Chroniques Livres

La femme qui tuait les hommes de Eve de Castro

Chez Robert Laffont, janvier 2018, 288 pages.
Ma note : ★★★☆☆

Quatrième de couverture :
Paris, 2017. Saint-Pétersbourg, 1909. Une rencontre sur un quai de métro. Un hallucinant fait divers. Un voyage entre deux mondes où se noue le destin d’une couturière octogénaire, d’un écrivain coureur de jupons, du jeune Lénine et d’une terrible justicière. Une comtesse savoyarde y côtoie un poseur de rails et un cirque ambulant. De la Russie pré-révolutionnaire au Paris littéraire, mêlant humour, tendresse et gravité, Eve de Castro nous embarque, nous bouscule, nous envoûte.

Mon avis :
Ce livre m’a été envoyé par Filipa et les éditions Robert Laffont, je tiens à les remercier de m’avoir permis cette lecture. La femme qui tuait les hommes m’intriguait énormément à cause de son titre. Je n’ai jamais rien lu d’Eve de Castro, ça a donc été une totale découverte. Une lecture qui a finalement été en demi-teinte mais qui ne m’empêchera pas de découvrir ses autres ouvrages parce que j’ai quand même passé de bons moments.

Ce roman se déroule sur deux chronologies, mais les histoires finissent bien évidemment par se croiser et les personnages sont liés d’une façon ou d’une autre, nous nous en doutons dès le début de la lecture. À travers les personnages de Jeanne et de Léna, nous découvrons deux quotidiens très différents, mais pourtant pas si éloignés. Elles sont femmes, elles sont solitaires, elle sont brisées. Jeanne, couturière retraitée, a été manipulée toute la vie par les hommes. Léna, quant à elle, venge les autres femmes et les enfants en assassinant les hommes violents. Nous allons donc être embarqués sur les pas de cette fameuse Léna, une jeune femme russe amoureuse du futur Lénine, condamnée à mort en 1909 pour avoir tué près de 300 hommes. C’est cette histoire de meurtre qui nous est vendue dans le résumé et par le titre du roman, mais cet élément n’arrive qu’assez tard dans le roman et cela m’a pas mal déçue. Je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus mouvementé, de plus rapide et j’ai finalement dû attendre une mise en place avant d’attaquer le vif du sujet, ce que j’ai trouvé long pour un roman « si » court.

Si j’ai bien apprécié la première partie avec la présentation des personnages et l’alternance des deux époques et des deux points de vue, je me suis parfois perdue dans la chronologie des événements. Nous nous perdons entre Jeanne, son passé, ainsi que Léna et son histoire. Je pense que je n’ai sans doute pas lu ce roman au bon moment : même s’il est court, il se passe beaucoup de chose et je l’ai trouvé assez dense. J’avais beaucoup de choses en tête et je pense vraiment que je l’aurais beaucoup plus apprécié si je l’avais lu à un moment moins compliqué pour moi.

J’ai trouvé certains passages absolument magnifiques et j’ai même relevé certains dialogue que j’ai trouvé sublimes. L’écriture d’Eve de Castro m’a charmée et je réitérerai l’expérience avec grand plaisir.

