Chroniques Livres

Dans la vallée de Hannah Kent

Chez les Presses de la cité, Septembre 2018, 473 pages.
Ma note : 5/5 ♥


Quatrième de couverture :
Le temps semble s’être arrêté dans ce village du sud de l’Irlande égaré dans la vallée et battu par la famine. Nóra Leahy a perdu son mari et sa fille et se retrouve seule avec son petit-fils de quatre ans, infirme. Pourtant, Nóra s’en souvient : quelques années plus tôt, Micheál marchait et commençait déjà à parler. Que lui est-il arrivé ? A-t-il été changé, remplacé pendant la nuit par les fées qui auraient posé un démon dans le berceau ? Est-ce à lui que la vallée doit la malédiction qui la frappe ? Mary, la jeune servante que Nóra vient d’engager, se laisse impressionner par les commérages du village et les rapporte à sa maîtresse. Ensemble, les deux femmes se mettent en quête de la seule personne en mesure de sauver Micheál : une originale, qui vit seule dans la lande et parle le langage des plantes. Car, même si tout le monde s’en méfie, on sait que la vieille Nance Roche a le don. Qu’elle communique avec le peuple invisible. Et qu’il n’y a qu’elle pour faire revenir ceux qui ont été enlevés…

Mon avis :
Quelle découverte et quel voyage ! Dans la vallée est un roman absolument fabuleux qui a été une bouffée d’air frais pendant cette période des fêtes très chargée en librairie et au travail de manière générale. J’ai mis un peu plus d’une semaine pour le lire à cause de la fatigue, mais me plonger dans ce roman m’a fait un bien fou à chaque fois. Hannah Kent nous fait découvrir la communauté d’un petit village irlandais dans les années 1820 et s’inspire d’un fait divers : alors que Martin, le mari de Nora, décède subitement alors qu’il est en train de travailler les champs, elle se retrouve à devoir s’occuper seule de son petit-fils, âgé de quatre ans mais qui ne sait toujours ni marcher ni parler. Elle va alors tenter de faire appel à Nance Roche, guérisseuse et censée avoir le « don », pour tenter de le soigner et de récupérer son petit-fils. Car en effet, Nora est persuadée que Michéal a été enlevé par les fairies et que c’est un changeling qui a pris sa place. Aidé d’une jeune servante qu’elle a embauchée pour prendre soin du petit, elles va tenter divers remèdes suggérés par Nance Roche, qui elle-même va devoir faire face à des accusations de sorcellerie de la part du curé du village…

Les trois femmes vont alors nous emmenées à travers leurs expériences, leurs rencontres, leurs peurs, leur quotidien. Entre Nora, désespérée de retrouver son petit-fils, Mary la jeune servante qui s’est attachée au petit garçon et Nance qui est une femme qui ressent le poids des années sur ses épaules et doute de plus en plus de son « don », nous rencontrons trois personnages bien différents mais unis autour d’un même but : ramener le petit-fils de Nora et rendre le changeling aux bonnes gens. Le lecteur se prend au jeu au fil de la lecture : Nance parviendra t-elle réellement à ramener Michéal, ou les deux femmes font-elles fausse route ? Les trois personnages sont toutes les trois attachantes à leur façon : Nora dans sa peine, Mary dans son innocence et Nance dans son expérience et sa sagesse. Dans la vallée est un roman définitivement féminin qui nous en apprend un peu plus sur la condition de la femme dans l’Irlande des années 1820, mais qui nous plonge également dans un univers assez méconnu : les croyances d’un peuple rural. Ces légendes, rituels et coutumes qui nous sont présentés tout au long de l’histoire lui donne une saveur unique que j’ai énormément appréciée et qui en a fait un énorme coup de cœur, c’était comme si j’avais voyagé dans le temps.

Je remercie vraiment les éditions Presses de la Cité d’avoir publié un tel roman chez nous et je vous recommande vivement cette lecture si vous aimez les romans historiques de manière générale, l’univers irlandais ou les légendes de tout type. Cette histoire m’a transportée et son atmosphère qui devient de plus en plus sombre et oppressante, les risques pris par Nora pour retrouver son petit-fils étant de plus en plus grands et son désespoir grandissant au fil des chapitres. Mais malgré cette ambiance sérieuse, nous sommes toujours bercés par les croyances irlandaises, sous fond de fées, fairies, petit peuple, bonnes gens, remèdes anciens et rituels lui donne une ambiance unique et presque magique. L’écriture de Hannah Kent a été une véritable découverte et j’ai hâte de lire ses autres ouvrages !

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