Paris, l’Élysée, le 14 juillet. L’été des « trois Boudins » est donc tout tracé : destination la fameuse garden-party de l’Élysée !!! Et tant qu’à monter à Paris, autant le faire à vélo – comme vendeuses ambulantes de boudin, tiens ! Ce qu’elles n’avaient pas prévu, c’est que leur périple attire l’attention des médias… jusqu’à ce qu’elles deviennent célèbres !!! Entre galères, disputes, rigolades et remises en question, les trois filles dévalent les routes de France, dévorent ses fromages, s’invitent dans ses châteaux et ses bals au fil de leur odyssée. En vie, vraiment.

 

26047310Rebel of the Sands de Alwyn Hamilton (chez Faber & Faber, disponible en français chez Pocket Jeunesse sous le titre Rebelle du désert) : « Tell me that and we’ll go. Right now. Save ourselves and leave this place to burn. Tell me that’s how you want your story to go and we’ll write it straight across the sand. »
Dustwalk is an unforgiving, dead-end town. It’s not the place to be poor or orphaned or female. And yet Amani Al’Hiza must call it ‘home’. Amani wants to escape and see the world she’s heard about in campfire stories. Then a foreigner with no name turns up, and with him she has the chance to run. But the desert plains are full of dangerous magic. The Sultan’s army is on the rise and Amani is soon caught at the heart of a fearless rebellion… An epic story of swirling desert sands, love, magic and revolution.

 

31574408♦ Traitor to the Throne de Alwyn Hamilton (chez Faber & Faber) : This is not about blood or love. This is about treason. Nearly a year has passed since Amani and the rebels won their epic battle at Fahali. Amani has come into both her powers and her reputation as the Blue-Eyed Bandit, and the Rebel Prince’s message has spread across the desert – and some might say out of control. But when a surprise encounter turns into a brutal kidnapping, Amani finds herself betrayed in the cruellest manner possible.
Stripped of her powers and her identity, and torn from the man she loves, Amani must return to her desert-girl’s instinct for survival. For the Sultan’s palace is a dangerous one, and the harem is a viper’s nest of suspicion, fear and intrigue. Just the right place for a spy to thrive… But spying is a dangerous game, and when ghosts from Amani’s past emerge to haunt her, she begins to wonder if she can trust her own treacherous heart.

 

25510671La croix de feu (Outlander, #5) de Diana Gabaldon (chez J’ai lu) : 1770, Caroline du Nord. Exilés dans le Nouveau Monde, les Fraser y ont trouvé leur place. Claire, devenue guérisseuse, tente d’aider les gens grâce à ses remèdes et ses connaissances. De son côté, Jamie a gagné la confiance du gouverneur. Néanmoins, la guerre d’Indépendance approche à grands pas et des émeutes éclatent de toute part. Inconscients du danger qui les guette, Claire et Jamie sont rejoints par leur fille Brianna. Ensemble, parviendront-ils à réécrire l’histoire ?

 

 

28798691La fille de l’irlandais de Susan Fletcher (chez J’ai lu) : Eve, petite fille rousse et délurée, est recueillie par ses grands-parents à la mort soudaine de sa mère, dans un village au cœur du pays de Galles. À cause de sa chevelure rousse indomptable, elle doit faire face au mépris et à la méfiance. Mais lorsqu’une enfant disparaît mystérieusement, la vie des villageois bascule : enquête, soupçons et mensonges deviennent le quotidien. Au milieu de cette effervescence, Eve, perdue, tente de percer les secrets de sa vie et de sa naissance. Dans ce roman, les pièces du puzzle s’imbriquent progressivement pour former un magnifique conte d’innocence perdue.

 

25451851Le chant d’Achille de Madeline Miller (chez Pocket) : Le jeune Patrocle est envoyé dans le royaume de Phthie. Il y rencontre Achille qui est tout ce qu’il n’est pas : un jeune prince brillant, aimé et admiré. Patrocle devient son écuyer. Rien ne devrait les rapprocher et, pourtant, les deux jeunes hommes nouent des liens d’amitiés très forts qui évoluent en passion amoureuse. Achille sait qu’il est appelé à vivre un destin exceptionnel. Il s’engage donc immédiatement pour faire le siège de Troie. Patrocle, beaucoup moins héroïque, suit son ami à contre cœur. La guerre de Troie éprouvera les deux hommes. Elle ébranlera leur histoire d’amour et remettra également en question leurs convictions les plus profondes.
Contre toute attente, c’est Patrocle qui trouvera une mort héroïque, vaincu par la colère des dieux. Achille, dévasté, rongé par le chagrin et la culpabilité, mourra à son tour.