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Chroniques Livres

Collaboration horizontale de Navie et Carole Maurel

Chez Delcourt / Mirages, janvier 2017, 144 pages.
Ma note : ★★★★★
Coup de cœur ! ♥
Quatrième de couverture :
1942, Paris, Passage de la Bonne Graine. Rose, pour sauver son amie juive, Sarah, décide d’intervenir auprès de l’officier chargé de l’enquête, Mark. Rose est mariée à un prisonnier de guerre, avec qui elle a un enfant. Pourtant elle va se lancer dans une passion avec cet Allemand qui va lui révéler la femme qu’elle est. « Collaboration Horizontale », c’est l’histoire d’un amour interdit, d’une communauté de femmes solidaires, du quotidien d’un immeuble sous l’occupation… Entre héroïsme et trahison, il n’y a qu’un pas, souvent dangereux.
Mon avis :
Collaboration Horizontale a été une vraie claque, un formidable coup de cœur. Une bande dessinée qui nous présente la France sous l’occupation allemande, en 1942, et plus précisément les habitants d’un immeuble en particulier. Nous découvrons donc Andrée, la gardienne et Camille, son époux aveugle. Mais aussi Rose, infirmière dont l’époux et parti au front. Sarah, une femme juive qui se cache dans l’immeuble avec son fils Anaël, atteint de la polio. Joséphine, une danseuse de cabaret profondément mélancolique. Henriette, une femme âgée qui prétend être sénile mais qui a en réalité les idées bien en place… Tous ces personnages vont nous partager une tranche de leur vie, leurs réactions face aux allemands et la situation politique de la France : quand certains choisissent de s’arranger avec les nazis, d’autres aimeraient s’engager dans la Résistance.
Cette bande-dessinée, c’est aussi la rencontre de Rose avec Mark, officier allemand, et le début d’une passion dévorante. Une relation totalement interdite, qu’ils cachent parce qu’ils savent bien qu’elle n’attirerait que des ennuis. Mais le comportement de Rose change, ses amies s’inquiètent, la critiquent… Les personnages évoluent doucement, nous sommes témoin de l’amour de Rose et Mark, nous aimerions tant pouvoir les aider.
Une histoire magnifique mais terriblement triste, la fin m’a brisé le cœur. Je vous recommande vivement cette bande-dessinée, à tous.
En dehors de l’histoire, les illustrations sont absolument magnifiques et nous offrent quelques planches que j’ai absolument adoré et parfois pris quelques minutes pour les observer en détails, faisant une pause dans ma lecture pour les admirer. C’est un véritable travail graphique original, avec un joli traitement des couleurs qui colle parfaitement avec le sujet historique. Voici trois photos pour vous donner un exemple de ce qui vous attend si vous vous laissez tenter, ce que je souhaite réellement :
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Chroniques Livres

Le club de l’Ours Polaire #1, Stella et les mondes gelés de Alex Bell

Chez Gallimard jeunesse, janvier 2018, 368 pages.
Illustré par Tomislav Tomic / Traduit par Faustina Fiore
Ma note : ★★★★☆
Quatrième de couverture :

Stella Flocus Pearl a toujours voulu accompagner son père sur les terres inconnues de ses voyages. Son rêve se réalise le jour de ses douze ans : partir en exploration avec le Club de l’Ours Polaire ! Aux côtés d’un chuchoteur de loups, d’un magicien snob et arrogant et d’un demi-elfe timide et maladroit, Stella se lance à la conquête des étendues polaires. Mais une catastrophe vient bouleverser l’expédition et d’innombrables dangers se dressent bientôt sur leur chemin. Un univers magique peuplé de fées et de yétis, d’engeleurs et de pirates des neiges…

Mon avis :
Voici un roman que je n’avais absolument pas vu passer sur les réseaux sociaux ou en librairie à sa sortie. Ce n’est qu’en me rendant en librairie pendant ma semaine de cours que je l’ai vu au rayon jeunesse et que j’ai été attirée par sa couverture pleine de détails et par son titre accrocheur : Le club de l’Ours Polaire. Une camarade de promotion l’avait reçu en service de presse et me l’a donc prêté, je l’ai lu d’une traite en deux jours à peine tant l’histoire m’a tout de suite entraînée au fil des pages !
Nous découvrons le personnage de Stella Floccus, une toute jeune adolescente qui rêve de rejoindre le Club de l’Ours Polaire, dans lequel son père adoptif part toujours à l’aventure. Malheureusement, elle n’a pas le droit d’en faire partie parce qu’elle est une fille. Félix, son père adoptif qui l’a trouvé lors d’une expédition, alors qu’elle n’était qu’un bébé et déposée dans la neige, va cependant tout faire pour l’embarquer avec lui dans cette nouvelle expédition qui s’annonce plus intéressante que jamais : partir au point le plus froid du Pôle. Il faut dire que ce serait un magnifique cadeau d’anniversaire pour la jeune fille qui rêve d’aventures. Stella va alors faire la connaissance trois autres jeunes aventuriers embarqués, comme elle, dans ce voyage. Mais dès le premier jour, les quatre jeunes vont se retrouver séparés des adultes et devoir faire route par leurs propres moyens…
Ce premier tome est un sublime hommage à la Croisée des Mondes, aux Chroniques de Narnia, à Harry Potter et à toutes ces sagas jeunesse que nous avons pu lire pendant nos plus jeunes années, je pense que cette nouvelle trilogie a tout pour devenir culte dans le rayon jeunesse : des personnages attachants, des rebondissements à la pelle, des animaux mignons et des créatures que l’on a un peu moins envie de câliner, des paysages enneigés, de la magie et du fantastique et surtout une quête d’identité pour le personnage principal qui part donc dans un voyage terriblement intéressant !
Malgré tout, on pourrait lui reprocher justement d’être trop ressemblant à toutes ces sagas bien connues, mais je pense vraiment que les tomes suivants sauront se montrer plus originaux et que ce tome-ci était surtout introducteur aux personnages et à l’univers en général. En tout cas, la fin de ce premier tome laisse présager une direction un peu plus sombre pour la suite… J’ai hâte de la découvrir !
Chroniques Livres

