Bilan

Mes lectures – Novembre 2017

Un rapide article pour vous présenter mes lectures de novembre. Je ne pense pas avoir le temps de rattraper tout mon retard dans les chroniques, mais j’espère pouvoir être plus régulière à partir de maintenant. N’hésitez pas à me demander mon avis sur un titre qui vous intéresse, je pourrais faire une chronique si besoin 😉

En Novembre, j’ai donc lu un total de 4656 pages !

• 1) Paddington de Robert W. Alley et Michael Bond (★★★★★)
• 2) Paddington découvre Londres de Robert W. Alley et Michael Bond (★★★★★)
• 3) Paddington et le Noël surprise de Robert W. Alley et Michael Bond (★★★★☆)
• 4) Le Petit Ours des Neiges de Tony Mitton (★★★★☆)
• 5) Saint-Nicolas, c’est qui celui-là ? de Ian de Haes et Charlotte Bellière (★★★★☆)
• 6) C’est Noël ! de Tracey Corderoy et Tim Warnes (★★★★☆)
• 7) Roland est mort de Nicolas Robin (★★★☆☆)
• 8) Dernière Heure Vol.3 de Yu (★★★★☆)
• 9) Le mari de mon frère Vol.4 de Gengoroh Tagame (★★★★★)
• 10) L’enfant et le maudit Vol.3 de Nagabe (★★★★☆)
• 11) Les passants de Lisbonne de Philippe Besson (★★★☆☆)
• 12) Joyeux suicide et bonne année ! de Sophie de Villenoisy (★★☆☆☆)
• 13) L’ordre du jour de Eric Vuillard (★★☆☆☆)
• 14) Le souffle de Midas #1 de Alison Germain (★★★★☆)
• 15) Dou et son doudou de Johan Leynaud (★★★★★)
• 16) Game of Crowns #1, Winter is cold de Lapuss’, Baba et Tartuff (★★☆☆☆)
• 17) 14-14 de Silène Edgar et Paul Beorn (★★★★☆)
• 18) Les petites morts de Davy Mourier (★★★☆☆)
• 19) Moonrise de Sarah Crossan (★★★★★)
• 20) Tom-Tom et Nana #1, Tom-Tom et l’impossible Nana de Jacqueline Cohen (★★★★☆)
• 21) Tom-Tom et Nana #2, Tom-Tom et ses idées explosives de Jacqueline Cohen (★★★★☆)
• 22) La Cabane Magique #1, La vallée des dinosaures de Mary Pope Osborne (★★★☆☆)
• 23) La Cabane Magique #2, Le mystérieux chevalier de Mary Pope Osborne (★★★☆☆)
• 24) Le loup qui n’aimait pas Noël de Orianne Lallemand et Eleonore Thuillier (★★★★☆)
• 26) Le garçon qui partit dans le nord avec son père à la recherche du Père Noël de Kim Leine (★★★☆☆)
• 27) Bonjour Père Noël de Michaël Escoffier et Matthieu Maudet (★★★★☆)
• 28) Presque toute la vérité sur les lutins de Clothilde Delacroix (★★★★☆)
• 23) Geronimo Stilton #83, La nuit magique de Noël de Geronimo Stilton (★★★☆☆)
• 30) Tortues à l’infini de John Green (★★★★☆)
• 31) Gardiens des Cités Perdues #1 de Shannon Messenger (★★★★☆)
• 32) La fille qui a sauvé Noël de Matt Haig et Chris Mould (★★★★☆)
• 33) Le faire ou mourir de Claire-Lise Marguier (★★★☆☆)

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Cinéma

Les livres qui sortent bientôt sur grand écran #2

Depuis quelques mois, je n’ai plus beaucoup le temps d’aller au cinéma et cela me manque. J’ai beaucoup de choses à gérer en même temps et il a fallu faire un choix, j’ai  d’ailleurs résilié mon abonnement UGC qui me revenait bien plus cher que ce que j’allais au cinéma. Mais cela ne m’empêche pas de me tenir au courant des prochaines sorties et d’avoir envie de voir certains films : surtout quand il s’agit d’adaptations !