 

41058338J’ai toujours cette musique dans la tête de Agnès Martin-Lugand (chez Pocket) : Yanis et Véra s’aiment comme au premier jour et sont les parents de trois magnifiques enfants. Mais Yanis, autodidacte talentueux dans le bâtiment, vit de plus en plus mal sa collaboration avec Luc, le frère architecte de Véra, qui est aussi pragmatique et prudent que lui est créatif et entreprenant. La rupture est consommée lorsque Luc refuse le chantier que Yanis attendait. Poussé par sa femme et financé par un client providentiel qui ne jure que par lui, Yanis se lance à son compte, enfin. Mais la vie qui semblait devenir un rêve éveillé va soudain prendre une tournure plus sombre. Saura-t-il échapper à une spirale infernale ? Son couple résistera-t-il aux ambitions de leur entourage ?

 

Ils ne sont pas les seuls à partir en vacances avec moi, puisque j’emmène également ma liseuse chargée à bloc de nouveautés de la rentrée littéraire et d’autres romans et essais en tous genres !
Les avez-vous lus ? Appréciés ? Dites-moi tout ! 🙂

Chroniques Livres

Filles de la mer de Mary Lynn Bracht

Chez Robert Laffont, février 2018, 432 pages.
Ma note : ★★★★★
Coup de cœur

Quatrième de couverture :
Sur l’île de Jeju, au sud de la Corée, Hana et sa petite sœur Emi appartiennent à la communauté haenyeo, au sein de laquelle ce sont les femmes qui font vivre leur famille en pêchant en apnée. Un jour, alors qu’Hana est en mer, elle aperçoit un soldat japonais sur la plage qui se dirige vers Emi. Aux deux filles on a maintes fois répété de ne jamais se retrouver seules avec un soldat. Craignant pour sa sœur, Hana rejoint le rivage aussi vite qu’elle le peut et se laisse enlever à sa place. Elle devient alors, comme des milliers d’autres Coréennes, une femme de réconfort en Mandchourie.

Mon avis :
Filles de la mer est un roman coup de poing qui a assez peu fait parler de lui mais qui, à mon humble opinion, mérite vraiment le temps de lecture. Acheté lors de ma visite au salon Saint-Maur en Poche 2018, j’ai craqué parce que l’auteure était présente et que c’était peut-être là ma seule occasion de le faire dédicacer… je ne tenais pas à regretter plus tard, sachant que j’avais très envie de le lire depuis sa sortie. Et je ne regrette qu’une chose : ne pas l’avoir lu avant pour pouvoir en discuter avec elle au salon.

Nous y découvrons l’histoire parallèle de deux sœurs : Hana pendant la seconde guerre mondiale et Emi en 2011, deux histoires qui vont bien sûr être liées tout au long du récit par leur lien fraternel et les épreuves que la première va traverser.
Les deux jeunes femmes ont été élevées sur l’île de Jeju, en Corée, dans la communauté des haenyeo (les « filles de la mer ») : elles pêchent de manière traditionnelle en profondeur pour ensuite vendre leur butin sur le marché. Un jour, alors qu’Hana est en train de pêcher avec sa mère et que sa petite sœur est seule sur la plage, elle aperçoit un soldat japonais. Incapable de laisser sa sœur se faire enlever, elle se fait prendre à sa place et la voilà embarquer dans un destin terriblement tragique et brutal : elle devient une « femme de réconfort » pour les soldats japonais présents en Corée pendant l’Occupation. Envoyée en Mandchourie dans un bordel, elle se fait violer à répétition, perd son identité pour être appelée Sakura, doit faire face aux réalités de la situation et aux horreurs des hommes mais ne perd pas son unique but et garde en tête ce qui lui tient le plus à cœur : retrouver la liberté, sa famille et regagner la mer.