La dame de beauté de Jeanne Bourin

Chez Le Livre de Poche, mai 1987, 192 pages.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Agnès Sorel fut la première maîtresse royale reconnue officiellement, affichée, comblée de titres et de biens. Elle s’identifia si parfaitement au siècle charnière qui a été le sien qu’elle en reflète le double aspect. Médiévale par la gaieté et la foi, déjà moderne par le goût du confort et les besoins matériels. Fille d’honneur d’Isabelle de Lorraine, duchesse d’Anjou, Agnès a vingt et un ans lorsqu’elle rencontre, à Toulouse, Charles VII qui, lui, a quarante ans. La beauté d’Agnès fit de lui un amant subjugué, le transfigurant : de terne, inquiet, défiant, malchanceux, il devint joyeux, hardi, plein d’allant, habile. Avec ce talent reconnu par tous, ce sont des amours rayonnantes que nous fait vivre ici Jeanne Bourin, l’auteur de La Chambre des dames. Des amours qui sont aussi de l’Histoire. Agnès Sorel fut appelée « damoiselle de Beauté » tant parce qu’elle était tenue pour la plus belle du monde que parce que le roi lui avait donné à vie la maison de Beauté-lès-Paris.

Mon avis :
La Dame de Beauté est ma première lecture d’un ouvrage de Jeanne Bourin, bien que La Chambre des dames attende patiemment dans ma PAL depuis ma visite du Musée de Cluny. Il s’agit d’une véritable belle découverte, j’ai passé un excellent moment avec cette lecture et à découvrir ce personnage. En tant que fan de romans historiques, je pense me pencher plus sérieusement sur les autres livres de Jeanne Bourin et découvrir tout ce qu’elle a pu écrire d’autre. Ce roman, qui nous conte la vie d’Agnès Sorel, a été un petit délice (mais pas un coup de coeur, malheureusement).

On y découvre une femme, une maîtresse, une amante, une amie, une fille, une mère… Tous ces rôles réunis en un seul personnage qui évolue énormément au fil des pages, bien que le roman soit assez court. C’est sans doute le seul défaut que j’ai pu lui trouver : ne pas avoir duré plus longtemps… J’aurais ainsi pu m’attacher pleinement à cette femme complexe, entièrement dévouée à son histoire d’amour et prête à tout pour la défendre. Alors qu’elle est fille d’honneur au service d’Isabelle de Lorraine, elle rencontre Charles VII. Du côté du roi, c’est le coup de foudre : elle est la plus belle femme qu’il ait jamais vu et compte bien la charmer. À force de cadeau, de mots doux et de promenades, la jeune femme tombe sous son charme à son tour. Elle devient alors la première maîtresse officielle du roi.

L’écriture de Jeanne Bourin a été un vrai plaisir : un style fluide, agréable, facile à lire, soutenu par des faits historiques avérés et des personnages que l’on prend plaisir à suivre et à voir grandir au fil des pages. Je me doute que des libertés ont été prises afin d’écrire ce roman, qu’il me faudra faire quelques recherches afin de compléter mes connaissances sur la vie passionnante d’Agnès Sorel, mais je trouve que cet ouvrage constitue une très bonne première approche pour connaître cette femme et la vie qu’elle a mené.