 

Paddington 2 – Sortie le 6 décembre 2017

Adapté des albums de Michael Bond et Robert W. Alley, Paddington est de retour au cinéma pour un deuxième volet de ses aventures. Il coule des jours heureux chez les Brown, sa famille d’adoption, dans un quartier paisible de Londres, où il est apprécié de tous. Alors qu’il recherche un cadeau exceptionnel pour les cent ans de sa tante adorée, il repère un magnifique livre animé, très ancien, chez un antiquaire. Pas de temps à perdre : il enchaîne les petits boulots pour pouvoir l’acheter ! Mais lorsque le précieux ouvrage est volé, Paddington est accusé à tort et incarcéré. Convaincus de son innocence, les Brown se lancent dans une enquête pour retrouver le coupable…
Avec Hugh Bonneville, Sally Hawkins, Hugh Grant, Peter Capaldi et Guillaume Galienne (doublage).

 

Les Gardiennes – Sortie le 6 décembre 2017

Adapté du roman de 1924 de Ernest Pérochon, cette adaptation signée Xavier Beauvois nous plonge en 1915. À la ferme du Paridier, les femmes ont pris la relève des hommes partis au front. Travaillant sans relâche, leur vie est rythmée entre le dur labeur et le retour des hommes en permission. Hortense, la doyenne, engage une jeune fille de l’assistance publique pour les seconder. Francine croit avoir enfin trouvé une famille…
Avec Nathalie Baye, Laura Smet et Iris Bry.

 

 Le Crime de l’Orient-Express – Sortie le 13 décembre 2017

D’après le célèbre roman d’Agatha Christie (que je dois vraiment lire !). Le luxe et le calme d’un voyage en Orient Express est soudainement bouleversé par un meurtre. Les 13 passagers sont tous suspects et le fameux détective Hercule Poirot se lance dans une course contre la montre pour identifier l’assassin, avant qu’il ne frappe à nouveau.
Avec (et réalisé par) Kenneth Brannagh, Johnny Depp, Michelle Pfeiffer, Daisy Ridley, Derek Jacobi, Penelope Cruz, Willem Dafoe…

 

Wonder – Sortie le 20 décembre 2017

Adapté du roman de R.J. Palacio, publié chez Pocket Jeunesse, qui avait été un gros coup de cœur. L’histoire de August Pullman, un petit garçon né avec une malformation du visage qui l’a empêché jusqu’à présent d’aller normalement à l’école. Aujourd’hui, il rentre en CM2 à l’école de son quartier. C’est le début d’une aventure humaine hors du commun. Chacun, dans sa famille, parmi ses nouveaux camarades de classe, et dans la ville tout entière, va être confronté à ses propres limites, à sa générosité de cœur ou à son étroitesse d’esprit. L’aventure d’Auggie finira par unir les gens autour de lui.
Avec Julia Roberts, Owen Wilson et Jacob Tremblay.

 

La promesse de l’aube – Sortie le 20 décembre 2017

Adapté du roman du même nom de Romain Gary. De son enfance difficile en Pologne en passant par son adolescence sous le soleil de Nice, jusqu’à ses exploits d’aviateur en Afrique pendant la Seconde Guerre mondiale… Romain Gary a vécu une vie extraordinaire. Mais cet acharnement à vivre mille vies, à devenir un grand homme et un écrivain célèbre, c’est à Nina, sa mère, qu’il le doit. C’est l’amour fou de cette mère attachante et excentrique qui fera de lui un des romanciers majeurs du XXème siècle, à la vie pleine de rebondissements, de passions et de mystères. Mais cet amour maternel sans bornes sera aussi son fardeau pour la vie…
Avec Pierre Niney, Charlotte Gainsbourg, Jean-Pierre Darroussin…

Bilan

Bilan- Septembre 2017

C’est l’heure du bilan ! En septembre, j’ai lu 24 livres dont 8 bandes-dessinées, 3 mangas, 4 albums et 9 romans. Ce qui me fait un total de 3845 pages 🙂

Cassandra prend son envol (Cassandra, #1) Momo, tome 2 Le courage qu'il faut aux rivières