Filles de la mer est un roman terriblement difficile, déchirant et poignant sur le destin de toutes ces femmes brutalisées pendant la guerre. Un véritable hommage à toutes les victimes de soldat, de violences et qui ont été malheureusement oubliées par l’Histoire. Les chapitres concernant Hana sont durs, violents et dévoilent une partie oubliée de la guerre et je dois dire que je ne m’attendais pas à lire quelque chose d’aussi sombre quand j’ai attaqué ma lecture. Il faut s’accrocher pour faire face à toutes les épreuves que traverse la pauvre Hana… Je ne pensais pas m’attaquer à un tel sujet en lisant ce roman.
C’est dans la partie narrée par Emi que nous découvrons l’autre aspect de l’histoire : cette soeur qui a été protégée mais qui ne s’est jamais pardonnée d’avoir laissé Hana partir avec ce soldat sans rien dire. Toute sa vie, elle s’en ait voulu et alors qu’elle organise son dernier voyage pour rendre visite à ses enfants, elle veut se rendre à une cérémonie de commémoration où les familles et descendants de ses femmes se battent, pour que le gouvernement reconnaisse les faits et que ces femmes soient enfin reconnues. Emi n’a jamais abandonné l’idée de retrouver Hana, mais sa culpabilité l’a toujours empêcher de vivre pleinement sa vie.

Je recommande vivement ce roman, mais soyez prévenus de son contenu. C’est une histoire dure, difficile à lire mais qui vaut vraiment le détour. L’écriture de Mary Lynn Bracht nous accompagne avec douceur tout au long de ce récit riche, dans lequel il arrive énormément d’événements, et certains passages teintent le tout d’une certaine dose d’espoir. Deux femmes exceptionnelles. Un concentré d’émotions. C’est un coup de cœur.

Chroniques Livres

The Doldrums de Nicholas Gannon

Chez Harper Collins, octobre 2017, 368 pages.
Disponible en français chez Pocket Jeunesse.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Les grands-parents d’Archer Hemsley, 11 ans, ne sont jamais rentrés de leur mission sur un glacier, il y a deux ans. Le garçon n’a qu’une idée en tête : partir à l’aventure pour les retrouver. Mais comment faire pour quitter la ville alors que sa mère le laisse à peine quitter leur maison ? Heureusement, Archer peut compter sur un duo d’amis de choc : le tête-en-l’air Oliver Gulb et Adelaïde Belmont, ancien petit rat de l’opéra de Paris à la jambe de bois. Ils mettent au point un plan infaillible : lors d’une sortie scolaire au muséum d’histoire naturelle, ils s’enfuiront, et en avant pour l’Antarctique ! Mais rien ne se passe comme prévu : entre leur terrible prof Mrs Murkley et l’attaque d’un ours polaire empaillé, le départ vers le glacier semble compromis…

Mon avis :
Me voilà de retour sur le blog et avec en plus un roman en VO ! Après avoir terminé mes deux ans d’apprentissage en librairie, j’ai eu envie de me plonger dans des lectures détentes et avec notre voyage en Angleterre avec Alexandra (du blog Comme par enchantements), j’ai décidé de jeter mon dévolu sur l’un des livres que j’avais acheté en librairie sur place. C’est le premier tome des aventures des Doldrums, écrit par Nicholas Gannon, qui a été l’heureux élu et que j’ai dévoré en à peine deux jours.

Voici un premier tome qui nous offre de belles aventures ! Nous découvrons le personnage d’Archer Helmsley, un jeune garçon dont les grands-parents sont de grands aventuriers et n’ont cessé d’explorer le monde à la recherche de ses merveilles. Mais ces derniers ne sont jamais revenus d’une de leurs expéditions en Antarctique. Deux ans plus tard, Archer a pourtant encore espoir de les voir revenir, et encore plus quand leurs affaires sont livrées chez lui… lui faisant miroiter de nombreux indices sur leur dernier voyage et leur vie mouvementée.
Aidé d’Oliver, son meilleur ami, et d’Adélaïde, une nouvelle élève venue de France, il va alors décider de partir à leur recherche et entreprendre les préparatifs d’un voyage pour le Pôle Sud… un voyage qui va s’avérer bien plus compliqué que prévu !