Chroniques Livres

La salle de bal de Anna Hope

Chez Gallimard, août 2017, 400 pages.
Ma note : ★★★★★
Coup de cœur ! ♥

Quatrième de couverture :
Lors de l’hiver 1911, l’asile d’aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l’enfance. Si elle espère d’abord être rapidement libérée, elle finit par s’habituer à la routine de l’institution. Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l’intérieur. Ils sont néanmoins réunis chaque vendredi dans une somptueuse salle de bal. Ella y retrouvera John, un « mélancolique irlandais ». Tous deux danseront, toujours plus fébriles et plus épris.
À la tête de l’orchestre, le docteur Fuller observe ses patients valser. Séduit par l’eugénisme et par le projet de loi sur le Contrôle des faibles d’esprit, Fuller a de grands projets pour guérir les malades. Projets qui pourraient avoir des conséquences désastreuses pour Ella et John.

Mon avis :
La salle de bal est mon gros coup de cœur de cette rentrée littéraire. On y découvre un roman historique au contexte politique compliqué, une écriture tendre et fluide, des personnages attachants et terriblement émouvants, et une histoire incroyablement belle. Anna Hope nous embarque au début du 20ème siècle, dans un hôpital psychiatrique. Ne vous arrêtez pas à ce seul élément, La salle de bal est bien plus qu’un simple roman qui parle de gens atteint de folie.

Le récit est divisé en trois points de vue : nous avons Ella, une jeune femme qui travaille depuis qu’elle a 8 ans dans une filature, dans des conditions horribles, battue par ses contremaîtres, mais qui ne rechigne jamais devant une nouvelle tâche. Après tout, il faut bien travailler pour gagner son pain et c’est son unique raison de vivre. Mais un jour, elle explose et ne contrôle plus sa colère, elle brise une vitre. Elle est ensuite envoyée à Sharston, sans vraiment comprendre pourquoi. On la traite de folle. On ne lui explique rien, ne lui donne aucune raison. Elle va devoir apprendre les règles de vie de l’établissement le plus rapidement possible si elle veut pouvoir survivre. Elle tentera bien de s’échapper, mais les conséquences n’en seront que plus douloureuses…
Nous avons également John, un homme d’origine irlandaise qui, après avoir perdu femme et enfant, tombe dans une profonde mélancolie. En tant qu’homme, il a quelques privilèges qu’Ella n’a pas : il peut sortir pour effectuer des travaux en extérieur. Mais cela s’arrête pas, la vie à Sharston n’a rien de très folichon. Il s’enferme dans un certain mutisme, il n’a plus aucune raison de se battre ni plus aucune raison de vivre. Il a tout perdu.

La rencontre de ces deux personnages sera rendu possible par Charles, notre troisième point de vue. Il est médecin à Sharston, mais est persuadé que les malades mentaux pourraient transmettre les gênes de ces maladies, il faut donc les euthanasier. Charles, fanatique, va se battre pour éradiquer ces caractères jugés handicapants, dans le but de favoriser les caractères jugés bénéfiques chez ses patients. Pour cela, il va également avoir recours à la musicothérapie, qui occupe une place primordiale dans ce roman. À l’aide d’un bal, organisé à sa demande, les femmes et les hommes seront invités à partager une soirée par semaine, où ils pourront se rencontrer, se mélanger, échanger. C’est là que Ella et John feront réellement connaissance et que leurs sentiments commenceront à naître.

Anna Hope nous livre un roman absolument incroyable, émouvant, touchant, doux (malgré le contexte et les thèmes abordés), et cela est rendu possible grâce aux personnalités des deux personnages principaux. Je pense qu’il faut se plonger dans cette lecture sans connaître le déroulement complet de l’histoire, nous en apprenons énormément sur les personnages principaux, mais les personnages secondaires ont également une importance certaine dans le récit. Ella et John évoluent sous nos yeux, leur relation est impossible et pourtant si désirée et si nécessaire à leur survie. On découvre les conditions de vie déplorables dans les hôpitaux psychiatriques au début du 20ème siècle, les mauvais traitements infligés aux malades, comment était considérée la folie à cette époque… La salle de bal à le mérite de nous faire vivre un très bon (et magnifique) moment de lecture, mais nous invite également à réfléchir, en utilisant le prétexte d’une rencontre bouleversante entre deux personnages.
Je ne peux que vous encourager à vous plonger dans cette lecture. Pour ma part, j’espère pouvoir lire bientôt Le chagrin des vivants, son autre roman, paru récemment en format poche chez Folio.