Le premier tome de Cassandra par Isabelle Bottier et Hélène Canac nous raconte l’histoire d’une jeune fille qui un a don : elle peut communiquer avec les animaux, ressentir leurs émotions. Dans ce premier volume, elle décide de ne plus se cacher et d’utiliser ce don pour retrouver un chat disparu. Une jolie bande-dessinée aux illustrations dynamique, mais il me manquait un petit quelque chose pour que ce soit un vrai coup de cœur. 3/5
Le second tome de Momo est dans la continuité du premier, et je l’ai même préféré. Momo est un personnage terriblement attachant et encore plus ici, on apprend à la découvrir à travers les épreuves qu’elle doit traverser. 4/5
Le courage qu’il faut aux rivières d’Emannuelle Favier fait partie des romans de la rentrée littéraire qui ont su me marquer. On m’avait conseillé de le lire sans avoir lu la quatrième de couverture, ce que j’ai fait, et je ne peux que vous conseiller la même chose : plongez vous dans cette histoire la tête complètement vide, vous en sortirez bouleversé. Un traitement du genre très intéressant, des personnages poignants, un récit avec quelques longueurs mais avec un thème original et rarement traité de cette façon… 3.5/5

À fond le slip (Titeuf, #15) Reines de sang - Cléopâtre, la Reine fatale T01 Frappe-toi le coeur

Titeuf est de retour dans un quinzième tome par Zep ! Et en le lisant, j’ai retrouvé toutes mes années d’enfance passées à lire les tomes précédents, à regarder le dessin-animé… Titeuf n’a pas pris une ride, il est toujours aussi drôle, décalé, obsédé par les filles et un peu à côté de la plaque. J’ai adoré la référence à Harry Potter dans l’un des gags ! 4/5
Les reines de sang sont également de retour dans une nouvelle série avec Cléopâtre. Je dois dire que je suis cette saga depuis que j’ai lu Aliénor que j’avais absolument adoré, mais j’ai du mal à accrocher aux autres séries. J’avais déjà eu du mal avec Tseu-Hi, et encore une fois ici avec Cléopâtre… Si les illustrations sont magnifiques, j’ai eu du mal à m’intéresser au sort des personnages. 3/5
Frappe-toi le coeur d’Amélie Nothomb a déjà eu droit à sa chronique, juste ici.

Kasane, La voleuse de visage Vol. 07 Kasane, La voleuse de visage Vol. 08 L'histoire du garçon qui voulait vivre dans un bocal

Les volumes 7 et 8 de Kasane par Daruma Matsuura sont dans la continuité des précédents : des personnages torturés, un univers sombre, le rapport à la beauté dans notre société… J’adore cette série de mangas et j’ai hâte de découvrir le fin mot de l’histoire ! Je vous conseille vivement de vous plonger dans cette lecture !
L’histoire du garçon qui voulait vivre dans un bocal de Lisa Thompson a déjà eu droit à sa chronique, juste ici.

Ondine Pepper & Carrot (Pepper & Carrot #1) Les sorcières de Chaosah (Pepper et Carrot #2)

Encore du Benjamin Lacombe, parce que je ne me refais pas. Cette réédition d’Ondine était l’occasion pour moi de compléter ma collection. Un conte aux illustrations magnifiques, à la mise en page très travaillée. Un très beau moment de lecture ! 5/5
Les bandes-dessinées Pepper & Carrot de David Revoy nous présentent une jeune sorcière, accompagnée de son chat, à travers ses aventures de jeune sorcière en formation. Beaucoup d’humour, des illustrations colorées et adorables, j’ai adoré ! 4/5

To Your Eternity #3 Un jour, je serai pompier Arc-en-ciel : le plus beau poisson des océans