Voici un roman qui m’a totalement enchantée. Moi qui adore la littérature jeunesse, j’ai été servie car j’y ai retrouvé absolument tous les éléments que j’aime dans ce genre. Tout commence bien évidemment avec des personnages terriblement attachants grâce à Archer, désespérément à la recherche de ses grands-parents, Oliver, un peu peureux mais prêt à tout pour son ami, et Adélaïde, la petite française à la jambe de bois. Il s’agit du principal atout de ce roman qui nous présente trois jeunes personnages en quête d’aventure, qui seront finalement liés par une amitié sans faille !
Ce trio nous emmène également dans une histoire bourrée d’humour, mais aussi de rebondissements et de révélations : la recherche des grands-parents d’Archer va se révéler pleine de secrets enfouis, de voyages inconnus, de rêves, de rencontres surprenantes, de désirs… Gros bonus pour les nombreuses illustrations qui viennent ponctuer le récit et qui accompagnent à merveille le développement de l’histoire.

The Doldrums est un roman avec un univers qui lui est propre, l’écriture de Nicholas Gannon nous entraîne dans cet enchaînement d’actions avec facilité et sans jamais se précipiter. Tout va très vite, tout en restant réaliste dans l’évolution des personnages et l’avancement de l’histoire. Nous n’avons pas le temps de nous ennuyer une seule seconde. Et pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher d’être déçue par la fin, alors que le roman était presque un coup de cœur. En effet, la promesse d’aventure et de voyage que nous faisait miroiter Archer, Oliver et Adélaïde pendant les 3/4 du roman tombe finalement à plat, nous laissant avec un goût d’inachevé. Heureusement, il s’agit d’une série et un deuxième tome est déjà sorti !

Chroniques Livres

La femme qui tuait les hommes de Eve de Castro

Chez Robert Laffont, janvier 2018, 288 pages.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Paris, 2017. Saint-Pétersbourg, 1909. Une rencontre sur un quai de métro. Un hallucinant fait divers. Un voyage entre deux mondes où se noue le destin d’une couturière octogénaire, d’un écrivain coureur de jupons, du jeune Lénine et d’une terrible justicière. Une comtesse savoyarde y côtoie un poseur de rails et un cirque ambulant. De la Russie pré-révolutionnaire au Paris littéraire, mêlant humour, tendresse et gravité, Eve de Castro nous embarque, nous bouscule, nous envoûte.

Mon avis :
Ce livre m’a été envoyé par Filipa et les éditions Robert Laffont, je tiens à les remercier de m’avoir permis cette lecture. La femme qui tuait les hommes m’intriguait énormément à cause de son titre. Je n’ai jamais rien lu d’Eve de Castro, ça a donc été une totale découverte. Une lecture qui a finalement été en demi-teinte mais qui ne m’empêchera pas de découvrir ses autres ouvrages parce que j’ai quand même passé de bons moments.

Ce roman se déroule sur deux chronologies, mais les histoires finissent bien évidemment par se croiser et les personnages sont liés d’une façon ou d’une autre, nous nous en doutons dès le début de la lecture. À travers les personnages de Jeanne et de Léna, nous découvrons deux quotidiens très différents, mais pourtant pas si éloignés. Elles sont femmes, elles sont solitaires, elle sont brisées. Jeanne, couturière retraitée, a été manipulée toute la vie par les hommes. Léna, quant à elle, venge les autres femmes et les enfants en assassinant les hommes violents. Nous allons donc être embarqués sur les pas de cette fameuse Léna, une jeune femme russe amoureuse du futur Lénine, condamnée à mort en 1909 pour avoir tué près de 300 hommes. C’est cette histoire de meurtre qui nous est vendue dans le résumé et par le titre du roman, mais cet élément n’arrive qu’assez tard dans le roman et cela m’a pas mal déçue. Je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus mouvementé, de plus rapide et j’ai finalement dû attendre une mise en place avant d’attaquer le vif du sujet, ce que j’ai trouvé long pour un roman « si » court.

Si j’ai bien apprécié la première partie avec la présentation des personnages et l’alternance des deux époques et des deux points de vue, je me suis parfois perdue dans la chronologie des événements. Nous nous perdons entre Jeanne, son passé, ainsi que Léna et son histoire. Je pense que je n’ai sans doute pas lu ce roman au bon moment : même s’il est court, il se passe beaucoup de chose et je l’ai trouvé assez dense. J’avais beaucoup de choses en tête et je pense vraiment que je l’aurais beaucoup plus apprécié si je l’avais lu à un moment moins compliqué pour moi.

J’ai trouvé certains passages absolument magnifiques et j’ai même relevé certains dialogue que j’ai trouvé sublimes. L’écriture d’Eve de Castro m’a charmée et je réitérerai l’expérience avec grand plaisir.