Chroniques Livres

L’histoire du garçon qui voulait vivre dans un bocal de Lisa Thompson

Chez Pocket Jeunesse, septembre 2017, 320 pages.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
Matthew a 10 + 3 ans (il déteste le chiffre 13). Il souffre de TOC, porte des gants en latex et ne mange que des plateaux-repas sous cellophane. Obsédé par les germes, il vit reclus dans sa chambre. Sa seule occupation : espionner les allées et venues des voisins. Jusqu’au jour où le petit Teddy, âgé de 15 mois, est porté disparu. Avec Melody, sa voisine rigolote et un peu pot de colle, Matthew va mener l’enquête… et s’aventurer dans le monde extérieur.

Mon avis :
L’histoire du garçon qui voulait vivre dans un bocal m’avait été vendu comme un roman ressemblant à Wonder de R.J. Palacio, et on me l’avait conseillé en me disant que si je l’avais aimé, j’aimerais probablement beaucoup celui-ci. Et ça n’a pas raté, c’est presque un coup de cœur 😉

On découvre le quotidien de Matthew, un jeune garçon qui souffre de Troubles Obsessionnels du Comportement : il se lave les mains des dizaines de fois par jour, il a arrêté d’aller à l’école, il ne voit plus ses amis, ne sort pratiquement plus de chez lui et passe le maximum de son temps dans sa chambre où il est sur de contrôler la propreté des lieux… Il est totalement obsédé et terrorisé par les microbes qui pourraient le contaminer. Du coup, pour passer le temps, Matthew a pris l’habitude d’observer par la fenêtre. Il note tout ce qu’il voit dans des carnets, dont la vie de ses voisins. Tout se passe plutôt bien, outre les TOC qui lui mènent la vie dure et ses parents qui tentent désespérément de trouver une solution. Jusqu’au jour où Teddy, le petit garçon de Mr. Charles, un voisin, disparaît. Matthew n’a pas vu ce qu’il s’est passé, mais il regardait par la fenêtre juste avant : Teddy jouait dans le jardin, seul, et le portail était correctement verrouillé.
L’impasse où habite Teddy va alors être envahie par les agents de police et les journalistes, il faut retrouver Teddy. Mais la difficulté réside là : Matthew a du mal à affronter le monde extérieur, on y trouve tellement de microbes ! Il va alors s’associer avec Melody, une voisine de son âge qui a (malheureusement pour lui) décidé qu’elle l’appréciait et qu’ils pourraient devenir amis, pour enquêter et trouver des indices.

Ce roman est une petite pépite, que même des adultes devraient lire. Exactement comme Wonder de R.J. Palacio, et je comprends mieux la comparaison maintenant que j’ai terminé ma lecture.  Abordé de manière simplifiée pour le public jeune, ce roman nous présente les Troubles Obsessionnels du Comportement, sans pour autant tomber dans le sentimentalisme ou dans une analyse psychologique poussée de la chose. Matthew souffre, ses parents aussi, on découvre finalement ce qui a commencé à causer ses troubles au fil de la lecture : un drame a frappé la famille. Mais si cet aspect est important dans le récit, c’est finalement l’enquête et la recherche de Teddy qui devient l’élément principal du roman. La différence de Matthew est un obstacle pour faire avancer les choses plus rapidement, mais finalement, des astuces sont trouvées et le récit évolue malgré tout.
Le roman avance assez vite, mais les chapitres sont courts et le récit est bourré de rebondissements. On découvre la vie quotidienne de chaque voisin, on suspecte un peu tout le monde, on ne sait plus qui croire. C’est une vrai enquête, avec une vrai fin. Petit bonus : des illustrations viennent embellir les têtes de chaque chapitre.

Le personnage de Matthew évolue énormément au fil des pages, j’ai trouvé que c’était un jeune garçon touchant, intelligent et auquel il était facile de s’identifier. Ce livre aborde des thèmes importants, des thèmes que l’on ne retrouve pas souvent en littérature jeunesse et je trouve ça bien ! On passe un très bon moment, sans pour autant réduire l’impact que peuvent avoir les TOC sur le quotidien d’une famille et d’un individu. Je recommande vraiment vivement ce roman, aux plus jeunes comme aux plus grands ♥ !