Le troisième volume de To Your Eternity de Yoshitoki Oima a été une déception. J’avais eu un véritable coup de coeur pour le premier tome qui nous montrait l’arrivée d’une petite sphère sur la planète terre, qui avait la capacité de répliquer les informations et de prendre la forme d’objets, d’individus et d’emmagasiner leur mémoire. Le second tome avait été une bonne lecture, mais j’avais déjà été déçue par rapport au premier tome, et ce troisième volume est une déception. Je n’ai pas retrouvé les éléments qui m’avaient fait aimé cet univers… 2/5
Un jour, je serai pompier est le nouvel album signé Quentin Gréban. Comme toujours, des illustrations douces et tendres pour servir une belle histoire : un ourson qui rêve de devenir pompier, va finalement avoir l’occasion d’entrer en action et de faire ses preuves… 5/5
Arc-en-ciel de Marcus Pfister est un de ces albums qui ont bercé mon enfance. Je me rappelle qu’on se « battait » à l’école pour être celui qui parviendrait à le lire en premier à la récréation parce que les écailles du poisson brillaient vraiment ! Une histoire que j’ai relu avec beaucoup de nostalgie et de plaisir. 4/5

Arc-en-ciel veut gagner ! Confessions d'une fan de Jane Austen (Jane Austen Addict, #1) Bakhita

J’ai par la même occasion découvert qu’Arc-en-ciel avait en fait plusieurs volumes et vivait d’autres aventures : Arc-en-ciel veut gagner en fait partie. Une lecture que j’ai moins apprécié que le tome « original », même si on retrouve une jolie morale. 3/5
Confessions d’une fan de Jane Austen de Laurie Viera Rigler traînait depuis presque deux ans dans ma PAL, et c’est une petite rechute Austenienne qui m’a poussée à enfin le lire. On y rencontre Courtney, une jeune femme de notre époque, qui se retrouve accidentellement coincée en pleine Régence anglaise, dans l’univers de Jane Austen. Cela m’a fait beaucoup penser à la série TV Lost in Austen, bien que cette dernière soit beaucoup plus drôle et pousse le quiproquos beaucoup plus loin. Courtney est un personnage que j’ai eu du mal à apprécier au début de ma lecture, je l’ai trouvée très lente à réagir et donc, le roman très lent à démarrer. 3/5
Bakhita de Véronique Olmi est un petit bijou, un petit coup de coeur. Je vous prépare prochainement une chronique détaillée.

Tenebra Roma A Study in Scarlet Ernesto

Tenebra Roma est le nouveau roman de Donato Carrisi, mais une découverte pour moi puisque je n’avais jamais rien lu de cet auteur. Je vous prépare une chronique détaillée.
A Study in Scarlet (une étude en rouge) de Sir Arthur Conan Doyle est le premier tome des aventures de Sherlock Holmes et de John Watson. Après avoir tant entendu parlé de ce classique de la littérature anglaise, je dois avouer que je m’attendais à autre chose… J’ai passé un bon moment, sans pour autant être époustouflée.. 3/5
Ernesto de Marion Duclos m’a été offert par une amie de promo et m’a permis une jolie découverte. On y rencontre Ernesto, un grand-père immigré qui vit à Tours. Mais il n’a jamais vraiment oublié son passé et l’Espagne : une multitude de personnages va croiser son chemin, lui permettant de nous confier son vécu. 4/5

 

La Grande Ourse C'est le cœur qui lâche en dernier La petite couturière du Titanic

La Grande Ourse m’a tout de suite charmée par sa couverture. Et l’intérieur de cette bande-dessinée est tout aussi féérique : Louise, une jeune femme d’une vingtaine d’années, ne parvient pas à faire le deuil des gens qu’elle a perdu et pour cause, elle voit leurs fantômes partout où elle va, à chaque fois que quelque chose lui fait penser à eux. Alors quand elle se sent triste, elle regarde les étoiles. Jusqu’au jour où l’une des étoiles de la constellation de la Grande Ourse va venir la rejoindre pour lui faire vivre une incroyable aventure. 4/5
C’est le cœur qui lâche en dernier de Margaret Atwood est son dernier roman paru en France (le prochain sort en octobre, surveillez vos librairies !). Le résumé me vendait du rêve, surtout après le coup de coeur qu’avait été La Servante écarlate. Mais j’ai finalement été assez déçue : les personnages sont vides, clichés et sans réelle profondeur, le scénario avance très lentement et il y a beaucoup de longueur. C’est dommage parce que l’idée de base était très originale, mais cela n’a pas fonctionné avec moi. 3/5
La petite couturière du Titanic de Kate Alcott s’inspire de faits réels : le naufrage du Titanic, mais également l’après avec l’enquête et le besoin de savoir ce qu’il s’était passé pour les survivants après le naufrage. On découvre le personnage de Tess, une jeune femme qui rêve de devenir couturière et qui parvient au dernier moment à embarquer sur le Titanic, en étant engagée comme femme de chambre par Lucile Duff Gordon, une créatrice de mode réputée. Le Titanic fait finalement naufrage, et les deux femmes parviennent à survivre en montant à bord des canots de sauvetage, mais à quel prix ? Une bonne lecture qui nous fait vivre l’après-Titanic ! 3.5/5