Chroniques Livres

Frappe-toi le cœur de Amélie Nothomb

Chez Albin Michel, août 2017, 192 pages.
Ma note : ★★★★☆

Quatrième de couverture :
« Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. » Alfred de Musset

Mon avis :
Impossible de traverser la rentrée littéraire sans voir le nouveau roman d’Amélie Nothomb. J’en entends toujours beaucoup parler, et cette fois-ci, j’ai eu envie de me laisser tenter. On me dit toujours qu’elle a une écriture particulière, que ses écrits ne laisse pas indifférents (« on adore ou on déteste !« ), mais que ça se lit vite… Ce n’est pas la première fois que je lis quelque chose d’elle : j’avais étudié Stupeur et tremblements au collège et je n’en garde pas un très bon souvenir, j’ai également lu Acide sulfurique que j’avais bien aimé, sans pour autant que ça ait été une lecture géniale. J’étais un peu perplexe en attaquant la lecture de Frappe-toi le coeur, surtout qu’il m’a été impossible de trouver un quelconque résumé quelque part pour savoir dans quoi je me lançais.

Et finalement, j’ai adoré. Ce roman se déroule en deux parties. C’est l’histoire de Marie, de Diane et de Olivia. Des femmes, des relations, des échanges… La premières parties sur l’enfance de Diane nous fait comprendre le contexte dans lequel a grandi la petite, et la seconde partie nous montre quel impact cela a eu sur elle.

Marie, c’est le premier personnage que l’on rencontre dans cette lecture. Sa relation avec Olivier (qui devient rapidement un personnage extrêmement secondaire parce que ce roman, on y parle de femmes !), leur mariage et leurs enfants. Ils ont une première petite fille : Diane. Malheureusement, la relation entre la mère et la petite est compliquée. La première voue une jalousie presque maladive à l’enfant et ne s’en occupe pratiquement pas, sauf une nuit, où elle aura un geste de tendresse pour elle. Diane ne cherche pas vraiment à comprendre, après tout, c’est sa mère, c’est comme ça. Et puis, son père et ses grands-parents compensent un peu ce manque d’affection. Quand Marie retombe enceinte, Diane décide qu’elle va devoir compenser le manque d’affection que sa mère aura pour l’enfant, sauf que le bébé qui naît est un garçon et que Marie s’en occupe normalement, avec tendresse et amour. Diane comprend alors que si sa mère est si froide avec elle, c’est parce qu’elle est une fille. Mais quand Marie a une autre petite fille, et qu’elle l’aime jusqu’à l’étouffer de bisous et de câlins, Diane ne comprend plus rien. Cela dépasse toute logique : le problème, c’est elle.

Dans la seconde partie du roman, Diane a décidé de suivre des études de médecine, et elle devient très proche avec l’une de ses professeurs, Olivia. Elle y voit presque la mère qu’elle n’a pas eu. Mais en la poussant à travailler sur la thèse qui lui permettra d’obtenir le statut de professeur, Diane lui voue corps et âme et découvre qu’elle n’est peut-être pas si éloignée de sa mère…

Un roman qui se lit vite, on m’avait prévenue. Je l’ai lu en trois trajets de RER. Mais il faut surtout reconnaître à Amélie Nothomb sa capacité à nous plonger dans son récit. Ses personnages sont captivants, les relations (parfois toxiques comme ici) s’entremêlent et nous donnent envie de tourner les pages pour découvrir le fin mot de l’histoire. Frappe-toi le cœur est un roman à la psychologie des personnages incroyable, surtout en ce qui concerne Diane qui est le personnage le plus développé du roman. Ce roman nous offre une analyse de la maternité, sous un scénario subtil et prenant. Si j’ai adoré la première partie où elle est enfant, j’ai un peu moins aimé la seconde que j’ai trouvé beaucoup plus sombre, bizarrement. Cependant, je recommande vraiment cette lecture ! Il sera difficile de passer à côté ;)… Je pense vraiment que ce roman m’a réconciliée avec Amélie Nothomb.