Ce que je suis en train de lire :

La Nuit des béguines Une colonne de feu

Et vous, qu’avez-vous lu ce mois-ci ? 🙂

Chroniques Livres

La salle de bal de Anna Hope

Chez Gallimard, août 2017, 400 pages.
Ma note : ★★★★★
Coup de cœur ! ♥

Quatrième de couverture :
Lors de l’hiver 1911, l’asile d’aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l’enfance. Si elle espère d’abord être rapidement libérée, elle finit par s’habituer à la routine de l’institution. Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l’intérieur. Ils sont néanmoins réunis chaque vendredi dans une somptueuse salle de bal. Ella y retrouvera John, un « mélancolique irlandais ». Tous deux danseront, toujours plus fébriles et plus épris.
À la tête de l’orchestre, le docteur Fuller observe ses patients valser. Séduit par l’eugénisme et par le projet de loi sur le Contrôle des faibles d’esprit, Fuller a de grands projets pour guérir les malades. Projets qui pourraient avoir des conséquences désastreuses pour Ella et John.

Mon avis :
La salle de bal est mon gros coup de cœur de cette rentrée littéraire. On y découvre un roman historique au contexte politique compliqué, une écriture tendre et fluide, des personnages attachants et terriblement émouvants, et une histoire incroyablement belle. Anna Hope nous embarque au début du 20ème siècle, dans un hôpital psychiatrique. Ne vous arrêtez pas à ce seul élément, La salle de bal est bien plus qu’un simple roman qui parle de gens atteint de folie.

Le récit est divisé en trois points de vue : nous avons Ella, une jeune femme qui travaille depuis qu’elle a 8 ans dans une filature, dans des conditions horribles, battue par ses contremaîtres, mais qui ne rechigne jamais devant une nouvelle tâche. Après tout, il faut bien travailler pour gagner son pain et c’est son unique raison de vivre. Mais un jour, elle explose et ne contrôle plus sa colère, elle brise une vitre. Elle est ensuite envoyée à Sharston, sans vraiment comprendre pourquoi. On la traite de folle. On ne lui explique rien, ne lui donne aucune raison. Elle va devoir apprendre les règles de vie de l’établissement le plus rapidement possible si elle veut pouvoir survivre. Elle tentera bien de s’échapper, mais les conséquences n’en seront que plus douloureuses…
Nous avons également John, un homme d’origine irlandaise qui, après avoir perdu femme et enfant, tombe dans une profonde mélancolie. En tant qu’homme, il a quelques privilèges qu’Ella n’a pas : il peut sortir pour effectuer des travaux en extérieur. Mais cela s’arrête pas, la vie à Sharston n’a rien de très folichon. Il s’enferme dans un certain mutisme, il n’a plus aucune raison de se battre ni plus aucune raison de vivre. Il a tout perdu.

La rencontre de ces deux personnages sera rendu possible par Charles, notre troisième point de vue. Il est médecin à Sharston, mais est persuadé que les malades mentaux pourraient transmettre les gênes de ces maladies, il faut donc les euthanasier. Charles, fanatique, va se battre pour éradiquer ces caractères jugés handicapants, dans le but de favoriser les caractères jugés bénéfiques chez ses patients. Pour cela, il va également avoir recours à la musicothérapie, qui occupe une place primordiale dans ce roman. À l’aide d’un bal, organisé à sa demande, les femmes et les hommes seront invités à partager une soirée par semaine, où ils pourront se rencontrer, se mélanger, échanger. C’est là que Ella et John feront réellement connaissance et que leurs sentiments commenceront à naître.

Anna Hope nous livre un roman absolument incroyable, émouvant, touchant, doux (malgré le contexte et les thèmes abordés), et cela est rendu possible grâce aux personnalités des deux personnages principaux. Je pense qu’il faut se plonger dans cette lecture sans connaître le déroulement complet de l’histoire, nous en apprenons énormément sur les personnages principaux, mais les personnages secondaires ont également une importance certaine dans le récit. Ella et John évoluent sous nos yeux, leur relation est impossible et pourtant si désirée et si nécessaire à leur survie. On découvre les conditions de vie déplorables dans les hôpitaux psychiatriques au début du 20ème siècle, les mauvais traitements infligés aux malades, comment était considérée la folie à cette époque… La salle de bal à le mérite de nous faire vivre un très bon (et magnifique) moment de lecture, mais nous invite également à réfléchir, en utilisant le prétexte d’une rencontre bouleversante entre deux personnages.
Je ne peux que vous encourager à vous plonger dans cette lecture. Pour ma part, j’espère pouvoir lire bientôt Le chagrin des vivants, son autre roman, paru récemment en format poche chez Folio.

Chroniques Livres

L’histoire du garçon qui voulait vivre dans un bocal de Lisa Thompson

Chez Pocket Jeunesse, septembre 2017, 320 pages.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Matthew a 10 + 3 ans (il déteste le chiffre 13). Il souffre de TOC, porte des gants en latex et ne mange que des plateaux-repas sous cellophane. Obsédé par les germes, il vit reclus dans sa chambre. Sa seule occupation : espionner les allées et venues des voisins. Jusqu’au jour où le petit Teddy, âgé de 15 mois, est porté disparu. Avec Melody, sa voisine rigolote et un peu pot de colle, Matthew va mener l’enquête… et s’aventurer dans le monde extérieur.

Mon avis :
L’histoire du garçon qui voulait vivre dans un bocal m’avait été vendu comme un roman ressemblant à Wonder de R.J. Palacio, et on me l’avait conseillé en me disant que si je l’avais aimé, j’aimerais probablement beaucoup celui-ci. Et ça n’a pas raté, c’est presque un coup de cœur 😉

On découvre le quotidien de Matthew, un jeune garçon qui souffre de Troubles Obsessionnels du Comportement : il se lave les mains des dizaines de fois par jour, il a arrêté d’aller à l’école, il ne voit plus ses amis, ne sort pratiquement plus de chez lui et passe le maximum de son temps dans sa chambre où il est sur de contrôler la propreté des lieux… Il est totalement obsédé et terrorisé par les microbes qui pourraient le contaminer. Du coup, pour passer le temps, Matthew a pris l’habitude d’observer par la fenêtre. Il note tout ce qu’il voit dans des carnets, dont la vie de ses voisins. Tout se passe plutôt bien, outre les TOC qui lui mènent la vie dure et ses parents qui tentent désespérément de trouver une solution. Jusqu’au jour où Teddy, le petit garçon de Mr. Charles, un voisin, disparaît. Matthew n’a pas vu ce qu’il s’est passé, mais il regardait par la fenêtre juste avant : Teddy jouait dans le jardin, seul, et le portail était correctement verrouillé.
L’impasse où habite Teddy va alors être envahie par les agents de police et les journalistes, il faut retrouver Teddy. Mais la difficulté réside là : Matthew a du mal à affronter le monde extérieur, on y trouve tellement de microbes ! Il va alors s’associer avec Melody, une voisine de son âge qui a (malheureusement pour lui) décidé qu’elle l’appréciait et qu’ils pourraient devenir amis, pour enquêter et trouver des indices.

Ce roman est une petite pépite, que même des adultes devraient lire. Exactement comme Wonder de R.J. Palacio, et je comprends mieux la comparaison maintenant que j’ai terminé ma lecture.  Abordé de manière simplifiée pour le public jeune, ce roman nous présente les Troubles Obsessionnels du Comportement, sans pour autant tomber dans le sentimentalisme ou dans une analyse psychologique poussée de la chose. Matthew souffre, ses parents aussi, on découvre finalement ce qui a commencé à causer ses troubles au fil de la lecture : un drame a frappé la famille. Mais si cet aspect est important dans le récit, c’est finalement l’enquête et la recherche de Teddy qui devient l’élément principal du roman. La différence de Matthew est un obstacle pour faire avancer les choses plus rapidement, mais finalement, des astuces sont trouvées et le récit évolue malgré tout.
Le roman avance assez vite, mais les chapitres sont courts et le récit est bourré de rebondissements. On découvre la vie quotidienne de chaque voisin, on suspecte un peu tout le monde, on ne sait plus qui croire. C’est une vrai enquête, avec une vrai fin. Petit bonus : des illustrations viennent embellir les têtes de chaque chapitre.

Le personnage de Matthew évolue énormément au fil des pages, j’ai trouvé que c’était un jeune garçon touchant, intelligent et auquel il était facile de s’identifier. Ce livre aborde des thèmes importants, des thèmes que l’on ne retrouve pas souvent en littérature jeunesse et je trouve ça bien ! On passe un très bon moment, sans pour autant réduire l’impact que peuvent avoir les TOC sur le quotidien d’une famille et d’un individu. Je recommande vraiment vivement ce roman, aux plus jeunes comme aux plus grands ♥ !

Chroniques Livres

Frappe-toi le cœur de Amélie Nothomb

Chez Albin Michel, août 2017, 192 pages.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
« Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. » Alfred de Musset

Mon avis :
Impossible de traverser la rentrée littéraire sans voir le nouveau roman d’Amélie Nothomb. J’en entends toujours beaucoup parler, et cette fois-ci, j’ai eu envie de me laisser tenter. On me dit toujours qu’elle a une écriture particulière, que ses écrits ne laisse pas indifférents (« on adore ou on déteste !« ), mais que ça se lit vite… Ce n’est pas la première fois que je lis quelque chose d’elle : j’avais étudié Stupeur et tremblements au collège et je n’en garde pas un très bon souvenir, j’ai également lu Acide sulfurique que j’avais bien aimé, sans pour autant que ça ait été une lecture géniale. J’étais un peu perplexe en attaquant la lecture de Frappe-toi le coeur, surtout qu’il m’a été impossible de trouver un quelconque résumé quelque part pour savoir dans quoi je me lançais.

Et finalement, j’ai adoré. Ce roman se déroule en deux parties. C’est l’histoire de Marie, de Diane et de Olivia. Des femmes, des relations, des échanges… La premières parties sur l’enfance de Diane nous fait comprendre le contexte dans lequel a grandi la petite, et la seconde partie nous montre quel impact cela a eu sur elle.

Marie, c’est le premier personnage que l’on rencontre dans cette lecture. Sa relation avec Olivier (qui devient rapidement un personnage extrêmement secondaire parce que ce roman, on y parle de femmes !), leur mariage et leurs enfants. Ils ont une première petite fille : Diane. Malheureusement, la relation entre la mère et la petite est compliquée. La première voue une jalousie presque maladive à l’enfant et ne s’en occupe pratiquement pas, sauf une nuit, où elle aura un geste de tendresse pour elle. Diane ne cherche pas vraiment à comprendre, après tout, c’est sa mère, c’est comme ça. Et puis, son père et ses grands-parents compensent un peu ce manque d’affection. Quand Marie retombe enceinte, Diane décide qu’elle va devoir compenser le manque d’affection que sa mère aura pour l’enfant, sauf que le bébé qui naît est un garçon et que Marie s’en occupe normalement, avec tendresse et amour. Diane comprend alors que si sa mère est si froide avec elle, c’est parce qu’elle est une fille. Mais quand Marie a une autre petite fille, et qu’elle l’aime jusqu’à l’étouffer de bisous et de câlins, Diane ne comprend plus rien. Cela dépasse toute logique : le problème, c’est elle.

Dans la seconde partie du roman, Diane a décidé de suivre des études de médecine, et elle devient très proche avec l’une de ses professeurs, Olivia. Elle y voit presque la mère qu’elle n’a pas eu. Mais en la poussant à travailler sur la thèse qui lui permettra d’obtenir le statut de professeur, Diane lui voue corps et âme et découvre qu’elle n’est peut-être pas si éloignée de sa mère…

Un roman qui se lit vite, on m’avait prévenue. Je l’ai lu en trois trajets de RER. Mais il faut surtout reconnaître à Amélie Nothomb sa capacité à nous plonger dans son récit. Ses personnages sont captivants, les relations (parfois toxiques comme ici) s’entremêlent et nous donnent envie de tourner les pages pour découvrir le fin mot de l’histoire. Frappe-toi le cœur est un roman à la psychologie des personnages incroyable, surtout en ce qui concerne Diane qui est le personnage le plus développé du roman. Ce roman nous offre une analyse de la maternité, sous un scénario subtil et prenant. Si j’ai adoré la première partie où elle est enfant, j’ai un peu moins aimé la seconde que j’ai trouvé beaucoup plus sombre, bizarrement. Cependant, je recommande vraiment cette lecture ! Il sera difficile de passer à côté ;)… Je pense vraiment que ce roman m’a réconciliée avec Amélie Nothomb.

Chroniques Livres

Les derniers jours de Stefan Zweig de Laurent Seksik

Chez J’ai lu, février 2011, 192 pages.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Le 22 février 1942, en exil au Brésil, Stefan Zweig et sa femme Lotte mettent fin à leurs jours, dans un geste désespéré, mûri au coeur de la tourmente. Des fastes de Vienne à l’appel des ténèbres, ce roman restitue les six derniers mois du grand humaniste devenu paria et de son épouse. Deux êtres emportés par l’épouvante de la guerre : Lotte, éprise jusqu’au sacrifice ultime, et Stefan Zweig, inconsolable témoin du  » monde d’hier « .

Mon avis :
Obtenu lors d’une offre J’ai Lu, Les derniers jours de Stefan Zweig était l’occasion rêvée d’en apprendre plus sur cet écrivain incroyable. J’ai lu certaines de ses oeuvres et d’autres attendent encore dans ma PAL, mais avec le club de lecture de la librairie où je travaille ayant pour thème les biographies, j’ai trouvé que ce roman s’y inscrivait assez bien et que c’était une bonne occasion pour le lire. Il s’agit d’une biographie romancée et je l’ai attaquée en ayant à l’esprit que j’aurais peut-être à me renseigner sur certains événements pour vérifier leur véracité ou leur chronologie.

J’ai été très vite rassurée en découvrant l’écriture de Laurent Seksik. Même s’il s’agit d’un roman très court, les événements s’enchaînent et la plume est très agréable. On ressent très vite que de nombreuses recherches ont été effectuées pour l’écriture de cet ouvrage et cela donne encore plus envie de s’y plonger à corps perdu, mais également de découvrir les œuvres de Stefan Zweig et le reste de sa vie. Parce qu’en effet, ce roman ne parle que de la fin de sa vie, à partir de son installation au Brésil avec sa seconde épouse, Lotte. Si quelques flash-backs nous parlent de sa vie à Vienne, à Londres et à New-York, la majorité du roman se déroule à Pétropolis, où le couple a décidé de s’installer pour fuir la guerre et pour soigner l’asthme sévère de Lotte qui ne peut habiter dans une grande ville. L’altitude a un effet bénéfique sur sa respiration et elle se sent rapidement mieux. Pétropolis et la joie de vivre des brésiliens ont également rapidement un effet bénéfique sur Stefan Zweig qui se remet à écrire et à se consacrer à ses travaux. Malgré la guerre qui fait toujours rage, il garde espoir.
Jusqu’à la chute de Singapour, principale base britannique en Extrême-Orient, qui marquera le coup de grâce pour l’écrivain qui décidera de mettre fin à ses jours en s’empoisonnant. Sa femme, Lotte, décidera de l’accompagner, incapable de survivre sans lui.

Cette biographie romancée nous plonge dans les derniers mois de la vie de l’écrivain, mais également de son épouse Lotte. Nous découvrons la partie la plus intime de leurs vies, de leur couple, sans jamais tomber dans le sentimentalisme, ce que j’ai beaucoup apprécié. Laurent Seksik nous offre un livre incroyablement juste et touchant, bourré de détails et de références historiques. Je ne manquerai pas de lire ses autres romans si j’en ai l’occasion, c’était une très belle découverte.